Introduction

Enfant, j’ai lu beaucoup de livres qui étaient destinés aux jeunes et je me souviens encore de celui qui m’a le plus marqué. Je crois qu’il s’appelle : « Le tigre mangeur d’hommes ». Si je me souviens bien, ce récit véridique s’est passé en Inde. Le livre m’est revenu à l’esprit le jour où j’ai lu l’histoire tout aussi vraie du prophète Daniel qui se retrouve dans une fosse pleine de lions affamés. Daniel est à la fois le héros et l’auteur du livre qui porte son nom. La première moitié du livre raconte son histoire personnelle et la seconde moitié, les visions et révélations qu’il a reçues, et il parle souvent à la première personne.

Né dans une famille noble du royaume de Juda, Daniel est adolescent lorsqu’en 605 avant J.-C., il est déporté à Babylone par Nabuchodonosor. Ce roi vient de remporter une grande victoire à Karkémish sur les armées égyptiennes, alors dans la foulée, il décide d’attaquer le roi de Juda (Yehoyaqim) qui est allié aux Égyptiens. Il fait le siège de Jérusalem mais ne la détruit pas. Par contre, il déporte plusieurs milliers d’habitants, dont la crème, les aristocrates. Cette première invasion est suivie de deux autres (en 597 puis en 587).

C’est donc suite à la première attaque de Juda par Nabuchodonosor que Daniel et ses trois amis, mentionnés dans le livre, prennent le chemin de l’exil. Comme ces jeunes gens sont destinés à exercer de hautes fonctions dans leur pays, aux yeux du roi de Babylone, ils représentent un personnel qualifié pour l’administration des lointaines provinces de son empire. Rusée, cette politique permet aussi à Nabuchodonosor de compter sur la loyauté de ses fonctionnaires parce qu’ils n’ont aucun intérêt à prendre parti pour les populations dont ils ont la charge puisqu’elles leur sont totalement étrangères.

Arrivés à Babylone, Daniel et ses trois amis suivent une formation qui les prépare à leurs hautes fonctions. Ils manifestent alors le désir de servir l’empire, mais aussi la volonté de demeurer fidèles à l’Éternel. Ils se font remarquer par leurs facultés exceptionnelles et entrent au service personnel du roi (ch. 1). Ensuite, les révélations accordées par Dieu à Daniel lui valent de devenir gouverneur de la province de Babylone (ch. 2).

Daniel est un homme d’une intégrité et d’une fidélité à Dieu exemplaires. Le prophète Ézéchiel parle de lui comme un homme « juste et sage » (Ézéchiel 14.14, 20 ; 28.3), et dans le Nouveau Testament, l’auteur de l’épître aux Hébreux dit de lui que « par la foi il ferma la gueule des lions » (Hébreux 11.32-33). Daniel est aussi un homme de prière (Daniel 2.17-23 ; 6.10 ; 9.3-19) même sous menace de mort, ce qui d’ailleurs lui vaut d’atterrir dans cette fameuse fosse aux lions.

Comme l’histoire des grandes puissances du Moyen-Orient occupe une très grande place dans le livre de Daniel, il faut prendre note de ce qui s’y passe. Au début du récit, c’est Nabuchodonosor (605-562) le grand patron. Il est succédé par son fils (Amel-Mardouk 562-560) qui est assassiné par un beau-frère (Nériglissar 560-556) qui usurpe le pouvoir mais meurt après quatre ans de règne. Son fils (Labassi-Mardouk) le remplace, mais après quelques mois de règne il est assassiné par les grands de la cour qui choisissent l’un d’entre eux (Nabonide 556-539), capable de s’opposer à la puissance grandissante des Mèdes et des Perses. Effectivement, ce dernier fait renforcer les murs de Babylone sur les deux rives de l’Euphrate qui traverse la ville, afin de prévenir toute mauvaise surprise. Mais comme le nouveau roi Nabonide passe le plus clair de son temps hors de Babylone, c’est son fils Balthazar (553-539) qui gouverne.

Pendant ce temps, Cyrus (576-530), roi de Perse et vassal des Mèdes, se révolte avec succès contre son suzerain (Astyagès) dont il prend la place (vers 550 avant J-C). Ces prises de pouvoir me font penser à la bande dessinée où le grand vizir Iznogood veut être calife à la place du calife. Bref, fort de ses premiers succès, Cyrus lorgne en direction de la Lydie, la partie occidentale de l’Asie Mineure, c’est-à-dire de la Turquie actuelle. Il s’en empare (en 546) et se débarrasse de son roi, le célèbre richissime Crésus ; comme quoi l’argent ne fait pas toujours le bonheur. Ensuite Cyrus envahit ce qui est aujourd’hui l’Irak puis la Syrie, deux territoires qui sont pourtant sous contrôle babylonien. Sentant le vent tourner en sa faveur, il poursuit ses conquêtes et défait les armées de Babylone (à Opis sur le fleuve Tigre en 539) ; puis son général (Gubaru) s’empare de Babylone (en 539) en pleine nuit et sans rencontrer de résistance. Il faut croire que tout le monde dormait. C’est ainsi que Babylone tombe comme un fruit mûr dans la gibecière perse. Maintenant c’est Cyrus le nouveau grand patron de la région et il se fait appeler « roi des pays », c’est-à-dire « empereur » mais ne prendra le titre de roi de Babylone que quatorze mois après la chute de cette dernière. Entre-temps, Cyrus installe sur le trône de Babylone un roi vassal que le livre de Daniel nomme « Darius le Mède » (Daniel 6.1) et qui semble être le même personnage que le général qui a pris la ville et qui, on le sait, mourut exactement un an et trois semaines après la prise de Babylone.

Dans la nuit qui précède la chute de Babylone, le roi Balthazar festoie en compagnie de ses grands quand une inscription mystérieuse apparaît sur le mur de la salle. Daniel est appelé en toute hâte et il interprète ces quelques mots qui annoncent la fin de l’empire babylonien (ch. 5). Après la prise de la ville, Daniel est à nouveau nommé à de hautes fonctions ministérielles par Darius le Mède, vassal de Cyrus. C’est durant cette période que Daniel, s’identifiant à son peuple, fait une très longue prière de repentance et reçoit la prophétie des 70 septaines (ch. 9).

Environ le quart des Textes Sacrés se compose de prophéties dont une grande partie s’est déjà accomplie. Celles qui sont dans le livre de Daniel sont passionnantes parce qu’elles concernent le monde entier et pas seulement le peuple juif. Ainsi, Daniel est amené à interpréter un songe de Nabuchodonosor qui a pour sujet une statue (ch. 2) faite de quatre métaux juxtaposés de la tête aux pieds et qui sont de valeur décroissante : une tête d’or, un buste d’argent, un ventre de bronze et des jambes de fer. Puis dans une vision parallèle, Daniel voit se succéder quatre animaux : un lion, un ours, un léopard à quatre têtes, et une bête terrible (ch. 7). Ces deux visions expriment la même vue panoramique de l’histoire ; les quatre métaux et les quatre animaux représentent quatre empires qui se succèdent. Le premier, symbolisé par la tête d’or et le lion, c’est l’empire babylonien. Le second, symbolisé par le buste d’argent et l’ours, est l’empire perse. Il a duré deux siècles mais sous Darius III, ses armées sont vaincues (en 333 avant J-C ; bataille d’Issus en Asie Mineure) par les Grecs menés par Alexandre le Grand. Devenu le patron du Moyen-Orient, il poursuit ses conquêtes, s’empare de l’Égypte, de Babylone et défait une seconde fois les Perses (en 331). Il va jusqu’en Inde mais l’épuisement de ses troupes l’obligent à revenir en Perse où il meurt subitement à l’âge de 33 ans (en 323).

Selon l’historien juif Flavius Josèphe (37-100 après J-C) auteur de l’histoire en vingt volumes du peuple juif, quand Alexandre le Grand à la tête de ses armées descendait sur Jérusalem (en 331), le grand-prêtre (Jaddua) du Temple de l’Éternel sortit à sa rencontre avec une copie du livre de Daniel et lui montra que son empire était représenté par le ventre de bronze et le léopard. Convaincu, Alexandre entra respectueusement dans Jérusalem avant de poursuivre sa route et conquérir l’Égypte (Vol. 1, p. 388 en anglais).

Après sa mort, ses quatre généraux (les diadoques) se partagent son empire et établissent quatre royaumes (la Thrace et l’Asie Mineure, la Macédoine et la Grèce, la Syrie, l’Égypte et la Palestine) que symbolisent les quatre têtes du léopard. Deux d’entre eux : l’Égypte et la Syrie sont constamment en guerre, chacun cherchant à s’emparer de l’autre. Ils se disputent aussi la Palestine qui est d’abord contrôlée par l’Égypte (dynastie des Ptolémées au 3e siècle avant J-C) puis par la Syrie (Antiochus III, dynastie des Séleucides).

À partir du 2e siècle avant J-C commence une période douloureuse pour le peuple juif, car ils sont sous la botte d’un tyran assoiffé de sang appelé Antiochus IV Épiphane, qui apparaît dans l’une des prophéties de Daniel (ch. 9). Ce triste personnage se mêle des affaires religieuses juives et dépose le grand-prêtre légitime (Onias III), qui est ensuite assassiné, ce qui entraîne la révolte du peuple. Antiochus ravage alors Jérusalem (en 169 et en 167) et persécute les Juifs. Il introduit un autel dédié au dieu grec Zeus dans le Temple de Jérusalem et offre un sacrifice païen sur l’autel des holocaustes (le 25 Kislev ; mi-décembre), ce qui constitue pour les Juifs « la profanation abominable » aussi appelée « l’abomination de la profanation » dont parle Daniel (11.31). Le Temple est encore profané par des sacrifices d’animaux impurs et des actes de débauche. La circoncision et l’observation du sabbat sont interdites, et sous peine de mort, les Juifs sont forcés d’offrir des sacrifices aux idoles et de manger du porc ; Daniel fait allusion à ces événements (8.10-13, 24s. ; 11.31). Suite à ces persécutions, la famille sacerdotale des Maccabées se soulève, entreprend une lutte armée style guérilla et réussit progressivement à repousser les forces syriennes. À la mi-décembre de l’an 164 (25 Kislev), Juda Maccabée purifie le Temple et le rend au culte de l’Éternel. Les Juifs sont à nouveau indépendants mais cette liberté ne dure qu’un siècle.

Nous en sommes toujours au troisième empire représenté par le léopard et le bronze de la statue alors que Daniel a prédit que la domination grecque et des quatre généraux qui en ont découlé, serait supplanté par un quatrième empire symbolisé par le fer et la bête terrible. Il s’agit de Rome qui conquiert le Moyen-Orient, et en 63 avant J-C, ses légions conduites par Pompée investissent Jérusalem et placent Juda sous leur domination.

Pendant le siècle suivant, Dieu entre personnellement dans l’histoire humaine par la naissance de Jésus puis la propagation du christianisme dans l’empire romain. Les Juifs rejettent leur Messie et se rebellent contre Rome. En l’an 70 de notre ère, les légions conduites par Titus détruisent Jérusalem, les soldats romains placent leurs enseignes dans le Temple et offrent des sacrifices devant celles-ci, ce qui constitue une nouvelle fois pour les Juifs le summum de l’abomination et de la profanation (Daniel 9.27b).

Ce quatrième empire se montre plus terrible que les précédents et dans l’avenir lointain, il portera le mal à son paroxysme. Il aura alors dix cornes et une autre corne (Daniel 7.10-21, 23-25) que l’apôtre Paul appelle « l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu, ou qu’on adore, jusqu’à s’asseoir comme dieu dans le Temple de Dieu, se proclamant lui-même dieu ». (2Thessaloniciens 2.3-4 ; SER). Il s’agit de l’Antichrist entrevu par Daniel et décrit en détail dans le livre de l’Apocalypse.

Mais la statue de Daniel n’en reste pas à ces quatre empires. En effet, une petite pierre venue de nulle part vient la pulvériser. Elle représente le royaume de Dieu qui dans une autre vision de Daniel (ch. 7) fait son apparition au temps de l’empire romain. Quand, dans les années trente, Jésus a commencé son ministère, il a déclaré que par sa présence le royaume de Dieu était au milieu des Israélites (Matthieu 12.28 ; Luc 11.20).

Il va sans dire que ceux qui rejettent le surnaturel et l’existence de Dieu, et les théologiens qui ont une attitude critique à l’égard des Textes Sacrés n’acceptent pas que le livre de Daniel soit inspiré de Dieu ni que les récits prodigieux qu’il contient ont vraiment eu lieu. Ils disent que c’est une fiction qui date du 2e siècle avant J-C au temps de la famille de prêtres « les Maccabées ». Le livre de Daniel rapporte des miracles qui sont tellement extraordinaires et des prophéties tellement détaillées qu’ils sont inacceptables aux yeux des incroyants qui font tout ce qu’ils peuvent afin de discréditer les écrits de Daniel. Par exemple, pendant longtemps on a dit que le roi Balthazar était une pure invention, mais il n’y a pas très longtemps, on a découvert un écrit qui s’appelle « la Chronique de Nabonide » qui a mis fin à ce vain discours. Mais comme les détracteurs sont de mauvaise foi, c’est le cas de le dire, ils contorsionnent leurs théories fumeuses dans tous les sens afin de rejeter l’authenticité du livre de Daniel. Il faut reconnaître que des prédictions aussi précises et détaillées que celles de ce livre sont un phénomène tout à fait unique dans les Écritures. Mais comme dit le prophète Jérémie :

Oui, je suis l’Éternel, le Dieu de tout être humain. Y a-t-il une chose qui soit trop extraordinaire pour moi ? (Jérémie 32.27).

Le livre de Daniel présente l’Éternel comme un Dieu qui est absolument souverain sur les affaires des hommes. Il dirige l’histoire, les nations et les puissances de ce monde comme il l’entend (Daniel 4.22, 29, 31 ; 5.21). Daniel dit de Dieu :

Il fait changer les temps et modifie les circonstances, il renverse les rois et élève les rois, il donne la sagesse aux sages et, à ceux qui savent comprendre, il accorde la connaissance. Il dévoile des choses profondes et secrètes, il sait ce qu’il y a dans les ténèbres, et la lumière brille auprès de lui. – Il y a dans le ciel, un Dieu qui révèle les secrets ; et il a fait savoir au roi Nabuchodonosor ce qui doit arriver dans les temps à venir (Daniel 2.21-22, 28).

C’est Dieu qui donne leur pouvoir à tous les rois et dirigeants quels qu’ils soient, les bons et les mauvais, et qui leur ôte le pouvoir comme il veut (Daniel 2.21 ; 4.28-30). Il fixe la durée des empires, détermine l’étendue de leur puissance, et leur assujettit des peuples pour un temps donné. Il limite aussi le pouvoir des despotes, les empêchant d’anéantir son peuple et son témoignage (Daniel 7.25-26 ; 8.13-14).

Le sort du monde est le même que celui qui a frappé Babylone. Cet empire est né, il est devenu puissant, il a duré un temps, puis il a disparu. C’est le Très-Haut qui en Maître absolu conduit ainsi les événements.

Pour ce qui concerne la structure du livre de Daniel, il est constitué par un ensemble de récits qui se déroulent à la cour du roi de Babylone (ch. 1 – 6), suivi d’une série de visions et de prophéties. Il est rédigé en hébreu et en araméen (2.4 – 7.28) qui est la langue administrative officielle utilisée dans les empires babylonien et perse. Le livre de Daniel couvre une période qui s’étend de 605 à 539 avant J-C. Daniel a plus de 80 ans quand il reçoit sa dernière vision.

Le livre commence avec Nabuchodonosor qui s’empare des ustensiles sacrés du Temple de Jérusalem mais qui les traite avec respect. Il finit avec Balthazar qui utilise ces ustensiles pour une beuverie. Cette profanation est la goutte d’eau proverbiale qui fait déborder le vase de la colère de Dieu et cette nuit-là Babylone tombe aux mains des Perses.

Les cinq premiers chapitres du livre de Daniel concernent l’empire babylonien et les quatre premiers récits (ch. 1 – 4) se situent sous le règne de Nabuchodonosor. Après lui, Daniel reste à la cour de Babylone, mais on ne sait pas ce qu’il y fait. Sous la régence de Balthazar, qui est tué lors de la prise de sa capitale par les Mèdes alliés aux Perses, Daniel n’occupe plus de fonction importante. Cependant, deux visions du livre datent de cette période (Daniel 7.1 ; 8.1).

À partir du chapitre six, le livre raconte l’histoire universelle qui fait suite à l’empire babylonien. Elle commence avec le roi Darius qui interdit de prier un dieu autre que lui, puis le mal progresse jusqu’à l’annonce de la profanation du Temple de Jérusalem (Daniel 11.36-39) puis jusqu’à la venue de l’Antichrist qui se manifestera à la fin des temps mais qui sera détruit par le retour glorieux du Messie.

Parce que Dieu fait l’histoire, il peut dire ce qui va arriver, et parce qu’il s’implique dans les affaires des hommes, il révèle l’avenir à ses prophètes. Quand le peuple choisi a failli à sa mission d’obéir à son Dieu et à le faire connaître au monde, l’Éternel a su trouver des hommes fidèles de la trempe de Daniel et de ses trois amis pour manifester sa gloire de manière éclatante aux yeux des païens.

Bien que Daniel proclame la victoire finale du royaume de Dieu, elle ne suit pas le retour des Juifs de l’exil babylonien car de dures épreuves attendent encore le peuple choisi. Il faut d’abord que plusieurs empires se succèdent (ch. 2, 7, 8), puis soixante-dix septaines d’années doivent s’écouler avant que s’accomplissent les prophéties messianiques. Durant cette période, Jérusalem et le Temple seront reconstruits, mais pendant de grandes détresses. Dieu révèle à Daniel qu’à la fin des temps, la fin dernière doit encore durer 1 260 jours, puis 1 290, puis 1 335 (Daniel 12.7, 11, 12). Décidément, ça n’en finit pas de finir et Daniel demande :

Quand donc viendra la fin de ces choses inouïes ? (Daniel 12.6).

Mais la fin viendra, et alors aura lieu la résurrection que Daniel annonce d’une manière très explicite (12.2) afin d’encourager les fidèles à l’Éternel.

Jésus a repris à son compte le titre de « Fils de l’homme » qu’on trouve dans l’une des visions de Daniel (ch. 7). Jésus est aussi celui qui, dans l’oracle des soixante-dix septaines, reçoit l’onction, qui est mis à mort pour l’expiation des péchés, qui conclut l’alliance avec un grand nombre et dont la mort rend inutile le système des sacrifices de l’Ancienne Alliance (appelées « le sacrifice et l’offrande »; Daniel 9.24-27).

Jésus est aussi l’Amen par qui s’accomplissent vision et prophétie (Daniel 9.24). À la veille de sa mort, Jésus a repris la partie de l’oracle de Daniel qui annonce une nouvelle destruction de Jérusalem et du Temple (Daniel 9.26 ; Matthieu 24.15).

Le livre de l’Apocalypse s’appuie beaucoup sur les visions et prophéties du livre de Daniel. L’apôtre Jean et Daniel décrivent tous deux Jésus comme celui qui est semblable à un fils d’homme qui vient sur les nuées (Daniel 7.13 ; Apocalypse 1.7). Dans l’Apocalypse, la vision du Christ ressuscité (1.10-20) le décrit sous les traits d’un vieillard chargé de jours et d’un fils d’homme comme dans le livre de Daniel (Daniel 7.9-14).

Dans l’Apocalypse, la bête qui monte de la mer (Apocalypse 13.1-8) est un assemblage des quatre animaux que Daniel utilise pour décrire les quatre empires (ch. 7).

Jean et Daniel décrivent un monde dans lequel un état totalitaire s’oppose au royaume de Dieu et persécute son peuple, mais tous deux annoncent également le triomphe de celui qui est « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », quand le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et dont la souveraineté ne passera pas à un autre peuple ; Dieu mettra alors un terme à l’existence de tous les royaumes humains, mais son royaume et son roi subsisteront éternellement (Daniel 2.44).