Chapitre 9

Verset 15

A l’époque déjà fort lointaine où j’apprenais l’histoire ou la géographie, l’Égypte était un pays comme les autres, ni plus ni moins important. Par contre, pour les Juifs, l’Égypte est tout un symbole, car ce pays représente la captivité de leurs ancêtres qui fut suivie d’une libération éclatante dont l’écho retentit encore aujourd’hui. Je continue de lire dans le chapitre 9 du livre de Daniel.

Et maintenant, Seigneur notre Dieu, tu as fait sortir ton peuple d’Égypte par ton intervention puissante, et tu t’es fait un nom qui subsiste jusqu’à ce jour. Mais nous, nous avons péché, nous avons fait le mal (Daniel 9.15).

« Et maintenant » indique un changement de ton. Après avoir reconnu la grandeur, la miséricorde et la justice de Dieu, puis confessé les péchés de son peuple, Daniel en vient doucement à la raison précise qui motive sa prière. Mais juste au moment où il s’apprête à demander la restauration d’Israël, Daniel rappelle à nouveau le péché d’Israël et surtout la grandeur et la puissance de Dieu, grandeur qu’il a manifestée en faveur de son peuple par l’œuvre libératrice de l’Exode du pays d’Égypte. C’est par ce haut fait de guerre qu’à cette lointaine époque, l’Éternel s’est fait connaître d’une manière mémorable et remarquable à toutes les nations du Moyen-Orient (comparez Jérémie 32.20).

Verset 16

Je continue.

Seigneur, selon tous tes actes de justice, veuille détourner ta colère et ton indignation de Jérusalem, ta ville, ta sainte montagne, car à cause de nos péchés et des fautes de nos ancêtres, Jérusalem et ton peuple sont en butte au mépris de tous ceux qui nous entourent (Daniel 9.16 ; Autre).

Certes, les Israélites sont gravement coupables et l’un des actes de justice de l’Éternel a été de les exiler en Babylonie. Mais Dieu doit également se montrer juste en tenant les engagements qu’il a pris à l’égard de Jérusalem, du Temple et de son peuple. Daniel va donc s’appuyer sur la justice de Dieu pour faire une triple requête en faveur de la ville sainte (Daniel 9.16, 18-19), du sanctuaire (Daniel 9.17) et du peuple choisi (Daniel 9.19). Et Dieu va répondre favorablement aux trois requêtes (Daniel 9.24).

Versets 17-18

Je continue.

Maintenant, ô notre Dieu, écoute la prière et les supplications de ton serviteur et, par égard pour toi-même, considère avec faveur ton sanctuaire dévasté ! Ô mon Dieu, prête l’oreille et écoute, ouvre tes yeux et considère nos ruines, regarde la ville qui t’appartient. Certes, ce n’est pas à cause de nos actions justes que nous te prions et t’adressons nos supplications, mais à cause de ton immense compassion ! (Daniel 9.17-18).

Ce second « Maintenant » indique un redoublement de ferveur dans la prière. Après avoir supplié l’Éternel de détourner sa colère et son indignation de Jérusalem (Daniel 9.15-16), Daniel lui demande d’avoir pitié du sanctuaire et de Jérusalem en ruines. Il fait sa demande en s’appuyant sur la miséricorde de Dieu envers l’homme pécheur repentant, et c’est effectivement un attribut divin auquel on peut toujours s’accrocher.

En second lieu, Daniel rappelle à l’Éternel que sa réputation et son honneur sont en jeu parce qu’ils sont étroitement associés à la fois au Temple et à la ville sainte.

Il faut bien voir ici encore que ce ne sont jamais nos mérites mais la grâce de Dieu qui nous permet d’obtenir une réponse à nos prières. Lorsque les Hébreux gémissaient et criaient sous le poids de l’esclavage en Égypte, dans le livre de l’Exode, on lit que « Dieu entendit leur plainte et se souvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac et avec Jacob » (Exode 2.23-24).

Verset 19

Je continue le texte de Daniel.

Seigneur, écoute-nous ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, prête-nous attention et interviens sans tarder, par égard pour toi-même, ô mon Dieu ! Car il s’agit de la ville et du peuple qui t’appartiennent (Daniel 9.19).

Daniel ne prie pas distraitement du bout des lèvres, mais il se lance corps et âme dans une supplication intense. Même si le Temple et la ville sainte sont détruits, et les Israélites sont en exil, ils n’en demeurent pas moins associés pour toujours au nom de l’Éternel. Dieu a donc engagé sa responsabilité quand il a choisi pour peuple les descendants d’Abraham puis Jérusalem et le Temple. Daniel ne manque pas d’arguments et les utilise à bon escient pour que Dieu l’écoute.

Cette prière de Daniel a des points communs avec celles du prêtre Esdras (ch. 9) et du gouverneur Néhémie (ch. 9). Certaines expressions sont d’ailleurs très voisines parce que ces trois hommes ont fait les mêmes expériences avec Dieu que ce soit avant ou après l’exil. Les prières de ces trois hommes sont des cris d’angoisse et des confessions de péchés, où leurs auteurs s’identifient totalement avec leur peuple. Daniel et Esdras souffrent à cause du péché d’Israël dont ils se sentent solidaires et même coupables (comparez Daniel 9.20) bien que ni l’un ni l’autre n’y ait pris la moindre part. Cela dit, la supplication ardente de Daniel se distingue de celle des deux autres hommes en ce qu’elle a un objectif précis : la restauration du peuple, du Temple et de la ville sainte.

Verset 20

Je continue.

Je continuais à parler dans ma prière, en confessant mes péchés et les péchés de mon peuple Israël, et en suppliant l’Éternel mon Dieu en faveur de sa sainte montagne (Daniel 9.20).

Les Écritures ne mentionnent aucune faute de Daniel et lorsque ses ennemis ont fouillé dans sa vie pour essayer de trouver un motif d’accusation, un vieux squelette dans un placard, ils sont revenus bredouilles. Il ne fait cependant aucun doute que Daniel est un homme pécheur comme vous et moi, mais ce qu’il confesse dans cette prière ce sont les péchés de son peuple auquel il s’identifie entièrement. Même s’il n’a pas personnellement commis d’entorse à la Loi, il est suffisamment humble pour reconnaître qu’au final et en d’autres circonstances, il n’est pas vraiment meilleur que ses contemporains.

Plus encore que le retour du peuple israélite de l’exil, ce que Daniel désire c’est l’établissement du règne parfait du Dieu saint, représenté par la montagne de Sion sur laquelle le Temple est érigé. Il demande donc ni plus ni moins l’instauration du millénium (comparez Ésaïe 2.2ss.), et d’une certaine manière, il s’adresse à Dieu comme dans la célèbre prière du Notre Père que Jésus enseigna à ses disciples et dans laquelle il dit :

Que ton règne vienne et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! (Matthieu 6.10 ; LSG).

Tout porte à croire que Daniel espère qu’à la fin de l’exil, Israël retournera dans son pays, le Messie viendra et le royaume qui a été promis à David sera établi. Seulement les deux visions qu’il a déjà reçues (ch. 7 – 8) ne cadrent pas du tout avec ce qu’il espère, car elles annoncent l’apparition de puissants empires païens, qui, à commencer par Babylone, se succéderont dans l’avenir, et avec lesquels Israël aura maille à partir.

Verset 21

Je continue.

J’étais encore en train de prononcer ma prière, quand Gabriel, ce personnage mystérieux que j’avais vu dans une vision précédente (Daniel 8.15-16), s’approcha de moi d’un vol rapide au moment de l’offrande du soir (Daniel 9.21).

L’offrande du soir (ou oblation) est l’un des deux holocaustes quotidiens obligatoires selon la Loi (Exode 19.38-39 ; Nombres 28.3-4). Selon la tradition, il avait lieu aux environs de 15 h 30 et était l’occasion d’un temps consacré à la prière.

Versets 22-23

Je continue.

Il s’entretint avec moi et me donna des explications en me disant : Daniel, je suis venu maintenant pour t’éclairer. Dès que tu as commencé à prier, un message a été émis, et je suis venu pour te le communiquer, car tu es bien-aimé de Dieu. Sois donc attentif à ce message et comprends cette vision (Daniel 9.22-23).

La rapidité de l’intervention de Gabriel atteste que la prière de Daniel a été entendue et que Dieu désire l’exaucer. Dès que Daniel a commencé à prier, « un message a été émis », c’est-à-dire que Dieu a parlé et donné l’oracle qui va suivre comme réponse à la supplique de Daniel ; l’ange Gabriel a été envoyé pour lui annoncer ce qui arrivera à Israël dans la suite des temps jusqu’à la venue du Messie.

L’exaucement immédiat de Daniel sera également le privilège des habitants du millénium. En effet, le prophète Ésaïe écrit :

Alors, avant qu’ils ne m’invoquent, je les exaucerai ; ils parleront encore, que j’aurai déjà entendu (Ésaïe 65.24).

Daniel est appelé « bien-aimé » parce que Dieu le juge digne de la faveur de recevoir et de communiquer à ses concitoyens le message qui va suivre. Mais il faut bien comprendre que Daniel est un homme intègre qui obéit, souffre, prie et supplie Dieu ; le choix de l’Éternel et la préférence qu’il témoigne à Daniel, ne sont donc pas arbitraires. Cela dit, il me faut encore rappeler que tout ce que Dieu fait pour qui que ce soit est toujours un acte de sa grâce.

Verset 24

Je continue.

Une période de soixante-dix septaines a été fixée pour ton peuple et pour ta ville sainte, pour mettre un terme à la révolte contre Dieu, et pour en finir avec les péchés, pour expier la faute et pour instaurer une justice éternelle, pour accomplir vision et prophétie, et pour conférer l’onction au Saint des saints (Daniel 9.24).

Cette « période de soixante-dix septaines » a été décrétée pour le peuple de Daniel (comparez Daniel 10.14 ; 11.14) et pour la ville sainte (Daniel 9.16, 24) c’est-à-dire qu’elle concerne Israël et Jérusalem. Cette prophétie aussi complexe que précise ne concerne donc pas l’histoire du monde ou l’Église, mais révèle ce qui arrivera à Israël à la fin des temps. La nation juive est impatiente de voir se réaliser le bonheur promis, mais elle doit apprendre qu’à partir du décret du retour d’exil, une période longue de soixante-dix septaines d’années soit sept fois les 70 ans de captivité, la sépare encore de l’apparition du salut messianique.

Gabriel révèle à Daniel deux séries de prophéties à trois volets chacune, donc six volets en tout. La première annonce la destruction du mal sous toutes ses formes et du péché en particulier, en trois expressions qui sont : « mettre un terme à la révolte contre Dieu, en finir avec les péchés, et expier la faute ». La deuxième série annonce l’établissement de la perfection et du royaume messianique en particulier, en trois expressions qui sont : « instaurer une justice éternelle, accomplir vision et prophétie, et conférer l’onction au Saint des saints ». On peut aisément constater une corrélation, surtout dans les termes hébreux, entre le premier volet et le quatrième ; entre le second et le cinquième ; et entre le troisième et le sixième.

Le calendrier des fêtes israélites culmine au Jour du grand pardon appelé Yom Kippour (Lévitique 16). Ce jour solennel, toute la nation s’assemble devant l’Éternel et s’humilie devant lui en reconnaissant et avouant ses fautes et sa culpabilité. Le grand-prêtre offre alors un animal en sacrifice. Le sang répandu couvre les péchés du peuple pendant douze mois, mais ne les enlève pas (Hébreux 10.1-3). Il s’en suit qu’il est nécessaire qu’une autre sorte de sacrifice soit offerte à Dieu, sacrifice qui ôte vraiment tous les péchés accumulés depuis la nuit des temps. C’est Jésus-Christ qui par sa mort a fait la propitiation et l’expiation de tous les péchés non seulement des Juifs mais du monde entier (Romains 3.25). La justice de Dieu ayant été satisfaite sur la croix, il peut dorénavant être et se montrer parfaitement juste tout en pardonnant les pécheurs qui se repentent ; il efface et oublie leurs fautes et les déclare justes alors qu’ils ne le sont pas le moins du monde (Romains 3.26).

À la fin de ces soixante-dix septaines, donc, Dieu mettra un terme à la révolte des Israélites contre lui. C’est alors qu’ils le reconnaîtront comme leur Messie et Sauveur et qu’ils seront rétablis à tout jamais dans leur pays et bénis de Dieu. Bien évidemment nous n’en sommes pas encore là.

L’expression « en finir avec les péchés » veut dire « sceller par un châtiment » (Deutéronome 32.33-35 ; Job 14.17). En d’autres mots, les fautes d’Israël qui n’ont pas été punies vont l’être une bonne fois pour toutes. Ce jugement a eu lieu lorsque Jésus a été crucifié, et à la fin des temps, quand le Seigneur reviendra, il ôtera le péché de la nation d’Israël en le pardonnant (Ézéchiel 37.23 ; Romains 11.20-27) ce que lui seul peut faire, car il en a porté tout le poids.

La troisième expression « expier la faute » exprime et continue la même pensée, car c’est une nouvelle référence à l’œuvre de Jésus-Christ sur la croix. Dans le psaume 32, le roi David écrit :

Heureux celui dont la transgression est enlevée, dont le péché est pardonné ! Heureux l’homme à qui l’Éternel ne tient plus compte de sa faute (Psaumes 32.1-2).

Mais ce bonheur ne sera que pour le petit reste fidèle du peuple israélite qui au retour de Jésus-Christ entrera dans le millénium.

La deuxième série de prophéties à trois volets affirme les aspects marqués positifs du programme de l’Éternel envers son peuple. La justice de Dieu ayant été satisfaite par la mort expiatoire du Christ, il « instaurera une justice éternelle ». Au travers du règne du Messie, Dieu amènera sur terre l’ère de justice parfaite (comparez Ésaïe 53.11 ; 51.6, 8) à laquelle de toute éternité, l’humanité est destinée mais qu’elle ne peut pas produire d’elle-même. Il s’agit à la fois d’une conduite individuelle droite, et de la Justice telle qu’on l’entend généralement, or, pendant le Millénium, elle sera équitable, expéditive et selon la vérité.

En second lieu, l’Éternel « accomplira vision et prophétie » ; le verbe utilisé veut dire « sceller dans le sens de terminer et mettre de côté » ; en d’autres mots, toutes les promesses que l’Éternel a faites à Israël depuis Abraham se réaliseront.

Finalement, l’Éternel « conférera l’onction au Saint des saints ». Sous le régime de l’Ancienne Alliance, le « Saint des saints » est la partie du sanctuaire où réside Dieu ; elle est inaccessible sauf au grand-prêtre le jour du grand pardon (Yom Kippour). Cependant, le « Saint des saints » désigne souvent le Temple dans son ensemble. « L’onction du Saint des saints » est donc la consécration du nouveau Temple qui sera en service pendant le millénium (comparez Ézéchiel 40 – 48).

En résumé, on peut dire que la première série de prophéties à trois volets s’est potentiellement accomplie lors de la première venue de Jésus, mais ne sera effective pour Israël ainsi que pour les autres croyants que lors de la seconde venue du Seigneur. Quant à la deuxième série de prophéties à trois volets, elle s’accomplira quand le Christ établira son règne de mille ans sur terre.

Verset 25

Je continue le texte.

Voici donc ce que tu dois savoir et comprendre : depuis le moment où le décret ordonnant de restaurer et de rebâtir Jérusalem a été promulgué jusqu’à l’avènement d’un chef ayant reçu l’onction, il s’écoulera sept septaines et soixante-deux septaines. La ville sera rebâtie et rétablie avec ses places et ses remparts, en des temps de détresse (Daniel 9.25).

Cette prophétie est la seule de l’Ancien Testament qui indique le moment exact où le Messie se présenta officiellement comme roi à la nation d’Israël ; c’est ce qui correspond au jour des rameaux qu’on commémore le dimanche avant Pâque.

Le point de départ de cette prophétie est un décret. Or, on sait que les empereurs perses en ont émis quatre. Le premier par Cyrus (en 538 ou 537 ; 2Chroniques 36.22-23 ; Esdras 1.1-4 ; 5.13), le second par Darius I (en 520 ou 519 ; Esdras 6.1, 6-12), mais ce n’était qu’une confirmation du précédent ; le troisième et le quatrième décret furent promulgués par Artaxerxés [(Longimanus) (en 458 ; Esdras 7.11-26 ; et le 14 mars 445 ; Néhémie 2.1-8)]. Ces despotes ne sont pas particulièrement des souverains au grand cœur, mais comme leurs prédécesseurs babyloniens, ils ont compris que l’Éternel, le Dieu des Hébreux est puissant et qu’il vaut mieux le mettre de son côté. D’ailleurs, Darius l’a très bien compris quand il a ordonné à ses subalternes :

Vous fournirez chaque jour aux prêtres de Jérusalem tout ce qui est nécessaire pour les holocaustes du Dieu du ciel : … afin qu’ils offrent des sacrifices apaisants au Dieu du ciel et qu’ils prient pour la vie du roi et de ses fils (Esdras 6.9-10).

Des quatre décrets que j’ai mentionnés, les deux premiers concernent uniquement la reconstruction du Temple et le troisième accorde les finances nécessaires pour offrir les sacrifices. Le quatrième, par contre, est celui qui autorise les Juifs à rebâtir les murailles de Jérusalem et de faire à nouveau de la ville sainte une place forte. Après le premier décret d’Artaxerxés, les Juifs ont commencé cette reconstruction de leur propre initiative, mais suite aux plaintes des peuples environnants, l’empereur leur a interdit de continuer jusqu’à ce qu’il leur en donne expressément l’autorisation. Il a envoyé une missive au gouverneur régional qui disait :

Prenez donc des dispositions pour ordonner à ces gens de cesser leurs travaux pour que cette ville ne soit pas rebâtie tant que je n’en aurai pas donné l’ordre (Esdras 4.21).

Une des caractéristiques des empereurs perses et mèdes est qu’ils ne révoquent jamais un décret émis par l’un d’entre eux (Daniel 6.8, 12, 15 ; Esther 1.19 ; 8.8). Or, dans la missive que je viens de citer, Artaxerxés interdit la reconstruction de Jérusalem, ce qui prouve que les trois premiers décrets perses ne concernaient pas la remise en état de la ville sainte. Nous avons donc la preuve irréfutable que le décret qui ordonne de restaurer et de rebâtir Jérusalem est celui promulgué par Artaxerxés, et nous en connaissons également la date qui est le 14 mars de l’an 445 avant J-C, suite à une requête du gouverneur Néhémie (Néhémie 2.7-8).

L’objet de la prophétie faite à Daniel est d’annoncer quand « le chef ayant reçu l’onction », c’est-à-dire Jésus-Christ, se présentera à Israël, or, l’ange dit que ce sera dans sept septaines et soixante-deux septaines, soit dans 483 ans.

Les sept premières septaines, soit 49 ans, correspondent au temps qu’il a fallu aux Juifs pour reconstruire Jérusalem et en faire à nouveau une place forte, ce qui inclut les fortifications, les douves, les places et les habitations. Ce fut très long parce que selon le livre de Néhémie, les Juifs ont vécu des temps de détresse à cause des peuplades environnantes qui leur mettaient des bâtons dans les roues pour faire cesser leur travail.

Pour déterminer quand les soixante-deux septaines, soit 483 années, se sont terminées, il faut tenir compte du fait que les Juifs, comme les anciens peuples des Indes, de Perse, de Babylone, d’Égypte, de Grèce, d’Amérique centrale et de Chine, n’utilisent pas le calendrier grégorien comme nous, mais comptent le temps en années lunaires de 360 jours au lieu de 365.

Toutes les Écritures suivent ce modèle. 483 années de 360 jours égalent 173 880 jours. Si le compte à rebours part du décret d’Artaxerxés, le 14 mars 445, on arrive au 6 avril de l’an 32 qui correspond à ce qu’on appelle l’Entrée triomphale ou le Jour des rameaux (Matthieu 21.5 ; Zacharie 9.9). Ce jour-là, Jésus s’est présenté comme roi à la nation d’Israël ce que les disciples ont très bien compris mais pas les chefs religieux parce qu’ils étaient jaloux à mourir (Luc 19.37-39). Et parce que Jésus fut officiellement rejeté, il pleura sur la ville de Jérusalem (Luc 19.41-44) car il savait qu’elle serait entièrement détruite quelques années plus tard (en 70) par les Romains. Je dis parfois que chacun est libre de rejeter le Seigneur mais il n’est pas libre des conséquences de ses choix.