Chapitre 2

Verset 19a

J’aime pas du tout l’expression « On peut pas tout avoir » parce que justement, moi je voudrais bien tout avoir. Seulement voilà, la vie est souvent faite de manques, de privations et quelques fois même de misère. Les croyants ne sont pas épargnés, mais ils ont l’avantage de pouvoir présenter leurs requêtes au « Dieu des cieux », ce qui ne veut pas dire cependant, qu’ils obtiennent tout ce qu’ils demandent. Daniel et ses trois amis sont à deux doigts de passer à l’échafaud avec tous les autres sages de Babylone ; alors ensemble, les quatre Israélites supplient Dieu de leur révéler le rêve de Nabuchodonosor, ainsi que son interprétation.

Je continue de lire dans le second chapitre du livre de Daniel.

Au cours de la nuit, dans une vision, le secret fut révélé à Daniel (Daniel 2.19a).

En réponse à l’intercession fervente des quatre amis, Daniel reçoit la clé de l’énigme qui trouble tant Nabuchodonosor. Dieu lui parle dans une vision ce qui est différent d’un songe. En effet, tandis que le roi de Babylone a rêvé d’une immense statue, Daniel l’a contemplée alors qu’il se trouve dans un état de transe prophétique, et en même temps qu’il voit cette étrange image, l’Esprit de Dieu lui révèle sa signification.

Versets 19b-23

Je continue.

Alors celui-ci loua le Dieu des cieux : Il dit : “ Loué soit Dieu dès maintenant et à toujours, car à lui appartiennent la sagesse et la force. Il fait changer les temps et modifie les circonstances, il renverse les rois et élève les rois, il donne la sagesse aux sages et, à ceux qui savent comprendre, il accorde la connaissance. Il dévoile des choses profondes et secrètes, il sait ce qu’il y a dans les ténèbres, et la lumière brille auprès de lui. C’est toi, Dieu de mes pères, que je célèbre et que je loue, tu m’as rempli de sagesse et de force et tu m’as fait connaître ce que nous t’avons demandé, tu nous as révélé ce que le roi demande ” (Daniel 2.19b-23).

Daniel est prophète et un homme d’action, mais aussi un homme de prière. Sa louange est calquée sur le sens de cette statue qui représente la transformation des puissances terrestres. Sa prière de reconnaissance résume le message central de tout le livre. En effet, Daniel célèbre la force et la sagesse de Dieu, son omniscience, c’est à dire a connaissance totale de toutes choses du début à la fin, ainsi que son entière souveraineté sur les affaires des hommes, des nations et particulièrement des rois (Daniel 4.14, 22 ; 5.21).

Si Nabuchodonosor est sur le trône, il le doit uniquement à Dieu qui l’y a placé, car c’est l’Éternel qui dans les moindres détails, contrôle absolument tout et qui accorde sagesse et pouvoir à qui il veut. Cette louange de Daniel rappelle aussi le célèbre cantique d’Anne que rapporte le juge Samuel (1Samuel 2.1-10).

Versets 24-25

Je continue le texte.

Après cela, Daniel alla trouver Aryok, que le roi avait chargé de faire périr les sages de Babylone et il lui dit : Ne fais pas mourir les sages de Babylone. Introduis-moi en présence du roi et je lui révélerai l’interprétation de son rêve. Alors Aryok s’empressa d’introduire Daniel auprès du roi et dit à celui-ci : J’ai trouvé parmi les déportés de Juda un homme qui donnera à Sa Majesté l’interprétation de son rêve (Daniel 2.24-25).

Tout le monde sait que dans les cours royales, les murs ont des oreilles et donc à Babylone, nul n’ignore que Nabuchodonosor a les nerfs en boule et que ce n’est pas le moment de l’agacer. Un despote grincheux est dangereux comme un bouledogue affamé. Pour cette raison, c’est en toute hâte que Aryok le chef des gardes, introduit Daniel auprès du roi.

Il faut dire aussi que Aryok fait traîner les choses en longueur parce que décapiter tous les sages du royaume ne l’enchante guère ; il veut au contraire que la vie reprenne son cours normal au plus vite. Cela dit, ce vieux renard sait aussi saisir les bonnes occasions quand elles se présentent afin de pavaner. Espérant bien toucher le gros lot, il prétend avoir déniché, lui tout seul comme un grand, quelqu’un capable d’interpréter le rêve du roi, alors qu’en réalité c’est Daniel qui demande deux fois de suite une audience avec le roi.

Versets 26-28

Je continue.

Le roi s’adressa à Daniel, surnommé Beltchatsar, et lui demanda : Es-tu vraiment capable de me révéler le rêve que j’ai eu et de m’en donner l’interprétation ? Daniel s’adressa au roi et lui dit : Le secret que Sa Majesté demande, aucun sage, aucun magicien, aucun mage, aucun enchanteur n’est capable de le lui faire connaître. Mais il y a, dans le ciel, un Dieu qui révèle les secrets ; et il a fait savoir au roi Nabuchodonosor ce qui doit arriver dans les temps à venir. Eh bien, voici ce que tu as rêvé et quelles sont les visions que tu as eues sur ton lit : (Daniel 2.26-28).

Très sceptique, Nabuchodonosor soumet Daniel au même test que les sages qu’il a appelé en pleine nuit. Il veut deux choses : premièrement qu’on lui raconte son rêve et ensuite qu’on lui explique ce qu’il veut dire.

Quand Daniel reparaît devant le roi, il commence par remettre les pendules à l’heure en disant que nul, par sa propre sagesse, n’est capable de donner la bonne interprétation du songe. C’est aussi ce qu’on dit avec justesse les mages, ce qui leur a valu la sentence de mort. Puis Daniel fait une distinction bien nette entre les fausses divinités en général et le seul vrai Dieu à qui il attribue la révélation des choses cachées afin que toute gloire revienne à l’Éternel.

Joseph, fils de Jacob, avait tenu un langage semblable quand il a dit au roi d’Égypte :

Ce n’est pas moi, c’est Dieu qui donnera au pharaon l’explication qui convient (Genèse 41.16 ; comparez Genèse 40.8).

Daniel commence son discours en donnant le sens général du rêve quand il dit qu’il se rapporte « aux temps à venir », c’est à dire à l’ère messianique. En d’autres mots, il trace une esquisse du temps des nations (Luc 21.24) qui vient de commencer et qui s’achèvera à la fin de la Grande Tribulation.

Versets 29-30

Cette introduction bien en place, Daniel continue et dit :

Pendant que tu étais couché, ô roi, tu t’es mis à penser à l’avenir. Alors celui qui révèle les secrets t’a fait connaître ce qui doit arriver. Quant à moi, ce n’est pas parce que je posséderais une sagesse supérieure à celle de tous les autres hommes que ce secret m’a été révélé, mais c’est afin que l’interprétation en soit donnée au roi et que tu comprennes ce qui préoccupe ton cœur (Daniel 2.29-30).

Daniel rappelle au roi l’état mental dans lequel il se trouvait et les pensées qui le préoccupaient dans la nuit où il fit ce rêve. Puis, juste au moment où il va lui révéler son contenu et sa signification, il s’interrompt pour rendre gloire et honneur à Dieu, et affirmer que lui-même n’est qu’un instrument entre ses mains pour instruire le roi. En d’autres mots, ce qu’il va dire ne vient pas de sa propre sagesse mais de Dieu.

Ce rêve concerne « ce qui doit arriver » ; c’est une vue panoramique de l’histoire de l’humanité depuis le règne de Nabuchodonosor jusqu’à la fin des puissances humaines qui seront remplacées par le royaume de Dieu avec le Messie pour roi.

Parce que la dynastie de David a failli dans ses responsabilités, l’Éternel lui a ôté le sceptre royal et l’a donné aux nations païennes jusqu’à ce que Jésus revienne pour régner. Alors en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs, il prendra le sceptre royal et établira son royaume sur la terre entière.

Cette révélation est donnée au premier des nombreux potentats qui exerceront le pouvoir que Dieu leur aura accordé pendant le temps des nations. Daniel n’enseigne pas des vérités spirituelles mais des faits historiques et politiques qui se dérouleront dans une région du monde s’étendant de l’Occident à l’Orient avec la Palestine pour centre.

Le roi va pouvoir s’identifier à son rêve parce que Dieu lui parle de la gloire et de la splendeur d’une statue, un langage qu’il comprend bien parce qu’à Babylone l’adoration des images est chose courante.

Verset 31

Je continue.

Voici donc, ô roi, la vision que tu as eue : tu as vu une grande statue. Cette statue était immense, et d’une beauté éblouissante. Elle était dressée devant toi et son aspect était terrifiant (Daniel 2.31).

Jusque-là, le visage fermé de Nabuchodonosor exprimait un mélange d’indifférence et de scepticisme. Mais dès que Daniel commence à parler, on peut être sûr qu’il est interloqué et son air blasé fait place à une vive surprise. Il n’en croit pas ses oreilles d’entendre décrire le rêve impressionnant qu’il a fait.

La splendeur extraordinaire de la statue provient de l’éclat des métaux qui la composent. Cet éclat, ses dimensions colossales, l’étrange amalgame qui la constitue, et probablement aussi l’expression sévère de sa face donnent à la statue un aspect terrible. Il n’est donc pas étonnant que le roi ait été troublé surtout que ce rêve peut signifier un jugement de Dieu sur lui.

Versets 32-33

Je continue.

La tête de cette statue était en or pur, la poitrine et les bras en argent, le ventre et les hanches en bronze, les jambes en fer, les pieds partiellement en fer et partiellement en argile (Daniel 2.32-33).

Au fur et à mesure qu’on va de la tête d’or jusqu’aux jambes en fer, les métaux sont de moins en moins précieux mais aussi de plus en plus durs, jusqu’aux pied qui sont constitués d’un amalgame fer-argile. Cette statue qui a l’apparence d’un puissant colosse repose en fait sur une base très fragile.

Versets 34-35

Je continue.

Pendant que tu étais plongé dans ta contemplation, une pierre se détacha sans l’intervention d’aucune main, vint heurter la statue au niveau de ses pieds de fer et d’argile, et les pulvérisa. Du même coup furent réduits ensemble en poussière le fer, l’argile, le bronze, l’argent et l’or, et ils devinrent comme la bale de blé qui s’envole de l’aire durant la moisson ; le vent les emporta sans en laisser la moindre trace. Quant à la pierre qui avait heurté la statue, elle devint une immense montagne et remplit toute la terre (Daniel 2.34-35).

Le rêve en lui-même est très simple mais troublant à cause de l’aspect général de la statue, de sa composition étrange et de sa ruine soudaine et rapide. « Une pierre » se détache d’elle-même d’une montagne (Daniel 2.45) et frappe la statue à l’endroit le plus fragile, c’est à dire les pieds qu’elle fracasse ce qui entraîne la chute du colosse et sa complète destruction. Les métaux sont pulvérisés et se volatilisent comme emportés par le vent ; il ne reste alors plus aucun vestige de la colossale statue tandis que la petite pierre qui l’a détruite grandit et devient « une immense montagne ».

Versets 36-38

Je continue.

Voilà ton rêve. Quant à ce qu’il signifie, nous allons l’exposer au roi. Toi, ô roi, tu es le roi des rois, à qui le Dieu des cieux a donné la royauté, la puissance, la force et la gloire. Dieu a placé sous ton autorité les hommes, les bêtes sauvages et les oiseaux en quelque lieu qu’ils habitent. Il t’a donné la domination sur eux tous. C’est toi qui es la tête d’or (Daniel 2.36-38).

Après avoir raconté le rêve du roi, Daniel donne son explication. Il insiste bien sur le fait que si rien ne se meut pour ainsi dire sans la volonté du roi, c’est parce que « le Dieu des cieux » le veut ainsi, du moins pour le moment. Le prophète Jérémie exprime la même idée quand il dit :

Voici ce que déclare le Seigneur des armées célestes, le Dieu d’Israël : C’est moi qui ai fait la terre ainsi que les hommes et les bêtes qui s’y trouvent, avec ma grande force et la puissance que j’ai déployée. Aussi, je la confie à qui il me semble juste. À présent, je livre tous ces pays à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur ; je lui ai même assujetti les animaux sauvages pour qu’ils servent ses desseins. Toutes ces nations lui seront assujetties, ainsi qu’à son fils, et à son petit-fils après lui, jusqu’à ce que vienne l’heure pour son pays à lui aussi. Alors son pays sera asservi à de puissantes nations et à de grands rois (Jérémie 27.5-7).

« Le temps des nations » dont a parlé Jésus a commencé avec Nabuchodonosor parce que c’est lui qui a détruit Jérusalem et mis fin à la dynastie de David. Il est bien vrai qu’avant lui, il y a eu le colossal empire d’Assyrie qui s’étendait des bords du fleuve Tigre jusqu’à l’Égypte, mais comme le royaume de Juda existe encore, la puissance des nations païennes est freinée par la présence de Dieu dans son Temple. Mais une fois Jérusalem conquise, les nations païennes peuvent donner libre cours à leur puissance. La statue représente donc des dictatures universelles terrestres et d’une manière générale, elles sont hostiles au règne de Dieu.

Verset 39

Je continue le texte.

Après toi surgira un autre empire, moins puissant que le tien, puis un troisième représenté par le bronze, qui dominera toute la terre (Daniel 2.39).

Quatre empires vont se succéder et dominer de l’Orient à l’Occident. Plus loin dans le livre (ch. 7), ces mêmes empires sont représentés par quatre animaux qui sont bien distincts les uns des autres. Ils sont très puissants mais au fil des siècles, de moins en moins glorieux.

La tête en or représente l’empire babylonien (612-539) qui domine le Moyen-Orient après la chute de Ninive, capitale de l’Assyrie (612) ; l’homme fort est alors Nabuchodonosor.

La poitrine et les bras d’argent représentent l’empire des Mèdes et des Perses. Ces deux peuples longtemps ennemis font alliance (Daniel 5.28 ; 8.20) pour conquérir Babylone (en 539 avant J-C). L’homme fort est le Perse Cyrus et son empire dure deux siècles (539-330).

Le ventre et les hanches de bronze représentent l’empire grec fondé par Alexandre le Grand (Daniel 8.21). Il fait la conquête de la Perse (334-330) puis s’étend jusqu’au nord-ouest de l’Inde. Comme cet immense territoire unit l’Orient à l’Occident, il donne l’impression de dominer toute la terre. Mais après la mort d’Alexandre, l’empire est partagé entre ses quatre généraux et finit par s’effondrer, puis la Grèce devient une province romaine (en 146 avant J-C).

Verset 40

Je continue le texte.

Un quatrième royaume lui succédera, il sera dur comme le fer ; comme le fer pulvérise et écrase tout et le met en pièces, ainsi il pulvérisera et mettra en pièces tous les autres royaumes (Daniel 2.40).

Les jambes et les pieds représentent l’empire romain qui commence (en 27 avant J-C) à la suite d’une série de guerres civiles . Le fer est bien moins précieux que l’or l’argent ou le bronze, mais il est bien plus dur. Moins prestigieux que les précédents, l’empire romain est cependant plus puissant qu’eux. Les légions romaines ont une puissance de destruction formidable et les légionnaires portent une armure en fer qui les rend pratiquement invincibles mais seulement en terrain découvert.

En effet en l’an 9 de notre ère, un prince de la grande Germanie (Arminius “ Hermann ”) attire plusieurs légions (commandées par le général Varus) dans une forêt (de Teutobourg) de la région d’Hanovre et les extermine. Les Allemands résistent à Rome pendant 7 ans avant d’être finalement vaincus (par le général Germanicus, fils adoptif de Jules César).

Alors que Daniel mentionne la Perse et la Grèce en une seule petite phrase, il décrit l’empire romain (en quatre versets), plus longuement que les trois autres réunis.

Versets 41-42

Je continue.

Et si tu as vu les pieds et les orteils partiellement en argile et partiellement en fer, cela signifie que ce sera un royaume divisé ; il y aura en lui quelque chose de la dureté du fer, selon que tu as vu le fer mêlé à la terre cuite. Mais comme les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile (Daniel 2.41-42).

L’histoire de l’empire romain comprend deux périodes distinctes. Pendant la première, représentée par les deux jambes de fer, il est d’une force irrésistible et il établit sa souveraineté sur l’Orient et l’Occident. Mais pendant la seconde période représentée par les pieds et les orteils de fer et d’argile, l’empire manifeste à la fois la force et la faiblesse.

Il est intéressant de noter que plus loin dans le livre, le quatrième animal terrible qui symbolise lui aussi l’empire romain a des dents de fer et possède dix cornes qui correspondent peut-être aux dix orteils de la statue. Il s’agit d’une coalition de dix états qui régneront ensemble dans les derniers jours de la deuxième phase de l’empire romain.

Verset 43

Je continue.

Que tu aies vu le fer mêlé de terre cuite, cela signifie que les hommes chercheront à s’unir par des alliances, mais ils ne tiendront pas ensemble, pas plus que le fer ne tient à l’argile (Daniel 2.43).

Un alliage de deux métaux offre des qualités supérieures à chacun pris individuellement, mais le fer ne se mélange pas à de la terre cuite ; on a beau faire, ils restent séparés et le tout forme un amalgame hétérogène fragile. Pendant sa deuxième période, l’empire romain sera constitué d’alliances qui auront des failles fatales pour cause d’incompatibilité fondamentale ce qui affaiblira considérablement sa puissance.

Versets 44-45a

Je continue.

À l’époque de ces rois-là, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et dont la souveraineté ne passera pas à un autre peuple ; il pulvérisera tous ces royaumes-là et mettra un terme à leur existence, mais lui-même subsistera éternellement. C’est ce que représente la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans l’intervention d’aucune main humaine pour venir pulvériser le fer, le bronze, l’argile, l’argent et l’or (Daniel 2.44-45a).

Alors qu’un empire constitué par une alliance de dix états, représentés par les orteils de la statue, a établi sa domination, Dieu intervient et le détruit pour établir à sa place un royaume qui subsistera éternellement. Il triomphe des puissances terrestres qui s’opposent à lui et impose un nouvel état de choses qui remplacera l’ordre actuel. C’est le sujet du livre de l’Apocalypse.

Dans le rêve du roi, la pierre se détache d’une montagne pour devenir elle-même une montagne qui remplit la terre. Dans les Écritures, « la montagne » représente un gouvernement. Ici, il s’agit du pouvoir souverain de Dieu qui domine toutes les puissances humaines qui bien évidemment ne sont que néant face à lui.

Le Messie symbolisé par « la pierre qui se détache de la montagne », est détaché de Dieu et par Dieu ce qui signifie qu’il ne tire pas son origine ou sa puissance des hommes.

Lors de son retour glorieux, Jésus-Christ sera semblable à « un fils d’homme » (Daniel 7.13), mais il détruira avec une soudaineté dévastatrice (comparez Daniel 2.34-35) le quatrième empire, l’empire romain dans sa deuxième phase, qui est la manifestation ultime de la puissance des nations païennes. Puis il établira son royaume de mille ans qui perdurera jusque dans l’éternité.

L’Église universelle ne correspond pas à ce royaume qui dans le futur sera établi par Dieu. En effet, dans la prophétie de Daniel, la statue qui représente les puissances impériales humaines est subitement détruite par la pierre, et alors, Jésus impose immédiatement son autorité sur toute la terre (Daniel 2.35). Or l’Église n’est pas un royaume et n’a aucune ambition politique. Jésus et les apôtres n’ont pas essayé de changer le système sociopolitique de leur époque qui était pourtant particulièrement injuste.

L’Église n’est pas appelée à une conquête temporelle mais spirituelle, non des masses mais des individus. Par contre, si suffisamment de personnes répondent à la grâce de Dieu, alors toute la société environnante en ressentira les effets bénéfiques. En tant que citoyen, le croyant peut avoir un engagement politique, mais il est d’abord et surtout appelé à représenter Dieu sur terre par sa vie et son témoignage.