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27 janv. 2025

Cantique des cantiques 5.2 – 6.9

Chapitre 5

Introduction

La plupart des contes de fées finissent bien avec la conclusion : « Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

Salomon et la Sulamite, sa bien-aimée, ont vécu une nuit de noces qui depuis la plus lointaine antiquité et encore aujourd’hui fait les annales du romantisme. Tout naturellement, on s’attend donc à ce que la suite et la conclusion soient les mêmes que pour toutes les histoires où un beau prince épouse une fille de rêve. Surprise ! Ce n’est pas du tout le cas dans l’histoire d’amour racontée dans le Cantique des cantiques.

Versets 2-8

Je continue de lire dans le chapitre 5 avec le 15e cliché de notre ami paparazzi.

Je me suis endormie, pourtant mon cœur veillait. J’entends mon bien-aimé frapper : Ma sœur, mon amie, ouvre-moi, toi, ma colombe, toi, ma parfaite, car j’ai la tête couverte de rosée. Mes boucles sont trempées des gouttes de la nuit. J’ai ôté ma tunique, comment la remettrais-je ? Et j’ai lavé mes pieds : comment les salirais-je ? Mon bien-aimé avance sa main par l’ouverture, mon cœur s’est mis à battre pour lui et je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé. De mes mains, goutte à goutte, de la myrrhe a coulé, de la myrrhe onctueuse a goûté de mes doigts jusque sur la poignée du verrou de la porte. J’ouvre à mon bien-aimé. Hélas, mon bien-aimé était déjà parti : il s’en était allé, et son départ me rendait éperdue. Je l’ai cherché, mais ne l’ai pas trouvé. Et je l’ai appelé, mais il ne m’a pas répondu. Les gardes m’ont croisée en faisant le tour de la ville, les gardes m’ont frappée et ils m’ont maltraitée. Ils m’ont arraché mon châle, les gardes des remparts. Ô filles de Jérusalem, oh, je vous en conjure : si vous le rencontrez, mon bien-aimé, annoncez-lui que je suis malade d’amour ! (Cantique des cantiques 5.2-8 ; auteur ; Comparez Ésaïe 16.11; Jérémie 31.20).

Ce passage plein de vivacité est aussi d’une grande intensité dramatique. La relation décrite entre les époux est réaliste parce qu’elle révèle des problèmes inhérents au mariage, mais le Cantique des cantiques donne aussi les principes qui permettent de les surmonter.

La lune de miel des deux amoureux s’est probablement prolongée sur plusieurs semaines et ils pensaient qu’elle durerait indéfiniment. Mais le jour est venu, ou plutôt la nuit, où l’adoration que Salomon porte à sa belle est refusée et elle l’accueille comme un chien dans un jeu de quilles. Quand on y réfléchit l’inverse de l’amour n’est pas l’hostilité mais l’indifférence. Si quelqu’un nourrit une forte haine à mon égard, c’est qu’il prend note de ma présence, mais s’il ne tient pas compte de moi, c’est que pour lui je n’existe pas. Il arrive souvent que quelqu’un se suicide parce qu’il a déjà été symboliquement mis à mort par son entourage, qui a adopté une attitude de quasi totale indifférence à son égard, se comportant comme s’il n’existait pas. Son geste désespéré est en quelque sorte la mise en acte logique de ce qu’il ressent. N’ayant pas trouvé sa place, se sentant de trop et gênant comme un cheveu sur la soupe, il est parti ou « il nous a quittés » comme on dit. J’ai connu plusieurs cas semblables.

De toute évidence le couple a des difficultés. Un soir alors qu’il est absent, son épouse va se coucher peut-être en bougonnant et finit par s’endormir. Elle se met alors à rêver, mais c’est un cauchemar qui évoque d’une manière figurative les difficultés des jeunes mariés à réaliser leur harmonie. Salomon sollicite son épouse par une succession de mots tendres disant : « Ma sœur, mon amie, ouvre-moi, toi, ma colombe, toi, ma parfaite », mais elle hésite à salir ses pieds pour aller ouvrir. Nulle part ailleurs dans ce Cantique, il s’adresse à elle avec autant de mots doux. L’attitude empressée de l’époux contraste fortement avec l’indifférence de son épouse. La description, qu’il fait de lui-même :

j’ai la tête couverte de rosée. Mes boucles sont trempées des gouttes de la nuit

correspond à celle d’un berger qui tend son troupeau. C’est donc en tant qu’humble pasteur qu’il vient voir sa bien-aimée pour essayer de résoudre le problème qui s’est glissé entre eux. Mais dans son rêve, la Sulamite refuse tout d’abord de se déplacer.

Cette situation n’est pas sans rappeler celle d’un homme qui, après un voyage d’affaires, revient chez lui pour trouver sa femme apprêtée pour la nuit avec des rouleaux dans les cheveux et confortablement installée au lit en train de lire. Elle refuse de se déranger pour lui disant d’un ton plaintif : « Veux-tu vraiment que je me lève et que j’enlève mes rouleaux pour toi ? » Une telle déclaration montre qu’elle n’a pas la moindre inclination à se rendre disponible pour son mari.

Dans notre histoire, comme Salomon insiste pour entrer, la Sulamite est soudainement attendrie par son désir sincère de la rencontrer et lui ouvre. Malheureusement, c’est trop tard car il a disparu. Cet incident montre qu’il ne faut pas jouer avec l’amour. La lenteur de l’épouse à réagir a eu une conséquence fâcheuse. Cependant, l’époux n’est pas parti fâché ; la preuve est qu’il lui a laissé, sous forme de myrrhe, un mot doux en signe d’affection. Alors, quand elle a touché le verrou, le parfum lui a mouillé les doigts. Cette image charmante témoigne de la tendre présence que son bien-aimé répand dans son cœur malgré leurs difficultés de couple.

À cette époque, les portes comportent une ouverture qui de l’extérieur permet de passer la main afin d’ouvrir le loquet à moins que la porte soit barrée de l’intérieur, ce qui est le cas ici. L’époux qui trouve donc la porte close, laisse alors en guise de carte de visite, quelques gouttes de parfum sur le verrou intérieur afin de dire à sa bien-aimée absente qu’il est venu la voir. C’est de cette façon que Salomon cherche à se réconcilier avec son épouse et à renouer une relation intime avec elle.

Quand la Sulamite découvre que son bien-aimé est parti, elle est prise comme de folie et dans son rêve, comme la première fois, elle déambule dans les rues à sa recherche. Cette fois encore, elle rencontre des gardes qui la prenant pour une prostituée, la frappent et tentent d’abuser d’elle. Cet épisode révèle qu’elle a mauvaise conscience, sans doute parce qu’elle se sent responsable de la discorde avec son mari. Ce cauchemar symbolise sa détresse devant la séparation qu’elle a provoquée. L’appel à l’aide qu’elle adresse aux filles de Jérusalem montre qu’elle a beaucoup évolué et que son indifférence première s’est transformée en un désir ardent de retrouver son bien-aimé et d’être à nouveau uni à lui.

La réussite d’un mariage dépend de la capacité des époux à résoudre leurs problèmes. Ici, le texte révèle l’indifférence de l’épouse, mais sans nous en donner la raison. Quant au mari, on peut supposer qu’il est un peu vexé dans sa fierté par l’attitude froide de sa femme. Cependant, comme l’attitude de la Sulamite a changé, ils sont sur le chemin de la réconciliation.

Selon une interprétation typologique du texte, l’insistance avec laquelle Salomon cherche à entrer chez son épouse fait penser à un passage du livre de l’Apocalypse où Jésus dit :

Voici : je me tiens devant la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je dînerai avec lui et lui avec moi (Apocalypse 3.20).

Mais tout comme la Sulamite, nous sommes libres d’ouvrir ou pas la porte de notre cœur.

Versets 9-16

Je finis le chapitre 5 avec le 16e cliché du paparazzi, qui essentiellement, décrit Salomon.

Qu’a donc ton bien-aimé de plus qu’un autre ? Dis-nous, toi la plus belle parmi toutes les femmes, oui, qu’a-t-il donc ton bien-aimé de plus qu’un autre pour que tu nous conjures, de façon si pressante ? Mon bien-aimé a le teint clair et rose, on le distinguerait au milieu de dix mille. Sa tête est comme de l’or pur. Ses boucles sont flottantes comme un rameau de palme, et d’un noir de corbeau. Ses yeux sont des colombes sur le bord des cours d’eau, ils baignent dans du lait et sont comme enchâssés dans un chaton de bague. Ses joues ressemblent à un parterre d’aromates exhalant leurs parfums. Ses lèvres sont des lis distillant de la myrrhe, de la myrrhe onctueuse, et ses mains, des bracelets d’or incrustés de topazes. Son corps est d’ivoire poli émaillé de saphirs. Ses jambes sont semblables à des piliers de marbre sur des socles d’or pur. Son aspect est pareil à celui du Liban et d’une beauté sans égale, comme les cèdres. Son palais est plein de douceurs et toute sa personne est empreinte de charme. Tel est mon bien-aimé, oui, tel est mon ami, ô filles de Jérusalem (Cantique des cantiques 5.9-16).

La question du chœur des filles de Jérusalem sert à faire avancer l’action. Leur présence dans le rêve de la Sulamite lui donne l’occasion d’exprimer ses sentiments envers son bien-aimé. La description détaillée qu’elle donne de lui montre qu’elle le connaît très bien et d’une manière intime, qu’elle l’aime et veut que le monde le sache. Son chant de louanges est l’écho du chant de son mari lors de leur nuit de noces, ce qui lui permet de rallumer les flammes de son amour envers lui.

Les métaphores ne sont pas des comparaisons littérales, mais communiquent la valeur que le bien-aimé revêt pour son épouse et l’attirance qu’il exerce sur elle. Pour la Sulamite, Salomon rayonne et lui est précieux comme de l’or pur. Elle aime ses cheveux ondulés noir encre, ses yeux qui reflètent son caractère doux et paisible, le contraste de ses pupilles foncées sur le blanc pur de ses yeux ; on dirait qu’ils ont trempé dans le lait tant ils sont beaux. Elle aime ses joues parfumées attrayantes et agréables à regarder. Quand il l’embrasse sur les lèvres, elle est portée au septième ciel. Ses mains qui la prennent et l’étreignent lui sont plus précieuses que les bijoux les plus précieux. Son corps olympien ressemble à une œuvre d’art qui lui ravit les yeux. Ses jambes exhalent la force. Il est beau et impressionnant comme la magnifique chaîne de montagnes du Liban qui se dresse au nord de la Palestine avec ses cèdres majestueux. Ses paroles sont toujours réfléchies et ses baisers, la douceur même. Tout en lui est merveilleux. Pour sa bien-aimée, il est un enchantement, le charme personnifié, son compagnon, son ami et l’amour de sa vie. Alors, on peut se demander pourquoi la Sulamite s’est montrée indifférente et ingrate envers quelqu’un d’aussi admirable.

À entendre ou lire ces lignes, une femme mariée peut penser que jamais, mille fois jamais, elle aurait été froide envers un tel homme alors qu’elle n’a rien à dire de bien de son propre mari. Et pourtant, n’y a t-il pas eu une époque où elle était follement amoureuse de lui, où elle avait les yeux remplis d’étoiles, où elle savait qu’il était l’amour de sa vie et voulait absolument l’épouser. Alors comment ces étoiles se sont-elles transformées en sable ? La recette est malheureusement très simple : notre égoïsme naturel engendre de l’ingratitude qui au fil du temps finit par voiler toutes les étoiles et alors on s’enlise dans une relation qui est comparable à des sables mouvants. Pour sortir de son indifférence égoïste, la Sulamite a dû changer de lunettes pour ainsi dire, en rédigeant une liste impressionnante de tout ce qu’elle apprécie chez son époux. Cette démarche l’a transformée. Voilà une idée simple mais efficace pour ceux qui sont en froid avec leur conjoint.

Il va sans dire que dans tout couple il y aura des incompréhensions, des conflits et des vexations. Le succès de leur mariage malgré toutes les difficultés qui se présentent dépend en grande partie de leur capacité à se pardonner réciproquement. Une fois cette habitude bien en place, la bulle romantique qui était à l’origine de leur relation deviendra un diamant éternel. Les bulles de savon sont jolies ; elles se forment rapidement et on peut y voir toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, mais ce n’est pas du diamant parce qu’elles disparaissent encore plus vite qu’elles se créent et les seules traces qui restent ressemblent à des larmes.

Selon l’interprétation typologique, la question des filles de Jérusalem :

Qu’a donc ton bien-aimé de plus qu’un autre pour que tu nous conjures de façon si pressante

exprime un scepticisme certain. C’est aussi l’attitude des gens vis-à-vis du Jésus des évangiles : « Mais qu’a-t-il donc de plus que n’importe quel fondateur de religion ? Qu’est-ce qui vous fait croire qu’il est vraiment ce qu’il a dit être ? C’était un grand homme bon et miséricordieux, mais il y en a eu d’autres. » Jésus est le plus controversé de tous les personnages historiques. Si quelqu’un aujourd’hui essaie de prouver que Jules César était un despote de première catégorie, cela n’engendrerait guère de polémique. Qui serait offensé et essayerait de le défendre ? Et si au contraire, on veut prouver qu’en réalité, César était un type plutôt bien, à qui cela fera-il monter la moutarde au nez ? Personnellement, qu’il ait été l’un ou l’autre ou les deux à la fois me fait bayer aux corneilles. Mais dès qu’on mentionne Jésus, les gens s’excitent et sont même prêts à se battre.

Dieu nous oblige à prendre une décision vis-à-vis de son Fils. Nous avons le compte-rendu de Ponce Pilate quand il a essayé de se défiler. Matthieu rapporte que Pilate :

Il prit de l’eau et, devant la foule, se lava les mains en disant : — Je ne suis pas responsable de la mort de cet homme. Cela vous regarde (Matthieu 27.24).

Mais par ce geste, il ne s’est pas désengagé de sa responsabilité. La plus ancienne confession de foi chrétienne qui a été récitée par des multitudes pendant presque 2 000 ans inclut les mots : « crucifié sous Ponce Pilate ». La responsabilité de Pilate dans le meurtre de Jésus est engagée à 100 %. Il se croyait le juge mais en réalité il a été jugé. Et aujourd’hui encore, toute personne qui ne prend pas franchement position pour Jésus-Christ en plaçant son espérance en lui et en lui seul, est jugée. Comme le dit l’évangile selon Jean :

Celui qui met sa confiance en lui n’est pas condamné, mais celui qui n’a pas foi en lui est déjà condamné, car il n’a pas mis sa confiance en la personne du Fils unique de Dieu (Jean 3.18).

Selon Tertullien, un Père de l’Église, les premiers chrétiens rejetaient absolument l’idée de placer le Christ au même niveau que les fausses divinités en vogue dans l’Empire romain. Ils refusaient même de déposer la plus petite pincée d’encens devant l’image de César préférant le martyre plutôt que cet acte idolâtre parce que pour eux, Jésus est différent ; Jésus est Dieu.

Chapitre 6

Versets 1-3

Nous arrivons maintenant au chapitre 6 et au 17e cliché de notre histoire. Je le décris :

Où est allé ton bien-aimé, ô toi la plus belle des femmes ? De quel côté s’est-il tourné, ton bien-aimé ? Nous t’aiderons à le chercher. Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, vers ses parterres d’aromates, pour faire paître son troupeau et pour cueillir des lis dans le jardin. Moi, je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi, lui qui fait paître son troupeau dans les prés pleins de lis (Cantique des cantiques 6.1-3).

Suite au chant de louanges de l’épouse, les filles de Jérusalem veulent l’aider à retrouver son époux, mais elle répond de façon énigmatique en jouant sur les mots. Le jardin et les parterres d’aromates désignent à la fois la bien-aimée (Cantique 5.1) qui s’est à nouveau ouverte à son époux et un lieu spécifique où les amoureux aiment se rencontrer. Les paroles de la Sulamite montrent qu’ils sont réconciliés, que son bien-aimé est revenu auprès d’elle après qu’elle ait chanté ses louanges. La Sulamite exprime cette harmonie retrouvée en disant :

Moi, je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi (Cantique des cantiques 6.3).

La première fois que le couple a eu des problèmes, la Sulamite a fait la même déclaration, mais inversée, disant alors :

Mon bien-aimé, il est à moi, et moi, je suis à lui, lui qui fait paître son troupeau sur les prés pleins de lis (Cantique des cantiques 2.16).

Dans les deux cas, elle mentionne Salomon non pas comme roi, mais comme berger et ici deux fois de suite. De toute évidence, sa qualité de reine présente peu d’intérêt pour elle. Par contre, ce qui l’attire ce sont les qualités de berger de son bien-aimé, et en particulier. la douceur et la patience. D’ailleurs, quand on y réfléchit, ce sont deux caractéristiques essentielles pour la résolution des conflits (comparez Proverbes 15.1, 4 ; 25.15, 28).

Versets 4-9

Nous arrivons maintenant au 18e cliché de l’histoire. Il montre que l’époux a oublié l’offense et l’indifférence de son épouse et que plus que jamais, il est amoureux d’elle. Je le décris.

Que tu es belle, ô mon amie, comme Tirtsa. Tu es superbe tout comme Jérusalem, et redoutable comme des soldats rangés sous leur bannière. Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent, ta chevelure est comme un troupeau de chèvres aux flancs du mont Galaad. Tes dents ressemblent à un troupeau de brebis qui reviendrait du lavoir. Chacune d’elles a sa jumelle, aucune n’est solitaire. Tes joues ressemblent à des moitiés de grenades dessous ton voile. Il y a soixante reines et quatre-vingts épouses de second rang, des jeunes filles sans nombre. Mais une seule est ma colombe et ma parfaite. Pour sa mère, elle est unique. Elle est l’enfant préférée de celle qui l’enfanta. Les jeunes filles, en la voyant, disent qu’elle est bienheureuse. Toutes les reines, et les épouses de second rang font son éloge (Cantique des cantiques 6.4-9).

Les paroles de Salomon :

Tu es redoutable comme des soldats rangés sous leur bannière

qu’il répète encore plus loin (Cantique 6.10) évoquent la forte personnalité de la Sulamite.

Tirtsa est une ville située au centre de la Palestine (Josué 12.24), et son nom signifie grâce, beauté. C’était la première capitale du royaume d’Israël des X tribus du Nord (1Rois 14.17 ; 15.21 ; 16.23-24). La beauté de la bien-aimée est tellement extraordinaire qu’elle désarçonne autant Salomon que s’il devait faire face à une armée prête au combat. Son chant de louanges reprend en partie le chant de la nuit de noces (Cantique 4.1-3), ce qui est pour lui une façon de dire que ses sentiments pour son épouse n’ont pas changé, et qu’il l’aime toujours autant malgré ce qui s’est passé entre eux.

Par contre ici, Salomon évite toute référence sexuelle ; il ne mentionne ni ses lèvres, ni ses seins, ni quoi que ce soit qui puisse être de nature sensuelle. Il lui demande même de ne pas le regarder avec des yeux langoureux afin de ne pas attiser sa passion. Il veut ainsi l’assurer de son amour sans qu’il y ait de connotation sexuelle, montrant par là que ses mobiles sont purs. En d’autres mots, s’il a pas passé l’éponge sur l’attitude ingrate et froide de son épouse, ce n’est pas parce qu’il veut la mener au lit.

Salomon mentionne pêle-mêle une ribambelle de femmes qui sont probablement attachées aux 60 guerriers de sa garde rapprochée (Cantique 3.7). C’est une façon de dire que parce qu’il est le roi, il aurait pu épouser n’importe laquelle, mais qu’il a délibérément choisi la Sulamite pour femme et elle est autant unique et précieuse pour lui que pour sa mère.

Aux yeux de l’époux, sa bien-aimée est aussi différente des autres femmes qu’un lis parmi les ronces (Cantique 2.2).

Salomon nous a fait une leçon sur le mariage. Devant l’ingratitude et l’indifférence de son épouse, au lieu de se vexer, il a répondu dans un esprit d’humilité avec douceur et patience.

 

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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