Les émissions

28 janv. 2025

Cantique des cantiques 6.10 – 8.14

Chapitre 6

Introduction

Quand on lit un roman policier, on essaie de bien situer chaque personnage et de deviner qui peut bien être le coupable. Mais un auteur habile ajoute de nouvelles embûches et crée des renversements de situation afin de dérouter le lecteur. Dans le Cantique des cantiques, c’est un peu pareil ; les scènes se succèdent mais le mystère demeure entier.

Versets 6.10-7.1

Je finis de décrire la 19e photo de cette charmante histoire qui va du verset 10 du chapitre 6 au premier verset du chapitre 7. Cette scène précède celle du 18e cliché. Salomon parle d’abord.

Qui donc est celle qui apparaît comme l’aurore et qui est belle comme la lune, brillante comme un soleil mais redoutable comme des soldats rangés sous leur bannière ? Je venais de descendre au jardin des noyers pour regarder les pousses dans le vallon et pour voir si la vigne avait déjà fleuri, et si les grenadiers étaient déjà en fleurs. J’ai été pris d’extase parce que tu m’as placée sur les chariots du peuple du prince. Reviens, reviens, ô Sulamite ! Reviens, reviens, que nous puissions te contempler. Vous regardez la Sulamite comme si elle dansait une danse de Mahanaïm (Cantique des cantiques 6.10-7.1).

Suite à leurs difficultés de couple, Salomon est descendu dans leur jardin secret qui comprend aussi une vigne. Les deux amoureux aiment s’y retrouver parce que c’est là qu’ils se sont connus et qu’il lui a conté fleurette. La Sulamite sait qu’il y est (Cantique 6.2) et décide de s’y rendre aussi pour voir si l’amour que lui porte son époux fleurit autant que les premiers signes du printemps. Elle espère également se faire pardonner son indifférence précédente (Cantique 5.3). Elle n’est pas déçue puisqu’elle est reçue par un chant d’éloges, ce qui est le 18e cliché (Cantique 6.4-9).

Ici dans la 19e prise de vue on voit en rétrospective que Salomon accueille son épouse les bras ouverts. En la comparant aux astres, qui sont souvent divinisés par les peuples du Proche-Orient, Salomon dit en substance qu’à ses yeux, sa bien-aimée est comme une déesse. Mais il ajoute que lorsqu’elle s’oppose à lui, il la craint comme une armée qu’il doit combattre.

Tous les éloges dont il a comblé sa bien-aimée l’ont évidemment transportée de joie, mais ce qui l’a propulse au septième ciel c’est quand Salomon l’a conduite sur son chariot à la tête du cortège royal. Alors qu’ils partent, le chœur des filles de Jérusalem demande à la Sulamite de revenir pour qu’on puisse l’admirer davantage. C’est ici la seule fois où on appelle la bien-aimée « La Sulamite », un nom qui correspond à la forme féminine de Salomon (et qui désigne aussi une habitante de Sulem, aujourd’hui Solam, un hameau situé sur le versant sud-ouest du Petit-Hermon, à 6 km de Jizréel, en Galilée).

Le mot Mahanaïm fait allusion à un passage du livre de la Genèse (Genèse 32.1-2), où il est question d’anges. La démarche légère de la Sulamite est ainsi comparée à un vol gracieux semblable à celui des anges. Mais elle refuse de se laisser ainsi dévisager car elle ne veut être contemplée que par son bien-aimé, ce qui apparaît pleinement dans la scène suivante.

Chapitre 7

Introduction

Nous arrivons maintenant au 20e cliché de cet hymne à l’amour. Il s’agit d’une scène encore plus torride et croustillante que la nuit de noces. Mais comme le paparazzi est indiscret, il ne s’est pas gêné pour prendre une nouvelle photo de leurs ébats amoureux. C’est Salomon qui parle.

Versets 2-11

Que tes pas sont gracieux dans tes sandales, fille de prince ! Le contour de tes cuisses jusqu’aux hanches ressemble à un collier, œuvre de mains d’artiste. Ton bas-ventre est comme une coupe bien arrondie où le vin parfumé ne manque pas. Ton ventre est comme une meule de blé bordée de lis. Tes deux seins sont deux faons jumeaux d’une gazelle. Ton cou est une tour, une tour en ivoire. Tes yeux sont des étangs, des étangs de Hechbôn près de la porte Populeuse, et ton nez est semblable à la tour du Liban postée en sentinelle en face de Damas. Ta tête, sur ton corps, est comme le Carmel et tes cheveux ont des reflets de pourpre. Un roi est enchaîné dans leurs ondulations. Que tu es belle et que tu es gracieuse, ô mon amour, ô fille délicieuse. Par ta taille élancée tu es comme un palmier. Tes seins en sont les grappes. Alors j’ai dit : “ Ah, je vais monter au palmier, j’en saisirai les grappes. ” Que tes seins soient pour moi des grappes de raisin ! Le parfum de ton souffle rappelle celui de la pomme, et ton palais distille le vin le plus exquis. Oui, un bon vin qui va droit à mon bien-aimé, et glisse sur les lèvres de ceux qui s’assoupissent. Moi, je suis à mon bien-aimé et c’est moi qu’il désire (Cantique des cantiques 7.2-11 ; auteur).

Cet hymne sensuel que Salomon chante à son épouse a un caractère plus intime et voluptueux que celui de leur première nuit de noces, car maintenant, il connaît et apprécie toute la beauté du corps de sa bien-aimée. Il la dévisage non pas de la tête aux pieds comme auparavant, mais le contraire, et le moins qu’on puisse dire est qu’elle est parfaite, une vraie créature de rêve.

L’analogie entre le ventre et une meule de blé est un compliment parce que pour les Orientaux la plus belle couleur de la peau humaine est celle du blé arrivé à maturité. De plus, au Proche-Orient, le blé est la nourriture principale du peuple.

En comparant ainsi certaines parties du corps de sa bien-aimée à du blé et à du vin, Salomon déclare qu’il l’a embrassé partout, qu’il a goûté d’elle, qu’il s’est rassasié sensuellement de son corps et qu’elle a pleinement satisfait sa faim et sa soif d’elle. En d’autres mots, l’amour qu’elle lui témoigne, le don de son corps le nourrit et le comble pleinement.

Ensuite, Salomon parle de la forme élancée et noble de son cou ainsi que de la douceur de sa peau qui rappelle l’ivoire. Ce soir-là, quand Salomon regarde dans les yeux de sa bien-aimée, ils lui font penser non pas à des colombes, comme précédemment (Cantique 4.1 ; 5.12), mais à des étangs. Leur éclat rappelle une nappe d’eau qui réfléchit l’azur du ciel, et leur douceur reflète la paix et la beauté des bassins de Hechbôn, la capitale d’un royaume cananéen situé à l’est du Jourdain et que Moïse avait conquise (Nombres 21.26). Cette région est connue pour ses terres fertiles et son eau pure ; on y a d’ailleurs découvert les ruines de bassins antiques. Tout comme quelqu’un peut se reposer du brouhaha de la ville en s’asseyant le long de ces eaux calmes, Salomon trouve la sérénité et la paix auprès de sa bien-aimée.

Puis il compare son nez à la tour de guet en face de Damas, qui sert à repérer d’éventuels ennemis. L’allure fière de la Sulamite reflète son caractère déterminé qui lui sert de protection.

Enfin, le roi regarde son épouse de face. Les proportions de son corps ainsi que son beau visage lui font penser à la splendeur et à la majesté du mont Carmel (Ésaïe 35.2). Ses riches forêts coiffent la partie septentrionale de la Palestine, tout comme l’éclat de la chevelure (Cantique 4.1 ; 6.5) de sa bien-aimée couronne son joli corps. Ses cheveux aux reflets pourpres sont le dernier filet qui enlace Salomon, mais il se déclare captif volontaire.

À lire le portrait qu’il dresse de sa bien-aimée, on comprend pourquoi il est ébloui et hypnotisé par elle.

Lors de leur première lune de miel, le roi a décrit 7 aspects de son épouse, alors qu’ici il rend un hommage sublime à 10 parties de son corps. Dans les Écritures, le chiffre 10 est associé à l’homme. Tout comme les dix commandements ont été donnés à l’humanité, l’épouse, telle que le poète nous l’a décrite, a été donnée à son époux pour qu’il en jouisse.

Maintenant, Salomon se montre plus passionné encore ; il est en ébullition, il a la tête qui tourne. Il voit dans la taille svelte de sa bien-aimée la stature élancée d’un palmier à dattes dont les fruits pendent en haut du tronc. Seulement pour lui, les seins de son épouse sont comme une grappe de raisin qu’on met à la bouche ; le texte devient de plus en plus osé et épicé, mais honni soit qui mal y pense. Dans le livre des Proverbes, on lit :

Trouve la joie dans la femme de ta jeunesse : biche aimable, gracieuse gazelle ! En tout temps que ses seins t’enivrent, sois toujours épris de son amour ! (Proverbes 5.18-19 ; Bible de Jérusalem).

Salomon soupire de désir ; il aspire ardemment à jouir des fruits doux de l’amour de son épouse. Alors que leur première nuit de noces avait été un peu formelle, ici ils sont beaucoup plus à l’aise l’un avec l’autre, car ils ont mûri en familiarité et en intimité. Il existe une autre différence entre leur nuit de noces et celle-ci. La première fois, ils ont accompli le devoir du mariage tel que l’Éternel l’a ordonné et sont devenus une seule chair (Genèse 2.24). Mais cette seconde nuit d’extase ne vise aucun but sinon de jouir l’un de l’autre et d’entretenir la flamme de leur amour en partageant une intimité sexuelle. On constate aussi que l’état d’esprit de la Sulamite a changé. Dans cette présente scène, alors que Salomon dit combien les baisers de sa bien-aimée sont délectables, elle l’interrompt, finit sa phrase, et utilise elle aussi l’image du vin pour exprimer son désir de satisfaire tous les souhaits de son époux. Cette soudaine interjection montre qu’ils sont passionnément engagés à se caresser et à s’embrasser. Puis ils s’endorment dans les bras l’un de l’autre, ce qui montre leur attachement affectif.

Enfin, la Sulamite conclut cette scène d’amour avec le refrain de possession mutuelle qu’elle a déjà énoncé à deux reprises (Cantique 2.16 ; 6.3). Seulement ici, au lieu de

mon bien-aimé est à moi

elle dit :

c’est moi qu’il désire

ce qui est beaucoup plus éloquent. De plus, le mot hébreu pour « désir » est très lourd de sens ; il signifie une envie passionnée dévorante, et il n’apparaît que 3 fois dans les Écritures (Genèse 3.16 ; 4.7).

Salomon est totalement conquis, enlacé par son épouse. Il ne désire et n’a des yeux que pour elle. Et sa bien-aimée est si submergée par son amour qu’elle oublie de dire, comme auparavant, qu’il lui appartient en propre ; c’est tellement évident qu’elle n’y pense même pas. La Sulamite n’a rien à craindre, aucune autre femme ne lui ravira Salomon.

Versets 7.12-8.4

Je continue avec le 21e cliché ; je finis le chapitre 7 et commence le 8ème de cette histoire.

Viens donc, mon bien-aimé, sortons dans la campagne. Nous passerons la nuit au milieu des hameaux, et nous nous lèverons au matin, de bonne heure, pour aller dans les vignes, pour voir si elles sont en fleur et si leurs bourgeons sont ouverts, si déjà sont sorties les fleurs des grenadiers. Là-bas, je te ferai le don de mon amour. Les mandragores exhalent leur parfum. Nous avons, à nos portes, des fruits exquis de toutes sortes, tant anciens que nouveaux. Pour toi, mon bien-aimé, je les ai réservés. Ah, que n’es-tu mon frère allaité par ma mère ! Te rencontrant dehors, je pourrais t’embrasser sans que l’on me méprise, je pourrais t’emmener, je te ferais entrer au foyer de ma mère, là, tu m’enseignerais et je te ferais boire du bon vin parfumé de mon jus de grenades. Que son bras gauche soutienne ma tête et que son bras droit m’enlace. Ô filles de Jérusalem, oh, je vous en conjure, n’éveillez pas, non, ne réveillez pas l’amour avant qu’il ne le veuille (Cantique des cantiques 7.12-8.4 ; (auteur).

Les mandragores, aussi appelées « pommes d’amour », sont des fruits rouges auxquels on attribue encore aujourd’hui des vertus aphrodisiaques (Genèse 30.14-16). La racine de ce mot est la même que pour caresser. Au début de cette histoire et pendant qu’ils se fréquentent, la Sulamite souhaitait une intimité sexuelle avec Salomon (Cantique 1.2 ; 2.6). Maintenant qu’ils sont mariés et qu’elle se sent à l’aise avec lui, c’est elle qui prend l’initiative et exprime sans détour son désir de s’unir à lui. Elle profite du fait que nous sommes à nouveau au printemps, symbole universel de l’amour, pour demander à son bien-aimé si leur relation est florissante, si elle est toujours caractérisée par la même fraîcheur et la même passion qu’à ses débuts.

En notant que les signes du printemps sont présents partout, elle répond elle-même à sa question par l’affirmative. Elle a donc l’intention d’offrir à son mari des fruits familiers qu’il a déjà goûtés, mais aussi de nouvelles caresses. Elle veut faire l’amour dans un autre contexte et peut-être aussi différemment afin que leur union intime conserve sa fraîcheur. À vous d’imaginer ce qu’elle veut dire.

Dans l’ancien Proche-Orient, les marques d’affection en public sont mal vues sauf pour les membres de la même famille. C’est pourquoi la Sulamite émet le désir que Salomon soit son frère afin qu’elle puisse lui témoigner son amour en tous lieux.

Au fil du texte, on constate qu’elle éprouve le désir croissant d’une plus grande intimité avec son époux. Elle prend donc à nouveau l’initiative, créant un jeu de rôles où elle est la sœur aînée qui emmène son frère-époux dans la maison familiale. Mais en même temps, elle adopte la position d’une fille ingénue à qui son bien-aimé donne une éducation, sous-entendue sexuelle. Elle joue avec son époux comme s’il est un frère, un maître et un amant. Et puis une fois dans la maison familiale, et selon une habitude maintenant bien établie, elle lui fait boire du bon vin parfumé de son jus de grenades, ce qui est encore une métaphore sexuelle.

Puis, pour la troisième fois dans cette histoire (Cantique 2.7 ; 3.5), la Sulamite prie les filles de Jérusalem de ne pas la faire sortir de son rêve éveillé. Quand les amoureux sont vraiment engagés dans des relations intimes (Cantique 4.1-51 ; 7.2-11), ce chœur n’apparaît pas, car son but est essentiellement de faire avancer l’action.

Chapitre 8

Versets 5-7

Nous arrivons maintenant au 22e cliché de notre ami paparazzi dans le chapitre 8.

Qui donc est celle-ci qui monte du désert s’appuyant sur son bien-aimé ? C’est dessous le pommier que je t’ai réveillé, à l’endroit où ta mère t’avait conçu, oui, au lieu même où te conçut celle qui devait t’enfanter. Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras. L’amour est fort comme la mort, et la passion est inflexible comme le séjour des morts. Les flammes de l’amour sont des flammes ardentes, les flammes de la foudre venant de l’Éternel. Même de grosses eaux ne peuvent éteindre l’amour, et des fleuves puissants ne l’emporteront pas. L’homme qui offrirait tous les biens qu’il possède pour acheter l’amour n’obtiendrait que mépris (Cantique des cantiques 8.5-7).

La première fois, la question :

Qui monte du désert

a été posée par Salomon (Cantique 3.6). Il était alors dans son palanquin, entouré de sa garde rapprochée et de la pompe royale, et il allait chercher la Sulamite pour le mariage.

La présente scène contraste avec la précédente puisque le cadre est modeste et consiste dans la confiance et l’amour que les deux époux ont l’un pour l’autre. La mention du désert et des grosses eaux représente les épreuves de la vie et surtout les blessures que l’amour engendre. En effet, au début de la relation, la Sulamite est intimidée et souffre d’insécurité (Cantique 1.5-6). Ensuite sont apparus les petits renards qui détruisent leur relation (Cantique 2.15) et en troisième lieu la Sulamite se montre indifférente envers son époux (Cantique 5.2-7).

Assez curieusement, dans cette scène apparaît un pommier sous lequel Salomon aurait été conçu. Mais ce n’est qu’un symbole, car dans l’Antiquité, l’union sexuelle et la fécondité sont associées aux arbres à fruit, et le pommier représente l’amour romantique. Tout comme l’amour de David et de Bathshéba ont engendré Salomon, la Sulamite a réveillé son bien-aimé à l’amour. En d’autres mots, c’est parce qu’elle l’aime qu’il a pu naître à cette nouvelle vie d’amour avec elle.

Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras

Le sceau est une marque d’authenticité sur les actes officiels, un peu comme la signature aujourd’hui. On le porte alors sur soi, soit au doigt, soit attaché à un cordon autour du cou (Genèse 38.18 ; 41.42 ; Jérémie 22.24). Il sert aussi à marquer les possessions de valeur. La Sulamite demande donc à Salomon de faire d’elle son bien le plus précieux. Elle désire qu’il l’inscrive sur son cœur et sur son bras afin d’être présente dans ses pensées et dans tout ce qu’il fait.

Tout comme la mort, l’amour authentique ne relâche pas ceux qu’il tient et il ne transige pas sur ses exigences. L’amour est exclusif, possessif et jaloux. L’image du feu évoque la passion amoureuse qui embrase tout l’être. L’amour est comme une torche étanche qui résiste aux grosses eaux, une image fréquente qui représente les épreuves et les détresses. L’amour authentique triomphe de tous les obstacles parce qu’il persévère. Finalement, l’amour véritable est libre et volontaire ; ce n’est pas une denrée qu’on achète. N’importe qui peut payer pour le sexe, mais parce que l’amour est sans prix, il peut seulement être donné.

Versets 8-10

Nous arrivons maintenant à la 23e photo qui est un retour loin en arrière avant que Salomon ne connaisse la Sulamite. Il nous renseigne un peu sur la vie de famille de la bien-aimée.

Nous avons une sœur, elle est petite encore, sa poitrine n’est pas formée, que ferons-nous pour elle lorsqu’il sera question de la marier ? Si elle est un rempart, nous bâtirons sur elle une tourelle d’argent. Si elle est une porte, nous, nous la bloquerons d’un madrier de cèdre. Moi, je suis un rempart, mes seins en sont les tours. Aussi ai-je trouvé la paix, auprès de lui (Cantique des cantiques 8.8-10 ; auteur).

Dans le Proche-Orient ancien, les frères ont le devoir de protéger leurs sœurs et de les marier (Genèse 34 ; 2Samuel 13.19-29). Dès son plus jeune âge, les frères de la Sulamite ont veillé sur elle. Si adolescente, elle ne se laisse pas conter fleurette par n’importe qui, ils l’aident à développer ses vertus. Mais si par contre, elle est comme une porte qui s’ouvre trop facilement au premier venu, ses frères restreignent sa liberté. La Sulamite a donc été éduquée dans une famille qui a des principes moraux et qui se soucie de son futur bien-être. Elle-même se décrit comme une belle femme qui est restée chaste. Ses seins attirent les regards, mais semblables

a des tours fortifiées, on ne peut s’en approcher et ils résisteront à tous les assauts.

Mais sans aucune mauvaise intention, Salomon lui a fait la cour et trouvant la paix auprès de lui, elle lui a ouvert toute grande sa porte. En disant :

j’ai trouvé la paix auprès de lui

elle fait un jeu de mots parce que Salomon et Sulamite ont le mot « paix » pour racine.

Versets 11-12

Je continue avec le 24e cliché qui est lui aussi un retour en arrière.

Salomon avait une vigne à Baal-Hamôn, il la remit à des gardiens. Pour en payer le fruit, chacun d’eux lui donnait un millier de pièces d’argent. Ma vigne est à moi, je la garde. Toi, Salomon, tu peux avoir ton millier de pièces d’argent, puis, deux cents pièces seront données à ceux qui ont gardé ses fruits (Cantique des cantiques 8.11-12).

Salomon a rencontré la Sulamite dans une vigne qu’il avait louée à ses frères. En disant :

Ma vigne est à moi, je la garde

la Sulamite joue évidemment sur les mots. Elle parle à la fois d’elle-même et de la vigne qu’elle a travaillée et qui a rapporté 1 200 pièces d’argent. Elle donne à Salomon les 1 000 pièces qui lui reviennent en tant que propriétaire, et 200 pièces à ses frères-métayers.

Versets 13-14

Je finis maintenant cette charmante histoire avec le 25e et dernier cliché.

Toi qui habites les jardins, des compagnons, prêtent l’oreille, oh ! fais-moi entendre ta voix ! Enfuis-toi vite, toi mon bien-aimé, et sois pareil à la gazelle ou à un jeune faon, sur les monts embaumés (Cantique des cantiques 8.13-14).

Cet hymne à l’amour se termine avec une dernière énigme. L’amour de Salomon et de la Sulamite n’a rien perdu de sa fraîcheur et il s’épanouit davantage dans un cadre naturel que dans le palais royal. Les compagnons font partie de l’entourage du roi, mais ce sont des voyeurs qui gênent l’intimité du couple. Quand la bien-aimée parle des monts embaumés, elle fait allusion à ses seins tout comme la montagne de myrrhe et la colline d’encens, qui furent mentionnées par Salomon lors de leur nuit de noces (Cantique 4.6).

Finalement, la Sulamite souhaite que son époux soit pareil à la gazelle ou à un jeune faon, sur les monts embaumés, encore une métaphore sexuelle. Comme lorsqu’il lui faisait la cour (Cantique 2.14), Salomon demande à entendre la voix douce de sa bien-aimée. Mais elle lui répond de quitter sa suite et de la retrouver, probablement dans leur jardin secret, où elle se donnera alors à lui dans toute sa passion.

Le  « plus beau des chants » est la version poétique de l’approbation divine des relations conjugales entre mari et femme. C’est ce que le Créateur avait à l’esprit quand dans le jardin d’Éden il a dit :

L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair (Genèse 2.24).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

Dieu a tant aimé le monde

Nos partenaires