Chapitre 22

Verset 2a

Dans les temps antiques, les hommes croient pouvoir fabriquer de l’or, ce qui est l’objectif des alchimistes. En second lieu, ils essaient de trouver la fontaine de jouvence qui permettra à ceux qui boivent de son eau de vivre éternellement.

Sans en être trop conscient, ce que les hommes cherchent vraiment, c’est le paradis perdu parce que dans ce jardin, l’Éternel a planté l’arbre de vie dont les fruits donnent la vie éternelle à celui qui les mange.

Je continue de lire dans le chapitre 22 de l’Apocalypse.

Au milieu de l’avenue de la ville, de part et d’autre du fleuve, se trouve l’arbre de vie (Apocalypse 22.2 a).

L’apôtre Jean continue sa visite guidée de la Nouvelle Jérusalem. La structure de la phrase semble indiquer deux arbres de vie, mais comme dans le texte grec il est au singulier, c’est qu’il n’y en a qu’un ; il s’agit probablement du même arbre mais qui est dédoublé avec un tronc de chaque côté du « fleuve d’eau vive ».

Jusqu’à présent, la Nouvelle Jérusalem est apparue comme un gigantesque bijou qui scintille comme du cristal ou plutôt du diamant et qui brille de tous les feux des pierres précieuses fabuleuses qui le composent et qui font resplendir la gloire de Dieu. Devant cet immense complexe minéral, on peut se demander s’il n’y a pas quelque part, un petit coin de gazon où s’allonger, ou un arbre vert sous lequel s’étendre. Eh bien, le voilà, et il ajoute une petite douceur veloutée à la beauté resplendissante de la cité céleste.

Cet « arbre de vie » est évidemment la réplique céleste de l’arbre qui se trouvait dans le jardin d’Éden, le paradis terrestre. Après la création du monde, dans la Genèse on lit :

L’Éternel Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres d’aspect agréable portant des fruits délicieux, et il mit l’arbre de la vie au milieu du jardin. Il y plaça aussi l’arbre du choix entre le bien et le mal. Du pays d’Éden sortait un fleuve qui arrosait le jardin. De là, il se divisait en quatre bras (Genèse 2.9-10).

Dans le paradis terrestre, l’eau abonde mais elle n’est pas appelée « eau de la vie » parce que c’est de l’eau naturelle. Par contraste, dans la Nouvelle Jérusalem, il y a un « fleuve d’eau vive » et il coule à partir du « trône de Dieu et de l’Agneau » qui est la fontaine de vie et bien sûr, la fontaine de jouvence.

« L’arbre de vie » fait partie de la tradition juive et il est utilisé plusieurs fois dans les Écritures comme signe de bénédiction (Apocalypse 2.7 ; Proverbes 3.18 ; 11.30 ; 13.12 ; 15.4). « L’arbre de vie » qui est devant le « trône de Dieu et de l’Agneau » symbolise la vie éternelle.

Verset 2 b

Je continue le texte.

Il (l’arbre de vie) produit douze récoltes, chaque mois il porte son fruit (Apocalypse 22.2 b).

Cet arbre est à la fois littéral et symbolique. Comme dans l’état éternel il n’y a pas de temps, la notion exprimée par le mot « mois » signifie sans doute l’abondance. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que tout est possible à Dieu et cet arbre pourrait très bien être soumis au temps. Par ailleurs, il n’est pas exclu que cet arbre produise bel et bien de beaux fruits et des vrais comme on les aime. Bien que le texte ne dise pas explicitement qu’on peut manger ces fruits, c’est fortement sous-entendu. On sait bien qu’un corps ressuscité n’a nullement besoin d’aliments pour subsister, mais cela ne veut pas dire que dans la Nouvelle Jérusalem, les croyants ne mangent pas. Au contraire, ce passage semble plutôt encourager les repas fraternels.

D’ailleurs dans la Genèse, on a une histoire où l’Éternel, accompagné de deux anges, partagent un repas avec Abraham (Genèse 18.1-8) avant que les anges ne détruisent Sodome, Gomorrhe et les autres villes de la vallée de Siddim.

Et puis après sa résurrection Jésus a mangé avec ses disciples. En effet, alors que deux d’entre eux expliquent aux onze apôtres ce qui leur est arrivé, Jésus apparaît soudainement au milieu d’eux, et après avoir calmé leurs craintes, il leur demande :

Avez-vous quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea sous leurs yeux (Luc 24.41-43).

Jean rapporte que plus tard, Jésus partage encore un repas fait de pain et de poissons avec sept de ses disciples (Jean 21.9-13 ; comparez Actes 10.41). Tout porte donc à croire que pendant l’état éternel, les habitants du ciel vont pouvoir et vouloir manger. Le menu sera varié mais uniquement composé de fruits et sans doute aussi de légumes, ce qui est d’ailleurs ce que le Créateur avait prévu. Après la création, on lit dans la Genèse que Dieu dit à l’homme :

Voici, je vous donne, pour vous en nourrir, toute plante portant sa semence partout sur la terre, et tous les arbres fruitiers portant leur semence (Genèse 1.29).

Verset 2 c

Je continue le texte.

Ses feuilles (de l’arbre de vie) servent à guérir les habitants (Apocalypse 22.2 c ; auteur).

Cette déclaration a de quoi surprendre puisqu’il n’y a ni blessure ni maladie dans la Nouvelle Jérusalem. Mais le mot traduit par « guérir » (therapeia), qui a donné « thérapeutique » en français, n’évoque pas forcément la maladie et peut être traduit par « bon pour la santé ».

Peut-être que ces feuilles ont des vertus particulières qui donnent un plus aux corps glorifiés. En tout cas, « fruits et feuilles » semblent contribuer au bien-être des habitants, mais sans qu’on sache trop comment.

Verset 3

Je continue.

Il n’y aura plus aucune malédiction. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville. Ses serviteurs lui rendront un culte (Apocalypse 22.3).

Le singulier appliqué à Dieu et à l’Agneau est une faute de grammaire voulue qui rappelle que Dieu et l’Agneau sont une seule et même personne.

La cité céleste est dorénavant le temple du Dieu créateur car il y installe son « trône » afin d’habiter au milieu de son peuple.

C’est là qu’est le quartier général du Père et du Fils et c’est ce que Dieu a toujours voulu dès qu’il a créé Adam et Ève. Malheureusement, leur désobéissance et l’introduction du péché ont retardé son projet. Mais maintenant dans la Nouvelle Jérusalem, Dieu accomplit enfin le désir de son cœur.

La mort avec son cortège quasi infini de souffrances est la conséquence du péché (Genèse 3.14-24). Mais dans l’état éternel, cette « malédiction » est définitivement levée. Dans le jardin d’Éden, « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » est la source potentielle du péché, mais dans la Nouvelle Jérusalem, la possibilité de mal faire n’existe plus.

L’oisiveté n’étant pas un trait du caractère de Dieu, le royaume des cieux n’est pas un lieu de villégiature où on se la coule douce au soleil sous les cocotiers, mais un endroit où les activités ne cessent jamais, surtout qu’il n’est pas nécessaire de se reposer. La plus grande joie des habitants du ciel et leur plus grand privilège sont de servir leur Seigneur bien-aimé tout en régnant avec lui (2Timothée 2.12 ; Apocalypse 5.10 ; 20.4-6).

Ils accomplissent une palette quasi infinie de tâches diverses, qui se résument à « rendre un culte » à Dieu et à l’Agneau. Le mot traduit par « rendre un culte »  est utilisé par les Juifs précisément pour décrire le culte d’adoration dans le temple de Jérusalem (comparez Hébreux 9.1, 6).

Verset 4

Je continue.

Ils (ses serviteurs) verront sa face et porteront son nom sur leurs fronts (Apocalypse 22.4).

Ici, le peuple de Dieu est considéré comme une communauté de prêtres au service du Seigneur, ce qui est déjà le cas dans l’Église de Jésus-Christ (1Pierre 2.5). Mais dans la Nouvelle Jérusalem, ils ont accès à la présence de Dieu et le privilège de « voir sa face » (comparez Matthieu 5.8 ; 1Jean 3.2).

Comme ils sont revêtus de la justice parfaite du Christ, ils sont saints et donc en mesure de se tenir devant l’éclat de la gloire de Dieu, ce qui est absolument impossible aux simples mortels que nous sommes (Exode 33.20 ; Jean 1.18 ; 6.46 ; 1Timothée 6.16 ; 1Jean 4.12).

Dans les cieux, les rachetés font partie du cercle intime de Dieu (Apocalypse 3.21), ce qui se voit à la marque d’appartenance qu’ils portent « sur leurs fronts » (comparez Apocalypse 3.12 ; 14.1). « Son nom » est celui de Dieu et de l’Agneau, et pourtant, ici encore, il est au singulier, ce qui dénote, une fois de plus que le Père et le Fils sont un.

Verset 5

Je continue.

Il n’y aura plus jamais de nuit. On n’aura donc plus besoin ni de la lumière d’une lampe, ni de celle du soleil, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière. Et ils régneront éternellement (Apocalypse 22.5).

Jean répète ici une description qu’il a déjà faite précédemment de la Nouvelle Jérusalem. Cette capitale éternelle est d’une beauté indescriptible et inimaginable. Du cœur de la cité céleste, la gloire de Dieu resplendit et irradie l’or et les pierres précieuses ce qui est aussi la lumière du royaume des cieux.

Mais la réalité la plus extraordinaire de toutes est la présence en ce lieu divin de pécheurs rebelles rendus saints et justes par le sacrifice du Fils de Dieu. Transformés par sa grâce, ils jouissent d’une communion sans fin avec Dieu et l’Agneau. Ils l’adorent et le servent dans une joie sans pareille et régneront avec lui pour l’éternité.

Verset 6

À partir d’ici, commence l’épilogue, la conclusion du livre de l’Apocalypse. Jean remet les pieds sur terre et revient au présent de sa vision, tandis que l’ange appose son cachet sur toute la révélation que l’apôtre a reçue. Je continue le texte.

L’ange me dit : – Ces paroles sont vraies et entièrement dignes de foi. Dieu le Seigneur qui a inspiré ses prophètes, a envoyé son ange, pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt (Apocalypse 22.6).

La boucle est bouclée car les paroles de l’ange sont similaire à celles du premier verset du livre où on lit :

Cette révélation, Dieu l’a confiée à Jésus-Christ pour qu’il montre à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ; et Jésus-Christ, en envoyant son ange, l’a fait connaître à son serviteur Jean (Apocalypse 1.1).

La même expression grecque traduite ici par « vraies et entièrement dignes de foi » est dite pour la quatrième et dernière fois. La première fois, Jésus se l’approprie comme titre quand il dit :

Voici ce que dit celui qui s’appelle Amen, le témoin digne de foi et véridique (Apocalypse 3.14).

La seconde fois est quand Jean voit le ciel ouvert. Il dit alors :

Voici, il y avait un cheval blanc. Son cavalier (qui est Jésus-Christ) s’appelle “ Fidèle et Véritable ” (Apocalypse 19.11).

La troisième fois est après l’annonce des conditions de vie dans la Nouvelle Jérusalem. On lit alors :

Celui qui siège sur le trône déclara : – Voici : je renouvelle toutes choses. […] – Écris que ces paroles sont vraies et entièrement dignes de confiance (Apocalypse 21.5).

L’Apocalypse est un livre qui est pleinement et entièrement inspiré ; c’est la Parole de Dieu et non pas quelques idées farfelues sorties de l’imagination débordante de l’apôtre Jean. Le but du livre est de révéler aux croyants « ce qui est » et surtout « ce qui doit arriver bientôt » (Apocalypse 1.19), et la précision avec laquelle les prophéties de l’Ancien Testament se sont accomplies prouve que le dossier divin de l’avenir est un document solide, véridique et irrécusable. C’est aussi la garantie que tout ce qu’annonce l’Apocalypse et que Jean a vu dans sa vision s’accomplira. Dieu fera ce qu’il a dit. Le prophète Ésaïe écrit :

Dès le commencement, j’annonce l’avenir, et longtemps à l’avance ce qui n’est pas encore. C’est moi qui dis, et mon dessein s’accomplira, oui, j’exécuterai tout ce que je désire. […] Ce que j’ai déclaré, je le fais arriver, ce que j’ai résolu, je l’exécuterai (Ésaïe 46.10-11).

Quand le plan souverain de Dieu s’achèvera dans l’état éternel, tous les objectifs qu’il s’était fixés avant même la fondation du monde seront atteints. Les jugements de la Tribulation auront été exécutés et Jésus aura régné pendant mille ans sur terre. Tous les impies, hommes et anges sont condamnés, le premier univers a disparu et le nouveau ciel et la nouvelle terre sont créés, et les rachetés de tous les temps habitent la Nouvelle Jérusalem. De son trône installé au milieu de la cité céleste, Dieu règne et sa gloire irradie le nouvel univers.

Verset 7 a

Je continue le texte.

Voici, dit Jésus, je viens bientôt ! (Apocalypse 22.7 a).

Le mot traduit par « bientôt » (tachy) peut aussi signifier « rapidement ». Dans la perspective divine, les deux sont vrais. Pour les croyants, l’Enlèvement de l’Église est toujours pour « bientôt » et c’est le prochain événement important du calendrier divin.

Les chrétiens du premier siècle croient dur comme fer que le retour du Seigneur est imminent et même qu’il aura lieu de leur vivant, ce que les apôtres confirment dans leurs écrits (1Corinthiens 1.7 ; 4.5 ; 16.22 ; Philippiens 3.20 ; 1Thessaloniciens 1.9-10 ; 4.15 ; 2Thessaloniciens 3.10-12 ; Tite 2.13 ; Jacques 5.13 ; 1Jean 2.28 ; 3.2).

L’Enlèvement de l’Église aura lieu en un clin d’œil et déclenchera les temps de la fin dont Jésus a parlé. Marc rapporte qu’il a dit à ses disciples :

Soyez vigilants, restez sur vos gardes, puisque vous ne savez pas quand viendra le moment. Les choses se passeront comme lorsqu’un homme quitte sa maison pour un long voyage et en laisse la responsabilité à ses serviteurs, en confiant à chacun sa tâche. Il commande au portier de veiller. Tenez-vous donc vous aussi en éveil ! Car vous ne savez pas quand le maître de la maison doit revenir : sera-ce tard ? à minuit ? au chant du coq ? ou le matin ? Qu’il ne vous trouve pas en train de dormir s’il revient à l’improviste ! Ce que je dis là, je vous le dis à tous : Tenez-vous en éveil ! (Marc 13.33-37).

Le retour imminent de Jésus-Christ est un thème dominant du livre de l’Apocalypse. D’ailleurs, la déclaration solennelle de sa venue a déjà été dite quatre fois avec le mot « bientôt » (Apocalypse 1.1 ; 2.5, 16 ; 3.11), et deux fois cette venue est comparée à un « voleur » qui vient à l’improviste (Apocalypse 3.3 ; 16.15).

Dans chaque cas, le ton est sévère pour inciter les croyants à marcher droit car Jésus peut venir à tout instant, soit pour chercher les siens, soit pour exercer un jugement.

Le mot « bientôt » revient encore quatre fois dans la conclusion du livre où il est comme un refrain (Apocalypse 22.6, 7, 12, 20), et deux fois sur les quatre, le ton est sévère.

Verset 7 b

Je continue le texte.

Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre (Apocalypse 22.7 b).

Le mot pour « garder » (têreô) signifie aussi « préserver, retenir fermement, obéir » (comparez Apocalypse 14.12 ; obéissent). C’est ici la sixième des sept béatitudes de l’Apocalypse.

Dans ce dernier chapitre, le livre de l’Apocalypse est appelé « prophétique » trois autres fois (Apocalypse 22.10, 18, 19), mais il faut savoir que dans les Écritures, le terme « prophétie » s’applique à tout message, qu’il porte sur le passé, le présent ou l’avenir.

Bien évidemment, la plus grande partie de l’Apocalypse se compose de promesses et prédictions qui concernent l’avenir. Cependant, son but n’est pas de satisfaire notre curiosité mais de révéler la gloire de Jésus-Christ et d’exhorter les croyants à mener une vie sainte digne de leur statut d’enfant de Dieu (1Pierre 3.11-14).

Celui qui prend ce livre au sérieux et l’étudie est « heureux » parce qu’il lui permet de se détacher des convoitises de ce monde, d’aspirer au retour du Seigneur et d’être auprès de lui.

Après avoir disséqué l’Apocalypse, je désire plus que tout voir le règne de Jésus se concrétiser sur terre. Mais en attendant je suis conscient plus que jamais de l’urgence de témoigner à ceux que Dieu met sur ma route à cause du châtiment horrible qui les attend s’ils n’acceptent pas la grâce de Dieu en Jésus-Christ.

Verset 8 a

Je continue le texte.

Moi, Jean, j’ai entendu et vu tout cela (Apocalypse 22.8 a).

Ce n’est que la deuxième fois que Jean se nomme d’une manière formelle (comparez Apocalypse 1.9). Tout comme l’ange avant lui (Apocalypse 22.6), il atteste ici la véracité de la révélation qu’il a reçue au travers de sa vision. Ce qu’il a « vu et entendu » et qu’il rapporte.

Verset 8 b

Je continue.

Après avoir entendu et vu ces choses, je me prosternai aux pieds de l’ange qui me les avait montrées, et j’allais l’adorer (Apocalypse 22.8 b).

Le vieil apôtre récidive. C’est la deuxième fois déjà (comparez Apocalypse 19.10) qu’il se jette aux pieds d’un ange. Il est vrai que ce qu’il a vécu est époustouflant mais ce n’est pas une raison ou une excuse. Le prophète Ézéchiel aussi tombe à genoux devant celui qui lui parle (Ézéchiel 1.28) mais c’est l’Éternel.

Quant à Daniel, c’est de frayeur qu’il s’écroule (Daniel 8.17 ; 10.9 ; comparez Matthieu 17.6). Alors, eux sont justifiés. Par contre, l’attitude de Jean est difficile à comprendre surtout qu’il sait très bien qu’on doit adorer Dieu seul.

Verset 9

Je continue.

Non, me dit-il (l’ange), ne fais pas cela ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères, les prophètes, et de ceux qui obéissent aux paroles de ce livre. Adore Dieu ! (Apocalypse 22.9).

C’est vertement que l’ange rappelle Jean à l’ordre. Dans son épître aux Colossiens, l’apôtre Paul met ses lecteurs en garde contre les idolâtres. Il écrit :

(Ils) prennent plaisir à s’humilier et à s’adonner à un “ culte des anges ”. Ils se livrent à leurs visions, ils s’enflent d’orgueil sans raison, poussés par leurs pensées tout humaines (Colossiens 2.8).

Verset 10

Je continue le texte.

Et il (l’ange) ajouta : – Ne tiens pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le temps de leur accomplissement est proche (Apocalypse 22.10).

Littéralement, l’ange dit : « Ne scelle pas les paroles prophétiques de ce livre ». Jean a reçu cette révélation pour la faire connaître (Apocalypse 1.11 ; 10.11), ce qui sous-entend que le texte n’est pas une énigme insondable, qu’il n’a pas de sens caché, mais qu’il est tout à fait compréhensible pour celui qui veut bien se donner la peine de l’étudier. D’ailleurs, dès le début du livre, la première béatitude concerne justement ceux qui partagent le contenu de ce livre ou qui le prennent très au sérieux. Je la rappelle :

Heureux celui qui donne lecture des paroles de cette prophétie et ceux qui les entendent, et qui obéissent à ce qui est écrit dans ce livre, car le temps est proche (Apocalypse 1.3).

Il est vrai qu’à un moment donné de sa vision, Jean entend une voix lui dire :

Garde sous le sceau du secret les déclarations des sept tonnerres, ne les note pas (Apocalypse 10.4).

Mais, pourrait-on dire, c’est l’exception qui confirme la règle. Le prophète Daniel aussi reçoit l’ordre de tenir secrètes certaines révélations qu’il reçoit (Daniel 8.26 ; 12.4, 9). Cela dit, les croyants qui négligent d’étudier le livre de l’Apocalypse se privent d’une bénédiction, et les prédicateurs qui ne proclament pas les vérités qu’il contient font du tort au Seigneur Jésus parce que ce livre lui rend justice et l’exalte, plus que tout autre écrit sacré.

Nul ne doit sceller l’enseignement de l’Apocalypse, mais au contraire, nous devons tous suivre l’exemple de l’apôtre Paul qui a dit aux anciens de l’église d’Éphèse :

Je vous ai annoncé tout le plan de Dieu, sans rien passer sous silence (Actes 20.27).