Chapitre 6

Verset 1

Il est probable que tous les êtres humains aspirent à un monde parfait où d’un côté il n’y aurait plus : suit alors une longue liste dans laquelle chacun peut y mettre ce qu’il veut. D’un autre côté, dans ce monde parfait, il y aurait : suit alors une seconde liste et vous y écrivez ce que vous voulez. Ce jardin d’Éden a bel et bien existé mais seuls Adam et Ève en on profité, et depuis qu’ils en ont été chassés, il n’existe plus. D’une certaine manière, l’Église de Jésus-Christ est un tout petit avant-goût de ce qu’est le monde céleste mais ce n’est pas encore le ciel sur la terre ; preuve en est l’histoire qui nous est racontée dans le livre des Actes. Beaucoup de gens se convertissent à Jésus-Christ, mais dans l’Église primitive comme dans toute organisation humaine, plus il y a de monde et plus les relations sont difficiles. Je commence à lire le chapitre 6.

À cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d’augmenter, des tensions surgirent entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Palestine : les premiers se plaignaient de ce que leurs veuves étaient défavorisées lors des distributions quotidiennes de nourriture (Actes 6.1).

Luc ne nous donne aucune date, mais plusieurs années se sont sans doute écoulées depuis la Pentecôte. Les croyants sont devenus très nombreux dans Jérusalem, sans doute entre 20 et 30 milles et la vie quotidienne des croyants dans l’Église est loin d’être parfaite. Ce n’est pas encore le paradis. Au tout début déjà, le couple Ananias et Saphira a essayé de tromper les apôtres, et voilà que maintenant apparaît la suspicion entre Juifs de cultures différentes, ceux de Palestine et surtout de la Judée s’estimant supérieurs à ceux des provinces de l’Empire. Comme je l’ai dit, quand des gens vivent ensemble, on peut être quasi certain que des tensions vont se créer, et plus encore s’ils sont nombreux. Les disciples juifs qui ne sont pas d’origine palestinienne forment un groupe minoritaire; ils ne parlent pas araméen, la langue maternelle de ceux nés en Israël. Cependant, tous parlent grec. Dans l’Empire romain, il y avait déjà des tiraillements entre les Hébreux de Palestine et ceux de l’étranger ; malheureusement, ces tensions se sont aussi introduits dans l’Église de Jérusalem.

Dans la société antique, les veuves se trouvaient souvent dans une situation matérielle très précaire. La Loi de Moïse leur accordait une protection exigeant qu’elles ne soient pas exploitées mais qu’on prenne soin d’elles. Dans l’Église, le principe de solidarité matérielle était de mise comme cela a été décrit précédemment. En ce qui concerne plus particulièrement les veuves, dans son épître, Jacques écrit :

La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses (Jacques 1.27).

Ces veuves juives, dont il est question dans le chapitre 6 du livre des Actes, étaient de culture grecque et de la diaspora, mais elles habitaient maintenant Jérusalem.

Verset 2

Je continue.

Alors les douze apôtres réunirent l’ensemble des disciples et leur dirent : — Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions (Actes 6.2).

Jusque-là et avec de l’aide d’autre croyants, les apôtres ont géré la solidarité matérielle. Mais s’ils commencent à s’occuper de tous les détails pratiques qui ne vont pas manquer de surgir dans l’Église, ils n’auront plus le temps de faire quoique ce soit d’autre. Or, comme ils ont reçu la charge spécifique d’enseigner le peuple, il leur faut prendre des mesures appropriées.

Versets 3-4

Je continue.

C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l’enseignement (Actes 6.3-4).

L’élection des « sept » fut une institution propre à l’Église de Jérusalem afin d’apporter des solutions à des problèmes pratiques. Plus tard, d’autres églises se trouvant dans des situations analogues, déchargeront les enseignants de la Parole de Dieu en désignant des frères qu’on nommera « diacres » et à qui on confiera les tâches matérielles. C’est ainsi que le diaconat devint une institution régulière de l’Église de Jésus-Christ.

Le travail des diacres qui seront recrutés consistera à servir les nécessiteux, mais aussi à gérer les finances, ce qui est toujours un point délicat. Il est important de noter que c’est l’Église qui est appelée à choisir ces hommes et que les apôtres ne sont pas intervenus directement; ils n’ont fait qu’établir ces hommes dans leur fonction en leur imposant les mains. Il y a là sans doute un exemple à méditer pour certaines hiérarchies religieuses qui décident tout d’en haut. Le double principe de l’autorité apostolique et de l’organisation démocratique de l’Église se retrouve dans tout le livre des Actes et partout dans le Nouveau Testament. Chaque église doit se gouverner elle-même sous la direction des serviteurs de la parole, les anciens et le pasteur.

Les apôtres mentionnent trois qualités que doivent posséder les diacres. Premièrement, il faut qu’ils soient remplis de l’Esprit, c’est-à-dire dévoués de coeur au Seigneur. En second lieu, ils doivent être sages, c’est-à-dire capables d’évaluer les situations et de prendre les bonnes décisions ; et finalement, ils faut aussi qu’ils aient une bonne réputation parmi le peuple, c’est à dire être d’une honnêteté irréprochable de façon à ce qu’on leur fasse confiance. À y réfléchir, de nos jours, des gens comme ça ne courent pas les rues. Le choix de ce nombre 7 plutôt que 6 ou 8 remonte à une tradition des communautés juives, où sept hommes respectés s’occupent des affaires publiques et forment un conseil officiel.

L’enseignement tout comme la distribution de l’aide matérielle, sont présentés comme un service ; c’est le mot « diakonia » en grec, et qui a donné diacre en français. Ces 7 hommes furent donc les premiers diacres de l’Église primitive. Quant aux apôtres, leurs tâches étaient l’annonce de la Bonne Nouvelle mais aussi la prière, qu’ils considèrent tout aussi importante que la prédication. Ils ont appris sa valeur en voyant vivre le Seigneur. En effet, Jésus plaçait davantage d’importance sur sa relation personnelle avec le Père que sur l’annonce du royaume de Dieu ou l’accomplissement de miracles.

Verset 5

Je continue.

Cette proposition convint à tous les disciples ; ils élurent Étienne, un homme plein de foi et d’Esprit Saint, ainsi que Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un païen originaire d’Antioche qui s’était converti au judaïsme (Actes 6.5).

Tous ces noms sont grecs. L’assemblée a donc uniquement choisi des hommes émanant du groupe juif qui se dit lésé. Étienne est nommé en tête, probablement à cause de son caractère chrétien (plein de foi et d’Esprit saint), et aussi à cause de la place éminente qu’il va tenir dans les récits qui suivent. Philippe reparaît plus loin dans le livre des Actes, remplissant le ministère d’évangéliste (Actes 8:5 ss). Le dernier des diacres cités, Nicolas, est d’origine païenne et il s’est converti deux fois : tout d’abord au judaïsme et ensuite au christianisme, ce qui est très logique. Irénée, Père de l’Église, accuse Nicolas d’être le fondateur de la secte des Nicolaïtes (Apocalypse 2.6,15), mais c’est douteux. Les autres diacres nous sont inconnus.

Verset 6

Je continue.

Ils les présentèrent aux apôtres qui prièrent pour eux et leur imposèrent les mains (Actes 6.6).

Cet acte symbolique est un geste d’identification, de délégation de pouvoir et de consécration qu’on trouve déjà dans l’Ancien Testament. Par l’imposition des mains, les apôtres approuvent les nouveaux diacres et leur transmettent leur autorité et, on le verra, la puissance du Saint-Esprit. Ces 7 hommes deviennent ainsi leurs partenaires dans l’œuvre de Dieu pour laquelle ils sont mis à part pour un service spécifique et publiquement reconnus comme tels.

Verset 7

Je continue.

La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s’accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).

L’élection des 7 diacres a probablement contribué à ce nouvel essor de l’Église. Ici, Luc nous donne le deuxième petit commentaire compte-rendu sur les sept que comprend le livre des Actes. La progression de l’Église va bon train, au point même que de nombreux prêtres mettent leur foi en Jésus-Christ comme le Messie promis. L’expression : « Obéir à la foi » est judicieuse et d’une grande exactitude car la foi n’est jamais que l’obéissance de la conscience, du cœur et de la volonté à la vérité de Dieu.

Les prêtres étaient particulièrement nombreux à Jérusalem; rien que ceux qui étaient revenus de Babylone se comptaient par milliers, 4 289 pour être exact (Néhémie 7.39-43). Ces hommes sont bien placés pour se rendre compte de la dégradation de la hiérarchie religieuse à laquelle ils appartiennent. Alors on comprend qu’ils soient attirés par la lumière qui règne dans l’Église naissante.

Verset 8

Je continue.

Étienne était rempli de la grâce et de la puissance divines et accomplissait de grands prodiges et des signes miraculeux au milieu du peuple (Actes 6.8).

Luc fait maintenant un gros plan sur Étienne. Son ministère ne se borne pas à la distribution de l’aide matérielle; il est le premier dont l’œuvre est mentionnée et qui est à la fois prédicateur et faiseur de prodiges sans pour autant être un apôtre. Il est peut-être même devenu l’un des responsables de l’Église de Jérusalem. Homme remarquable doté de qualités exceptionnelles, il est rempli du Saint-Esprit, de sagesse, de foi, de grâce et de puissance.

On sait que Philippe, un autre des sept diacres possède, lui aussi, le don de faire des miracles. Tous deux ont reçu l’imposition des mains des apôtres, ce qui semble avoir été nécessaire pour posséder une puissance surnaturelle. Pour autant qu’on le sache, ce pouvoir d’accomplir des signes miraculeux à volonté, est limité aux apôtres et à ceux à qui ils imposent les mains. Les versets qui suivent montrent que l’arrestation d’Étienne et son procès vont ressembler à ce qui s’est passé pour Jésus-Christ.

Versets 9-11

Je continue.

Alors des membres de la synagogue dite des Affranchis, composée de Juifs de Cyrène, d’Alexandrie, de Cilicie et de la province d’Asie, se mirent à discuter avec lui, mais ils se montraient incapables de résister à la sagesse de ses paroles, que lui donnait l’Esprit. Là-dessus, ils payèrent des gens pour dire : — Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu (Actes 6.9-11).

A cette époque, on compte 480 synagogues dans Jérusalem. Des milliers de Juifs avaient été déportés et vendus comme esclaves par le général romain Pompée en l’an 63 av. J-C mais la plupart d’entre eux furent libérés plus tard. Ceux ou leurs enfants, qui choisissent alors de retourner à Jérusalem, fondent leur propre synagogue. Parmi les Juifs de Cilicie se trouve Saul de Tarse, le futur apôtre Paul. La province d’Asie se trouve au bord de la mer d’Égée et a Ephèse pour capitale. Tous Les Juifs mentionnés sont de culture grecque et proviennent du nord de l’Afrique et de ce qui est aujourd’hui la Turquie.

Étienne exerce son ministère de prédication envers ceux qui ont la même origine que lui. Il est quasi certain qu’il prêche que l’Ancienne Alliance a laissé la place à la Nouvelle et que le peuple de Dieu n’est plus sous la Loi de Moïse. Il annonce de fait l’abolition de la Loi, la soumission à la personne du Christ et la justification par la foi pour le monde entier. Entendant cela, les Juifs sont vexés dans leur orgueil. Déterminés à réduire Étienne au silence, ils tordent le sens de ses paroles afin d’en faire un blasphème puis ils font porter une fausse accusation contre lui qui est la même que celle qui a été retenue contre le Christ.

Versets 12-14

Je continue.

Ils ameutèrent ainsi le peuple, les responsables du peuple et les spécialistes de la Loi. Survenant à l’improviste, ils s’emparèrent d’Étienne et l’amenèrent au Grand-Conseil. Là, ils firent comparaître de faux témoins qui déposèrent contre lui : — Cet homme que voici, dirent-ils, ne cesse de discourir contre ce lieu saint et contre la Loi de Moïse. En effet, nous l’avons entendu dire que ce Jésus de Nazareth détruirait ce lieu et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises (Actes 6.12-14).

Jésus a prophétisé que le Temple serait détruit mais sans dire qui le ferait. Comme Étienne est rempli de l’Esprit et grec, il est au-dessus des préjugés étroits juifs et a probablement annoncé un évangile pur ce qui a rendu les Pharisiens fou-furieux. Selon leur habitude, les religieux font usage de faux témoins et de violence et traînent Étienne devant le Grand-Conseil. C’est la 3e fois que des disciples du Christ se retrouvent au même banc des accusés.

Verset 15

Je finis le chapitre 6.

Tous ceux qui siégeaient au Grand-Conseil avaient les yeux fixés sur Étienne et son visage leur apparut comme celui d’un ange (Actes 6.15).

Les membres du Grand-Conseil le regardent pour voir quelle serait sa réponse et de toute évidence, le visage d’Étienne resplendit de gloire et de joie céleste, sans doute comme Moïse quand il redescendit du mont Sinaï, tenant en main les deux tablettes sur lesquelles étaient écrits les 10 commandements (Exode 34.29).

Chapitre 7

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 7 où a lieu le procès d’Étienne qui va courageusement donner un long discours à ses juges assoiffés de sang. Il va passer en revue toute l’histoire du peuple d’Israël et leur rébellion incessante contre l’Éternel. Il ira même jusqu’à accuser les membres du Grand-Conseil de traîtres et de meurtriers, responsables de l’assassinat de Jésus. Bien sûr, son message a fait fureur et déclenché une haine féroce contre lui qui a conduit à sa mort à coups de pierres. Je commence à lire ce chapitre.

Le grand-prêtre lui demanda : – Reconnais-tu les faits qui te sont reprochés ? Étienne dit alors : — Chers frères et pères de cette nation, écoutez-moi : le Dieu glorieux apparut jadis à notre ancêtre Abraham, quand il vivait encore en Mésopotamie, avant de s’établir à Harân (Actes 7.1-2).

Le grand-prêtre mentionné ici s’appelle Caïphe. C’est lui qui présida aux procès du Seigneur et le condamna. Il est intéressant de remarquer qu’Étienne ne va pas vraiment essayer de se justifier ; qu’il soit accusé à tort ne le chagrine pas du tout. Je l’admire, parce que moi, si je perçois la moindre injustice à mon égard, ça me met en boule. Mais Étienne, rempli de bienveillance, appelle ces hyènes religieuses « frères et pères », ce qui est une marque d’affection et de respect. Il s’associe ainsi à ses auditeurs rappelant qu’ils ont en commun l’héritage de l’histoire d’Israël qu’il va raconter dans son discours. Son objectif est de montrer qu’il n’a pas blasphémé et surtout de faire valoir le christianisme et la personne de Jésus en tant que Messie et Fils de Dieu.

Quelque part dans cette assemblée se trouve Saul de Tarse, le futur grand apôtre Paul et on peut être certain qu’il a écouté et que ce qu’il a entendu lui est resté. C’est la seule fois que ces deux hommes se rencontreront. Saul croyait alors vraiment que cet Étienne était fou à lier et un blasphémateur qu’il fallait condamner à mort.

Le discours d’Étienne est un coup de maître et le plus long message qui nous est rapporté dans le livre des Actes. Sans le savoir, Étienne, un juif d’origine grecque, prépare le terrain qui permettra à l’Évangile d’être annoncé en dehors du giron du judaïsme. Il commence donc son discours avec Abraham, l’ancêtre des Juifs, parce qu’à l’origine, cet homme était païen, mais après avoir appris à faire confiance à l’Éternel et à lui obéir, il est devenu le père spirituel de tous les croyants.

Versets 3-8

Je continue le texte.

Et Dieu dit à Abraham : Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai. C’est ainsi qu’Abraham quitta la Chaldée et vint se fixer à Harân. De là, après la mort de son père, Dieu le fit venir dans le pays où vous habitez actuellement. Pourtant, il ne lui donna ici aucune propriété, pas même un mètre carré de terre. Mais il lui promit de lui donner le pays tout entier, à lui et à ses descendants après lui, alors qu’à cette époque il n’avait pas encore d’enfant. Et Dieu lui parla ainsi : Tes descendants séjourneront dans une terre étrangère, ils y seront réduits en esclavage et on les maltraitera pendant quatre cents ans. Mais, ajouta Dieu, j’exécuterai mon jugement contre la nation qui en aura fait ses esclaves. Après cela, ils quitteront le pays étranger et viendront ici-même, dans ce pays, pour me rendre un culte. Puis Dieu conclut son alliance avec Abraham et lui en donna pour signe la circoncision. Ainsi il eut pour fils Isaac et le circoncit huit jours après sa naissance. Isaac fit de même pour son fils Jacob, et celui-ci, à son tour, pour ses fils, les douze ancêtres de nos tribus (Actes 7.3-8).

Le personnage d’Abraham est intéressant à plus d’un égard. Son appel par l’Éternel montre qu’il y a eu une évolution dans la façon dont Dieu administre l’humanité. Après avoir œuvré avec toute la race humaine depuis Adam jusqu’à Noé et ses descendants, le Seigneur a innové en choisissant et appelant Abraham de Mésopotamie où il habitait et qui se trouve aujourd’hui en Irak. Il le conduisit dans le pays de Canaan qui sera la terre promise. Abraham eut un fils Isaac qui fut le grand-père de ceux qui devinrent les 12 tribus d’Israël.

Versets 9-11

Je continue.

Or, les fils de Jacob, poussés par la jalousie, vendirent leur frère Joseph, pour qu’il fût emmené comme esclave en Égypte. Mais Dieu était avec lui. Il le délivra de toutes ses épreuves et, dans sa grâce, il lui donna la sagesse nécessaire devant le pharaon, roi d’Égypte, si bien qu’il fut nommé gouverneur du pays et de toute la maison royale. Alors survint une grande famine dans toute l’Égypte et en Canaan. Ce fut un temps de grande misère. Nos ancêtres ne trouvaient plus de quoi manger (Actes 7.9-11).

Dans sa souveraineté, Dieu a tout prévu d’avance. La catastrophe qui s’abat sur Joseph devient une grande bénédiction parce que cet homme est prêt à marcher fidèlement avec l’Éternel son Dieu. Quel exemple pour moi !

Versets 12-16

Je continue.

Quand Jacob apprit qu’il y avait du blé en Égypte, il y envoya une première fois ses fils, nos ancêtres. Lors de leur second voyage en Égypte, Joseph se fit reconnaître par ses frères, et le pharaon apprit quelle était l’origine de Joseph. Puis Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa parenté qui comprenait soixante-quinze personnes. Jacob descendit en Égypte ; il y finit ses jours, de même que nos ancêtres. Leurs corps furent ramenés à Sichem, et déposés dans le tombeau qu’Abraham avait acheté pour une certaine somme d’argent aux fils d’Hamor à Sichem (Actes 7.12-16).

Étienne rappelle tout ce qui est arrivé aux ancêtres de la nation parce que ces faits présentent un vif intérêt pour ses auditeurs. En allant en Égypte, les Hébreux ont accompli la prédiction que l’Éternel avait faite à Abraham. Joseph, l’un de ses fils, qui avait été vendu comme esclave par ses frères, était non seulement déjà sur place, mais aussi le numéro deux du royaume. On apprend ici que les dépouilles des douze fils de Jacob furent transportés hors d’Égypte et enterrés à Sichem alors que l’Ancien Testament ne mentionne que Jacob et Joseph.

C’est Jacob qui a acheté le tombeau aux fils d’Hamor à Sichem (Genèse 33.19) tandis qu’Abraham avait acheté un tombeau dans le champ de Makpéla qui appartenait à Ephrôn le Hittite (Genèse 50.13). Pour simplifier, Étienne réunit en un seul les deux achats d’Abraham et de Jacob ainsi que les deux enterrements de Jacob et Joseph ce qui était une manière courante de s’exprimer à l’époque, mais qui de notre point de vue rigoriste, rationnel et cartésien n’est pas strictement exact.

D’autre part, on sait que Jacob avait demandé à ses fils et leurs descendants de l’enterrer dans la caverne du champ de Makpéla (Genèse 49.29-30). Les Israélites l’ont-ils fait ou l’ont-il enterré à Sichem comme le dit Étienne ? On ne sait pas, mais là encore, il est possible qu’il résume à grands traits sans chercher l’exactitude.

La totalité des Écritures est la Parole de Dieu même si le Saint Esprit ne les a pas rédigées selon les principes de Monsieur Descartes.