Chapitre 25

Introduction

Les vieux films montrent souvent les prisons avec des portes munies de barres d’acier derrière lesquelles le prisonnier est planté et obsédé car il n’a qu’un désir en tête : sortir. Aujourd’hui c’est pareil, ceux qui sont condamnés pour un crime font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas se retrouver enfermés. Les Écritures ne nous disent pas grand chose sur les sentiments de l’apôtre Paul quand il est emprisonné injustement. Il ne cherchait évidemment pas à se retrouver dans une geôle romaine, mais il ne modifie pas non plus sa façon de vivre ou ses prédications pour éviter ce genre de désagrément. Pour lui, être libre est secondaire et la prison une porte ouverte pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ tout autour de lui. L’apôtre sait que tout ce qui lui arrive est ordonné par Dieu et toute circonstance même fâcheuse peut être exploiter pour l’avancement du royaume de Jésus-Christ. Ce n’est qu’après avoir épuisé toutes les opportunités que sa situation de prisonnier lui offre qu’il décide de poursuivre sa route; il demande donc au nouveau gouverneur son transfert à Rome.

Versets 12-13

Je continue à lire dans le chapitre 25 du livre des Actes où se décide le sort de l’apôtre Paul.

Alors Festus, après avoir délibéré avec ses conseillers, décida : — Tu en as appelé à l’empereur ; tu comparaîtras donc devant l’empereur. Quelque temps plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée pour rendre visite à Festus (Actes 25.12-13).

Ce roi, qui est alors âgé d’environ 30 ans, est le fils d’Hérode Agrippa 1er et le petit-fils d’Hérode le Grand. Vers l’an 50, il reçoit de l’empereur Claude avec le titre de roi, une petite principauté dans le Liban actuel mais assez curieusement il réside à Jérusalem où il a le droit de faire la police et de nommer le souverain sacrificateur. C’était un brave type mais faible. Son acte de courtoisie est en fait une obligation car s’il vient c’est pour rendre hommage à Festus le nouveau gouverneur et le représentant de l’empereur dont il est le vassal. Agrippa, Bérénice et Drusille, épouse de Félix le gouverneur précédent déchu, sont frère et sœurs. A ce qu’il paraît, comme Drusille, Bérénice était très belle, et l’une des femmes aux mœurs les plus dissolues de l’Empire ; entre plusieurs mariages, elle est la maîtresse de l’empereur Vespasien, puis de son fils Titus. Et au moment de cette visite, elle entretient une relation incestueuse avec son frère Agrippa. Tout compte fait, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, car même aujourd’hui, dans la série « sexe à gogo » on ne fait pas mieux. Au 17ème siècle, Jean-Baptiste Racine a idéalisé Bérénice dans la tragédie du même nom.

Versets 14-17

Je continue.

Leur séjour dura plusieurs jours. Festus en profita pour exposer au roi Agrippa le cas de Paul : — J’ai là un homme, dit-il, que mon prédécesseur Félix a laissé en prison. Lors de mon passage à Jérusalem, les chefs des prêtres et les responsables de la nation juive sont venus porter plainte contre lui et ils m’ont demandé de le condamner. Mais je leur ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de livrer un prévenu avant de l’avoir confronté avec ses accusateurs et de lui avoir donné l’occasion de se défendre de leurs accusations. Ils sont donc venus ici avec moi. Je n’ai pas voulu remettre l’affaire à plus tard et, dès le lendemain, j’ai tenu audience et donné l’ordre d’amener cet homme (Actes 25.14-17).

Dans son discours, Festus se met largement en valeur. Il reprend une affaire que son prédécesseur n’a pas su résoudre et tient tête aux pressions des chefs juifs. Il se présente comme garant du droit romain, veillant à ce que justice soit rendue. En réalité, alors qu’il sait Paul innocent, il n’a pas eu le courage de rendre un verdict juste et de le libérer.

Versets 18-19

Je continue.

Je m’attendais à ce que ses accusateurs le chargent de toutes sortes de crimes graves. Il n’en fut rien. Il ne s’agissait que de discussions au sujet de leur propre religion et d’un certain Jésus qui est mort et dont Paul dit qu’il est vivant (Actes 25.18-19).

Le gouverneur romain parle « d’un certain Jésus » avec une superbe indifférence. D’un côté, son ignorance l’excuse et elle est bien moins coupable que la haine des Juifs. D’un autre côté, ce n’est pas sérieux de la part du gouverneur de la Judée de ne rien savoir de Jésus et donc des chrétiens qui sont pourtant nombreux dans sa province. Une chose est sûre, l’apôtre Paul a témoigné de la résurrection du Christ à Festus mais n’a trouvé aucun crédit chez lui; au contraire, il utilise un vocabulaire méprisant. C’est plus que dommage car le jour de sa mort il a comparu devant Celui qu’il désigne comme « un certain Jésus ».

Le procès de Paul rappelle, à plusieurs égards, celui de Jésus : ils ont en commun les différentes auditions ; la double intervention juive et romaine ; la nature des charges, ou plutôt l’absence de celles-ci ; les déclarations d’innocence et le manque de courage de la part du gouverneur romain chargé de mener l’enquête.

Versets 20-21

Je continue.

Je me suis trouvé dans l’incapacité de prendre une décision dans un débat de ce genre. J’ai donc demandé à Paul s’il consentait à monter à Jérusalem pour que son affaire y soit jugée. Mais il a préféré user de son droit d’appel et il a demandé que sa cause soit portée devant le tribunal de l’empereur. J’ai donc ordonné de le garder en prison jusqu’à ce que je puisse l’envoyer à César (Actes 25.20-21).

Festus confesse franchement qu’il a été incapable de prendre la décision de libérer Paul bien qu’il ne trouve rien de répréhensible chez lui. Mais les Juifs vocifèrent si violemment contre l’apôtre qu’il ne sait que penser.

Versets 22-23

Je continue.

Alors Agrippa dit à Festus : — J’aimerais bien entendre cet homme, moi aussi. — Tu pourras l’entendre dès demain, lui répondit Festus. Le lendemain, donc, Agrippa et Bérénice arrivèrent en grand apparat et firent leur entrée dans la salle d’audience, suivis des officiers supérieurs et des notables de la ville. Sur un ordre de Festus, Paul fut introduit (Actes 25.22-23).

Le roi Agrippa, étant Juif de naissance, sera mieux à même de comprendre le différent qui oppose Paul et le Grand-Conseil d’Israël. D’autre part, il pourra aider Festus à formuler les accusations contre Paul pour qu’il puisse comparaître devant le tribunal de l’empereur.

Il est tout à fait intéressant de remarquer comment cette rencontre entre Agrippa et l’apôtre fut organisée. En fait, c’est l’accomplissement en partie de la prophétie du Seigneur concernant Paul. De toute évidence, le compte-rendu qui nous est donné de cette audience a été rédigé par un témoin oculaire. Agrippa ainsi que sa sœur et maîtresse Bérénice sautent sur cette occasion pour parader. On a droit à une représentation théâtrale; le roi, le gouverneur et une princesse, tous revêtus d’habits magnifiques, prennent place en grande pompe. Toute l’intelligentsia est également présente : les autorités romaines de la ville, les hérauts, les licteurs, les gardes en armes, ainsi que les officiers supérieurs qui commandent les 5 cohortes de 1 000 hommes stationnées à Césarée. Les officiels jouent chacun pour leur part la fameuse scène : « M’as-tu vu, mais regarde-moi donc ! » Le but de chaque comédien est de faire une profonde impression, d’en mettre plein la vue aux autres. Là-dessus, Paul le pauvre prisonnier minable est amené devant le gratin, ce rassemblement tous feux toutes flammes du pouvoir.

Versets 24-27

Je finis le chapitre 25.

— Roi Agrippa, dit alors le gouverneur, et vous tous qui êtes ici présents, vous avez devant vous l’homme au sujet duquel toute la foule des Juifs est venue me trouver, à Jérusalem aussi bien qu’ici, pour crier qu’il n’avait plus le droit de vivre. Or, en ce qui me concerne, je n’ai rien trouvé dans son cas qui puisse mériter une condamnation à mort. Cependant, puisqu’il en a appelé à l’empereur, j’ai décidé de le lui envoyer. Seulement, je ne dispose d’aucun fait précis à écrire à l’empereur. C’est pourquoi je le fais comparaître devant vous, et tout spécialement devant toi, roi Agrippa, afin d’avoir quelque chose à écrire après cet interrogatoire. Car il est absurde, me semble-t-il, d’envoyer ainsi un prisonnier à Rome sans pouvoir préciser les accusations dont il est l’objet (Actes 25.24-27).

La déclaration d’innocence de Festus est importante parce qu’elle confirme celle de Félix, le gouverneur précédent déchu. Tout le monde considère que Paul est innocent et lui espère bien que l’empereur le reconnaîtra aussi. À cette époque, Néron est encore un souverain potable, et il a même la réputation de rendre une justice équitable. Cependant, puisque Paul a demandé à être jugé par César, le gouverneur ne peut pas l’envoyer à Rome sans un chef d’accusation car l’empereur n’apprécierait guère cette plaisanterie et ce pourrait être très préjudiciable à la carrière de Festus. Il pourrait se retrouver dans un coin de bureau sans fenêtre, par exemple. Festus espère donc que le roi Agrippa, avec sa connaissance des coutumes et des lois juives, l’aidera à rédiger un acte d’accusation contre Paul.

Chapitre 26

Introduction

Nous arrivons au chapitre 26 du livre des Actes dans lequel le roi Agrippa entend l’apôtre Paul. Ce dernier ne va pas tellement chercher à se défendre, car les dés sont déjà jetés. En effet, le cas de ce prisonnier ne repose plus entre les mains ni du gouverneur ni du roi ni des Juifs parce qu’il a fait appel à César. Les officiels ne peuvent donc ni le condamner ni le libérer. En conséquence, Paul va saisir cette opportunité en or qui lui est donnée non pour se tirer d’affaire en rédigeant lui-même l’acte d’accusation qui doit être porté contre lui, mais pour présenter son témoignage, et par la même occasion la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, et en particulier l’espérance de la résurrection.

À cette époque, le christianisme que tout le monde appelle « La voie » fait courir les langues, mais la plupart des Juifs et païens ont des idées fausses sur le christianisme à cause des calomnies répandues par les religieux juifs. Festus et Agrippa sont curieux d’en savoir plus de la part d’un spécialiste sur la question. Il s’en suit que tous les grands de la ville de Césarée sont rassemblés pour écouter un prisonnier notoire qui a parcouru une grande partie de l’Asie Mineure afin d’y prêcher « la Voie ».

La salle de réception du palais d’Hérode, où a lieu la scène, est d’un faste inouï, remplie de somptueux tapis d’Orient, du Versailles avant l’heure. Le pourpre du roi Agrippa et les perles de sa sœur et maîtresse Bérénice sont d’un luxe qui jette des étoiles aux yeux de tout le gratin ici présent. Tout le clinquant des galons dorés, casques de cuivre, des tambours et trompettes et autres étalages de luxe et de prestige est au rendez-vous. Quand les portes de la salle du trône sont ouvertes, on voit s’avancer un simple prisonnier enchaîné à un garde. Ses vêtements ordinaires font un contraste brutal avec l’assemblée bigarrée, les décorations scintillantes et le parterre multicolore. Trapu, Paul n’impressionne pas du tout, bien au contraire. Et pourtant, c’est bien lui qui annonce partout la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Messie des Juifs. Il prêche sa mort, son ensevelissement et insiste surtout sur sa résurrection. L’assemblée va l’écouter, car tous savent que Paul est très instruit, intelligent, et un homme qui a du talent. Il n’est plus le Saul de Tarse qui persécutait les chrétiens mais le grand, l’immense apôtre Paul.

Dans ses fers, il fait face à Agrippa assis sur un trône, une couronne sur la tête, et revêtu de tous ses habits d’apparat. Mais malgré les apparences, ce roi est un esclave de ses passions tandis que le prisonnier a trouvé la vraie liberté en se confiant corps et âme en Jésus-Christ qui est maintenant son Seigneur. Jésus lui-même a dit :

Si vous croyez en moi, si vous demeurez dans mes paroles, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché (Jean 8.32, 34).

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre 26.

Agrippa dit à Paul : — Tu as la parole : tu peux présenter ta défense. Alors Paul étendit la main et présenta ainsi sa défense (Actes 26.1).

Le mouvement de la main de Paul est un geste caractéristique des orateurs de cette époque avant qu’ils ne commencent à parler. Son but est de donner davantage de solennité à ce qu’il va dire. Humainement parlant, l’occasion est grave. L’apôtre ayant demandé à être jugé par l’empereur, sait qu’il ne sortira de prison que pour aller à Rome et que c’est la dernière fois qu’il peut témoigner de la grâce de Dieu à tous ces hauts personnages de l’empire. Il se justifiera des accusations portées contre lui, mais il a surtout à coeur d’annoncer la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ. Son discours comprend plusieurs parties :

  • D’abord, les remarques de courtoisie ;
  • Ensuite, la vie de Saul de Tarse dans le judaïsme et son zèle à combattre le christianisme ;
  • Puis sa conversion et sa mission, qui sont suivies de son ministère pour le Christ ;
  • En dernier lieu on a quelques joutes oratoires avec Festus et Agrippa.

Versets 2-3

Je continue le texte.

— Roi Agrippa ! Je m’estime heureux de pouvoir aujourd’hui me défendre devant toi de toutes les accusations que les Juifs ont portées contre moi, car tu connais parfaitement toutes leurs coutumes et leurs discussions. Veuille donc, je te prie, m’écouter avec patience (Actes 26.2-3).

Contrairement aux autorités romaines qui ne comprennent strictement rien à la religion juive, Agrippa la connait parfaitement bien. Il a donc la compétence requise pour juger l’accusation portée contre Paul comme quoi il a trahi la religion et la Loi de ses ancêtres. L’apôtre est simple, digne et sincère dans son compliment. Il n’y a aucune trace de flatterie dans ses paroles car il estime que sa comparution devant Agrippa est un privilège du fait qu’il a en face de lui quelqu’un qui n’a pas la haine au ventre comme les chefs religieux et qui est apte à dire si l’enseignement de Paul s’oppose à la loi de Moïse et aux prophètes, ou au contraire s’il est leur accomplissement. Il laisse aussi entendre qu’il risque de parler assez longuement. Cette allocution est le point d’orgue de toutes les défenses de Paul rapportées dans le livre des Actes. En fait, ce discours est sans conteste son chef-d’œuvre.

Versets 4-8

Je continue.

Tous mes compatriotes savent comment j’ai vécu, dès ma jeunesse, au sein de mon peuple, à Jérusalem. Ils me connaissent depuis longtemps et ils peuvent témoigner, s’ils le veulent bien, que j’ai conduit ma vie selon les principes du parti le plus strict de notre religion : celui des pharisiens. Et maintenant, si je suis traduit en justice, c’est à cause de mon espérance dans la promesse de Dieu à nos ancêtres. Nos douze tribus espèrent voir son accomplissement, en rendant leur culte à Dieu nuit et jour. Oui, c’est à cause de cette espérance que je suis mis en accusation, par des Juifs, ô roi ! Et pourtant ! trouvez-vous incroyable que Dieu puisse ressusciter des morts ? (Actes 26.4-8).

Paul résume sa vie passé en affirmant que depuis sa jeunesse il a vécu d’une manière fidèle à la Loi et aux traditions juives. Il était même membre des Pharisiens, la secte la plus rigide du judaïsme. D’entrée, l’apôtre mentionne la résurrection du Christ comme étant l’espérance de la nation d’Israël. Littéralement il dit : « pourquoi jugez vous incroyable si Dieu ressuscite des morts ». Pour défendre le fait que les morts ressuscitent devant le parti des Sadducéens qui n’y croyaient pas, Jésus avait cité une parole de Moïse où l’Éternel lui a dit :

Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob (Exode 3.6).

Or ces patriarches sont morts et enterrés depuis fort longtemps. Pourtant, l’Éternel s’est formellement engagé à leur égard en leur promettant qu’ils entreraient un jour dans le futur royaume messianique. Cette promesse n’ayant jamais été révoquée, elle est toujours valable. Oui, mais son accomplissement ne peut avoir lieu que si les patriarches ressuscitent d’entre les morts. Ce qui est vrai des patriarches l’est également pour les Juifs pieux qui attendent l’espérance d’Israël, c’est-à-dire l’accomplissement des promesses de l’Ancien Testament dont la vie éternelle. Il est évidemment nécessaire qu’eux aussi reviennent à la vie s’ils doivent entrer dans le futur royaume messianique.

Mais que ce soit ma résurrection pour la vie éternelle ou celle des Juifs pieux, elle ne peut avoir lieu que si Jésus-Christ a véritablement vaincu la mort et est ressuscité. C’est aussi ce que Moïse et les prophètes ont dit, et pourtant les Sadducéens, concitoyens de Paul, nient la résurrection car c’est une chose incroyable à leurs yeux. Or c’est pour cette espérance des douze tribus d’Israël et son accomplissement en un Rédempteur ressuscité, le Messie que Paul prêche, qu’il est mis en accusation.

Dans tous ses discours, l’apôtre prend soin de maintenir un lien constant entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, entre les promesses de Dieu aux patriarches et la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ. C’est donc en vérité que Paul peut se considérer et dire qu’il fait toujours partie du peuple de Dieu.

Versets 9-12

Je continue le texte.

Pour moi donc, j’ai d’abord pensé que je devais m’opposer par tous les moyens au nom de Jésus de Nazareth. C’est ce que j’ai fait à Jérusalem : j’ai jeté en prison, en vertu des pouvoirs que j’avais reçus des chefs des prêtres, un grand nombre de ceux qui appartenaient à Dieu et, lorsqu’il s’agissait de les condamner, j’ai voté leur mise à mort. Je passais d’une synagogue à l’autre pour les faire punir et essayer de les contraindre à renier leur foi ; dans l’excès de ma fureur, j’allais les traquer jusque dans les villes étrangères. C’est ainsi qu’un jour, muni des pleins pouvoirs que m’avaient accordés les chefs des prêtres en me donnant cette mission, je me suis rendu à Damas (Actes 26.9-12).

Non content d’avoir été engagé à fond dans le judaïsme, Paul montre qu’il était animé d’un zèle sans frein en décrivant son passé de persécuteur des chrétiens. Dans son aveuglement, il les contraint de blasphémer, c’est à dire qu’il s’efforçait de les faire abjurer ou maudire le nom de Jésus. Paul était alors tout à fait conscient de s’opposer à Jésus-Christ et il ne cache pas le fait qu’il était même un fanatique enragé. C’est dans cet état d’esprit qu’il fait route pour Damas en Syrie. Et c’est alors qu’il arrive en vue de la ville, sur un chemin poussiéreux et sous un soleil de plomb que sa vie bascule, qu’il découvre sa voie, qu’il trouve la justice qu’il cherchait en vain à acquérir en étant un religieux de premier ordre. Les aveux de Paul montrent sa franchise et sa sincérité et aussi la réalité de sa conversion, car pour faire de ce persécuteur convaincu un ardent apôtre de Jésus-Christ, il a fallu un miracle de la grâce, ce qui a dû secouer certains de ses auditeurs et Agrippa en particulier.

C’est d’ailleurs de cette expérience de Saul de Tarse qui est devenu le grand apôtre Paul que nous avons l’expression « chercher son chemin de Damas ». Je me souviens encore comme si c’était hier, du temps où moi aussi j’essayais de donner un sens à ma vie. Et puis au fil des circonstances, quelqu’un a ouvert l’évangile selon Jean devant moi et a pointé une conversation toute simple entre le Christ et l’apôtre Thomas qu’on surnomme le douteur. Il posait une question essentielle à son maître; il voulait connaître le chemin du ciel, ce à quoi Jésus a répondu :

Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi (Jean 14.6).

La question qui se pose maintenant est la suivante : « Cherchez-vous toujours et encore votre chemin de Damas » ?