Chapitre 2

Introduction

Quand on fait les foins ou les vendanges, ce sont des occasions de faire la fête, de se réjouir parce qu’on engrange des provisions que ce soit pour les bêtes ou pour soi-même. Cependant, ce sont les Juifs qui pouvaient et savaient le mieux se réjouir parce qu’ils connaissaient la véritable source de tous leurs bienfaits et lui rendaient hommage. C’était d’ailleurs l’une des raisons d’être de la fête juive de la Pentecôte, l’une des trois principales des leur calendrier avec la Pâque et les Cabanes ou Tabernacles. C’est aussi le jour de la Pentecôte que Dieu a choisi pour envoyer sur terre et sur son peuple, le Saint-Esprit, le consolateur et l’aide que Jésus avait promis à ses disciples. Ce jour là, Jérusalem est noir de monde car des pèlerins venus des quatre coins de l’empire romain sont présents dans la ville sainte. Parmi eux il y a une majorité de Juifs de la diaspora, descendants des Israélites du royaume des X tribus du Nord qui s’étaient réfugiés dans Juda quand leurs compatriotes furent déportés par les Assyriens à la fin du 8e siècle avant J-C. Cependant, environ 150 ans plus tard, au début du 6e siècle, la quasi-totalité de ces Israélites sont eux aussi emmenés en captivité à Babylone par le roi Nabuchodonosor. Mais un plus gros poisson arrive sur scène et l’empire babylonien est conquis par une coalition des Mèdes et des Perses. Le roi Cyrus devient alors le grand patron du Moyen-Orient et autorise les Juifs de son empire à retourner chez eux en Palestine et même de reconstruire le temple qui était en ruine. Ces histoires sont racontée dans les livres historiques et prophétiques de l’Ancien Testament.

Dans l’océan, tôt ou tard, il y a toujours un poisson plus gros et c’est ainsi qu’a son tour, l’Empire des Mèdes et des Perses est avalée par Alexandre le Grand. C’est ce qui explique pourquoi beaucoup de Juifs parlent grec en plus de l’hébreu et de la langue de leur pays d’origine. Dans tout l’Empire romain, le grec est privilégié pour les relations internationales et les affaires, les échanges commerciaux entre peuples d’une province à l’autre.

Malgré toutes les conquêtes et déportations que les Juifs ont dû subir, ce peuple est particulièrement prolifique, ce qui est l’accomplissement d’une promesse que l’Éternel a faite au patriarche Abraham. Le texte dit :

Dieu le fit sortir de sa tente et lui dit : Contemple le ciel et compte les étoiles, si tu en es capable. Et il ajouta : Tes descendants seront aussi nombreux qu’elles (Genèse 15.5).

Il n’est donc pas étonnant que pour la Pentecôte dont il est question dans le livre des Actes, on trouve rassemblés dans Jérusalem des Juifs qui disent :

Nous sommes Parthes, Mèdes ou Élamites, nous habitons la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont ou la province d’Asie, la Phrygie ou la Pamphylie, l’Égypte ou le territoire de la Libye près de Cyrène, ou bien, nous vivons à Rome, nous sommes Juifs de naissance ou par conversion, nous venons de la Crète ou de l’Arabie et pourtant chacun de nous les entend parler dans sa propre langue des choses merveilleuses que Dieu a accomplies (Actes 2.9-11) ! Chaque ville de l’empire romain ou presque avait une communauté juive et parfois elle était très importante, surtout en Égypte. D’ailleurs, ceux qui en étaient revenus et qui s’étaient installés à Jérusalem possédaient leur propre synagogue, tellement ils étaient nombreux. Un autre exemple de l’accomplissement de la promesse de Dieu à Abraham est que le quart de la population de la grande cité grecque de Cyrène, sur la côte ouest de l’Égypte, était juive.

Parmi tous ces pèlerins ceux qui ont le coeur bien disposé à l’égard de l’Éternel entendent les disciples parler des merveilles de Dieu dans leur propre dialecte. Cependant, ils vont avoir besoin des explications de Pierre pour comprendre exactement de quoi il retourne. Je continue à lire dans le second chapitre du livre des Actes.

Versets 14-15

Alors Pierre se leva entouré des Onze et, d’une voix forte, il dit à la foule : — Écoutez-moi bien, vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem : comprenez ce qui se passe. Certains d’entre vous insinuent que ces hommes seraient ivres. Pas du tout ! Il est à peine neuf heures du matin ! (Actes 2.14-15).

Au nom de tous les apôtres mais aussi des disciples qui l’entourent, Pierre se lève et prend la parole. Ici encore, on s’aperçoit que c’est bien lui qui a reçu les clés du royaume des mains du Seigneur, et celles-ci vont maintenant lui permettre d’ouvrir ses portes toutes grandes. Il va prêcher le premier sermon qui a trait à la foi chrétienne et son thème est : Jésus est Seigneur et Messie. Pierre et les Onze débutent dans leur rôle de témoins de Jésus-Christ. Mais la première chose à l’ordre du jour est de réfuter les accusations d’ivresse. Sans s’arrêter sur ce qu’il y a d’injurieux dans les paroles des moqueurs incrédules, l’apôtre, calme et digne, répond simplement qu’ils se trompent, il leur fait remarquer qu’il est 9 h du matin, le moment de prendre le café, pas l’apéro.

À cette époque, c’était plutôt le soir que les fêtards buvaient à l’excès. Au moment où Pierre s’adresse à tous ceux qui sont venus voir ce qui se passe, l’Église vient tout juste de naître. Elle est encore 100 % juive, tout comme Jérusalem encore qu’il devait bien y avoir quelques marchands étrangers ici et là. Quant aux Romains, ils ne se mêlaient pas aux Juifs; leurs garnisons étaient à l’extérieur des villes et Pilate, le gouverneur avait son quartier général à Césarée au bord de la Méditerranée dans la province de Samarie, loin de la ville sainte.

Versets 16-21

Je continue le discours de Pierre.

Mais maintenant se réalise ce qu’avait annoncé le prophète Joël : Voici ce qui arrivera, dit Dieu, dans les jours de la fin des temps : Je répandrai de mon Esprit sur tous les hommes. Vos fils, vos filles prophétiseront, vos jeunes gens, par des visions, vos vieillards, par des songes, recevront des révélations. Oui, sur mes serviteurs, comme sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit : ils prophétiseront. Je ferai des miracles et là-haut, dans le ciel, et ici-bas sur terre, des signes prodigieux : sang, feu, colonne de fumée. Et le soleil s’obscurcira, la lune deviendra de sang, avant la venue du jour du Seigneur, ce jour grand et glorieux. Alors seront sauvés tous ceux qui feront appel au Seigneur (Actes 2.16-21).

Pierre cite toute la prophétie de Joël et pas seulement les paroles applicables aux événements du moment. Il mentionne également le passage qui a trait aux calamités qui vont survenir sur la nation juive et sur le monde entier. Cependant, au milieu des jugements de Dieu des derniers jours, quiconque l’invoquera sera sauvé.

Pierre explique patiemment qu’au lieu d’être ivres, les croyants expérimentent l’accomplissement de la première partie de ce qui est décrit dans cette prophétie émise environ 8 siècles av. J-C. Elle prédisait que la venue du Saint-Esprit sur le peuple serait l’une des manifestations qui caractériserait les temps messianiques. L’Esprit est donné avec abondance et sur toute l’humanité, sans distinction d’âge, de sexe ou de rang social. Il a une influence morale et sanctifiant, et s’accompagne de dons divers.

L’Ancien Testament et Jean-Baptiste ont prophétisé que c’est par le Messie, par Jésus, que cette promesse s’accomplirait. Effectivement, elle a commencé à se réaliser le jour même où Pierre prend la parole. Cependant, il n’y a eu aucun miracle tel que ceux décrits par Joël : pas de lune en sang ou de colonne de fumée, et le soleil ne s’est pas éteint. La prophétie s’accomplira entièrement au moment où le Christ reviendra sur terre pour y établir son royaume. « Les jours de la fin des temps », dont parle Joël (Joël 3.1-5), s’appellent aussi « Le Jour de l’Éternel ». Il s’étend sur toute la période de l’histoire inaugurée par la venue du Christ, il inclut tout ce qui est décrit dans le livre de l’Apocalypse et dure jusqu’au retour du Seigneur dans sa gloire. Tout ça pour dire que l’interprétation des prophéties bibliques est délicate et demande beaucoup de précautions, car elles se situent au croisement de l’au-delà et de l’espace-temps dans lequel nous vivons. Il faut donc bien veiller à les situer dans leur contexte : d’une part, celui du passage dans lequel elles sont données, mais d’autre part, celui du livre dans lequel elles se trouvent. Troisièmement, il est également nécessaire de comprendre toute prophétie par rapport aux autres qui prédisent les mêmes événements. Interpréter une prophétie est comparable à faire un puzzle; il faut placer chaque morceau au bon endroit. C’est un peu pareil pour les paraboles de Jésus quand leur signification ne nous est pas donnée. Elles enseignent une vérité spirituelle qui n’est accessible que par ceux qui ont le cœur ouvert et disposé à la recevoir. Pour les autres, ce n’est qu’une histoire qui n’a ni queue ni tête. Que ce soient les paraboles ou les prophéties, leur compréhension exige beaucoup de réflexions et d’humilité.

Verset 22

Je continue le texte.

Écoutez bien, Israélites, ce que j’ai à vous dire. Vous le savez tous : Jésus de Nazareth, cet homme dont Dieu vous a montré qu’il l’approuvait en accomplissant, par son moyen, au milieu de vous des miracles, des signes et des actes extraordinaires (Actes 2.22).

Cela fait maintenant un mois et demi que Jésus-Christ a été crucifié et qu’il est ressuscité. La plupart de ces pèlerins se trouvaient déjà à Jérusalem lors de ces événements puisque c’était la Pâque juive, l’une des 3 fêtes à laquelle les hommes juifs doivent assister selon la Loi de Moïse. Ils ont donc déjà entendu parler des œuvres extraordinaires du Christ tout comme les habitants de la Judée où se trouve Jérusalem. C’est pour cela que Pierre s’adresse à eux en leur disant : « Vous le savez tous ».

On peut imaginer que l’apôtre a dû immédiatement retenir l’attention des Juifs, car non seulement il parle avec l’autorité du Saint-Esprit, mais il mentionne tout de suite le Christ qui pour ces Juifs de la diaspora était un personnage énigmatique. Pierre l’appelle Jésus de Nazareth parce que c’est ainsi que le peuple le désignait. Mais il ajoute tout de suite que Dieu l’a accrédité par des oeuvres puissantes que l’apôtre décrit en accumulant les aspects sensationnels du ministère de Jésus. Ainsi, il avait une entière maîtrise des forces de la nature et des esprits méchants. De plus, il lisait dans les cœurs des hommes comme dans un livre ; sa puissance sur la maladie, la mort ou sur les forces de la nature prouvait son origine divine; il était l’émissaire de l’Éternel. À ce point du récit, on imagine que la foule est bouche bée, accrochée à chaque syllabe de l’apôtre Pierre.

Verset 23

Je continue.

Il a été livré entre vos mains conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu’il avait établi d’avance. Et vous, vous l’avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui sont sans loi (Actes 2.23).

Les paroles de Pierre donnent un éclairage sur les causes humaines de la mort de Jésus bien sûr, mais décidées d’avance par le Dieu souverain. Ce sont les Romains, des païens, des hommes sans loi morale qui l’ont mis à mort, mais il est en effet important de rappeler que la crucifixion n’est pas un événement fâcheux ou un accident de parcours, mais une nécessité ordonnée par Dieu. Jésus en était tout à fait conscient, ce qu’il a lui-même déclaré. Je le cite :

Le Père m’aime, parce que je donne ma vie ; mais ensuite, je la reprendrai. En effet, personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père (Jean 10.17-18).

La mort du Christ faisait partie du plan grandiose de Dieu arrêté depuis l’éternité pour racheter une humanité à la dérive. Il ne faudrait pas croire un seul instant que la vie du Messie dépendait de la volonté perverse des hommes ; non, car tout ce qui lui est arrivé était conforme au conseil déterminé de Dieu dont la prescience avait tout prévu et tout dirigé.

En disant à ses auditeurs : « Et vous, vous l’avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui sont sans loi », Pierre considère très justement que ce crime est celui de tout le peuple juif, qui, trompé et manipulé par ses chefs a rejeté son Messie, demandé sa mort et crié : « Que la responsabilité de sa mort retombe sur nous et sur nos enfants ! (Matthieu 27.25) » Au final, Pierre porte une double accusation ; une contre la nation juive et l’autre contre les Romains. Car même si les choses se sont passées conformément au plan de Dieu, les auteurs du crime devront assumer les conséquences de leur acte.

Les païens et les Juifs représentent le monde dans sa globalité ce qui signifie que chacun d’entre nous — vous et moi inclus — est responsable de la mort du Christ. Il a été crucifié à cause de mes fautes et des vôtres, mais je suis libre d’accepter ce sacrifice ou de le refuser. Cela dit, juridiquement, c’est Israël qui est le plus coupable. D’ailleurs dans le livre des Actes, les apôtres reprochent 8 fois aux Juifs et seulement 2 fois aux païens d’avoir crucifié Jésus.

Verset 24

Je continue.

Mais Dieu a brisé les liens de la mort : il l’a ressuscité, car il était impossible que la mort le retienne captif (Actes 2.24).

La mort est ici personnifiée et ne pouvait pas retenir Jésus en son sein parce qu’il est la vie. En tant que deuxième personne de la Trinité, il possède la vie en lui-même et il en est la source. En outre, la volonté du Père était qu’il ressuscite. Pierre a dit deux mots en passant concernant les prodiges que Jésus a accomplis, mais elles sont d’une importance secondaire par rapport à la résurrection sur laquelle il va longuement s’arrêter car si la mort semblait être la négation de la divinité de Jésus, la résurrection l’affirme d’une façon éclatante.

Versets 25-28

Je continue avec une prophétie tirée d’un Psaume.

En effet, David dit de lui : Je voyais le Seigneur constamment devant moi, car il est à ma droite pour que je ne vacille pas. Voilà pourquoi mon cœur est plein de joie et pourquoi mes paroles débordent d’allégresse. Même mon corps reposera dans l’espérance ; tu ne m’abandonneras pas dans le séjour des morts : tu ne laisseras pas ton serviteur fidèle se décomposer dans la tombe. Car tu m’as fait connaître le chemin de la vie, et tu me combleras de joie en ta présence (Actes 2.25-28).

Cette prophétie est tirée d’un Psaume composé par le roi David (16.8-11). Pierre cite exactement sa traduction grecque de la version Septante. Ces paroles reflètent les pensées et l’état d’esprit du Christ quand a commencé son agonie juste avant son arrestation dans le jardin des Oliviers, jusqu’au moment où il poussa un grand cri disant :

Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23.46).

Cette prophétie montre bien l’intimité entre Jésus et son Père jusqu’au moment où Dieu s’est détourné de son Fils. Jésus savait tout au long qu’il ressusciterait et serait glorifié, ce qu’il avait d’ailleurs mentionné à ses disciples à plusieurs reprises. Cependant, il y a eu une parenthèse dont la durée ne nous est pas précisée, pendant laquelle Dieu le Père a abandonné son Fils, parce qu’il portait tous les péchés de l’humanité sur lui : depuis ceux d’Adam en passant par les miens, et jusqu’à ceux de la dernière personne qui naîtra sur terre avant la fin du monde. C’est pendant ce laps de temps alors qu’il est sur la croix que Jésus s’est écrié d’une voix forte vers 3 h de l’après-midi :

Eli, Eli, lama sabachthani ? ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Matthieu 27.46).

Versets 29-32

Je continue le texte qui poursuit sur le thème de la résurrection du Christ.

Mes frères, permettez-moi de vous parler franchement : le patriarche David est bel et bien mort et enterré. Son tombeau existe encore près d’ici aujourd’hui. Mais il était prophète et il savait que Dieu lui avait promis, sous la foi du serment, de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. Ainsi il a entrevu par avance la résurrection du Christ, et c’est d’elle qu’il parle en disant que Dieu ne l’abandonnera pas dans le séjour des morts et qu’il ne laissera pas son corps se décomposer. Dieu a ressuscité des morts ce Jésus dont je parle : nous en sommes tous témoins (Actes 2.29-32).

Pierre s’est d’abord adressé à ses auditeurs en leur disant : « vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem », puis ensuite sous le terme « Israélites ». Maintenant, il s’identifie à ses compatriotes en les appelant « Mes frères », un terme affectif et respectueux afin de les entraîner à le suivre dans sa démonstration. Il appelle David « patriarche » parce qu’il est le chef de la lignée royale de laquelle les Juifs attendaient leur Messie. Son argument est que la mort et la décomposition du corps de David sont la preuve que ce grand roi ne parlait pas de lui-même dans son Psaume, d’ailleurs son tombeau au sommet du mont Sion est bien connu et vénéré. Cependant, l’Esprit qui l’habitait lui a ouvert une fenêtre sur l’avenir ce qui a permis à David de voir et de prophétiser la résurrection de l’un de ses descendants: Jésus le Messie. C’est la seconde fois que Pierre déclare que Dieu a ressuscité Jésus (2.24), et il ajoute : nous en sommes tous témoins.

Versets 33-35

Je continue.

Ensuite, il a été élevé pour siéger à la droite de Dieu. Et maintenant, comme Dieu l’a promis, il a reçu du Père l’Esprit Saint et il l’a répandu sur nous. C’est là ce que vous voyez et entendez. En effet, David, lui, n’est pas monté au ciel, mais il a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Viens siéger à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds (Actes 2.33-35).

Dans le livre des Actes, les apôtres disent cinq fois qu’ils ont été témoins de la résurrection du Christ. Ils savaient de quoi ils parlaient. Pierre a prouvé qu’elle a bien eu lieu, premièrement, en citant la prophétie du roi David qui l’annonçait, deuxièmement, par le témoignage oculaire des disciples qui l’ont vu mort, puis vivant pendant 40 jours et qui de plus ont assisté bouche bée à son ascension. Et finalement, la résurrection tout comme l’enlèvement visible de Jésus dans les cieux, sont prouvés par les phénomènes surnaturels qui ont eu lieu à la Pentecôte. La venue du Saint-Esprit sur les 120 disciples réunis a été marquée par des événements miraculeux : d’abord le formidable brouhaha qui ressemblait à un vent impétueux, puis les flammèches qui se posèrent sur la tête de chaque apôtre, et enfin le parler en langues que tous les auditeurs comprenaient, chacun dans son propre dialecte.

Verset 36

Je continue.

Voici donc ce que tout le peuple d’Israël doit savoir avec une entière certitude : Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié (Actes 2.36).

La conclusion du discours est en apothéose. Il est adressé à tous les Israélites afin qu’ils sachent avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié. Dieu l’a élevé au-dessus de tout, et vous, vous l’avez crucifié ! Pierre veut déclencher un mouvement de repentance chez ses auditeurs . « son dernier mot est un aiguillon qui restera enfoncé dans les âmes jusqu’à ce qu’il en soit retiré par la conversion et le pardon » (Lechler). En appelant Jésus « Seigneur », Pierre fait référence au Seigneur de l’Ancien Testament, c’est-à-dire l’Éternel lui-même.

Verset 37

Je continue.

Ce discours toucha profondément ceux qui l’avaient entendu. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : — Frères, que devons-nous faire ? (Actes 2.37).

Pierre a fait mouche. Les Juifs qui ont écouté son discours sont stupéfaits et fortement convaincus par le Saint-Esprit que tout ce qu’ils ont entendu est la vérité et qu’ils sont coupables. Ils posent alors une question teintée de désespoir. S’ils sont responsables d’avoir crucifié leur Messie qui est maintenant exalté à la droite de Dieu, que peuvent-ils faire pour se racheter ?

Versets 38-39

Je continue.

Pierre leur répondit : — Repentez-vous pour que vos péchés vous soient pardonnés, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ. Alors, vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera (Actes 2.38-39).

Ce passage est très riche d’enseignements sur le salut car il met bout à bout le côté humain par l’impératif : « Repentez-vous », et le côté divin avec : « tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera ». La repentance est à la fois le sentiment douloureux du péché et le désir d’un renouvellement moral.

Ce texte nous donne aussi la signification du baptême d’eau qui est le signe extérieur et visible de la repentance, de la démarche intérieure qui conduit à la foi et au salut. Dans le livre des Actes, la repentance est mentionnée dix fois par les apôtres.

Par le baptême d’eau, le croyant témoigne qu’il a opéré un retour sur lui-même, qu’il a placé sa confiance en Jésus-Christ, et que l’orientation de sa vie, ses priorités, ses valeurs ont totalement changé. Le baptême est une confession de foi publique et le symbole de l’action de Dieu dans la vie du croyant. Cependant, il ne communique pas de grâce particulière. C’est la foi en Jésus-Christ et elle seule qui procure la vie éternelle.