Chapitre 1

Introduction

Si on y regarde d’un peu près, tout ce que l’homme fait est tordu quelque part. Même sa plus belle réalisation est très imparfaite et ça se voit à l’oeil nu, on a pas besoin de loupe. Alors il ne faut pas s’étonner si dans le domaine religieux c’est la grosse pagaïe et qu’il existe autant de chapelles que de caprices humains. Pourtant, toutes les confessions de foi ne sont pas à mettre dans le même panier; il y en a une qui est la bonne, mais comme le diable ne veut pas que les gens la trouvent, il a brouillé les cartes. Il existe une Église universelle qui est la vraie et qui rassemble tous les croyants authentiques, c’est à dire ceux qui ont placé leur foi personnelle en Jésus-Christ, et en personne ni en quoique ce soit d’autre. L’Église de Jésus-Christ n’est pas une conception humaine car de toute éternité elle fait partie du plan souverain de Dieu. Les apôtres que Jésus avait choisis n’ont compris sa mission qu’après son ascension dans les cieux ce qui veut aussi dire qu’ils étaient totalement incapables d’accomplir par eux-mêmes l’oeuvre que le Seigneur leur avait confiée. En fait, après la mort de Jésus, ils se sont enfermés à double tour,  tremblant comme des feuilles en attendant que l’orage passe. Ce qui a commencé à susciter un changement en eux est la résurrection du Seigneur, mais leur revirement n’a été complet que plus tard. Je continue à lire dans le premier chapitre du livre des Actes.

Verset 8

Le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde (Actes 1.8).

Cette promesse qui apparaît à la fin de l’Évangile est répétée ici dans le 1er chapitre du livre des Actes. Au premier abord, on pourrait penser que le Seigneur a exagéré ou fait usage d’une hyperbole quand il a dit aux apôtres qu’ils seront ses témoins jusqu’au bout du monde, mais ces paroles sont littéralement vraies parce que leur témoignage écrit atteint les extrémités de la terre grâce aux oeuvres missionnaires, ce que les prophètes avaient annoncé (Esaïe 49.6; comparez Actes 13.47; Romains 10.18).

Les apôtres sont donc appelés à devenir les représentants de Jésus partout en Palestine et jusqu’aux extrémités de la terre ce qui inclut Rome. La tâche est immense si l’on réalise que cette capitale est située à une distance considérable, 2 250 km de Jérusalem à vol d’oiseau. Mais pour accomplir cette tâche, les apôtres et leurs disciples bénéficieront de la présence du Saint-Esprit à leur côté, ce qui se manifestera par des dons surnaturels, celui de guérison en particulier, et par la puissance de leurs prédications, ce qui entraînera la conversion de foules de Juifs et de païens à Jésus-Christ.

L’ordre de mission du Seigneur divise l’humanité en 3 classes : les Israélites, les Samaritains, c’est-à-dire les moitié-Juifs et moitié-idolâtres, et en troisième lieu, le monde païen. Chacun de ces trois groupes aura besoin de la présence de l’apôtre Pierre pour que le royaume lui soit ouvert et qu’il reçoive le baptême de l’Esprit. Ce découpage ethnique partage aussi le livre en trois parties qui ensemble constituent l’aire d’un cercle dans lequel la Bonne nouvelle est annoncée à partir de Jérusalem son centre et progresse en s’élargissant jusqu’à inclure le monde entier.

Verset 9

Je continue le texte.

Après ces mots, ils le virent s’élever dans les airs et un nuage le cacha à leur vue (Actes 1.9).

Quand Jésus est né à Bethlehem, Marie sa mère l’a enveloppé dans des langes. Quand il a quitté ce monde en s’élevant dans les airs, il a été entouré par une nuée semblable à celle qui nous est décrite dans l’Ancien Testament et qui représente l’Éternel. Cette nuée était au-dessus du Tabernacle quand Israël campait dans le désert. L’ascension de Jésus marque la conclusion de son ministère terrestre dans une enveloppe corporelle. Il fallait qu’il parte pour que le Saint-Esprit promis puisse venir. Jésus dans son corps de résurrection est actuellement dans la gloire à la droite du Père, mais il reviendra sur terre pour juger le monde et pour établir son royaume de 1 000 ans.

Versets 10-11

Je continue.

Ils gardaient encore les yeux fixés au ciel pendant qu’il s’éloignait, quand deux hommes vêtus de blanc se présentèrent devant eux et leur dirent : — Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, en redescendra un jour de la même manière que vous l’avez vu y monter (Actes 1.10-11).

Les disciples sont en état de transe mais probablement aussi très tristes et on les comprend. L’événement qu’ils viennent de vivre est unique dans l’histoire de l’humanité et ils ont eu l’immense privilège d’y assister. Alors, deux anges apparaissent pour les consoler et les sortir de leur torpeur en leur rappelant que le Seigneur reviendra pareillement dans une nuée. Effectivement, un jour, Jésus descendra sur le mont des Oliviers et tous les hommes le verront. C’est ce qu’attestent l’Ancien Testament et le début du livre de l’Apocalypse. Je lis deux passages :

Voici ! Il vient au milieu des nuées, et tout le monde le verra et même ceux qui l’ont percé et toutes les familles de la terre se lamenteront à cause de lui. En ce jour-là, il posera ses pieds sur le mont des Oliviers, près de Jérusalem, du côté du levant. Le mont des Oliviers se fendra d’est en ouest en deux parties ; une immense vallée se creusera entre les deux (Apocalypse 1.7 ; Zacharie 14.4).

L’histoire de l’humanité ne va pas continuer telle qu’elle est indéfiniment. Jésus reviendra pour établir un royaume de justice sur terre.

Versets 12-14

Je continue.

Alors les apôtres quittèrent la colline qu’on appelle mont des Oliviers, située à environ un kilomètre de Jérusalem, et rentrèrent en ville. Dès leur arrivée, ils montèrent à l’étage supérieur de la maison où ils se tenaient d’habitude. C’étaient Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques, fils d’Alphée, Simon le Zélé, et Jude, fils de Jacques. D’un commun accord, ils se retrouvaient souvent pour prier, avec quelques femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus (Actes 1.12-14).

C’est la première fois que les frères de Jésus sont associés au groupe des disciples (comparez Jean 7.5); il y a tout lieu de penser que sa résurrection les a convaincus qu’il était vraiment le Messie. C’est ici la seule mention de Marie dans le livre des Actes et la dernière fois qu’elle apparaît dans le Nouveau Testament car elle n’a eu aucun rôle à jouer dans l’établissement de l’Église.

Les premiers croyants se réunissent avec les apôtres dans une pièce aménagée sur le toit en terrasse d’une maison palestinienne qui appartient évidemment à l’un des croyants. Luc note aussi la présence de femmes.  Ce sont celles qui ont suivi Jésus depuis la Galilée; elles étaient présentes à la croix et furent les premières à se rendre au tombeau le dimanche de la résurrection. Elles sont nommées dans les Évangiles (Matthieu 27:61 ; Marc 15:40 ; Luc 24:10).

Versets 15-17

Je continue.

Un de ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères. Ils étaient là environ cent vingt. — Mes frères, dit-il, il fallait que les prophéties de l’Écriture s’accomplissent : car le Saint-Esprit, par l’intermédiaire de David, a parlé à l’avance de Judas, qui a servi de guide à ceux qui ont arrêté Jésus. Cet homme était l’un des nôtres et il a eu sa part dans le service qui nous avait été confié (Actes 1.15-17).

Ces 120 personnes représentent probablement tous les disciples à Jérusalem, mais il y en avait beaucoup d’autres en Galilée puisque cinq cents d’entre eux se sont assemblés autour de Jésus ressuscité (1Corinthiens 15:6).

Pierre assume son rôle de chef. Quel changement, car après que Jésus lui a dit : « Je te donnerai les clés du royaume des cieux », Pierre l’a renié trois fois. Mais Jésus l’a réhabilité et il jouera un rôle prépondérant dans le groupe des apôtres et dans l’histoire de l’Église. C’est lui qui est chargé par sa présence et ses paroles, d’ouvrir la porte du royaume des cieux successivement aux Juifs, aux Samaritains et aux païens, comme je l’ai déjà dit. Mais avant d’en venir là, il parle de Judas parce que son crime et sa fin horrible ont peut-être ébranlé la foi de certains disciples. Alors Pierre veut montrer que la destinée de Judas fait l’objet de la souveraine prescience de Dieu depuis les prophéties le concernant jusqu’à son acte de traîtrise (Psaume 41.10). Le Seigneur lui-même a exprimé plusieurs fois cette même pensée qui donne la chair de poule (Jean 13:18; 17:12). Pourtant ce n’était pas une fatalité inévitable parce que l’homme n’est jamais privé de sa liberté pas plus que de sa responsabilité.

Versets 18-19

Je continue.

Avec l’argent qu’il a reçu en paiement de son crime, il a permis d’acheter un champ ; il y est tombé la tête la première, il s’est éventré, et ses intestins se sont répandus sur le sol. Tous les habitants de Jérusalem l’ont appris : c’est pourquoi ils ont appelé ce champ : Akeldama, ce qui, dans leur langue, signifie : “ le champ du sang ” (Actes 1.18-19).

D’après les Évangiles, on sait que Judas jeta l’argent de la trahison à l’intérieur du temple et alla se pendre. Je lis le passage :

Judas jeta les pièces d’argent dans le Temple, partit, et alla se pendre. Les chefs des prêtres ramassèrent l’argent et déclarèrent : — On n’a pas le droit de verser cette somme dans le trésor du Temple, car c’est le prix du sang. Ils tinrent donc conseil et décidèrent d’acquérir, avec cet argent, le “ Champ-du-Potier ” et d’en faire un cimetière pour les étrangers (Matthieu 27.5-7).

Ce champ du potier fut acheté au nom de Judas et pour le bénéfice des étrangers. On apprend que sa mort fut plutôt dramatique. Il a certainement dû se pendre au-dessus d’une falaise, et quand la corde ou la branche s’est cassée, il est tombé sur un rocher et s’est éventré. Suite à cet événement, les gens de la ville ont renommé ce lieu le champ du sang.

Versets 20-22

Je continue.

Or, il est écrit dans le livre des psaumes : Que sa maison reste vide et que personne n’y habite. Et plus loin : Qu’un autre prenne sa charge. Nous devons donc choisir l’un de ceux qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus sillonnait le pays avec nous, depuis le moment où Jean l’a baptisé jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous. Cet homme sera ainsi, avec nous, un témoin de sa résurrection (Actes 1.20-22; comparez Psaume 109.8).

Une fois le rappel du méfait de Judas terminé, Pierre prend l’initiative de le remplacer afin que le nombre des apôtres reste douze. Cependant, il se garde bien de le nommer lui-même, comme l’aurait fait un prétendu successeur de Pierre ; ni les apôtres réunis, ni la petite Église qui les entoure n’a voulu prendre la responsabilité de ce choix. Parmi les critères que ce nouvel apôtre doit satisfaire, il faut qu’il ait été un témoin oculaire du ministère de Jésus depuis le début, au moment de son baptême par Jean-Baptiste, un témoin de sa vie, de sa mort et surtout de sa résurrection qui est le fondement du christianisme. Les onze dirigeants ont conscience de l’importance de leur charge et de leur mission.  Ils savent qu’en particulier qu’ils sont appelés à être les témoins des faits et gestes et de l’enseignement de Jésus. Leur témoignage est l’unique source que nous possédons du Sauveur et de son oeuvre. Ces hommes sont les représentants du reste fidèle d’Israël qui assurent la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.

Avant de devenir apôtre auprès des non-Juifs, Paul s’appelait Saul de Tarse et fut persécuteur de l’Église. Il n’aurait pas pu remplacer Judas et se joindre aux 11 parce qu’il n’était pas un témoin oculaire de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ. Il est venu après-coup et l’exemple type, voire même l’archétype des grands pécheurs sauvés par la grâce de Dieu.

Versets 23-26

Je continue jusqu’à la fin du premier chapitre.

On présenta deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé le Juste, et Matthias. Et l’on fit alors cette prière : — Toi, Seigneur, tu connais le cœur de tous les hommes. Désigne toi-même celui de ces deux frères que tu as choisi pour occuper, dans cette charge d’apôtre, la place que Judas a désertée afin d’aller à celle qui lui revenait. Puis ils tirèrent au sort. Matthias fut désigné. C’est lui qui fut adjoint aux onze apôtres (Actes 1.23-26).

C’est la première et la dernière fois qu’on entend parler de Justus et de Matthias. Ils disparaissent des pages sacrées aussi vite qu’ils sont apparus.  Devant choisir entre ces deux hommes, les apôtres, conduit par Pierre, commencent par prier en reconnaissant la souveraineté du Seigneur en toutes choses. En passant, il rappelle que Judas a quitté l’apostolat pour entrer dans un malheur sans remède. Ensuite, les croyants tirent au sort, une pratique qui était courante dans l’Ancien Testament. Ce n’est pas une décision au petit bonheur la chance, puisque les hommes choisis répondent tous deux aux critères préalablement établis, mais elle souligne la souveraineté de Dieu qui en dernière finalité est celui qui décide. D’ailleurs, dans le livre des Proverbes, on lit :

On jette le sort dans les pans du vêtement, mais c’est de l’Éternel que dépend toute décision (Proverbes 16.33).

C’est la dernière fois dans les Écritures qu’on a recours à cette procédure pour déterminer la volonté de Dieu, mais le consulter de cette manière quand on en a pas d’autres, peut être une bonne façon d’agir.

Chapitre 2

Verset 1

Nous voici arrivés au chapitre 2 du livre des Actes qui relate deux événements particulièrement importants : le jour de la Pentecôte avec la venue du Saint-Esprit, et la première prédication de Pierre qui ouvre l’ère de l’Église aux Juifs. Je commence à lire.

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les disciples étaient tous rassemblés au même endroit (Actes 2.1).

Cette fête annuelle d’actions de grâces avait lieu 50 jours après la Pâque et célébrait la moisson de printemps et il se trouve que cette année là c’est un dimanche tout comme la résurrection de Jésus. On avait associé à la Pentecôte le souvenir du don de la Loi au Sinaï. En d’autres mots, la Nouvelle Alliance, c’est-à-dire le temps de l’Église, débute le même jour de l’année que le régime de la Loi qui est l’Ancienne Alliance de l’Éternel avec Israël. Tout comme l’Agneau de Dieu de la Pâque chrétienne est l’accomplissement littéral de l’agneau pascal de la pâque juive, la Pentecôte chrétienne est le don de l’Esprit de vie qui affranchit le croyant de la servitude de la Loi de Moïse. On ne sait pas précisément où les disciples de Christ sont rassemblés ce jour là, mais c’est sans doute dans une très grande maison de Jérusalem parce que les disciples doivent être très nombreux.

Versets 2-3

Je continue.

Tout à coup, un grand bruit survint du ciel : c’était comme si un violent coup de vent s’abattait sur eux et remplissait toute la maison où ils se trouvaient assis. Au même moment, ils virent apparaître des sortes de langues qui ressemblaient à des flammèches. Elles se séparèrent et allèrent se poser sur la tête de chacun d’eux (Actes 2.2-3).

La description de la venue du Saint-Esprit est faite au moyen de comparaisons. N’étant pas visible, il s’est manifesté de manière à devenir perceptible à la vue et à l’ouïe. Il a causé un ramdam considérable qui fait qu’il ne pouvait pas passer inaperçu. C’était quelque chose comme 100 trains de marchandises qui traversent votre salon en même temps. Ensuite, il s’est manifesté par des mèches qui semblaient allumées. La scène présente des points communs avec les manifestations divines de l’Ancien Testament. Le symbolisme est important car les mots traduits par « Esprit » et « vent » sont les mêmes en grec, la langue du Nouveau Testament.

Plusieurs fois dans l’Ancien Testament, Dieu se révèle par le biais du feu ou de flammes, ce qui représente sa sainteté et le jugement. D’ailleurs dans le livre de l’Apocalypse, le dernier du Nouveau Testament, il est question du baptême du feu qui consumera les incroyants. Mais ici, ces flammèches représentent simplement Dieu le Saint-Esprit. Lors de la Pentecôte, le Saint-Esprit a pris une forme matérielle et s’est posé sur tous les disciples rassemblés. Ce nouvel organisme composé de tous ces croyants est le début de l’Église. Il faut remarquer que le texte dit qu’ils étaient assis. Cela veut dire qu’ils ne priaient pas au moment de la venue de l’Esprit car les Juifs prient toujours debout.

Versets 4-5

Je continue.

Aussitôt, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler en d’autres langues, chacun s’exprimant comme le Saint-Esprit lui donnait de le faire. Or, à ce moment-là, des Juifs pieux, venus de toutes les nations du monde, séjournaient à Jérusalem (Actes 2.4-5).

Le verbe traduit par « remplis » décrit toujours une plénitude de l’Esprit qui est temporaire mais rend capable d’accomplir un service ou de parler de la part de Dieu. Le baptême de l’Esprit, est différent. Il a lieu une seule fois au moment où quelqu’un place sa confiance en Jésus-Christ, reçoit donc la vie éternelle et entre dans l’Église universelle. Ce jour là, les disciples furent donc à la fois remplis et baptisés du Saint-Esprit. Ils se mirent à s’exprimer en d’autres langues, c’est à dire différentes de l’araméen, leur langue maternelle ou de l’hébreu ou du grec. Il n’est pas évident que ce qu’ils disent correspond à une langue parlée car il pourrait aussi s’agir d’une manifestation extatique ce qui expliquerait la remarque des moqueurs (2.13). Le miracle et ce qui cause la surprise des auditeurs est que chacun d’eux les entend tous s’exprimer dans son dialecte particulier et avec l’accent propre à son terroir. Cet épisode semble indiquer une révocation de la malédiction de Babel quand l’Éternel a confondu les langues des hommes (Genèse 11.9).

Les auditeurs étaient des Juifs de la diaspora ou des prosélytes venus de toutes les provinces romaines, et qui étaient à Jérusalem en pèlerinage. Mais tous parlaient soit l’hébreu soit le grec en plus de leur langue maternelle et les disciples auraient bien pu leur annoncer la Bonne Nouvelle en utilisant une langue commune. Le parler de l’Esprit a donc un autre but que simplement l’annonce intelligible de la Bonne nouvelle de Jésus-Christ. L’objectif de ce prodige est avant tout de glorifier Dieu et d’attester la réalité de la venue de l’Esprit sur les disciples.

Ce parler miraculeux est mentionné deux autres fois dans le livre des Actes et toujours comme preuve d’une manifestation du Saint-Esprit. Premièrement quand l’Esprit descend sur la famille de Corneille (Actes 10:44-48). Or, dans ce récit Pierre compare cette manifestation de l’Esprit avec celle qui s’est produite le jour de la Pentecôte (Actes 10:47; 11:15). Deuxièmement, quand Paul impose les mains aux disciples de Jean-Baptiste, ceux-ci se mettent aussi à parler en d’autres langues (Actes 19.6). Dans ces deux cas, il se peut que ce soient des langues étrangères ou un parler extatique. Le texte n’est pas suffisamment précis pour qu’on puisse trancher. En tout cas, cet événement extraordinaire marqua le début de l’Église qui jusque-là avait seulement été annoncée par Jésus-Christ. L’Église devint une réalité grâce au baptême de l’Esprit. La Pentecôte, tout comme le premier Noël ou la résurrection du Christ, ne peut se répéter. Ces trois événements sont uniques dans l’histoire de l’humanité.

Versets 6-7

Je continue le texte.

En entendant ce bruit, les Juifs accoururent en foule et furent saisis de stupeur. En effet, chacun d’eux les entendait parler dans sa propre langue. Dans leur étonnement, ils n’en croyaient pas leurs oreilles et disaient : — Voyons ! Ces gens qui parlent, ne viennent-ils pas tous de Galilée ? (Actes 2.6-7).

Les pèlerins juifs entendent le vacarme causé par la venue du Saint-Esprit et qui ressemble au vrombissement d’un moteur d’avion ou à un cyclone de passage. Alors comme des badauds les voilà qui rappliquent pour aller voir ce qui se passe. Les Juifs se trouvent face à face avec une majorité de Juifs Galiléens, donc des gens sans instruction et qui d’habitude parlent avec un fort accent régional. Or, ces disciples s’adressent à eux et les pèlerins les entendent parler dans leur propre dialecte.

Versets 8-13

Je continue.

Comment se fait-il donc que nous les entendions s’exprimer chacun dans notre langue maternelle ? Nous sommes Parthes, Mèdes ou Élamites, nous habitons la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont ou la province d’Asie, la Phrygie ou la Pamphylie, l’Égypte ou le territoire de la Libye près de Cyrène, ou bien, nous vivons à Rome, nous sommes Juifs de naissance ou par conversion, nous venons de la Crète ou de l’Arabie, et pourtant chacun de nous les entend parler dans sa propre langue des choses merveilleuses que Dieu a accomplies ! Ils n’en revenaient pas. Plongés dans la plus grande perplexité, ils se demandaient entre eux : “ Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? ” Mais d’autres tournaient la chose en ridicule : “ C’est le vin doux, disaient-ils, ils ont trop bu ! ” (Actes 2.8-13).

Les disciples parlent avec enthousiasme des merveilles de Dieu et donc probablement de la rédemption du monde avec l’envoi du Sauveur et sa résurrection, jusqu’à l’effusion du Saint-Esprit. Il semble que ce parler en langues fait un triage dans la foule des badauds. Ceux qui on le coeur bien disposé à l’égard de Dieu, qui veulent le connaître, entendent leur propre langue. Les autres, les incroyants endurcis, ne comprennent rien et par conséquent, ils tournent cet événement en dérision. Le même état d’esprit qui critique ce qui ne correspond pas à des données bien cadrées est encore monnaie courante, surtout dans le pays de Descartes. En fait, si j’accepte uniquement ce que je comprends et ce qui me semble avoir une explication logique et rationnelle, déjà je suis arrogant, mais en plus, je me prive d’une bonne partie de la réalité.