Chapitre 13

Introduction

On entend souvent dire qu’il y a deux certitudes en ce bas-monde : mourir et payer des impôts. Mais je crois qu’on peut en ajouter d’autres comme par exemple : Il y aura toujours des détracteurs. En effet, quoique ce soit que quelqu’un fasse, même si on ne peut en dire que du bien et que c’est totalement désintéressé, certains aigris trouveront toujours à redire. Paul et Barnabas sont les fers de lance d’une vaste campagne annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans l’Empire romain. L’apôtre a prêché dans la synagogue et beaucoup de ses auditeurs ont accepté son message et veulent persévérer dans la foi en Jésus-Christ. Ils sont invités par les chefs de la synagogue à revenir le sabbat suivant, mais cette fois-ci, le temps se gâte et le ton change. Les Juifs purs et durs sont furieux et leur haine est l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres. Je continue à lire dans le chapitre 13 du livre des Actes.

Versets 44-46

Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour écouter la Parole du Seigneur. En voyant tant de monde, les Juifs furent remplis de jalousie et se mirent à contredire Paul et à l’injurier. Paul et Barnabas leur déclarèrent alors avec une pleine assurance : — C’est à vous en premier que la Parole de Dieu devait être annoncée. Mais puisque vous la refusez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes d’avoir part à la vie éternelle, nous nous tournons vers ceux qui ne sont pas Juifs (Actes 13.44-46).

Il faut remarquer que l’expression « Parole du Seigneur » revient souvent dans le livre des Actes (13:46,48,49; 4:29,31; 6:2; 15:35; 19:10). Pendant la semaine qui vient de s’écouler, Paul et Barnabas ne sont pas allés au bord d’un lac se faire bronzer; ils ont évangélisé tous ceux qu’ils rencontraient. Alors, le second sabbat, tous ceux qui se posent des questions existentielles viennent à la synagogue pour les écouter. Bien sûr, ça fait des jaloux et ils sont furieux au point d’insulter Jésus. Les deux apôtres parlent avec assurance, ce qui est toujours le cas des prédications des premiers disciples. Il fallait que Paul aille prêcher en priorité aux Israélites parce que le message du salut leur est destiné en priorité, comme d’ailleurs toutes les promesses faites aux patriarches. Mais rien ne peut davantage attiser la haine des Juifs que de déclarer que le Christ est aussi le Sauveur des païens. Alors, comme les premiers destinataires rejettent la Bonne Nouvelle, Paul va s’adresser aux païens ce qui est l’accomplissement d’une parole de Jésus quand il a dit aux Juifs : « Je vous déclare que le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits (Matthieu 21.43). »

Le modèle de ce qui est arrivé à Antioche de Pisidie se répétera de ville en ville.

Verset 47

Je continue.

Car le Seigneur a bien défini notre mission lorsqu’il a dit : Je t’ai établi pour que tu sois la lumière des nations, et pour que tu portes le salut jusqu’au bout du monde (Actes 13.47).

Paul cite une prophétie d’Ésaïe qui annonçait déjà l’universalité du salut. C’est Jésus qui est la lumière des nations et qui par sa mort sur la croix permet que le salut soit offert à toute l’humanité. Cependant, Paul et Barnabas interprètent leur ministère à la lumière de la venue du Christ. Ils sont les hérauts qui proclament les hauts faits du Seigneur, prolongeant ainsi par leur action ce que Dieu a fait sur terre. Telle était en fait la mission des apôtres; ils devaient annoncer et expliquer l’œuvre de Jésus-Christ.

Versets 48-49

Je continue.

Quand les non-Juifs les entendirent parler ainsi, ils furent remplis de joie, ils se mirent à louer Dieu pour sa Parole et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. La Parole du Seigneur se répandait dans toute la contrée avoisinante (Actes 13.48-49).

Les païens expriment leur joie quand ils apprennent que le Créateur ne les a pas laissés pour compte. Ils découvrent que, d’une part, la Bonne Nouvelle leur est destinée, et d’autre part, dans les écrit sacrés des Juifs, il est déjà dit que le salut serait pour tous les peuples. Cela veut dire que depuis toujours, les païens sont inclus dans le plan rédempteur de Dieu. Ici encore, les Écritures affirment la souveraineté absolue de Dieu en matière de salut. Il ne force personne mais fait en sorte qu’on veuille accepter son offre de la vie éternelle. S’il est vrai qu’on peut dire non à Dieu, il est tout aussi vrai que ceux qu’il a choisis lui diront toujours oui.

Versets 50-52

Je finis le chapitre 13.

Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de la haute société qui s’étaient attachées au judaïsme, ainsi que les notables de la ville. Ils provoquèrent ainsi une persécution contre Paul et Barnabas et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et allèrent à Iconium. Les nouveaux disciples, cependant, étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint (Actes 13.50-52).

Comme il le fait souvent, Luc mentionne ici la joie comme étant l’un des fruits de la foi de ceux qui ont accepté la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. À l’opposé, on a les Juifs, sans doute des chefs, qui au lieu d’être remplis de joie, sont fous de rage. Comme ils ont des contacts en haut lieu, ils tirent les ficelles pour déclencher une persécution contre Paul et Barnabas. Ce sont d’abord les femmes prosélytes qui sont aux cent coups, puis, de proche en proche, le mouvement contre le Seigneur se propage aux magistrats de la ville qui sont païens et qui se sentent obligés de bannir Paul est Barnabas de leur territoire. Cette haine des Juifs, qu’on retrouve partout dans le Nouveau Testament couronne la destinée tragique de ce peuple qui courre à sa ruine en rejetant le Sauveur. En quittant la ville, les missionnaires secouent la poussière de leurs pieds en signe de jugement. Ils agissent selon l’ordre que le Seigneur avait donné aux apôtres quand il leur a dit :

Si, dans une maison ou dans une ville, on ne veut pas vous recevoir, ni écouter vos paroles, quittez la maison ou la ville en secouant la poussière de vos pieds. Vraiment, je vous l’assure : au jour du jugement, les villes de Sodome et de Gomorrhe seront traitées avec moins de rigueur que les habitants de ces lieux-là. — Voici : je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes (Matthieu 10.14-16).

Les deux hommes partent donc et se rendent à Iconium (Konieh aujourd’hui) qui se trouve à 80 km au sud-est d’Antioche. Soit dit en passant pour la petite histoire, que les habitants de la ville d’Iconium étaient en majorité Phrygiens. Ce sont eux qui portaient ce fameux bonnet qui fut un symbole de la Révolution française. Ceci nous amène à reculer dans le temps et à parler des Gaulois parce qu’il va en être question dans le chapitre suivant. En effet, c’est en Galatie, l’une des régions qu’ils habitaient, que Paul et Barnabas vont maintenant se rendre.

Les Gaulois faisaient partie des Celtes, un peuple guerrier qui mit à sac la ville de Rome au 4e siècle av. J-C. Mais que faisaient-ils en Asie Mineure ? C’est sur l’invitation d’un roi de cette partie du monde qui voulait leur aide dans une guerre civile régionale qu’ils se sont retrouvés dans cette contrée qui a pris alors le nom de Galatie. Un écrivain de l’époque décrit les Gaulois comme francs, impétueux, impressionnables, très intelligents, attachés aux apparences, et extrêmement inconstants à cause de leur grande vanité. On croirait entendre une description des Français par un étranger de passage à Paris. C’est au 2 ème siècle avant J-C que la Galatie, aujourd’hui en Turquie, est devenue une province romaine.

Chapitre 14

Versets 1-4

Nous arrivons maintenant au chapitre 14 que je commence à lire.

À Iconium, Paul et Barnabas se rendirent aussi à la synagogue des Juifs et y parlèrent de telle sorte que beaucoup de Juifs et de non-Juifs devinrent croyants. Mais les Juifs qui avaient refusé de croire suscitèrent chez les non-Juifs de l’hostilité et de la malveillance à l’égard des frères. Néanmoins, Paul et Barnabas prolongèrent leur séjour dans cette ville ; ils parlaient avec assurance, car ils étaient confiants dans le Seigneur et celui-ci confirmait la vérité du message de sa grâce, en leur donnant d’accomplir des signes miraculeux et des prodiges. La population de la ville se partagea en deux camps : les uns prenaient parti pour les Juifs, les autres pour les apôtres (Actes 14.1-4).

Comme d’habitude, les deux apôtres s’adressent d’abord à ceux qui fréquentent la synagogue. Les miracles que font les apôtres sont le sceau de Dieu et la légitimation de leur message. Ce paragraphe est pratiquement un remake de l’incident précédent dans la ville d’Antioche. Beaucoup mettent leur foi en Jésus-Christ, ce qui fait des jaloux, qui déclenchent une persécution qui, cette fois encore, va finalement réussir à chasser Paul et Barnabas hors de la ville. Il est aussi intéressant de remarquer qu’ils font beaucoup de miracles et malgré tout une partie importante de la ville se dresse contre eux. Cette constatation me fait dire ou répéter que les prodiges ne font que confirmer la parole de la grâce de Dieu et la foi de ceux qui croient, mais à eux seuls, les guérisons et les miracles ne convainquent personne. Aujourd’hui, quelqu’un qui tiendrait de Dieu le pouvoir de guérir se ferait énormément d’ennemis, à commencer par tous ceux qui vivent du malheur d’autrui et de leurs maladies, et l’économie du pays s’effondrerait.

Versets 5-7

Je continue.

Les non-Juifs et les Juifs, avec leurs chefs, s’apprêtaient à maltraiter les apôtres et à les tuer à coups de pierres, mais ceux-ci, dès qu’ils en furent informés, cherchèrent refuge dans les villes de la Lycaonie : Lystre, Derbe et les environs. Là aussi, ils annoncèrent l’Évangile (Actes 14.5-7).

De nos jours, de plus en plus de gens, qui apparemment s’ennuient à mourir, recherchent des sensations fortes. Mais je ne sais pas s’ils auraient aimé être dans les sandales de Paul et Barnabas, car le moins qu’on puisse dire est que leur vie n’est pas un long fleuve tranquille. Ils ne sont jamais sûrs s’ils verront un autre jour. Leur message qui pourtant prône la réconciliation des hommes avec leur Créateur provoque des réactions terroristes : des émeutes et des guets-apens avec tentatives de meurtre. C’est quand même surprenant ! En tout cas, Paul et Barnabas sont obligés de battre en retraite, et selon l’ordre que Jésus avait donné à ses disciples (Matthieu 23), ils s’enfuient jusqu’à Lystre qui est relativement proche d’Iconium, soit à 20 km soit à 30 selon sa localisation qui est incertaine.

Versets 8-10

Je continue.

À Lystre se trouvait un homme paralysé des pieds : infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher. Il écoutait les paroles de Paul. L’apôtre fixa les yeux sur lui et, voyant qu’il avait la foi pour être sauvé, il lui commanda d’une voix forte : — Lève-toi et tiens-toi droit sur tes pieds ! D’un bond, il fut debout et se mit à marcher (Actes 14.8-10).

Lystre ne comptait pas de synagogue, alors Dieu utilise un autre moyen : la guérison d’un pauvre infirme de naissance sur une place publique, pour attirer ceux qui sont prêts à recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Suite à l’ordre de Paul, l’homme saute d’un bond et marche. C’est une guérison totale. Ce miracle est une copie carbone de la première guérison accomplie par Pierre. Il prouve bien que ces deux hommes sont autant apôtres l’un que l’autre.

Versets 11-23

Je continue.

Quand ils virent ce que Paul avait fait, les nombreux assistants crièrent dans leur langue, le lycaonien : — Les dieux ont pris forme humaine et ils sont descendus parmi nous. Ils appelaient Barnabas Zeus, et Paul Hermès parce qu’il était le porte-parole. Le prêtre du dieu Zeus, dont le temple se trouvait à l’entrée de la ville, fit amener devant les portes de la cité des taureaux ornés de guirlandes et de fleurs. Déjà il s’apprêtait, avec la foule, à les offrir en sacrifice (Actes 14.11-13).

Changement de décor ! Au lieu de persécuter les deux apôtres, la foule veut les vénérer comme des dieux et leur offrir un sacrifice. C’est déjà plus intelligent que de vouloir les assassiner. Dans la mythologie grecque, Zeus est le Dieu suprême et Hermès l’interprète de tous les dieux. Ces divinités s’appellent respectivement Jupiter et Mercure chez les Latins, et leur culte est traditionnellement associé à cette région d’Asie Mineure. Luc explique pourquoi Paul est identifié à Hermès ou Mercure, c’est parce qu’il la parole, c’est lui qui parle. Barnabas par contre, qui est probablement plus âgé que Paul et qui a un extérieur plus imposant est identifié à Jupiter ou Zeus, qui dans la mythologie est le chef des dieux.

Le poète latin Ovide du 1er siècle av. J-C s’est surtout rendu célèbre pour son chef-d’œuvre « Les Métamorphoses ». Dans le 8e livre, il y raconte une légende bien connue selon laquelle ces dieux se sont rendus dans cette région incognito. Pour ce qui est de la réalité, en 1910, Sir William Calder, un archéologue, a découvert tout près de Lystre une inscription datant de 250 av. J-C, et qui indique la dédicace d’une statue d’Hermès à Zeus.

En 1926, toujours ce même archéologue, en compagnie d’un certain Buckler, mit à jour un autel de pierre dédié à Hermès et à « Celui qui écoute les prières » (sans doute Zeus). D’accord, je donne des informations fastidieuses, mais c’est pour montrer combien Luc est un historien sérieux et que le christianisme est ancré dans l’histoire humaine et dans le contexte du 1er siècle de notre ère.

Versets 14-18

Je continue le texte.

Quand les apôtres Barnabas et Paul l’apprirent, ils déchirèrent leurs vêtements en signe de consternation et se précipitèrent au milieu de la foule en s’écriant : — Amis, que faites-vous là ? Nous ne sommes que des hommes, nous aussi, semblables à vous. Nous sommes venus vous apporter une bonne nouvelle de la part de Dieu, qui vous appelle à abandonner ces idoles inutiles pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. Dans les siècles passés, ce Dieu a laissé tous les peuples suivre leurs propres chemins. Pourtant, il n’a jamais cessé de leur donner des témoignages de sa bonté, car il vous envoie du ciel la pluie et des fruits abondants en leur saison. Oui, c’est lui qui vous donne de la nourriture en abondance et comble vos cœurs de joie. Même en leur parlant ainsi, ils eurent beaucoup de mal à dissuader la foule de leur offrir un sacrifice (Actes 14.14-18).

Ne comprenant pas la langue lyaconienne, qui nous est d’ailleurs inconnue, Paul et Barnabas ne savent pas que ces païens superstitieux trament une action idolâtre. Mais dès qu’ils saisissent la situation, en tant que Juifs ils sont horrifiés. Un tel sacrifice serait un blasphème contre l’Éternel. En déchirant leurs vêtements, ils montrent leur profonde indignation. Ils nient énergiquement être de nature divine et déclarent avoir les mêmes infirmités que leurs auditeurs. Puis, ils leur annoncent la Bonne Nouvelle en les incitant à renoncer à leurs idoles et à se tourner vers le seul Dieu vivant et vrai, qui jour après jour prend soin de ses créatures. « Le Dieu vivant » est une expression typique de Paul; Luc personnellement ne l’emploie pas.

Comme les apôtres sont devant des païens, ils ne font aucune mention de l’histoire juive, des prophètes ou de la loi de Moïse. Ils utilisent les oeuvres de Dieu, la pluie et les récoltes pour parler du Créateur, de sa toute-puissance et de sa providence. La nature est la révélation divine générale qui s’adresse à tous les hommes. D’ailleurs, c’est de cette façon que l’apôtre Paul commence son épître aux Romains. Je cite le passage :

Ce qu’on peut connaître de Dieu est clair, Dieu lui-même nous l’ayant fait connaître. Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit (Romains 1.19-20).

Versets 19-20

Je continue le chapitre 14.

Des Juifs arrivèrent d’Antioche et d’Iconium et ils parvinrent à retourner le peuple contre eux : ils lancèrent des pierres contre Paul pour le tuer, puis ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu’il était mort. Mais quand les disciples se rassemblèrent autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, il partit avec Barnabas pour Derbe (Actes 14.19-20).

Une fois de plus, voilà que rappliquent les Juifs fanatiques, les opposants invétérés de la grâce que Dieu accorde à tous. Ils s’accrochent aux privilèges qu’ils pensent avoir par le simple fait de descendre d’Abraham. Ils sont donc prêts à tout pour enrayer l’avance du message de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Comme ils trouvent les habitants de Lystre déçus de ne pas avoir pu vénérer Paul et Barnabas, ils manipulent la foule qui passe d’un extrême à l’autre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Les Juifs ont facilement pu convaincre les païens que si ces hommes ne sont pas des dieux, c’est que ce sont des imposteurs; ça coule de source, voyons ! La populace volage devient alors tout excitée et se retourne contre les apôtres. C’est la deuxième fois qu’une foule en colère veut faire la peau à l’apôtre Paul et cette fois-ci, ils réussissent et le laissent pour mort, ou à moitié mort et inconscient. Mais l’apôtre avait déjà fait des disciples de Jésus-Christ. Ils sortent de la ville à la suite des meurtriers; ils font cercle autour de lui, s’apprêtant sans doute à lui rendre les derniers devoirs, et ils sont témoins de son surprenant relèvement. De deux choses l’une : soit, Paul est mort et s’est retrouvé au paradis quelques instants avant de ressusciter ; soit, il était mourant et a eu une vision du ciel juste avant qu’il ne soit remis sur pied par un miracle. Paul a parlé de cette expérience lorsque dans l’une de ses lettres il écrit :

Je connais un homme, qui, il y a quatorze ans, a été enlevé jusqu’au troisième ciel, au paradis et qu’il a entendu des paroles qu’on ne peut pas répéter parce qu’il n’est pas permis à un homme de les dire. D’ailleurs, parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour me garder de l’orgueil, Dieu m’a imposé une épreuve qui, telle une écharde, tourmente mon corps (2Corinthiens 12.2, 4, 7).

Quoi qu’il en soit, le rétablissement de l’apôtre est miraculeux puisque le lendemain il part avec Barnabas pour un périple de 100 km à pied; rien que ça.

Dans ses épîtres, Paul affirme des vérités qui laissent rêveur, tellement elles vont à l’encontre des valeurs de notre temps. En voici une qui est de circonstance :

Mon ardent désir et mon espérance est que maintenant comme toujours, Christ soit exalté dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort, car pour moi, Christ est ma vie et la mort m’est un gain (Philippiens 1.20-21).

Pour Paul, vivre sur cette terre n’est pas une fin en soi et il ne cherche strictement rien pour lui-même. À ce qu’on peut savoir de lui, il n’a jamais été marié, ni eu d’enfants ; il respectait le sabbat certes mais n’a jamais pris de vacances ; il n’a pas cherché à devenir influent ou à se remplir les poches ; il n’a pas créé d’entreprise florissante et ne travaillait que pour subvenir à ses besoins de manière à pouvoir annoncer la personne de Jésus-Christ. Il considérait cette tâche comme un privilège sans fin, un bien suprême. C’était là sa seule, son unique ambition.

Lorsque je lis toutes les paroles que Paul a écrites et qui sont confinées dans le Nouveau Testament, je me sens devenir tout petit car je suis en face du plus grand homme, hormis Jésus-Christ, qui ait vécu ici-bas. Sa consécration au Seigneur est incomparable ; son passage sur terre, l’exemple idéal d’une vie pleinement réussie.