Chapitre 3

Introduction

Sans conteste, il possède une intelligence peu commune ; ses talents naturels sont remarquables et il a reçu la meilleure éducation possible. C’est un homme brillant sur tous les plans et un orateur charismatique exceptionnel qui sait persuader les foules en utilisant des arguments logiques et rationnels, une excellente chose quand on doit parler à des gens qui ne veulent pas vous écouter et en des lieux où on ne vous a pas invité. De plus, il sait parfaitement discerner le vrai du faux et débusquer Satan. Il parcourt toute l’Asie Mineure, la Turquie actuelle, en long en large et en travers. Il n’a peur de rien ni de quiconque bien qu’il ait subi toutes sortes de sévices de la part des Juifs, ses compatriotes qui le haïssent avec passion. Malgré son immense stature, l’apôtre Paul est un homme de petite taille, humble qui ne place aucune confiance en lui-même, car il sait qu’il doit tous ses succès à l’œuvre de Dieu dans sa vie. Aux Colossiens, il écrit :

Je travaille et je combats par la force du Christ qui agit puissamment en moi (Colossiens 1.29).

Comme Paul dépend entièrement de Dieu pour tous les aspects de son existence et de son ministère, il demande souvent à ses lecteurs de prier pour lui.

Verset 1

Je commence de lire le troisième chapitre de la deuxième épître de Paul aux Thessaloniciens.

Finalement, frères, priez pour nous afin que la Parole du Seigneur se répande rapidement et qu’elle soit honorée ailleurs comme elle l’est chez vous (2 Thessaloniciens 3.1).

L’apôtre prie fidèlement pour tous les croyants qu’il connaît, surtout ceux qui ont trouvé le Seigneur par son entremis, mais il a aussi besoin de leur intercession. Souvent en voyage, il est constamment confronté au danger, à des difficultés sans nombre et à la solitude. Il travaille pour se suffire à lui-même, bien que des dons occasionnels lui permettent de consacrer alors tout son temps au ministère. Il compte sur les prières des croyants pour lui ouvrir les portes et lui procurer l’aide divine dont il a besoin pour faire face aux multiples problèmes qui l’assaillent et accomplir ainsi la tâche que Dieu lui a confiée.

Les mots « Finalement, frères », donnent l’impression que nous arrivons à la fin de cette lettre, mais en réalité, nous avons encore un bout de chemin à parcourir. En fait, « finalement » signifie « du reste, à côté de ça ». Paul ne dit donc pas qu’il a terminé. Dans ses épîtres, il utilise plusieurs fois ce mot comme transition entre la partie doctrinale et l’application pratique. C’est le cas ici où il passe des événements de la fin des temps à la vie chrétienne de tous les jours. Littéralement, il dit : « Du reste, priez continuellement par rapport à nous », c’est-à-dire concernant nos besoins.

Le grand apôtre Paul est soumis à Dieu et dépend des frères pour accomplir son ministère. L’homme qui est le plus grand des leaders spirituels du premier siècle et de tous les temps demande humblement à de tout jeunes croyants de le porter dans la prière, ce qui montre aussi qu’il croit en son efficacité. Même ceux qui servent Dieu depuis longtemps et qui sont expérimentés ont besoin de l’intercession des autres. Dans le domaine spirituel, nul ne peut fonctionner efficacement seul bien longtemps.

La première requête de l’apôtre est que son message qu’il identifie comme étant « la Parole du Seigneur » se répande rapidement et que le Seigneur soit glorifié. Il désire que tel un coursier rapide, la révélation divine  conquiert de nouveaux territoires, c’est-à-dire, atteigne un maximum de personnes, à Corinthe où Paul se trouve, mais aussi partout ailleurs. À la fin de son épître aux Colossiens, Paul demande à ses lecteurs :

Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile, pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois en parler (Éphésiens 6.19-20 ; comparez Colossiens 4.3-4).

Paul a plusieurs cordes à son arc : il est évangéliste, missionnaire, pasteur et prédicateur. L’évangéliste est comparable à l’obstétricien qui s’assure que la venue de l’enfant au monde se passe sans anicroche. Ensuite, c’est le pédiatre qui prend le relais et qui s’occupe des problèmes de la petite enfance : l’alimentation, les vaccins et les maladies infantiles.

Pareillement, le pasteur doit aider ses brebis à porter leurs fardeaux, mais aussi à supporter jour après jour ceux qui ont un tempérament acariâtre et qui sont immatures ; il ne peut pas se comporter comme si ces gens difficiles n’existaient pas et sa tâche est souvent ingrate. Un prédicateur itinérant, par contre, a une mission plus facile. Il vient seulement pendant quelques jours et bénéficie du phénomène de nouveauté. Puis avant qu’on se lasse de lui, il a disparu. Mais le pasteur est toujours là et les problèmes aussi.

Paul a amené les Thessaloniciens au Seigneur Jésus, il les a enseignés et est devenu leur pasteur. Maintenant, il les conseille, il les exhorte, les réconforte et bien sûr il prie pour eux. En retour, il désire que ses frères en Christ le portent dans la prière. L’œuvre de Dieu est un travail d’équipe où les francs-tireurs n’ont pas leur place. Dans la foulée, l’apôtre demande aussi que la Parole du Seigneur soit glorifiée, c’est-à-dire honorée ; il désire que ceux qui l’entendent reconnaissent son origine divine.

C’est bien ce qui s’est passé à Thessalonique quand l’équipe apostolique annonce la Bonne Nouvelle. En effet, des Juifs et des païens acceptent leur message comme venant du Dieu unique, le Créateur du ciel et de la terre. Ce n’est que plus tard que la situation s’envenime, quand des Juifs incrédules et jaloux soulèvent la foule et déclenchent une persécution contre Paul, Timothée et Sylvain qui doivent s’enfuir en toute hâte.

Verset 2

Je continue le texte.

Priez aussi pour que nous soyons délivrés des hommes insensés et méchants. Car tous n’ont pas la foi (2 Thessaloniciens 3.2).

En second lieu, Paul demande à ses amis de prier pour qu’il ne tombe pas dans les griffes des hommes iniques, car il est fréquemment confronté à cette race de chacals. Comme je l’ai dit il s’agit le plus souvent de Juifs religieux mais incroyants, mais il y a aussi les faux prophètes qui propagent des erreurs doctrinales dans les églises, et ceux qui jaloux du succès de l’apôtre, répandent des ragots afin de lui nuire. Mais les plus dangereux sont certainement les faux frères qui sont membres de l’église et occupent les chaises. Le livre des Actes rapporte qu’aux responsables de l’église d’Éphèse, Paul a dit :

Je le sais : quand je ne serai plus là, des loups féroces se glisseront parmi vous, et ils seront sans pitié pour le troupeau. De vos propres rangs surgiront des hommes qui emploieront un langage mensonger pour se faire des disciples (Actes 20.29-30).

Et dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit :

Ces adversaires du Christ sont sortis de chez nous mais, en réalité, ils n’étaient pas des nôtres (1 Jean 2.19).

La Parole de Dieu tombe fréquemment dans de la mauvaise terre, c’est-à-dire dans les oreilles des sourds, des gens qui ne veulent pas écouter et qui ferment leur cœur à Jésus-Christ. Ce sont eux dont Paul dit qu’ils « n’ont pas la foi ». Non seulement ils refusent de croire, mais souvent ils deviennent hostiles à la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Annoncer que la vie éternelle s’obtient en faisant simplement confiance à Jésus suscite souvent des réactions agressives. Par contre, si on dit aux gens qu’ils seront sauvés à condition qu’ils parcourent un kilomètre à plat ventre une fois par semaine, il n’y a pas de problème ; c’est très curieux.

Verset 3

Je continue le texte.

Mais le Seigneur, lui, est fidèle : il vous rendra forts et vous gardera du diable (2 Thessaloniciens 3.3).

Dieu est fidèle, c’est à dire qu’on peut compter sur son appui et bénéficier de son aide pour faire face aux situations les plus dramatiques ou inextricables. Ça ne veut pas dire qu’on va chaque fois s’en sortir sans y laisser des plumes, mais on peut être sûr que dans son infinie sagesse, Dieu a tout prévu et que ce qui arrive est sa volonté. En effet, dans son épître aux Romains, Paul écrit :

Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin (Romains 8.28).

Et dans sa première épître aux Corinthiens, il dit :

Les épreuves qui vous ont assaillis sont communes à tous les hommes. D’ailleurs, Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez testés au-delà de vos forces. Au moment de l’épreuve, il préparera le moyen d’en sortir pour que vous puissiez y résister (1 Corinthiens 10.13).

En grec, le même mot traduit épreuve, test ou tentation. Le croyant n’est jamais abandonné à son triste sort, car Dieu est toujours à ses côtés, et il le protège aussi des traquenards du diable. Satan se manifeste sous la forme de tentations, bien sûr, puisque c’est de cette manière qu’il a réussi à tromper nos premiers parents. Mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le diable est aussi un être malfaisant particulièrement violent.

Dans l’histoire du patriarche Job, qui est racontée dans l’Ancien Testament, on lit qu’il a détruit et tué tout ce que ce pauvre Job possédait, ses enfants, ses troupeaux et la quasi-totalité de ses serviteurs. Son objectif était d’inciter Job à maudire l’Éternel, sans succès d’ailleurs. Mais au lieu d’abandonner son projet, il va demander la permission à Dieu d’affliger le malheureux d’une maladie extrêmement douloureuse. Là encore, il a échoué. C’est un cas extrême et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas à la grande majorité des croyants de passer par une telle épreuve parce qu’ils seraient éprouvés au-delà de leurs forces.

Verset 4

Je continue le texte.

Voici l’assurance que nous avons à cause du Seigneur à votre sujet : vous faites ce que nous vous recommandons et vous continuerez à le faire (2 Thessaloniciens 3.4).

Si tout le monde ne connaît pas les X Commandements, la plupart des gens en ont au moins entendu parler, ne serait-ce qu’au travers des films qui racontent la sortie d’Égypte des Hébreux. En réalité, l’Ancien Testament compte plusieurs centaines de commandements, et bien que nous ne soyons plus sous le régime de la loi de Moïse, le Nouveau Testament est beaucoup plus exigeant que l’Ancien ; il n’y a qu’à lire le Sermon sur la Montagne pour en être convaincu. Or, Jésus a dit à ses disciples :

Si vous m’aimez, vous suivrez mes enseignements (Jean 14.15).

Et juste avant de retourner dans les cieux, il a ordonné à ses fidèles :

Allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit (Matthieu 28.19-20 ; RSM).

L’apôtre Paul aussi est particulièrement exigeant dans ses épîtres. Il possède l’autorité divine d’ordonner aux croyants de tous les temps d’adopter un comportement digne de leur appel par Dieu. Les Thessaloniciens lui ont obéi, ce qui prouve que leur foi est réelle, authentique, et qu’ils continueront à se soumettre à la Parole de Dieu.

Verset 5

Je continue le texte.

Que le Seigneur dirige votre cœur vers l’amour de Dieu, et vers l’endurance que donne le Christ (2 Thessaloniciens 3.5).

Parce que Dieu est fidèle envers ceux qui lui font confiance et parce que les Thessaloniciens obéissent aux commandements de la Parole de Dieu, Paul leur fait deux requêtes. Premièrement, que les obstacles soient ôtés de leur route. En effet, le verbe « dirige » signifie « rendre droit, niveler, aplanir ». Une fois la route dégagée, ces croyants pourront être plus conscients de l’amour de Dieu pour eux, et en retour, aimer Dieu davantage. La forme grammaticale de la phrase exprime l’une ou l’autre de ces idées ou les deux à la fois. Paul demande donc aux Thessaloniciens de baigner plus profondément dans l’amour de Dieu. L’amour étant un fruit produit par le Saint-Esprit, lui seul peut le communiquer au croyant et le vivre à travers lui. Dans son épître aux Romains, Paul écrit :

L’espérance (chrétienne) ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Romains 5.5).

L’apôtre désire aussi que Dieu ôte tout obstacle afin que les Thessaloniciens aient davantage de patience à endurer les épreuves, en particulier les persécutions qu’ils subissent.

Verset 6

Je continue le texte.

Nous vous recommandons, frères, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous tenir à l’écart de tout frère qui mène une vie déréglée et contraire à l’enseignement que nous lui avons transmis (2 Thessaloniciens 3.6).

Le mot « déréglé » est une métaphore militaire qui signifie « décalé, sorti des rangs » ; il désigne aussi les apprentis qui font l’école buissonnière. Plus loin, l’apôtre décrit ceux qui ont une vie déréglée comme ne travaillant pas et se mêlant des affaires des autres (2 Thessaloniciens 3.11). Ici donc, Paul interpelle ces personnes, mais il ne donne pas la raison pour laquelle elles sont oisives parce qu’il l’a déjà fait quand il était à Thessalonique (2 Thessaloniciens 3.10) et à nouveau dans sa première épître (1 Thessaloniciens 4.11-12 ; 5.14). Mais comme de toute évidence, ses exhortations sont restées lettres mortes, l’apôtre quitte les gants et cette fois-ci, il est direct et brusque. En effet, le verbe « nous recommandons » n’est pas une suggestion mais un ordre et il occupe la place centrale dans la phrase. De plus, et pour donner davantage de poids à ses paroles, Paul souligne que ce qu’il ordonne ne vient pas de lui ni de Timothée ou de Sylvain, mais du Seigneur. L’autorité de Paul est celle du Christ car les apôtres sont ses ambassadeurs accrédités. En conséquence, l’ordre de Paul doit être obéi par tous, immédiatement et sans discussion.

Afin de bien marquer dans les esprits que refuser de travailler est une faute grave, Paul ordonne à l’église de bannir de telles personnes ; il veut que les membres de l’assemblée les évitent et n’entretiennent plus aucune relation avec elles. Bref, elles doivent être traitées comme des brebis galeuses en quelque sorte. Selon l’enseignement de Jésus, la requête de l’apôtre correspond à la troisième étape d’une action disciplinaire contre quelqu’un qui se dit croyant et qui vit dans le péché. Matthieu rapporte que Jésus a enseigné :

Si ton frère a péché, va le trouver, et convaincs-le de sa faute : mais que cela se passe en tête-à-tête. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, reviens le voir en prenant avec toi une ou deux autres personnes, pour que tout ce qui sera dit soit appuyé sur les déclarations de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église. S’il refuse aussi d’écouter l’Église, mets-le sur le même plan que les païens et les péagers rapaces (Matthieu 18.15-17 ; Autre).

Ce fautif a rejeté tour à tour une visite individuelle, plusieurs personnes, puis l’autorité de l’église. C’est à ce dernier niveau que se trouvent les oisifs de Thessalonique qui ne veulent rien faire de leurs dix doigts.

Versets 7-9

Je continue le texte.

Vous savez bien vous-mêmes ce qu’il faut faire pour suivre notre exemple : nous n’avons pas eu une vie déréglée au milieu de vous. Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne. Mais, de nuit comme de jour, nous avons travaillé, dans la fatigue et la peine, pour n’être à charge à aucun d’entre vous. Pourtant, nous en aurions eu le droit, mais nous avons voulu vous laisser un exemple à imiter (2 Thessaloniciens 3.7-9).

Le mot traduit par « exemple » a donné « mimique » en français. Donner l’exemple est l’argument le plus convaincant qui soit. Ce passage est comme un tableau dont le cadre est l’exemple de Paul puisqu’il commence par : « Vous savez bien vous-mêmes ce qu’il faut faire pour suivre notre exemple », et se termine par : « nous avons voulu vous laisser un exemple à imiter ».

Paul est, pourrait-on dire, l’archétype du croyant modèle, le point de référence et l’étalon mesure de la vie chrétienne. C’est le type même de l’honnêteté, de l’intégrité, de la douceur, de l’humilité, de la consécration, de la sainteté et de la conduite à adopter face aux souffrances dues aux persécutions à cause de Jésus (1Thessaloniciens 2.2-10). Ici et là dans ses épîtres, il avoue être parfois anxieux et impatient, mais à part ces traits-là, Paul est une réplique quasi parfaite du Christ. D’ailleurs, aux Corinthiens, il dit :

Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ (1 Corinthiens 11.1 ; SER).

L’apôtre est digne d’être imité parce qu’il montre par sa vie comment le croyant doit se conduire. Quand il écrit aux Thessaloniciens : « Vous savez bien vous-mêmes », Paul veut rafraîchir leur mémoire en leur rappelant qu’ils ont vu les trois hommes de l’équipe apostolique à l’œuvre et qu’aucun d’entre eux ne menait une vie déréglée. Au contraire, ils étaient disciplinés et travaillaient dur jour et nuit afin de ne pas être à la charge de quiconque. L’apôtre leur a déjà dit cela dans la première épître. Je rappelle le passage :

Vous vous souvenez, frères, de nos travaux et de toute la peine que nous avons prise. Tout en travaillant de nos mains jour et nuit pour n’être à charge à aucun de vous, nous vous avons annoncé la Bonne Nouvelle qui vient de Dieu. Vous en êtes témoins, et Dieu aussi : nous nous sommes comportés, envers vous qui croyez, d’une manière pure, juste et irréprochable (1 Thessaloniciens 2.9-10).

Paul est irréprochable. Vous en connaissez beaucoup vous, des gens qui sont du gabarit de l’apôtre ? Il a regardé les responsables de l’église d’Éphèse droit dans les yeux et leur a dit :

J’ai servi le Seigneur en toute humilité, avec des larmes, au milieu d’épreuves suscitées par les complots des Juifs. Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. Regardez mes mains : ce sont elles, vous le savez bien, qui ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. Je vous ai montré partout et toujours qu’il faut travailler ainsi pour aider les pauvres (Actes 20.19, 33-35).

Paul avait pourtant le droit d’être soutenu dans son travail missionnaire (Galates 6.6 ; 1 Corinthiens 9.11-14). D’ailleurs, il a reçu au moins deux fois une somme d’argent de l’église de Philippes et quand il est à Corinthe, d’autres églises lui font parvenir des dons. Mais hormis ce soutien financier épisodique, Paul travaille ; il fabrique des tentes (Actes 18.3) qu’il vend afin de subvenir à ses besoins.

Au cours de ses voyages missionnaires, Paul et ses compagnons vont de ville en ville où personne ne les connaît et où nul n’est croyant. Ils ne réservent pas de chambre dans l’auberge du coin mais s’attendent à Dieu. Parfois, le Seigneur met rapidement sur leur route quelqu’un qui accepte la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu et qui les héberge (Actes 16.14-15), mais la plupart du temps, ils doivent se débrouiller.

L’attitude de l’apôtre Paul vis-à-vis de l’argent est exemplaire : il en faut pour vivre bien sûr, et l’ouvrier mérite son salaire (Luc 10.7 ; 1 Timothée 5.18), mais le souci de Paul ce sont les pauvres. Lors de son troisième voyage missionnaire, il a personnellement levé des fonds en faveur des croyants démunis de Jérusalem.

Aujourd’hui, l’hyper-libéralisme économique et le capitalisme sauvage donnent aux forts le droit d’écraser les faibles. C’est scandaleux, mais Jésus a dit :

Il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité (Matthieu 18.7 ; 13.41 ; LSG).