Chapitre 4

Introduction

Il m’est souvent arrivé de penser que si quelqu’un avait le pouvoir de faire des miracles au nom de l’Éternel, beaucoup de gens croiraient en lui et aux Écritures. Mais ce n’est pas là sa façon d’agir. Dans les Textes Sacrés, on constate que Dieu ne se manifeste par des prodiges que dans certaines situations exceptionnelles. Il y a d’abord eu Moïse et l’exode des Hébreux qui furent délivrés de l’esclavage égyptien. Puis, la seconde grande période de miracles fut celle des prophètes Élie et Élisée qui exercèrent leur ministère dans le royaume d’Israël-Nord alors en pleine apostasie religieuse. Leur pouvoir d’accomplir des prodiges avait valeur de signe ayant pour but de prouver au peuple d’Israël que c’est l’Éternel le vrai Dieu et non pas Baal, Astarté ou une autre divinité.

Versets 38-41

Je continue à lire dans le chapitre 4 du second livre des Rois en compressant.

Élisée retourna à Guilgal. Or, la famine sévissait. Un jour, ses disciples étaient assis devant lui. Il s’interrompit et dit à son serviteur : — Mets la grande marmite sur le feu et prépare une soupe pour les disciples ! Alors un membre du groupe sortit dans la campagne pour ramasser des légumes. À son retour, il les coupa en morceaux et en remplit la marmite pour la soupe. On servit la soupe aux hommes, mais dès qu’ils l’eurent goûtée, ils s’écrièrent : — Cette soupe est du poison, homme de Dieu ! Et ils ne purent la manger. Mais Élisée ordonna : — Apportez-moi de la farine ! Il en versa dans la marmite et dit : — Que l’on serve ces gens et qu’ils mangent ! La soupe qui était dans la marmite ne contenait plus rien de mauvais (2Rois 4.38-41).

Les famines font partie des malédictions prévues par la Loi en cas d’abandon par le peuple de Dieu de l’alliance avec l’Éternel. Tout le monde en souffre, même les Juifs pieux. Élisée enseigne dans une école de prophètes. Ils sont dans une vaste salle qui sert de réfectoire et pour les réunions. La plante non comestible est probablement une coloquinte ou concombre sauvage. Ce légume est si amer qu’on la surnommé « le fiel de la terre ». La farine n’a aucun pouvoir mais elle symbolise la puissance adoucissante qui doit assainir le suc de la coloquinte.

Verset 42

Je continue.

À cette époque, un homme vint de Baal-Chalicha. Il apporta des vivres à l’homme de Dieu : vingt pains d’orge et de blé nouveau dans son sac, comme premiers produits de la nouvelle récolte. Élisée dit à son serviteur : — Partage ces vivres entre tout le monde et qu’ils mangent (2Rois 4.42).

La Loi stipulait de présenter au Temple les prémices de la nouvelle récolte et de les donner aux prêtres et aux lévites (Nombres 18:13; Deutéronome18:4). En raison du caractère illégitime et idolâtre du culte dans le royaume du Nord, cet homme pieux les apporte à Élisée et à ses disciples qu’il considère comme les vrais serviteurs de Dieu.

Versets 43-44

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 4.

Celui-ci répondit : — Comment pourrais-je nourrir cent personnes avec cela ? Mais Élisée dit : — L’Éternel déclare : “ Chacun mangera à sa faim, et il y aura même des restes. ” Le serviteur distribua les pains à tout le monde, ils mangèrent, et il y eut effectivement des restes, comme l’Éternel l’avait annoncé (2Rois 4.43-44).

Cette école de prophètes compte au moins 100 étudiants ce qui est considérable, surtout quand on sait qu’il y en a encore au moins deux autres en Israël-Nord. Le pays jouissait de la liberté de culte. Le roi et ses mignons sont idolâtres mais le peuple est libre d’adorer l’Éternel.

L’action d’Élisée fait penser aux deux miracles de la multiplication des pains qu’accomplît Jésus. Tous les prodiges réalisés par Élisée ont pour but de disqualifier l’idole Baal et de prouver que c’est l’Éternel seul qui est Dieu.

Chapitre 5

Verset 1

Nous voici arrivés au chapitre 5 qui relate probablement l’épisode le plus intéressant de la vie d’Élisée. On découvre que le prophète a un bon sens de l’humour, tout comme Élie, son prédécesseur. Ce passage ne manque pas de faire sourire même si le sujet concerne un homme malade et dans une situation sans issue. Je commence à lire.

Naaman, le général en chef de l’armée du roi de Syrie, était un homme que son maître, le roi de Syrie, tenait en haute estime et auquel il accordait toute sa faveur, car, par lui, l’Éternel avait accordé la victoire aux Syriens. Hélas, ce valeureux guerrier était lépreux (2Rois 5.1).

Le texte ne précise pas quand cet incident a eu lieu, ni de quel adversaire ou de quel exploit il s’agit. Mais il semble qu’à cette époque, Israël est vassal de la Syrie. Les noms des rois ne sont pas mentionnés mais il pourrait s’agir de Yoram et de Ben-Haddad. L’auteur du livre des Rois attribue la victoire de la Syrie à l’Éternel parce que dans sa souveraineté, c’est lui qui décide les destinées de toutes les nations, et pas seulement d’Israël. Dans les Écritures, le diagnostique de lèpre correspond à tout un ensemble d’affections de la peau et pas seulement la maladie de Hansen proprement dite et qui est ce que nous appelons la lèpre. Quoi qu’il en soit, la lèpre qui afflige Naaman est localisée à une partie du corps donc encore à son stade initial, mais comme c’est une maladie évolutive, le pronostic n’est pas bon.

Verset 2

Je continue.

Or, au cours d’une incursion dans le territoire d’Israël, des troupes de pillards syriens avaient enlevé une petite fille. À présent, elle était au service de la femme de Naaman (2Rois 5.2).

L’absence de guerre entre Israël et la Syrie n’empêche pas des troupes de pillards d’effectuer des razzias dans les régions frontalières. Et c’est ainsi que cette petite fille avait récemment été achetée par la femme de Naaman pour être à son service dans les tâches ménagères.

Verset 3

Je continue.

Un jour, elle dit à sa maîtresse : — Si seulement mon maître pouvait aller auprès du prophète qui habite à Samarie ! Cet homme le guérirait de sa lèpre (2Rois 5.3).

Ce passage suggère que la petite esclave est plutôt bien traitée, parce que non seulement elle se soucie du bien-être de son maître, mais sa suggestion va être écoutée. Cette petite fille qui est en terre étrangère n’a pas oublié le prophète Élisée que le roi d’Israël ignore alors qu’il est à sa porte. Elle avait sans doute entendu parler de ses miracles et dans sa foi d’enfant, elle pense qu’il suffit que Naaman aille voir l’homme de Dieu pour être guéri. Le verbe utilisé pour « guérir » veut dire « purifier ». Il est employé trois fois dans cette histoire et nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament.

Versets 4-6

Je continue.

Naaman répéta au roi les propos de la jeune fille du pays d’Israël. Alors le roi de Syrie lui dit : — C’est bien ! Rends-toi là-bas. Je vais te donner une lettre pour le roi d’Israël. Ainsi Naaman se mit en route, emportant trois cent cinquante kilos d’argent, soixante-dix kilos d’or et dix vêtements de rechange. Arrivé à Samarie, il remit au roi d’Israël la lettre dans laquelle il était dit : “ Tu recevras ce message par l’intermédiaire de mon général Naaman que je t’envoie pour que tu le guérisses de sa lèpre ” (2Rois 5.4-6).

Le roi de Syrie sait que tôt ou tard il perdra son meilleur officier à cause de sa maladie incurable, alors il se dit qu’il faut tout essayer. Il envoie donc Naaman, chargé de cadeaux dignes d’un pharaon auprès du roi d’Israël. Sa lettre de recommandation montre qu’ils croient que le roi d’Israël a le pouvoir d’ordonner à Élisée de guérir son général. Il juge le prophète d’Israël de la même manière que ses propres prêtres qui lui sont entièrement soumis.

Verset 7

Je continue.

Quand le roi d’Israël eut pris connaissance du contenu de cette lettre, il déchira ses vêtements et s’écria : — Est-ce que je suis Dieu, moi ? Est-ce que je suis le maître de la vie et de la mort pour que cet homme me demande de guérir quelqu’un de sa lèpre ? Reconnaissez donc et voyez qu’il me cherche querelle (2Rois 5.7).

En lisant cette lettre, le roi d’Israël, pessimiste de nature (comparez 2 Rois 3.10) et qui s’emporte facilement, est sidéré et en tombe à la renverse, enfin presque. Il déchire ses vêtements en signe de deuil. Il croit que par cette demande impossible à satisfaire, le roi de Syrie lui cherche des poux, un prétexte pour lui faire la guerre.

Verset 8

Je continue.

Lorsque Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : — Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne donc me voir et il saura qu’il y a un prophète en Israël. Naaman vint donc avec ses chevaux et son char, et attendit devant la porte de la maison d’Élisée (2Rois 5.8).

Élisée sait tout ce qui se passe en Israël parce que les disciples des prophètes ou Dieu le lui révèlent. Il envoie donc un message au roi d’Israël et invite Naaman à venir le voir pour se faire guérir afin que tous sachent qu’il se trouve un véritable prophète de l’Éternel en Israël. En deux temps, trois mouvements, le général et tous ses serviteurs, avec armes et bagages, or, argent, et vêtements, sont sur le pas-de-porte du prophète.

Verset 10

Je continue.

Élisée lui fit dire par un envoyé : — Va te laver sept fois dans le Jourdain et tu seras complètement purifié (2Rois 5.10).

Toutes les religions orientales pratiquent des bains rituels de purification. Le chiffre sept est symbolique ; c’est le nombre juste, nécessaire et suffisant pour opérer la guérison. Cela dit, il est évident que l’eau du Jourdain n’a aucune propriété miraculeuse ; c’est la foi et l’obéissance qui font que l’Éternel agit. Élisée ne se déplace pas mais envoie son serviteur pour donner la prescription de la guérison. Le comportement du prophète a pour but d’amener Naaman à connaître l’Éternel ce qui est bien plus important que d’être guéri. Il faut donc que ce général arrogant s’humilie et reconnaisse la vanité de son statut social. Voilà pourquoi Élisée, d’une part, évite toute forme obséquieuse et le traite comme un simple homme, et d’autre part, prescrit à Naaman un bain tout simple pour être guéri, mais dans le Jourdain, le fleuve national israélite.

Versets 11-12

Je continue.

Naaman se mit en colère et il s’en alla en disant : — Je pensais que cet homme viendrait en personne vers moi, qu’il se tiendrait là pour invoquer l’Éternel, son Dieu, puis qu’il passerait sa main sur la partie malade et me guérirait de ma lèpre. Les fleuves de Damas, l’Amana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que tous les cours d’eau d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié. Il fit donc demi-tour et partit furieux (2Rois 5.11-12).

Naaman est froissé dans son orgueil de grand seigneur par le manque d’égards du prophète car il n’a pas déroulé le tapis rouge devant lui. Il s’était fait un film dans sa tête; il voyait le prophète venir à sa rencontre dans de beaux habits d’apparat, qu’il y aurait une cérémonie en grande pompe, digne de son rang. Mais au lieu de tout cela, en ne daignant même pas se déplacer lui-même, Élisée rabat le caquet de Naaman. En plus, il est blessé dans son orgueil national car sa patrie est outragée par cet hommage rendu au fleuve étranger qu’il considère inférieur à ceux de son pays qui effectivement ont des eaux très pures. Le Jourdain sort limpide du lac de Galilée mais il se trouble très rapidement à cause de son lit boueux.

Versets 13-14

Je continue.

Mais ses serviteurs s’approchèrent de lui pour lui dire : — Maître, si ce prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, ne le ferais-tu pas ? À plus forte raison devrais-tu faire ce qu’il t’a dit, s’il ne te demande que de te laver dans l’eau, pour être purifié. Alors Naaman descendit dans le Jourdain et s’y trempa sept fois, comme l’homme de Dieu le lui avait ordonné, et sa chair redevint nette comme celle d’un jeune enfant : il était complètement purifié (2Rois 5.13-14).

Les serviteurs de Naaman ont parfaitement bien rempli leur rôle. Ils ont évalué la situation en toute objectivité et ont donné le bon conseil à leur maître. Se sentant tout penaud, Naaman a obtempéré. Il s’est trempé une fois, deux fois, trois fois et a dû se dire : « Tout ça est absurde, car rien n’a changé ». Ses serviteurs sur la berge l’encouragent à aller jusqu’au bout. La prescription est de se tremper 7 fois dans le Jourdain, pas 5 ou 6.  L’Éternel demande une entière soumission et il n’accepte pas les demi-mesures. Naaman a dû s’humilier en obéissant au prophète de l’Éternel; c’est à ce prix qu’il a été purifié de sa lèpre. Il a dû apprendre que la guérison provient d’une cause supérieure à la nature, et qui agit en vertu de la parole de l’homme de Dieu. L’orgueil, comme chacun sait, fait partie des 7 péchés capitaux. Il est aussi en tête d’une liste de comportements que Dieu a en horreur. Je cite deux passages :

Il y a six choses que l’Éternel déteste, et même sept qui lui sont en horreur : les yeux qui regardent les autres de haut, la langue qui répand des mensonges, les mains qui font couler le sang des innocents, etc. L’orgueil précède le désastre, et un esprit arrogant précède la chute (Proverbes 6.16-17; 16.18).

L’orgueil et l’arrogance s’opposent toujours à Dieu ; c’est une collision frontale. C’est d’ailleurs la faute qui a provoqué la chute de Lucifer quand il est devenu Satan, le diable. Je résume les passages de l’Ancien Testament, tirés des livres des prophètes, qui expliquent ce qui a eu lieu dans l’éternité passée :

Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; Tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses et d’or. Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; Je t’avais placé sur la sainte montagne de Dieu ; Tu te promenais au milieu des pierres ardentes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’injustice a été trouvée chez toi. Tu as dit en ton cœur : “ Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône bien au-dessus des étoiles divines. Je siégerai en roi sur la montagne de l’assemblée des dieux, aux confins du septentrion. Je monterai au sommet des nuages, je serai semblable au Très-Haut. ” Mais te voilà précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de l’abîme ! (Ézéchiel 28.13-15 ; Ésaïe 14.13-15).

Ces extraits expliquent l’origine du mal mais sans pour autant répondre à toutes nos questions, j’en conviens.

Versets 15-16

Je continue le texte.

Naaman retourna vers l’homme de Dieu avec toute son escorte. Lorsqu’il fut arrivé, il se présenta à lui en disant : — Voici : je reconnais qu’il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que celui d’Israël. Maintenant, accepte, je te prie, un cadeau de la part de ton serviteur. Élisée répondit : — Aussi vrai que l’Éternel que je sers est vivant, je n’accepterai rien. Naaman insista, mais Élisée persista dans son refus (2Rois 5.15-16).

Naaman a été fortement secoué par ce qui vient de lui arriver ; il semble également guéri de son orgueil. Alors, soumis, il reconnaît que l’Éternel est le seul vrai Dieu. L’ironie de la situation est que c’est un étranger païen qui confirme le message des prophètes, tandis qu’Israël, le peuple de Dieu a sombré dans l’idolâtrie. Alors que les faux prophètes sont à vendre, Élisée est intègre ; son vêtement en poil de chameau sur le dos lui suffit. Il est un exemple pour tous les rapaces religieux, politiques et autres qui nous environnent. Si Élisée avait accepté les dons de Naaman, il aurait été rabaissé au niveau de la sorcellerie païenne.

Verset 17

Je continue.

Alors Naaman dit : — Puisque tu refuses tout cadeau, permets-moi du moins d’emporter un peu de terre de ton pays, juste autant que deux mulets peuvent en porter, car dorénavant ton serviteur ne veut plus offrir ni holocauste ni sacrifice de communion à d’autre dieu qu’à l’Éternel (2Rois 5.17).

Selon la croyance de l’époque, un dieu ne peut être adoré que sur le sol du pays auquel il est lié. Comme Naaman a résolu de n’adorer que l’Éternel, il veut emporter de la terre d’Israël pour constituer un lieu de culte pour le Dieu d’Israël. Certes, la théologie de Naaman est à revoir mais il a quand même une foi véritable.

Versets 18-19

Je continue.

Seulement, que l’Éternel veuille me pardonner la chose suivante : quand mon souverain se rend dans le temple du dieu Rimmôn pour s’y prosterner, je dois me prosterner en même temps que lui car il s’appuie sur mon bras. Que l’Éternel pardonne donc ce geste à ton serviteur. Élisée lui dit : — Va en paix ! Et Naaman le quitta (2Rois 5.18-19).

Rimmôn est le dieu du tonnerre et de la pluie des Syriens. Élisée ne résout pas le problème de conscience qui se pose à Naaman, mais par sa parole, il l’assure de la mansuétude de l’Éternel à son égard. Naaman a seulement fait son premier pas dans la vie nouvelle que lui ouvre la connaissance de l’Éternel. Il ne se sent pas encore la force de confesser la vanité de l’idolâtrie et de sacrifier sa position en professant sa foi au seul vrai Dieu. Moi je trouve extraordinaire l’immense tolérance de Dieu envers nous.

Versets 20-27

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 5 en compressant la suite de cette l’histoire qui devient déplorable, pathétique et tragique.

Guéhazi, le serviteur d’Élisée, se mit à courir après Naaman et lui dit : — Mon maître m’envoie te dire : “ À l’instant, deux jeunes disciples des prophètes viennent d’arriver chez moi. Peux-tu me donner pour eux trente-cinq kilos d’argent, je te prie, et deux vêtements de rechange ? ” Naaman lui dit : — Fais-moi le plaisir d’accepter soixante-dix kilos d’argent ! Il lui remit aussi deux vêtements d’apparat. Quand il fut arrivé à la colline située près de l’entrée de la ville, Guéhazi déposa les objets chez lui, puis alla se présenter à son maître. Élisée lui demanda : — D’où viens-tu, Guéhazi ? Il répondit : — Ton serviteur n’est allé nulle part. Mais Élisée lui dit : — Penses-tu que c’est le moment de prendre de l’argent et d’acquérir des vêtements, puis des oliviers, des vignes, des brebis et des bœufs, des serviteurs et des servantes ? Puisque tu as fait cela, la lèpre de Naaman s’attachera à toi et à tes descendants pour toujours. Alors Guéhazi quitta Élisée, atteint d’une lèpre blanche comme la neige (2Rois 5.20-27).

Par cupidité, Guéhazi a trahi l’intégrité de son maître, diminué la réputation des prophètes de l’Éternel et donné un soufflet à Dieu. Il s’est mis à plat ventre devant le veau d’or; il a vendu son âme pour du fric et quelques fripes. Élisée lui rappelle que devant l’idolâtrie qui règne en Israël, la priorité n’est pas à la prospérité matérielle, mais à révéler que l’Éternel est le seul vrai Dieu. C’est le message qu’avait reçu Naaman qui de païen idolâtre est devenu un adorateur du Seigneur du ciel et de la terre. Mais par convoitise et un acte cupide, Guéhazi a entaché la pureté du message du prophète de l’Éternel. Les richesses sont une source de malédictions et peu de gens échappent à leur emprise. L’apôtre Paul écrit :

l’amour de l’argent est racine de toutes sortes de maux ”. Pour s’y être abandonnés, certains se sont égarés très loin de la foi, et se sont infligé beaucoup de tourments (1Timothée 6.10).

Pour le restant de ses jours, Guéhazi sera dans sa chair le porteur du message que la convoitise est la lèpre de l’âme.