Chapitre 3

Introduction

On a coutume de dire : « Tel père, tel fils » ! Certes, cette maxime ne se vérifie pas toujours. Néanmoins en ce qui concerne les dynasties royales, le nouveau roi garde souvent le même cap que ses ancêtres, honneur de la famille oblige. C’est en tout cas ce qui se passe avec les rois d’Israël-Nord qu’ils soient de dynasties différentes ou de la même.

Versets 1-3

Je commence à lire le chapitre 3 du second livre des Rois qui continue l’histoire d’Élisée et des deux royaumes d’Israël-Nord et de Juda.

Yoram, fils d’Achab, devint roi d’Israël à Samarie. Il régna douze ans. Il fit ce que l’Éternel considère comme mal, sans toutefois aller aussi loin que son père et sa mère. Il renversa la statue de Baal que son père avait fait ériger, mais il resta attaché aux péchés de Jéroboam, qui avait entraîné le peuple d’Israël dans le péché. Il ne s’en détourna pas (2Rois 3.1-3).

Ici encore, nous avons la formulation classique qui exprime le jugement de Dieu sur les rois d’Israël. On ne sait pas pourquoi Yoram a fait disparaître la statue de Baal, peut-être était-ce par dépit, parce qu’il n’a obtenu aucune réponse de sa part. On ne sait pas non plus s’il l’a détruite surtout que sa mère Jézabel était encore vivante. En tout cas on sait que Yoram est resté attaché aux veaux d’or que Jéroboam, 1er roi d’Israël-Nord, avait fait ériger.

Versets 4-8

Je continue.

Mécha, roi de Moab, élevait de nombreux troupeaux de moutons. Chaque année, il devait payer au roi d’Israël un tribut de cent mille agneaux et de cent mille béliers avec leur laine. À la mort d’Achab, le roi de Moab se révolta contre le roi d’Israël. Alors, le roi Yoram envoya un message à Josaphat, roi de Juda, pour lui dire : — Le roi de Moab s’est révolté contre moi. Viendras-tu l’attaquer avec moi ? Josaphat répondit : — Oui, je viendrai (2Rois 3.4-7).

Le pays de Moab ne fait que 50 km de long et 30 à 40 de large et il est situé à l’est de la mer Morte sur un plateau très fertile. Les chiffres de 100 000 agneaux et 100 000 béliers ne sont sans doute pas exagérés. Le roi moabite Mécha est mentionné sur une stèle qui retrace les conflits de Moab avec Israël. Elle a été découverte en 1868 et date de 850 av. J-C. D’après cette stèle, on constate qu’après avoir été écrasé par le roi David (2 Samuel 8.2-12), Moab s’est relevé et est redevenu indépendant jusqu’à l’avènement du roi Omri. Ce dernier reconquit Moab et le rend vassal du royaume des X tribus jusqu’à ce que Ahazia devienne roi. Alors et une nouvelle fois, Moab recouvre son indépendance dans une guerre dans laquelle le roi Mécha reprit successivement aux Israélites toute une série de villes qui avaient précédemment appartenu aux tribus de Ruben et de Gad. Au passage il extermina tous les adultes. Cette cruauté lui vaudra la destruction complète de son pays dans la guerre présente.

La stratégie du roi Yoram est de contourner la mer Morte par l’ouest et d’attaquer Moab au sud, évitant ainsi les fortifications que les Moabites avaient érigées au nord de leur territoire. Pour mettre en place cette stratégie, Yoram doit traverser les pays de Juda et d’Édom, vassal de Josaphat roi de Juda. C’est pour cela qu’il propose une coalition avec Josaphat qui accepte parce qu’il est inquiet par la menace que représente Moab. Mais les prophètes lui reprocheront à plusieurs reprises ses alliances compromettantes avec les rois d’Israël.

Versets 9-14

Je continue.

Les rois d’Israël, de Juda et d’Édom se mirent donc en campagne. Ils firent sept jours de marche, mais l’eau vint à manquer pour les hommes comme pour les bêtes de somme qui les suivaient. Alors le roi d’Israël s’écria : — Hélas ! Que ferons-nous ? Josaphat demanda : — N’y a-t-il ici aucun prophète de l’Éternel par qui nous pourrions le consulter ? L’un des officiers du roi d’Israël répondit : — Il y a ici Élisée. Josaphat déclara : – En effet, cet homme-là reçoit la parole de l’Eternel. Le roi d’Israël, Josaphat et le roi d’Edom se rendirent donc auprès de lui. Mais Elisée apostropha le roi d’Israël : – Qu’ai-je à faire avec toi ? Va donc trouver les prophètes de ton père et ceux de ta mère ! Alors le roi d’Israël lui dit : – Mais non ! C’est certainement l’Eternel qui a attiré ces trois rois ici pour les livrer aux Moabites. Élisée répondit :— Aussi vrai que l’Éternel, le Dieu des armées célestes dont je suis le serviteur, est vivant, je t’assure que si ce n’était par égard pour Josaphat, roi de Juda, je ne te prêterais nulle attention ; je ne te regarderais même pas (2Rois 3.9-14).

Les alliés se trouvent dans une région très aride et ils ont très mal calculé leur affaire. Le roi idolâtre Yoram se désespère tandis que Josaphat cherche à consulter l’Éternel. Ces deux rois ont des attitudes tout à fait opposées. Élisée condamne Yoram sans mâcher ses mots.

Versets 15-20

Je continue en compressant.

Maintenant, amenez-moi un joueur de harpe ! Quand le harpiste se mit à jouer, l’Eternel se saisit d’Elisée qui dit :— Voici ce que déclare l’Éternel : “ Creusez beaucoup de fosses dans le lit desséché de ce torrent ! Ce ravin se remplira d’eau. Et vous aurez à boire vous, vos troupeaux et vos bêtes de somme. Mais c’est encore peu de chose pour l’Éternel. Il vous donnera aussi la victoire sur les Moabites. ” Le lendemain matin, à l’heure de la présentation de l’offrande, de l’eau descendit du côté d’Édom et la contrée fut inondée (2Rois 3.15-20).

Élisée accepte de rechercher la volonté de Dieu et dans ce but, il demande à son joueur de harpe de jouer afin de parvenir à une certaine extase. C’est le seul exemple que nous avons de ce moyen de consulter l’Éternel de la part de l’un de ses prophètes. Dieu a fait qu’un énorme orage éclate sur les montagnes d’Édom qui provoqua des crues subites qui sont venues remplir les fosses que les soldats avaient creusées.

Versets 21-24

Je continue.

Cependant, les Moabites avaient pris position sur la frontière. Le matin, quand ils se levèrent, les soldats moabites virent en face d’eux des eaux rouges comme du sang, car le soleil se reflétait dans l’eau. Ils s’écrièrent : — C’est du sang ! Certainement les rois ont tiré l’épée l’un contre l’autre, et ils se sont mutuellement entre-tués. À présent, Moabites, courons au pillage ! Et ils se précipitèrent sur le camp des Israélites ; mais ceux-ci surgirent devant eux et les battirent, puis les poursuivirent après les avoir mis en fuite. Ils pénétrèrent plus avant dans leur pays et leur infligèrent une lourde défaite (2Rois 3.21-24).

Les Moabites ne s’attendent pas à voir de l’eau couler en plein désert. En voyant la réflexion du soleil et de la terre qui est rouge à cet endroit dans la vallée, une illusion d’optique leur fait croire que c’est du sang, une supposition plausible vu l’hostilité habituelle des trois nations engagées dans la bataille. Alors, les Moabites descendent dans la vallée ce qui leur fait perdre l’avantage de leur position haute sur le plateau. Ils se précipitent pour piller et non pour livrer combat. Surprise ! Ils sont nez à nez avec leurs ennemis et se font battre à plat de couture.

Versets 26-27

Je continue plus loin jusqu’à la fin du chapitre 3.

Finalement, seule la ville de Qir-Harécheth resta intacte, mais elle fut encerclée. Quand le roi de Moab comprit qu’il ne pourrait résister à l’attaque, il prit avec lui sept cents soldats armés d’épées et tenta de se frayer un passage en direction du roi d’Édom, mais il n’y réussit pas. Alors, il fit venir son fils aîné qui devait lui succéder sur le trône et il l’offrit en holocauste sur le rempart. À ce spectacle, les Israélites furent si indignés qu’ils se retirèrent loin du roi et rentrèrent dans leur pays (2Rois 3.26-27).

Les Moabites survivants sont retranchés dans leur capitale et une tentative de sortie échoue. L’heure est grave. Les rois païens du Proche-Orient considéraient les défaites militaires comme un signe que leurs dieux étaient fâchés contre eux. Alors aux grands maux les grands remèdes ; le roi moabite égorge son propre fils et le fait brûler en l’honneur de Kémosh son dieu. Les sacrifices humains étaient pratiqués par tous les peuples autres que les Israélites. Ils les considéraient comme une offrande particulièrement précieuse aux yeux de leur divinité et espéraient ainsi obtenir sa faveur et son intervention. Dans un sens, le roi moabite a réussi son coup puisqu’il a rempli ses ennemis d’une crainte superstitieuse, une terreur mystérieuse qui les a fait quitter son pays.

Chapitre 4

Verset 1

Nous arrivons maintenant au chapitre 4 qui groupe ensemble six miracles accomplis par le prophète Élisée sans ordre chronologique et sans rapport avec la politique ou la vie religieuse d’Israël-Nord. Je commence à lire en compressant.

La veuve d’un disciple des prophètes implora Élisée en ces termes : — Ton serviteur mon mari est mort. Tu sais combien il révérait l’Éternel. Or, voilà que l’homme qui lui avait prêté de l’argent veut prendre mes deux enfants et en faire des esclaves (2Rois 4.1).

La vie des prophètes n’était pas celle des moines dans un cloître. La plupart sont mariés. Ici, le mari mort a laissé une ardoise que sa veuve ne peut pas acquitter. En pareilles circonstances, la loi autorise le créancier à s’emparer des enfants (Exode 21.7; Lévitique 25.39). Cependant, quoiqu’autorisé, l’esclavage est assorti de règles humanitaires et les esclaves sont rendus à la liberté l’année du Jubilé. Mais bien évidemment, les créanciers outrepassent souvent leurs droits et agissent de manière cruelle (Amos 2.6; 8.6).

Versets 2-7

Je continue.

Élisée lui demanda : — Dis-moi ce que tu as dans ta maison. Elle répondit : — Je n’ai plus rien d’autre chez moi qu’un flacon d’huile. Il dit alors : — Va donc emprunter chez tous tes voisins autant de récipients vides que tu pourras. Puis tu rentreras chez toi, tu fermeras la porte sur toi et sur tes fils, et tu verseras de l’huile dans tous ces récipients. La femme le quitta et fit ce qu’il lui avait dit. Lorsqu’ils furent tous pleins, l’huile s’arrêta de couler. Elle alla le raconter à l’homme de Dieu qui lui dit : — Va vendre cette huile. Tu pourras rembourser ta dette et vivre, toi et tes fils, avec ce qui te restera (2Rois 4.2-7).

On voit dans ce miracle qu’il existe un lien entre les ressources que possèdent le demandeur et le secours de Dieu. C’était aussi vrai pour Jésus qui a multiplié les pains et les poissons disponibles. En Orient, l’huile est la base indispensable de l’alimentation comme des soins du corps. Le nombre de récipients vides, sans doute des jarres que la veuve emprunte, est une mesure de sa foi. Elle doit accomplir cette tâche à l’abri des regards indiscrets, car on n’est pas dans un cirque devant un spectacle de prestidigitation, mais dans une situation de détresse. Une fois toutes les jarres pleines, la veuve retourne voir Élisée car elle ne veut pas disposer de cette huile sans son accord. Dieu ne se borne pas à donner à cette femme de quoi rembourser sa dette, mais il lui accorde ce dont elle a besoin pour subvenir à ses besoins.

Versets 8-10

Je continue le texte.

Un jour, Élisée passait par le village de Sunem. Une femme riche insista auprès de lui pour qu’il accepte de prendre un repas chez elle. Dès lors, chaque fois qu’il passait par ce village, il s’arrêtait chez elle pour manger. Elle dit à son mari : — Je sais que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Nous pourrions lui construire une petite chambre sur le toit et y mettre pour lui un lit, une table, une chaise et une lampe. Il pourrait loger là quand il viendra chez nous (2Rois 4.8-10).

Élisée faisait des tournées pour visiter et encourager les prophètes et les familles pieuses. Sunem se trouve dans la plaine de Jizréel à 85 km au nord de Jérusalem. À cette époque, la plupart des maisons possèdent une seule lampe et on s’assoit par terre. Le mobilier prévu pour Élisée représente un confort que la plupart des gens ne peuvent pas se permettre. La condition sociale de cette femme sunamite contraste avec la veuve précédente que le créancier voulait croquer. Mais que ce soit l’une ou l’autre, ces récits soulignent le souci de Dieu pour les femmes alors que dans les sociétés antiques elles étaient regardées comme inférieures aux hommes. Cette Sunamite a beaucoup de qualités : elle est hospitalière, généreuse, sensible aux besoins du prophète et persuasive. Et puis en proposant d’aménager une chambre pour lui, elle montre un réel esprit d’initiative. Son mari par contre ne semble pas avoir beaucoup d’étoffe; c’est un simple figurant en carton pour le décor. Cela dit, il a quand même consenti à la demande de sa femme et ils ont construit cette chambre d’hôte sur leur toit.

Versets 11-13

Je continue.

Un jour qu’Élisée repassait à Sunem, il alla donc se retirer dans la petite chambre haute et y passa la nuit. Puis il dit à son serviteur Guéhazi : — Dis à cette Sunamite : “ Tu t’es donné beaucoup de peine pour nous. Que pouvons-nous faire pour toi ? Faut-il parler en ta faveur au roi ou au chef de l’armée ? ” Elle répondit : — Non, merci. Je vis heureuse au milieu de mon peuple (2Rois 4.11-13).

Malgré son opposition à l’idolâtrie, Élisée a droit à des égards à cause des services qu’il rend au roi et à la nation d’Israël en tant que prophète de l’Éternel. Il a donc accès à tous les hauts dignitaires du royaume. Il se dit prêt à pistonner cette brave Sunamite envers qui il se sent redevable. Il lui fait son offre par l’intermédiaire de son serviteur afin de ne pas l’intimider. Cependant, cette brave femme ne songe nullement à profiter de la situation ; au contraire, elle est tout ce qu’il y a de plus désintéressée, et contente de son sort.

Versets 14-17

Je continue en compressant.

Élisée demanda à son serviteur : — Que pourrions-nous faire pour elle ? Guéhazi répondit : — Hélas ! elle n’a pas d’enfant, et son mari est âgé. Élisée lui dit : — Appelle-la ! Guéhazi obéit, et elle vint se présenter sur le pas de la porte. Élisée lui dit : — L’an prochain, à la même époque, tu tiendras un fils dans tes bras ! Elle s’écria alors : — Que mon seigneur, homme de Dieu, ne me donne pas de faux espoirs, moi qui suis sa servante ! Cependant, cette femme devint enceinte et elle donna naissance à un fils, exactement comme Élisée le lui avait prédit (2Rois 4.14-17).

Ce couple n’a pas de fils et même pas d’enfant et n’en aura jamais puisque le mari est vieux. Cela signifie que le nom de sa famille va s’éteindre, que ses biens vont passer à d’autres et que cette femme sera bientôt veuve, sans soutien et sans protecteur, un avenir bien sombre en perspective. Mais elle va expérimenter les paroles de Jésus qui a dit :

Celui qui accueille un prophète parce qu’il est un prophète recevra la même récompense que le prophète lui-même. Et celui qui accueille un juste parce que c’est un juste aura la même récompense que le juste lui-même (Matthieu 10.41).

Versets 18-23

Je continue.

L’enfant grandit. Un jour qu’il était allé rejoindre son père auprès des moissonneurs, il cria soudain à son père : — Oh, ma tête ! Que j’ai mal à la tête ! Le père ordonna à son serviteur : — Emporte-le vite chez sa mère ! Le serviteur l’emporta et l’amena à sa mère, qui le prit sur ses genoux. Il y resta jusqu’à midi, puis il mourut. Elle monta dans la chambre du prophète, le coucha sur le lit, referma la porte sur lui et sortit. Puis elle appela son mari et lui dit : je vais vite aller chez l’homme de Dieu et je reviens aussitôt. — Pourquoi veux-tu aller chez lui aujourd’hui ? lui demanda-t-il. Ce n’est ni la nouvelle lune ni un jour de sabbat. Elle lui répondit : — Tout va bien (2Rois 4.18-23).

C’est le drame ! L’enfant a sans doute subi une forte insolation, l’époque de la moisson étant la plus chaude de l’année. Les sabbats et les nouvelles lunes de chaque mois étant des jours chômés, au lieu d’aller au Temple de Jérusalem, les Juifs pieux du royaume du Nord se rassemblent auprès des prophètes qui les enseignent. Ceux-ci jouent donc le même rôle que les Lévites dans le royaume de Juda. La Sunamite ne dit pas à son mari que l’enfant est mort pour ne pas secouer sa foi qui est probablement faible. Elle porte donc seule le fardeau mais croit qu’Élie peut ramener son fils à la vie, car elle place l’enfant sur son lit et ferme la porte pour que l’essence de vie, l’âme, ne quitte pas la pièce. C’était une croyance juive.

Versets 25-28

Je continue plus loin.

Elle voyagea ainsi et parvint jusqu’au mont Carmel où habitait l’homme de Dieu. Elle se jeta à ses pieds. Guéhazi s’approcha pour l’écarter. Mais Élisée lui dit : — Laisse-la faire ! Elle est profondément affligée, mais l’Éternel ne m’en a pas révélé la cause. Alors la femme s’écria : — Est-ce que j’ai demandé un fils à mon seigneur ? Ne t’avais-je pas dit : “ Ne me donne pas de faux espoirs ” ? (2Rois 4.25-28).

La Sunamite parcourt 40 km pour se rendre au mont Carmel chez le prophète. Le cœur brisé, elle est désespérée. Dans son amertume, elle voit ce fils comme une tromperie.

Versets 29-31

Je continue en compressant.

Élisée ordonna à Guéhazi : — Mets ta ceinture ! Prends mon bâton en main et va. Si tu rencontres quelqu’un en chemin, ne perds pas de temps à le saluer. Quand tu arriveras dans la maison de cette femme, tu poseras mon bâton sur le visage du garçon. Alors Élisée se leva et se mit en route avec elle. Guéhazi les avait devancés et il avait posé le bâton sur le visage du petit garçon, mais rien ne s’était passé : pas un son, pas une réaction (2Rois 4.29-31).

Pour une longue marche ou un travail important, on relevait les pans de sa tunique, habituellement flottante, et on les coinçait dans la ceinture; c’est ce que font les deux hommes avant de partir. De plus, comme les salutations orientales sont très longues et qu’il faut faire vite, le serviteur doit foncer tête baissée sans s’arrêter. Le bâton du prophète n’est pas une baguette magique mais il représente son autorité et symbolise la puissance divine. Mais ici, l’enfant est vraiment mort et l’Éternel ne veut pas faire un miracle par le biais d’un objet

Versets 32-35

Je continue.

Quand Élisée arriva à la maison, le petit garçon était mort, étendu sur le lit. Élisée entra, ferma la porte sur eux deux et pria l’Éternel. Il monta sur le lit et se plaça sur l’enfant, il appliqua sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains. Comme il restait ainsi étendu sur lui, le corps de l’enfant commença à se réchauffer. Le prophète se releva, marcha de long en large dans la chambre, puis s’étendit de nouveau sur l’enfant. Soudain le petit garçon éternua sept fois et rouvrit les yeux (2Rois 4.32-35).

Élisée s’enferme seul avec le mort puis il agit exactement comme Élie dans l’histoire de la veuve de Sarepta l’avait fait avant lui en se couchant sur l’enfant(1 Rois 17.17-22). Sa prière montre qu’il attend un miracle de la part de l’Éternel et non pas des rites qu’il accomplit. Le prophète prie et accomplit un acte symbolique qui est l’expression physique de l’intensité de son intercession pour l’enfant. Élisée est en proie à un grand trouble intérieur qui se manifeste par une agitation extérieure qui va en croissant à mesure que le temps passe et qu’il constate que la mort est moins docile à son action qu’elle ne l’avait été au pouvoir d’Élie. Mais finalement les organes vitaux de l’enfant se remettent en route, son corps se réchauffe, il respire puis éternue ce qui nous indique qu’il est mort d’une attaque cérébrale. Enfin, il ouvre les yeux.

Versets 36-37

Je continue en compressant.

Élisée appela Guéhazi et lui dit : — Va chercher cette Sunamite ! Elle vint vers Élisée qui lui dit : — Voici ton fils, reprends-le ! Elle s’avança, se jeta à ses pieds et se prosterna jusqu’à terre (2Rois 4.36-37).

Mettez-vous à la place de la Sunamite; pour une journée chargé c’en fut une. Les prophètes de l’Éternel, Élie, Élisée et les autres, doivent accomplir certains rites ou attendre que Dieu s’adresse à eux car ils n’ont pas de pouvoir en eux-mêmes. Jésus au contraire, guérissait à volonté, rien que par sa parole parce qu’il est le Fils de Dieu.