Chapitre 20

Introduction

Quand quelqu’un est atteint d’une maladie grave et qu’il s’en sort, il est normal et fréquent qu’il exulte de joie à l’idée qu’un sursis de vie lui ait été accordé. Il arrive aussi que dans cet état euphorique, il se rende vulnérable en baissant ses gardes et commette une imprudence. Il peut, par exemple, vouloir traverser une rivière à la nage pour fêter son retour à la pleine santé. Eh bien c’est un peu comme ça que s’est conduit Ézéchias, le roi de Juda, après que l’Éternel l’ait guéri de son mal.

Verset 12

Je continue à lire dans le chapitre 20 du second livre des Rois.

Vers cette même époque, Berodak-Baladân, roi de Babylone, fit parvenir un message et des présents à Ézéchias ; car il avait appris sa maladie (2Rois 20.12).

Ce roi de Babylone est un personnage tout à fait remarquable, un vrai patriote. A l’origine, il est roi d’une contrée voisine du golfe Persique entre l’Euphrate et le pays d’Élam au sud-ouest de l’Iran actuel. Pendant un quart de siècle Berodak-Baladân se bat contre l’Assyrie. En l’an 731, il est obligé de rendre hommage à Tiglath-Piléser dont il devient le vassal. Mais suite aux troubles qui accompagnent le coup d’état de Sargon, Berodak-Baladân secoue le joug assyrien, s’empare de Babylone et en 721, il se proclame roi de toute la Chaldée. Sargon l’attaque mais Berodak-Baladân se maintient à Babylone jusqu’en 710 quand il est finalement vaincu par Sargon et doit s’enfuir dans son pays d’origine de Beth-Jakin. Cependant, en 705 Sennachérib le traque, mais ce dernier doit revenir précipitamment à Ninive à cause de la mort inattendue de son père, assassiné. Berodak-Baladân reprend encore Babylone et occupe le trône pendant six mois (704) avant de s’enfuir à nouveau devant Sennachérib. Mais après le désastre subi par ce dernier devant Jérusalem, Bérodac-Baladan s’allie à un prince babylonien et relève encore une fois la tête. Cependant, en 699, Sennachérib revient à nouveau à l’attaque et cette fois-ci Berodak-Baladân disparaît à tout jamais dans les oubliettes de l’histoire. Cependant, ses fils s’emparent de Babylone qui est alors mise à sac en l’an 685 par Sennachérib. C’est probablement en l’an 702 et alors qu’il est en exil, que Berodak-Baladân envoie à Ézéchias une gentille carte lui souhaitant un bon rétablissement, ainsi qu’un petit cadeau. En réalité et selon l’historien juif Josèphe, cette ambassade a surtout pour objectif d’enrôler Juda comme allié contre l’Assyrie (Antiquités 10. 2.2).

Verset 13

Je continue.

Ézéchias se sentit flatté de la venue des envoyés et leur fit visiter tout le bâtiment où l’on conservait les objets précieux, l’argent et l’or, les aromates et les huiles parfumées. Il leur montra aussi son arsenal militaire et tout ce que contenaient ses trésors : il n’y eut rien dans son palais ni dans tout son royaume qu’Ézéchias ne leur fît voir (2Rois 20.13).

Ézéchias est un très bon roi, et pourtant, lui aussi est devenu orgueilleux et fait la roue devant les émissaires étrangers. Le trésor royal sert à lever une armée et à se procurer du matériel militaire. En faisant voir son arsenal et ses trésors aux babyloniens, Ézéchias montre qu’il peut être un allié de poids. Mais de telles alliances avec des nations étrangères sont contraires à la Loi et donc à la volonté de Dieu, car elles constituent un manque de confiance en l’Éternel et entraînent un gros risque de contamination par l’idolâtrie de ces nations.

Versets 14-15

Je continue.

Alors le prophète Esaïe se rendit auprès du roi Ezéchias et lui demanda : – Qu’ont dit ces gens et d’où sont-ils venus te rendre visite ? Ezéchias lui répondit : – Ils sont venus de très loin, de Babylone. Esaïe reprit : – Qu’ont-ils vu dans ton palais ? Ezéchias répondit : – Ils ont vu tout ce qui se trouve dans mon palais. Je ne leur ai rien caché de mes trésors (2Rois 20.14-15).

Le roi n’essaie pas de cacher au prophète qu’il a offert une visite guidée des richesses et des forces militaires de son royaume. Il ne voit pas ce qu’il y a de mal à faire alliance avec les Babyloniens.

Versets 16-18

Je continue.

Alors Ésaïe dit à Ézéchias : — Écoute ce que dit l’Éternel : « Un jour viendra où tout ce qui est dans ton palais et tout ce que tes ancêtres ont amassé jusqu’à ce jour sera emporté à Babylone ; il n’en restera rien ici, déclare l’Eternel. Plusieurs de tes propres descendants, issus de toi, seront emmenés et deviendront serviteurs dans le palais du roi de Babylone (2Rois 20.16-18).

L’Éternel prononce un jugement à l’encontre d’Ézéchias parce qu’il se comporte comme si la richesse et la puissance du royaume de Juda sont dues à sa sagesse et à son ingéniosité. La prédiction, plus d’un siècle à l’avance, de l’exil babylonien est d’autant plus remarquable qu’à cette époque, l’Assyrie est la seule grande puissance et Babylone ne constitue pas une menace. Pourtant, le jour viendra où toutes les richesses de Juda, ainsi que les descendants du roi qui ne sont pas encore nés, seront emmenés captifs à Babylone.

Verset 19

Je continue.

Ézéchias répondit à Ésaïe : — La parole de l’Éternel que tu viens de me transmettre est bonne. Car, ajouta-t-il, nous aurons donc la paix et la sécurité tant que je vivrai (2Rois 20.19).

Le roi semble éprouver une satisfaction égoïste du fait qu’il sera épargné par ce jugement à venir. C’est tout à fait dans l’esprit du discours regrettable « paix pour notre temps » tenu par le premier ministre anglais Neville Chamberlain le 30 septembre 1938. Cela dit, il se peut aussi que le roi Ézéchias accepte avec humilité le juste jugement de Dieu et exprime sa gratitude pour ce temps de paix qui lui est accordé.

Versets 20-21

Je finis le chapitre 20.

Les autres faits et gestes d’Ézéchias, tous ses exploits, ses réalisations, en particulier la construction du réservoir et de l’aqueduc pour amener l’eau dans la ville, tout cela est cité dans le livre des Annales des rois de Juda. Ézéchias rejoignit ses ancêtres décédés et son fils Manassé lui succéda sur le trône (2Rois 20.20-21).

Parmi tous les accomplissements d’Ézéchias, le plus important est la réalisation d’un canal souterrain permettant d’amener l’eau d’une source hors de Jérusalem, jusqu’au réservoir de Siloé à l’intérieur des remparts de la ville afin d’assurer son alimentation en eau potable en cas de siège. Ensuite, le roi fit recouvrir la source d’eau afin qu’elle ne soit pas découverte et coupée par les Assyriens. En 1880, on a trouvé une inscription décrivant comment le tunnel avait été creusé à partir de ses deux extrémités et au travers de la roche sur près de 600 m. Ce fut un accomplissement technologique remarquable qui est encore admiré aujourd’hui.

A partir de l’an 697, Manassé règne aux côtés de son père jusqu’au décès de ce dernier en 686 av. J-C. Les rois d’une même dynastie se suivent et ne se ressemblent pas. Ahaz, le père d’Ézéchias, et Manassé son fils, sont tous deux des rois particulièrement impies aux yeux de l’Éternel. Par contre et comme je l’ai déjà dit, l’auteur porte un verdict particulièrement élogieux sur Ézéchias car il a été pleinement fidèle à l’Éternel tout comme son ancêtre David. Cependant, il n’est pas exempt de reproches, car son attitude droite et fidèle envers l’Éternel s’est dégradée suite à sa guérison miraculeuse, ce qui est assez difficile à comprendre. Je lis un passage tiré du livre des Chroniques des rois d’Israël :

Mais Ézéchias ne se conduisit pas ensuite d’une manière qui marque sa reconnaissance pour cela ; au contraire, il devint orgueilleux et attira la colère de l’Éternel sur lui, sur Juda et sur Jérusalem. Alors il s’humilia de son orgueil et les habitants de Jérusalem firent de même, de sorte que l’Éternel ne fit pas éclater sa colère contre eux du vivant d’Ézéchias (2Chroniques 32.25-26).

Alors qu’il jouissait de la bénédiction de l’Éternel, ce roi est devenu arrogant ! Quel dommage et quel malheur ! C’est ainsi qu’il s’est vanté de ses richesses auprès de l’ambassade babylonienne comme si elles étaient le fruit de son travail ou de son ingéniosité. C’est vrai qu’il s’est repenti de son orgueil, mais quand même. Et puis à un moment de son règne il a accepté d’être rançonné par les Assyriens au lieu d’invoquer le secours de l’Éternel.

Cela dit, le conflit qui oppose Ézéchias au roi assyrien n’était pas une simple dispute entre deux royaumes terrestres ; l’auteur montre bien qu’il s’agit d’une confrontation entre d’une part, la puissance militaire et les dieux païens assyriens, et d’autre part l’Éternel, le vrai roi d’Israël et le Créateur du ciel et de la terre. Ce bras de fer atteste la souveraineté du Dieu vivant, unique et incomparable, et ce serait un non-sens que de vouloir le comparer aux divinités des nations païennes. Bien sûr, dans cette lutte, l’Éternel a eu gain de cause et il a accordé la délivrance à Jérusalem en réponse à la fidélité du roi Ézéchias.

Cette victoire de Juda établit un contraste avec l’anéantissement et la disparition du royaume du Nord. Pour l’auteur du livre des Rois ainsi que pour ses contemporains, qui sont alors déportés à Babylone, cela signifie que la destruction annoncée de Jérusalem et l’exil des Israélites de Juda, ne seraient pas survenus si ses rois et ses habitants étaient demeurés fidèles à l’Éternel. Voilà sans nul doute une pensée qui a dû leur donner maintes fois une tête d’enterrement.

Chapitre 21

Verset 1

Nous voici au chapitre 21 qui relate le règne de Manassé, un roi inique, en fait le pire de tous, et qui contraste comme la nuit au jour avec son père Ézéchias. Ce récit est un véritable crève-cœur, et une catastrophe pour le royaume de Juda, car comme va le roi, ainsi va la nation, et ce sont les péchés de Manassé qui précipiteront le jugement de la nation (2 Rois 24.3). Les inscriptions assyriennes mentionnent plusieurs fois Manassé comme un vassal qui payait un tribut. Né trois ans après la guérison miraculeuse de son père, il semble être son seul fils. Mais comment un homme pieux et fidèle comme Ézéchias a-t-il pu engendrer un monstre comme Manassé ? Voilà un mystère et une question à laquelle il n’est pas facile de répondre. Je commence à lire ce chapitre déprimant.

Manassé était âgé de douze ans à son avènement. Il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem. Sa mère s’appelait Hephtsiba (2Rois 21.1).

Ce roi commence par régner avec son père en l’an 697 av. J-C. De manière tout à fait paradoxale avec sa perversité, c’est lui qui régna le plus longtemps sur Juda. Curieusement, la même chose s’est produite dans le royaume du Nord, où ce sont Jéroboam et Achab, des souverains particulièrement idolâtres et méchants, qui eurent les règnes les plus longs, comme quoi la racaille n’en finit pas de durer.

Versets 2-4

Je continue.

Manassé fit ce que l’Éternel considère comme mal et s’adonna aux mêmes pratiques abominables que les nations que l’Éternel avait dépossédées en faveur des Israélites. Il rebâtit les hauts-lieux que son père Ézéchias avait détruits, il érigea des autels à Baal, dressa un poteau sacré à la déesse Achéra comme l’avait fait Achab, roi d’Israël, et il se prosterna devant tous les astres du ciel, et leur rendit un culte (2Rois 21.2-3).

Le verdict de l’auteur est particulièrement négatif et à juste titre. Manassé est le seul roi de Juda qui est comparé à l’abominable Achab qui avait introduit les cultes idolâtres phéniciens dans le royaume d’Israël-Nord (1 Rois 16.32,33). Manassé rétablit aussi l’adoration des astres, un culte d’origine assyrienne. Cette pratique fait sourire car ça ne fait pas sérieux; c’est vrai, mais c’est plutôt une grimace qu’il faut faire quand on songe aux millions de gens, ou plutôt milliards, qui dans le monde consultent chaque jour leur horoscope ou s’adonnent à une forme d’occultisme. Contrairement à une idée reçue, l’humanité n’a fait aucun progrès dans le domaine religieux et l’homme est dans les mêmes ténèbres spirituelles que Manassé.

Versets 4-5

Je continue.

Il construisit des autels païens dans le Temple de l’Éternel, malgré cette parole de l’Éternel : — C’est là, à Jérusalem, que j’établirai ma présence. Il érigea des autels en l’honneur de tous les astres du ciel dans les deux parvis du Temple de l’Éternel (2Rois 21.4-5).

On sent l’indignation de l’auteur car Manassé n’a pas hésité à profaner les lieux sacrés par son culte idolâtre. Il a construit des idoles aux abords du Temple, dans le parvis extérieur ouvert à tous les Israélites, mais aussi dans la cour intérieure qui est réservée aux prêtres et aux Lévites, à ceux qui ont la charge et l’entretien des ustensiles sacrés.

Verset 6

Je continue.

Il alla même jusqu’à brûler son fils pour l’offrir en sacrifice. Il consultait les augures et les devins. Il installa des gens qui évoquaient les morts et qui prédisaient l’avenir. Il multiplia les actes que l’Éternel considère comme mauvais et l’irrita de cette manière (2Rois 21.6).

On avance toujours plus dans l’horreur. Tout comme son grand-père Ahaz (2 Rois 16.3), c’est à la divinité Molok adorée par le peuple ammonite que Manassé offre son propre fils en sacrifice. Comme je l’ai déjà expliqué, on fait un feu d’enfer à l’intérieur de l’idole métallique et on pose l’enfant égorgé ou encore vivant sur ses bras étendus; je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Le système religieux de Manassé comprenait toutes les formes d’occultismes possibles et imaginables, dont la sorcellerie, la divination et le spiritisme. Ces anciennes pratiques n’avaient jamais complètement disparu, mais Manassé leur accorda son soutien. Ce sinistre personnage était le jouet des puissances infernales sans le savoir.

Versets 7-9

Je continue.

Il fit dresser dans le Temple la statue d’Ashéra qu’il avait fabriquée, alors que l’Eternel avait déclaré à David et à son fils Salomon : – C’est dans ce Temple et dans Jérusalem, que j’ai choisie parmi toutes les tribus d’Israël, que j’établirai pour toujours ma présence. Si les Israélites s’appliquent à obéir à tout ce que je leur ai commandé, à toute la Loi que leur a communiquée mon serviteur Moïse, je ne les ferai plus errer loin du pays que j’ai donné à leurs ancêtres. Mais les Israélites n’obéirent pas. Manassé les égara sur une mauvaise voie en sorte qu’ils firent encore plus de mal que les nations que l’Eternel avait détruites en faveur des Israélites (2Rois 21.7-9).

Au lieu d’un simple autel dédié à l’idole Astarté, c’est son image, généralement un tronc d’arbre, qui est dressée, non pas simplement dans la cour du temple, mais à l’intérieur même de l’édifice (Jérémie 7:30). Manassé y va quand même un peu fort car en pratiquant la même idolâtrie que les autres peuples, il renie l’Éternel qui s’est révélé à Israël comme son Dieu.

À cette époque, les Israélites ne se doutent pas qu’ils sont sur le point d’entreprendre un très long voyage qui les mènera en exil. En effet, selon les clauses de l’alliance que l’Éternel avait conclue avec son peuple, Israël ne peut se maintenir dans le pays promis qu’à la condition d’obéir à son Dieu, ce que les Israélites n’ont fait que sporadiquement et avec bien peu de ferveur. Au contraire, tout au long de leur histoire, les Israélites, qu’ils soient du royaume du Nord ou du Sud, ont résolument été rebelles à leur Dieu. C’est de cette manière que l’auteur du livre des Rois explique à ses contemporains, alors en exil à Babylone, la raison de leur captivité.

Versets 10-13

Je continue.

Alors, par l’intermédiaire de ses serviteurs les prophètes, l’Éternel dit : — À cause du roi Manassé, roi de Juda, qui s’est rendu coupable de tous ces actes abominables, qui a même fait pire que tout ce qu’avaient fait avant lui les Amoréens et qui a entraîné le peuple de Juda dans le péché d’idolâtrie, voici ce que déclare l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je vais amener sur Jérusalem et sur Juda un malheur tel que tous ceux qui en entendront parler seront abasourdis. Je vais faire subir à Jérusalem le même sort qu’à Samarie et je la réduirai au même état que la descendance d’Achab. Je viderai la ville de ses habitants comme on nettoie un plat et qu’on le retourne à l’envers après l’avoir nettoyé (2Rois 21.10-13).

On ne sait pas de quels prophètes il s’agit : peut-être Ésaïe et Habaquq. Les Amoréens étaient la plus puissante des tribus cananéennes, et c’est un terme générique pour tous les habitants de Canaan. L’Éternel avait prononcé un anathème sur eux à cause de leurs pratiques idolâtres comme la prostitution sacrée et le sacrifice d’enfants. Les Israélites ont fait pareil, voire pire et vont donc subir le même jugement. Ce qui est arrivé au royaume du Nord va se répéter pour celui du Sud et donc Jérusalem. Tout comme on nettoie un plat avec de l’eau, l’Éternel va assainir son peuple en ôtant sa corruption idolâtre dans un bain de sang.

Chacun croit pouvoir se passer de Dieu et agir comme bon lui semble. Cependant, j’habite sur sa terre, je respire son oxygène, je bois son eau et je bénéficie de son soleil. Mais comme personne ne s’en soucie, de temps à autre Dieu fait le ménage. C’est ainsi que les empires sont tous tombés comme des châteaux de cartes les uns après les autres.

Versets 14-15

Je continue le texte.

J’abandonnerai ce qui reste du peuple qui m’appartient et je le livrerai au pouvoir de ses ennemis qui le pilleront et le dépouilleront. J’agirai ainsi parce qu’ils n’ont pas cessé de m’irriter depuis le jour où leurs ancêtres sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui (2Rois 21.14-15).

Les actes de Manassé sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère divine. Le royaume de Juda a déjà subi des jugements, mais celui qui est à venir sera de loin le plus sévère.

Verset 16

Je continue.

Manassé fit aussi tuer beaucoup de gens innocents, au point que Jérusalem fut remplie d’un bout à l’autre de ses victimes, sans compter les péchés dans lesquels il entraîna Juda en faisant ce que l’Éternel considère comme mal (2Rois 21.16).

À l’idolâtrie s’ajoutent les péchés d’ordre moral. Manassé est un homme cruel qui fait peu de cas de la vie humaine; on se croirait en plein 21e siècle. Ce roi a fait massacrer tous les Israélites qui refusent de courber l’échine devant le Panthéon idolâtre qu’il a établi dans le pays et à Jérusalem en particulier. Tous ceux qui demeurent fidèles à l’Éternel, lui vouent un culte au péril de leur vie.

Selon la tradition juive, ce roi infâme a fait ligoter le prophète Ésaïe à l’intérieur d’un tronc d’arbre creux, puis ordonner de le scier en deux. À cette époque, le métier de porte-parole de l’Éternel est à haut risque. Selon un texte parallèle confirmé par des inscriptions assyriennes. Manassé a été captif à Babylone puis rétablit dans sa royauté. Selon le second livre des Chroniques, il s’est même repenti, mais l’auteur du livre des Rois passe sous silence tous ces événements sans qu’on sache pourquoi (comparez 2 Chroniques 33.11-16).

Moi je trouve choquant que Dieu ait permis que ce roi infâme commette les pires atrocités en toute impunité, pour ensuite lui faire grâce et exaucer sa prière de repentance. C’est dur à accepter, mais vu que ma compréhension du Dieu de l’univers est infinitésimale, je n’oserai pas mettre en doute sa sagesse infinie. Et puis si l’Éternel a su faire grâce à un homme aussi ignoble que Manassé, alors il y a de l’espoir pour n’importe qui, même pour la créature la plus vile et indigne de la terre.