Chapitre 18

Introduction

Il est difficile de réconcilier le fait que d’une part, Dieu a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, et d’autre part, les catastrophes et les malheurs qui n’en finissent jamais ici-bas. Le mal est un mystère dont nous ne détenons pas vraiment la clef. L’Éternel a promis à son peuple qu’il posséderait la Terre Promise, mais après le règne de Salomon, la nation d’Israël s’est scindée en deux royaumes et environ deux siècles plus tard, Israël est amputé des X tribus du Nord qui sont soit anéanties, soit déportées. En terre promise, il ne reste donc plus que le royaume de Juda qui inclut Siméon et Benjamin.

Versets 1-3

Je commence maintenant à lire le chapitre 18 du second livre des Rois en compressant.

La troisième année du règne d’Osée, roi d’Israël, Ézéchias, fils d’Ahaz, roi de Juda, devint roi. Il était âgé de vingt-cinq ans à son avènement et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Il fit ce que l’Éternel considère comme juste, en tout point comme l’avait fait son ancêtre David (2Rois 18.1-3).

Le royaume de Juda survit un bon siècle à celui d’Israël-Nord ce qui correspond aussi au déclin progressif de l’empire assyrien. Pendant cette période, Juda comptera les meilleurs et les pires rois possibles et imaginables. Ézéchias et Josias sont excellents mais Manassé, Amon et Jéhojakim sont catastrophiques. Trois chapitres du second livre des Rois et quatre du second livre des Chroniques (29-32) sont consacrés au règne d’Ézéchias, le pieux monarque que Jérusalem et le royaume de Juda ont le bonheur de posséder. Nous sommes en 729 av. J-C. Ézéchias règne avec son père jusqu’en 715. L’auteur ne tarit pas d’éloges sur lui et pourtant, son père Ahaz, fut le pire des rois que Juda ait connu jusque-là. La mère et les percepteurs d’Ézéchias devaient être des personnes très pieuses qui vénéraient l’Éternel.  C’est sous son règne qu’Ésaïe, un prophète de l’Éternel, joue un rôle actif dans les affaires de l’état.

Verset 4

Je continue.

Il fit disparaître les hauts-lieux, briser les stèles des idoles, couper le pieu sacré de la déesse Achéra. Il fit aussi mettre en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fabriqué, car jusqu’à cette époque-là, les Israélites faisaient brûler des parfums pour lui et l’appelaient Nehouchtân (2Rois 18.4).

Comme plusieurs avant lui, Ézéchias fait détruire les pieux sacrés. Cependant, il est le premier roi à démolir les hauts-lieux, même ceux consacrés au culte de l’Éternel et à rétablir un culte unique dans le sanctuaire central, et c’est ce qui lui vaut d’être déclaré juste en tout point comme David. Par ailleurs, il a réduit en poudre le serpent de bronze, une relique vénérée datant de l’époque de Moïse (Nombres 21.8,9), ce qui a dû exiger beaucoup de courage de sa part, car il a dû se mettre à dos une grande partie de la population. Son action pourrait se comparer à un nouveau pape qui déciderait de supprimer les lieux de pèlerinage comme Lourdes par exemple, et qui détruirait les statues et tout objet ayant valeur de fétiche ayant appartenu à saint François d’Assise et à tous ceux qu’on appelle « saints »; ça ferait des vagues. Comme les Israélites adoraient un morceau de métal, le roi l’a détruit.

Versets 5-6

Je continue.

Ézéchias mit sa confiance en l’Éternel, le Dieu d’Israël. Parmi tous les rois de Juda qui lui succédèrent ou qui l’avaient précédé, aucun ne l’égala. Il demeura attaché à l’Éternel, sans se détourner de lui ; il obéit à tous les commandements que l’Éternel avait donnés à Moïse (2Rois 18.5-6).

La plus grande qualité d’Ézéchias est qu’il a foi en l’Éternel; c’est ce trait de caractère qui lui vaut le titre de plus grand roi du royaume de Juda. En fait, sa vie est tellement exemplaire, qu’elle est décrite à trois reprises dans l’Ancien Testament.

Versets 7-8

Je continue.

Aussi l’Éternel fut-il avec lui. Il réussit dans toutes ses entreprises. Il se révolta contre le roi d’Assyrie et cessa de lui être assujetti. Il battit les Philistins et les poursuivit jusqu’à Gaza, ravageant la ville et son territoire, et s’emparant des villes fortifiées aussi bien que des postes d’observation (2Rois 18.7-8).

Juda était devenu vassal du roi d’Assyrie sous le roi Ahaz. Mais Ézéchias romp avec la politique de son père, rejette ce joug avec courage et refuse de payer le tribut. Cela arriva en 705 av. J-C, peu de temps après que Sennachérib ait pris la succession de son père Sargon II (705). Ézéchias renverse la situation qui existait du temps de son père Ahaz et reprend aux Philistins les territoires de Juda qu’ils avaient conquis.

Versets 9-12

Je continue.

Ce fut pendant la quatrième année du règne d’Ézéchias, que le roi d’Assyrie, vint attaquer Samarie et l’assiégea. Il s’en empara au bout de trois ans. Le roi d’Assyrie déporta les Israélites en Assyrie dans la région de Gozân ainsi que dans les villes de la Médie. Ces malheurs leur arrivèrent parce qu’ils n’avaient pas obéi aux ordres de l’Éternel, leur Dieu, parce qu’ils avaient été infidèles à son alliance en désobéissant à tout ce que Moïse, le serviteur de l’Éternel, leur avait ordonné, au lieu de l’écouter et de l’appliquer (2Rois 18.9-12).

Ce deuxième récapitulatif de la chute de Samarie est un rappel au vu de son importance capitale dans l’histoire aussi bien du royaume du Nord que de celui du Sud. À présent, plus rien ne fait tampon entre Juda et la puissance assyrienne qui s’étend jusqu’à sa frontière.

Verset 13

Je continue.

La quatorzième année du règne d’Ézéchias, Sennachérib, roi d’Assyrie, vint attaquer toutes les villes fortifiées de Juda et s’en empara (2Rois 18.13).

A partir d’ici le récit du livre des Rois est parallèle au récit du prophète Ésaïe (ch.36 et suivants) sauf qu’il ne mentionne pas la soumission partielle d’Ézéchias aux Assyriens ni le tribut qu’il doit payer. Sennachérib n’est pas un souverain aussi capable que son père Sargon II. Pendant ses 4 premières années de règne, il est occupé à maintenir son joug sur Babylone. Pendant ce temps, une coalition se forme entre des villes phéniciennes, l’Égypte, la Philistie et Juda pour résister à l’Assyrie. Des inscriptions découvertes à Ninive relatent les campagnes de Sennachérib contre le royaume de Juda en 701 av. J-C. Le roi assyrien se vante d’avoir pris 46 villes et forteresses sans compter les villages attenants, et d’avoir déporté 200 146 habitants. Ces vantardises sont généralement énormément exagérées. Concernant Ézéchias, Sennachérib affirme l’avoir enfermé dans Jérusalem, sa résidence royale, comme un oiseau en cage, mais il ne dit pas avoir pris la ville elle-même.

Versets 14-16

Je continue.

Alors Ézéchias, roi de Juda, fit transmettre au roi d’Assyrie à Lakich le message suivant : — J’ai commis une faute, cesse de m’attaquer. J’accepte de payer le tribut que tu m’imposeras. Le roi d’Assyrie exigea dix tonnes d’argent et une tonne d’or. Ézéchias lui fit donc porter tout l’argent qui se trouvait dans le Temple de l’Éternel et dans le trésor du palais royal. Il dut même arracher les plaques d’or dont il avait fait revêtir les portes et les linteaux du Temple de l’Éternel pour les donner au roi d’Assyrie (2Rois 18.14-16).

Sennachérib et sa puissante armée campent à Lakich, une ville située entre Jérusalem et la bande de Gaza, et se préparent à faire le siège de Jérusalem. Ézéchias agit comme avaient fait d’autres rois avant lui ; il s’humilie devant l’envahisseur et racle tous les fonds de tiroir pour donner la totalité de ce qu’il peut trouver à l’envahisseur. On se demande où est sa foi en Dieu.

Versets 17-18

Je continue.

Le roi d’Assyrie envoya vers le roi Ézéchias son général en chef, son chef d’état-major et son aide de camp, accompagnés d’une puissante armée. Lorsque les trois officiers supérieurs furent arrivés en haut de la côte près de Jérusalem, ils crièrent qu’ils voulaient parler au roi. Éliaqim, qui avait la charge du palais royal, le secrétaire du roi et l’archiviste, sortirent de la ville à leur rencontre (2Rois 18.17-18).

La rançon, pourtant conséquente, n’a pas satisfait le roi d’Assyrie qui envoie ses trois officiers supérieurs avec toute l’armée pour impressionner Ézéchias afin qu’il accepte une capitulation sans condition.

Versets 19-22

Je continue.

L’aide de camp du roi d’Assyrie leur dit : — Transmettez ce message à Ézéchias : Voici ce que déclare le grand roi d’Assyrie : En quoi mets-tu ta confiance ? T’imaginerais-tu que de simples paroles peuvent tenir lieu de stratégie et de puissance militaire ? Sur qui comptes-tu donc pour t’être révolté contre moi ? Je le vois : tu t’appuies sur l’Égypte, ce roseau cassé qui blesse et qui transperce la main de celui qui s’appuie dessus. Peut-être me direz-vous : C’est en l’Éternel, notre Dieu, que nous nous confions. Mais n’est-ce pas précisément ce Dieu dont Ézéchias a fait disparaître les hauts-lieux et les autels, en disant aux habitants de Juda et de Jérusalem de rendre leur culte uniquement devant l’autel qui se trouve à Jérusalem ? (2Rois 18.19-22).

Il est vrai qu’à cette époque, l’Égypte est faible et donc totalement incapable de venir en aide à Juda. Les Assyriens semblent très au courant des mesures cultuelles prises par Ézéchias. Ils supposent aussi que ces réformes ont fait des mécontents qu’ils essaient de dresser contre le roi Ézéchias. Mais comme ils n’ont aucune conception du Dieu des Hébreux ni des exigences de la Loi de Moïse, ils pensent à tort que la destruction des hauts-lieux a diminué le culte rendu à l’Éternel et entraîné sa désapprobation. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit.

Versets 23-25

Je continue.

Je te lance aujourd’hui un défi au nom de mon souverain, le roi d’Assyrie : Je te donnerai deux mille chevaux, si toi tu es capable de fournir autant d’hommes pour les monter. Comment t’y prendrais-tu pour repousser un seul de nos capitaines, même si c’était le moindre des serviteurs de mon maître ? Comptes-tu sur l’Égypte pour te fournir des chars et des équipages de chars ? Crois-tu donc que c’est sans l’assentiment de l’Éternel que je suis venu en ce lieu pour le détruire ? C’est l’Éternel qui m’a dit : Va attaquer ce pays et détruis-le ! (2Rois 18.23-25).

Ce défi est particulièrement insultant. D’abord, le commandant de l’armée assyrienne exprime un mépris total à l’égard des forces armées de Juda, ce qui est de bonne guerre. Mais ensuite, il utilise un argument surprenant. En effet, selon les dires mêmes du prophète Ésaïe, l’Éternel utilise l’Assyrie comme l’instrument de son châtiment. Il semble que les services d’espionnage assyriens ont découvert cette prophétie et en ont informé les chefs de l’armée. Il faut en effet garder à l’esprit que même si Ézéchias est un roi pieux fidèle à l’Éternel, le royaume du Sud est sous le jugement divin à cause de la révolte des rois précédents et de l’idolâtrie du peuple.

Versets 26-27

Je continue.

Alors les trois hommes dirent à l’aide de camp assyrien : — Voudrais-tu, s’il te plaît, parler en langue araméenne. Ne nous parle pas en hébreu alors que les gens sont là, sur les remparts, à écouter ! Mais l’aide de camp leur répliqua : — Crois-tu que c’est à ton souverain et à toi seulement que mon souverain m’a chargé d’adresser ce message ? Crois-tu que ce n’est pas aussi à ces gens assis sur les remparts, qui seront bientôt réduits avec vous à manger leurs excréments et à boire leur urine ? (2Rois 18.26-27).

Les représentants d’Ézéchias se rendent compte que l’argumentation des Assyriens risque fort de décourager les soldats qui assis sur les remparts écoutent les insultes des Assyriens. Mais c’est exactement ce que le commandant de l’armée assyrienne cherche à faire : effrayer le peuple afin qu’ils fasse pression sur les officiels pour une capitulation sans condition de la ville. À cette époque, l’araméen est la langue diplomatique et commerciale connue et parlée par tous les hauts fonctionnaires de tous les royaumes et par les marchands, mais pas par le peuple. Elle deviendra le langage courant des Juifs à partir du 5e siècle av. J-C. Aujourd’hui, elle est en voie de disparition, car seulement parlée dans quelques villages reculés de la Syrie.

Versets 28-32

Je continue.

Puis l’aide de camp se campa là et se mit à crier d’une voix forte, en hébreu : — Écoutez ce que dit le grand roi, le roi d’Assyrie ! Ne vous laissez pas tromper par Ézéchias ! Car il ne peut pas vous délivrer ! S’il vous dit : Sûrement l’Éternel nous délivrera, cette ville ne tombera pas aux mains du roi d’Assyrie. N’écoutez pas Ézéchias ; car voici ce que vous propose le roi d’Assyrie : Faites la paix avec moi, rendez-vous à moi ! Alors chacun de vous mangera les fruits de sa vigne et de son figuier, et chacun boira de l’eau de son puits, en attendant que je vienne vous emmener dans un pays pareil au vôtre, un pays où il y a du blé et du vin, du pain et des vignes, des oliviers, de l’huile et du miel. Ainsi vous vivrez et vous ne mourrez pas. N’écoutez donc pas Ézéchias ; il vous trompe en vous disant : L’Éternel nous délivrera.(2Rois 18.28-32).

Maintenant, l’officier supérieur assyrien s’adresse directement aux soldats pressés sur les remparts et à la foule qui est rassemblée au pied de la muraille d’enceinte. Il essaie de saper leur moral et leur confiance en leur roi et les encourage à s’opposer à toute idée d’une opposition armée à l’envahisseur. Lorsqu’une ville était encerclée, le premier besoin des assiégés était l’eau. Ézéchias avait prévu cela en faisant creuser un tunnel sous terre qui partait d’un courant d’eau d’une colline entourant Jérusalem et qui allait jusque dans la ville. Les Assyriens semblent ignorer cette précaution.

Versets 33-35

Je continue.

Les dieux des autres nations ont-ils délivré leur pays du roi d’Assyrie ? Où sont les dieux de Hamath et d’Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm, de Héna et d’Ivva ? Ont-ils délivré Samarie ? De tous les dieux de ces pays, quels sont ceux qui ont délivré leur pays pour que l’Eternel délivre Jérusalem ? » Les dieux des autres nations ont-ils délivré leur pays du roi d’Assyrie ? Ont-ils délivré Samarie ? De tous les dieux de ces pays, quels sont ceux qui ont délivré leur pays pour que l’Éternel délivre Jérusalem ? (2Rois 18.33-35).

L’aide de camp invite la populace à faire un choix entre d’une part, se rendre et vivre, et d’autre part résister et mourir. Ensuite, il fait la liste des villes syriennes qui ont été prises par les Assyriens, en même temps que Samarie en 722 av. J-C. Dans ce discours, l’Éternel est assimilé aux faux dieux, ce qui à mon avis doit être vexant pour le Créateur du ciel et de la terre. L’aide de camp a une vision très païenne et polythéiste de Dieu, mais ses propos ne manqueront pas de soulever des questions dans l’esprit de ses auditeurs. En effet, aucune divinité n’a pu délivrer ses fidèles du roi assyrien, pas même l’Éternel, du moins en apparence, et pourtant c’était l’un des dieux du royaume des X tribus et c’est le Dieu de Juda.

Versets 36-37

Je finis le chapitre 18.

Le peuple garda le silence et ne lui répondit pas un mot, car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas. Alors Éliaqim, qui avait la charge du palais, Chebna, le secrétaire et Yoah, l’archiviste, retournèrent auprès d’Ézéchias, les vêtements déchirés, et lui rapportèrent les paroles de l’aide de camp (2Rois 18.36-37).

Les trois fonctionnaires vont faire leur rapport dans un état délabré. Ils ont déchiré leurs vêtements en signe de consternation et de profonde détresse. Ils sont dans une grande affliction d’une part en raison de la vive émotion causée par les blasphèmes prononcés par l’aide de camp à l’encontre de l’Éternel, et d’autre part à cause du choix qui leur est proposé : mourir avec Jérusalem détruite ou partir en captivité. D’une manière ou d’une autre et selon leur point de vue, c’est la fin du royaume de Juda et de toutes les promesses de Dieu faites à leurs ancêtres.

Chapitre 19

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 19 qui continue cette histoire. L’heure est particulièrement grave. Je commence à lire.

Lorsque le roi Ézéchias eut entendu leur rapport, il déchira ses vêtements, se couvrit d’un habit d’étoffe grossière et se rendit au Temple de l’Éternel (2Rois 19.1).

Le roi exprime la même profonde détresse que ses hauts fonctionnaires. Il a cependant l’excellente idée de se rendre au Temple de l’Éternel afin de s’humilier devant Dieu, de lui exprimer son désespoir et d’invoquer son nom et son aide dans cette situation critique.

Versets 2-3

Je continue.

En même temps, il envoya Éliaqim, qui avait la charge du palais, Chebna le secrétaire et les plus anciens des prêtres, tous vêtus de vêtements d’étoffe grossière, chez le prophète Ésaïe, avec ce message : — Voici ce que te fait dire Ézéchias : Ce jour est un jour d’angoisse, de châtiment et de honte. Nous sommes comme des femmes sur le point d’accoucher qui n’auraient pas la force de mettre leur enfant au monde (2Rois 19.2-3).

C’est la première mention du prophète Ésaïe dans les livres historiques de l’Ancien Testament, bien qu’il ait été actif sous les règnes des trois rois précédents. Tous les fonctionnaires du royaume sont invités à revêtir les habits d’affliction et d’exprimer ainsi leur grande détresse; c’est effectivement un jour noir dans l’histoire de Juda. Ridiculisé par ses ennemis, le royaume doit faire face au jugement à cause de ses fautes. C’est l’heure des règlements de compte entre l’Éternel et son peuple parce qu’il a désobéi à son Dieu en ayant adopté à des degrés plus ou moins grands, l’idolâtrie hideuse de ses voisins. Le roi Ézéchias consulte enfin Ésaïe qui s’est toujours opposé à une alliance militaire avec l’Égypte (Esaïe 30:1-7,15; 31:1-9).

Verset 4

Je continue.

Peut-être l’Éternel, ton Dieu, prêtera-t-il attention à toutes ces paroles que l’aide de camp du roi d’Assyrie a prononcées de la part de son maître pour insulter le Dieu vivant. Peut-être l’Éternel ton Dieu le punira-t-il à cause des paroles qu’il a entendues. Intercède donc en faveur du reste de ce peuple qui subsiste encore (2Rois 19.4).

Ézéchias appelle l’Éternel : « le Dieu vivant ». Cette expression établit une nette distinction entre lui et les divinités des nations environnantes auxquelles les Assyriens l’ont assimilé. Le roi se rend bien compte que Juda mérite ce qui lui arrive à cause de ses fautes ; il n’argumente pas dans ce sens. Cependant, il espère que Dieu interviendra parce qu’il a été personnellement insulté par les Assyriens et que son honneur est en jeu, pourrait-on dire. Il demande au prophète Ésaïe d’intercéder pour le reste du peuple encore en vie.

Il est exact que dans les Textes Sacrés on voit souvent l’Éternel retenir son jugement aussi bien par bienveillance, par amour pour son peuple que pour défendre son nom, c’est-à-dire sa personne, qui il est par opposition aux divinités païennes. Il ressort aussi de ce texte qu’en cas d’affliction, la bonne démarche est d’invoquer la miséricorde divine. Je cite un petit passage :

Car tu es bon, Seigneur, tu pardonnes, Tu es plein d’amour pour tous ceux qui t’invoquent (Psaumes 86.5).