Les émissions

26 mars 2024

2 Corinthiens 6.1-10

Chapitre 6

Introduction

Beaucoup de gens vivent sans trop savoir pourquoi et on pourrait presque dire qu’ils ont reçu la vie pour rien. Ils n’ont rien accompli de significatif, ils sont nés et ils sont morts sans laisser de trace. D’autres sont venus au monde et tout leur est tendu sur un plateau d’argent, mais ayant tout gaspillé, ils se retrouvent sur la paille. D’autres encore ont des talents ou une intelligence hors pair, mais n’ayant pas voulu fournir l’effort nécessaire pour en tirer parti, leurs dons naturels n’ont servi à rien. Cependant, le pire gâchis se fait au niveau spirituel. En effet, nous avons tous la possibilité d’être au bénéfice de la faveur divine, d’expérimenter sa miséricorde et son pardon, mais si nous négligeons sa bonté envers nous, la perte subie est incommensurable. Quand Paul écrit la seconde épître aux Corinthiens, il se fait du souci pour eux justement parce qu’il n’est pas convaincu qu’ils profitent pleinement de la grâce de Dieu.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 6.

Aussi, nous qui travaillons ensemble à cette tâche, nous vous invitons à ne pas laisser sans effet la grâce que vous avez reçue de Dieu (2Corinthiens 6.1).

Paul, les autres apôtres et les croyants de Corinthe sont engagés dans le même combat, unis dans un même projet, celui de répandre dans tout l’empire romain la Bonne Nouvelle du pardon des péchés, une amnistie pour tous ceux qui veulent bien la saisir. Telle est là, en effet, la responsabilité de ceux qui se disent chrétiens, quel que soit leur occupation ou leur gagne-pain. Dans sa première épître, Paul a déjà exprimé cette idée quand il a dit :

Car nous travaillons ensemble au service de Dieu, et vous, vous êtes le champ qu’il cultive. Ou encore : vous êtes l’édifice qu’il construit (1Corinthiens 3.9).

La conversion des Corinthiens à Jésus-Christ étant relativement récente, ce sont encore de jeunes chrétiens immatures qui doivent croître dans la foi. Après leur avoir exposés la doctrine de la réconciliation, l’apôtre les exhorte à ne pas prendre la grâce de Dieu à la légère. Il les invite donc à une plus grande consécration en servant le Seigneur de tout leur cœur. Cette démarche est certes nécessaire, mais l’un des paradoxes de la marche chrétienne est que la bonne volonté du croyant ne suffit pas; il faut aussi que Dieu intervienne dans sa vie. En effet, aux Philippiens, Paul écrit :

Car c’est Dieu lui-même qui agit en vous, pour produire à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (Philippiens 2.13).

S’il en est ainsi, comment peut-on laisser sa grâce sans effet ou la recevoir en vain? Eh bien c’est non seulement possible mais c’est ce que font la plupart des êtres humains. Le plus grand soufflet qu’on puisse donner à Dieu n’est pas d’être furieux contre lui et de lever le poing au ciel, mais bien plutôt de rester indifférent envers lui, de faire fi de son amour et du sacrifice qu’il a pourvu en la personne de son Fils, grâce à qui je peux être réconcilié avec mon Créateur. Cette attitude est encore plus grave que de lui cracher au visage.

Une autre façon très en vogue de rendre caduque la grâce de Dieu est de la remplacer par de la religiosité. Les faux apôtres qui ont infiltré l’église de Corinthe prêchent un Évangile tronqué. Ils altèrent la Bonne Nouvelle en y ajoutant du poison sous forme de préceptes humains tirés du judaïsme. Ils rejettent le message de Paul selon lequel la justice ne s’obtient que par le moyen de la foi en Jésus-Christ et ils enseignent aux Corinthiens qu’ils peuvent contribuer à leur propre salut. Ceux qui suivent cet enseignement erroné s’accrochent à une bulle de savon ; une telle croyance est plus grave qu’inutile car elle mène droit à la perdition.

La même situation existe aujourd’hui dans ce qu’on a coutume d’appeler la chrétienté. Les fausses doctrines sont largement répandues partout et il n’est pas facile, même pour le chercheur honnête et diligent de trouver la vérité. Par exemple, il y a ceux qui croient en un Jésus angélique créé qui devint un homme pour servir Dieu. Ce Christ-là est une fabrication maison, un mythe, une invention qui ne correspond pas à la réalité. En conséquence, il ne peut pas plus sauver ses adeptes que le père Noël. Quant aux gens bien, qui ne font de mal à personne, pas même à une mouche, et qui en plus vont de temps en temps à l’église, ils croient un peu trop vite qu’ils ont souscrit une assurance vie pour l’éternité. Certes, leur style de vie est louable, mais ils mettent la charrue avant les bœufs, car la première responsabilité de tout être humain est d’accepter la grâce de Dieu dont il a éperdument et désespérément besoin. Ensuite, il peut et il doit glorifier son Sauveur en menant une vie droite faite de bonnes œuvres.

Verset 2

Je continue le texte.

En effet, Dieu déclare dans l’Écriture : Au moment favorable, j’ai répondu à ton appel, et au jour du salut, je suis venu à ton secours. Or, c’est maintenant, le moment tout à fait favorable ; c’est aujourd’hui, le jour du salut (2Corinthiens 6.2).

Paul cite une portion d’une prophétie du livre d’Ésaïe. Elle annonce la venue du Messie sous la forme d’un dialogue entre lui et l’Éternel. Je lis cette prophétie extraordinaire en la compressant :

Et maintenant, voici ce que dit l’Éternel, celui qui m’a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, pour rassembler Israël auprès de lui. Et il a dit aussi : “ Tu ne seras pas seulement mon serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et ramener ceux que j’ai préservés du peuple d’Israël. Car je t’établirai pour être la lumière des nations afin que mon salut parvienne aux extrémités de la terre. ” Voici ce que dit l’Éternel qui délivre Israël, qui en est le Dieu saint, à l’homme méprisé et détesté du peuple, à l’esclave des despotes : “ Des rois verront et se lèveront, des princes aussi, et ils se prosterneront, par égard pour le Saint d’Israël qui t’a choisi. ” Voici ce que dit l’Éternel : “ Au moment favorable je répondrai à ton appel, et au jour du salut je viendrai à ton aide. Je te protégerai, et je t’établirai pour conclure une alliance avec le peuple, pour dire aux prisonniers : Sortez, et à ceux qui demeurent dans les ténèbres : Montrez-vous ! Ils n’endureront plus ni la faim ni la soif, la chaleur du désert et le soleil ne les frapperont plus car celui qui les aime les conduira et il les mènera auprès des sources d’eau ” (Ésaïe 49.5-10).

En citant un court extrait d’Ésaïe, Paul réprimande les faux apôtres judaïsants qui enseignent que pour être juste devant Dieu, la foi seule ne suffit pas car il faut aussi obéir à la loi de Moïse. Dans cette prophétie, Dieu annonce que c’est lui qui procure le salut, et qu’il sera offert non seulement à la nation rebelle d’Israël, mais également aux païens. Bien sûr, Jésus est la personne centrale de ce message de la grâce de Dieu. Au tout début de son ministère et selon la coutume des rabbins itinérants, Jésus est entré dans la synagogue de Nazareth, sa ville d’origine, où il a lu une autre prophétie d’Ésaïe le concernant et qui va de pair avec la première que j’ai lue. Je lis la seconde telle qu’elle nous est rapportée dans l’évangile selon Luc :

L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la délivrance aux opprimés et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur. Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit. Dans la synagogue, tous les yeux étaient braqués sur lui. — Aujourd’hui même, commença-t-il, pour vous qui l’entendez, cette prophétie de l’Écriture est devenue réalité (Luc 4.18-21).

Le moment favorable et le jour du salut, c’est le temps présent. C’est la période de grâce pendant laquelle Dieu donne aux hommes l’occasion de répondre à son invitation à entrer dans son royaume. C’est maintenant. Regardez votre pendule ! Quelle heure est-il? C’est la bonne heure et le bon moment pour vous, vos proches et vos voisins. Nous n’avons que ce temps, que ce jour, aujourd’hui ; demain ce sera peut être trop tard ! L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Dieu fixe de nouveau un jour, qu’il appelle aujourd’hui. Aujourd’hui, si vous entendez la voix de Dieu, ne vous endurcissez pas (Hébreux 4.7).

Verset 3

Je continue le texte du chapitre 6.

Pour que notre ministère soit sans reproche, nous évitons, en toute chose, de causer la chute de qui que ce soit (2Corinthiens 6.3).

Paul doit constamment faire face aux critiques de ses adversaires les faux apôtres. Il a déjà commencé à défendre son ministère ce qui l’a conduit à expliquer le contenu de sa prédication. Il poursuit ici sa plaidoirie en affirmant tout d’abord qu’il n’est pas la cause du naufrage de certains Corinthiens par rapport à la foi. En effet, on peut être sûr que ce qu’il dit est vrai; il évite scrupuleusement toute attitude ou conduite qui pourrait nuire à son ministère en tant qu’ambassadeur de Jésus-Christ. « Fais ce que je dis et ce que tu me vois faire » est en quelque sorte la devise de l’apôtre. C’est important car quels que soient les talents naturels et les dons spirituels d’un serviteur de Dieu, s’il ne mène pas une vie exempte de tout reproche, l’influence bienfaisante de son enseignement est neutralisée. Certaines personnes cherchent un bon prétexte pour ne pas accepter Jésus-Christ et ils seront ravis de le trouver dans la conduite moins qu’honorable de ses serviteurs. Chaque chrétien et à plus forte raison le prédicateur, doit veiller à se comporter conformément aux préceptes moraux de Dieu. Paul sait bien que beaucoup le regardent comme un insensé et que son message offense les religieux juifs et même les philosophes grecs. Cependant, la faute ne vient pas du prédicateur mais se trouve dans l’essence même de l’Évangile qui est un scandale pour les uns et une folie pour les autres. Les motivations de l’apôtre sont tout à fait pures; il ne cherche jamais à servir ses propres intérêts et oeuvre uniquement pour l’avancement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et du royaume de Dieu. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul écrit : Je me fais tout à tous, afin d’en conduire au moins quelques-uns au salut par tous les moyens (1Corinthiens 9.22).

Cela dit, je reconnais bien que nul ne peut plaire à tout le monde et que certaines saintes ni-touches hyper-susceptibles seront offensées de toute façon, quoi que fasse ou dise le prédicateur. Si vous ne le saluez pas, ils pensent que vous êtes hautain ; si vous faites l’effort de leur parler, vous les interrompez au mauvais moment ; si vous leur serrez la main, vous leur faites mal à cause de leur arthrose ; si vous leur envoyez un petit mot, c’est parce que vous en avez après leur argent ; si vous ne leur écrivez pas, ils se sentent rejetés ; si vous allez leur rendre visite, vous les barbez ; si vous n’allez pas les voir, c’est que vous ne vous intéressez pas à eux.

Dans un restaurant, prêt de la caissière, sur un écriteau on lisait : « Nous ne pouvons satisfaire tout le monde, mais nous faisons le maximum ». C’est effectivement le mieux que quelqu’un puisse faire.

Versets 4-5

Je continue le texte.

Et voici comment nous nous recommandons nous-mêmes en toutes choses comme serviteurs de Dieu : c’est en vivant avec une persévérance sans faille dans les détresses, les privations, les angoisses, dans les coups, les prisons, les émeutes, dans les travaux, les veilles, les jeûnes (2Corinthiens 6.4-5).

« voici comment nous nous recommandons nous-mêmes » commande une seule phrase qui va jusqu’au verset 10 inclus et qui rassemble les titres de gloire de l’apôtre. Paul ne cherche pas à prouver qu’il est un serviteur de Dieu, mais c’est parce qu’il en est un qu’il se donne en exemple. Cette liste de misères qui commence ici et se poursuit est abasourdissante ; un grand coup de massue. Elle met en relief la capacité surhumaine de Paul à supporter les épreuves avec constance et une ferme endurance. Pour lui, ce qui compte par-dessus tout n’est pas sa vie mais de toujours demeurer fidèle à Dieu et à son appel. Le ministère de l’apôtre est soutenu à la fois par sa persévérance sans faille et la puissance du Saint-Esprit. Voilà pourquoi rien ni personne ne peut l’arrêter et qu’il a pu répandre l’Évangile et fonder des églises dans bon nombre de villes de l’Empire romain.

Les neuf souffrances mentionnées et présentées en trois groupes de trois, authentifient la réalité de l’appel de Paul en tant qu’apôtre du Christ. Les trois premières misères : « détresses, privations et angoisses » sont d’ordre général et dues à des circonstances particulièrement stressantes. Ensuite, il énumère trois sortes de persécutions qu’il a personnellement endurées : « coups, prisons, et les émeutes.

Ces trois afflictions ont eu lieu simultanément au moins une fois. Quand il écrit cette épître, Paul est déjà allé en prison au moins trois fois, il a été bastonné plusieurs fois, il a reçu 39 coups de fouet au moins 5 fois, et il porte les cicatrices qui le prouvent. Aux Galates, il écrit : Je porte sur mon corps les cicatrices des blessures que j’ai reçues pour la cause de Jésus (Galates 6.17).

Dans sa première épître aux Corinthiens, il a déjà dit :

Jusqu’à présent, nous souffrons la faim et la soif, nous sommes mal vêtus, exposés aux coups, errant de lieu en lieu. Nous nous épuisons à travailler de nos propres mains. On nous insulte ? Nous bénissons. On nous persécute ? Nous le supportons. On nous calomnie ? Nous répondons par des paroles bienveillantes. Jusqu’à maintenant, nous sommes devenus comme les déchets du monde et traités comme le rebut de l’humanité (1Corinthiens 4.11-13).

Dans les pays démocratiques, croire en Jésus-Christ ne provoque pas de persécutions physiques mais quand même des moqueries et parfois des insultes. Ces brimades ne sont pas entièrement  négligeables car stressantes et peuvent décourager le croyant mal affermi.

Le troisième groupe de tribulations de l’apôtre : « travaux, veilles et jeûnes », décrit comment il vit les pressions inhérentes à son ministère.

Versets 6-7

Je continue le texte.

Nous nous recommandons nous-mêmes en toutes choses comme serviteurs de Dieu en étant juste dans les actes quotidiens, par un savoir mêlé de sensibilité à l’égard des autres, par la patience, par la bonté, dans un esprit de sainteté, par l’amour sans hypocrisie, par la Parole de vérité, par la puissance de Dieu, c’est par les armes de la justice, de droite ou de gauche (2Corinthiens 6.6-7).

Les 9 misères et titres de gloire précédemment énumérés sont maintenant contrebalancées par 9 vertus spirituelles et morales qui permettent à l’apôtre d’endurer victorieusement toute adversité. Pour décrire les armes de la justice, l’apôtre utilise une image militaire. En effet, le soldat romain tient son arme dans la main droite et le bouclier dans la gauche. Dans son épître aux Éphésiens, Paul compare la foi à un bouclier et appelle la Parole de Dieu l’épée de l’Esprit. Une vie droite qui proclame la justice de Dieu telle que l’apôtre l’enseigne dans l’épître aux Romains, permet au croyant de contrer toutes les attaques de l’adversaire, qu’il soit homme ou diable. Il est vrai que Dieu a parfaitement équipé Paul en lui donnant de nombreux dons spirituels et même miraculeux, et comme tout disciple du Christ, il bénéficie de l’aide concrète et surnaturelle du Saint Esprit. Jésus a dit à ses disciples :

Quand on vous traînera dans les synagogues devant les dirigeants et les autorités, ne vous inquiétez pas au sujet de ce que vous aurez à dire pour votre défense, ni de la manière dont vous la présenterez. Car le Saint-Esprit vous enseignera à l’instant même ce que vous devrez dire (Luc 12.11-12).

Mais si Paul a pu être un instrument quasi parfait dans les mains de Dieu, c’est parce que c’est un pur; il proclame la vérité avec un cœur droit et il est authentique dans sa vie, ses paroles et ses actes. Il est vrai qu’on trouve bien des gens patients, bons, sensibles aux autres ou qui mènent une vie droite. Par contre, je dirais que l’amour pur et sincère est une denrée assez rare. Et attention aux faux amis qui sont prêts à vous caresser dans le sens du poil et à dire toutes les platitudes que vous désirez entendre, mais qui vous marcheront aussi dessus si ça peut les aider à monter un peu plus haut sur le podium de la vie.

Verset 8

Je continue le texte.

Et voici comment nous nous recommandons nous-mêmes en toutes choses comme serviteurs de Dieu : c’est en vivant avec une persévérance sans faille qu’on nous honore ou qu’on nous méprise, que l’on dise de nous du mal ou du bien. Et encore : on nous prend pour des imposteurs, mais nous disons la vérité (2Corinthiens 6.8).

L’apôtre commence à dresser une liste de 9 paradoxes qui s’opposent deux à deux et qui expliquent, d’une part, les réactions conflictuelles que son ministère suscite, et d’autre part, la façon dont il réagit face à ses adversaires. Les faux apôtres qui se sont introduits dans l’église de Corinthe calomnient et méprisent Paul ; ils le traitent d’imposteurs et ne disent que du mal de lui. Bien sûr, de tels propos sont plutôt désagréables, mais au final, une attitude belliqueuse est moins dangereuse que la langue édulcorante hypocrite. Dans une très célèbre fable du moraliste La Fontaine, le renard réussit à s’emparer du fromage puis dit au corbeau : « Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ». Et Shakespeare fait dire à l’un de ses personnages : « La flatterie nous fait plus de mal que la critique ». En attaquant ouvertement Paul, les faux apôtres sont sortis de l’ombre, mais en révélant leur jeu diabolique, ils se sont rendus vulnérables car ils ont déclenché les foudres de Paul et seront finalement mis hors d’état de nuire.

Versets 9-10

Je continue le texte.

On nous prend pour des inconnus, et pourtant on nous connaît bien, on nous prend pour des mourants, et voici nous sommes toujours en vie, on nous prend pour des condamnés, mais nous ne sommes pas exécutés, on nous croit affligés, et nous sommes toujours joyeux, pauvres, et nous faisons beaucoup de riches, dépourvus de tout, alors que tout nous appartient (2Corinthiens 6.9-10).

Paul est un homme inexistant et non reconnu, éconduit autant par les païens que par les Juifs. Cela n’a rien d’étonnant, car ignorant complètement les réalités invisibles et spirituelles, les gens du monde ne peuvent comprendre que ce qu’ils perçoivent par leurs sens. Jésus a averti ses disciples qu’il en serait ainsi quand il leur a dit :

Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous faisiez partie du monde, il vous aimerait parce que vous lui appartiendriez. Mais vous n’appartenez pas au monde parce que je vous ai choisis du milieu du monde ; c’est pourquoi il vous poursuit de sa haine. Souvenez-vous de ce que je vous ai déjà dit : le serviteur n’est jamais supérieur à son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s’ils ont gardé mes paroles, ils garderont aussi les vôtres (Jean 15.18-20).

Paul a été établi apôtre par le Christ lui-même et il est l’archétype du serviteur de Dieu, mais quelle vie il a menée ! L’apôtre et ses compagnons de misère sont traités, au mieux comme des chiens dans un jeu de quilles, au pire comme des condamnés à mort. Malgré ce tableau déprimant, l’apôtre n’en est pas vraiment affecté. Comme il a placé son entière confiance et toute son espérance en Dieu, il est toujours remplis de la joie inépuisable du Seigneur et il se réjouit d’avance de sa félicité éternelle ; bien que dénué de tout bien matériel, il enrichit tous ceux qu’il rencontre avec ce qui compte vraiment, c’est à dire la connaissance de Jésus-Christ, et de plus, Paul possède la gloire éternelle.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 06 2023

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