Introduction

Quand j’ai étudié l’histoire de France, j’ai été surpris de constater qu’il s’agit essentiellement de guerres. Ce n’est pas très élogieux pour nous, mais on peut se consoler en se disant qu’il en est de même pour tous les peuples. Israël n’est pas une exception et c’est d’ailleurs pour cette raison que le peuple a opté pour la royauté. Ils veulent un roi qui marche à leur tête dans les combats. Alors, l’Éternel leur donne Saül qui pour l’instant est encore un paisible agriculteur, mais les choses vont changer à toute vitesse.

Versets 3-7

Je continue à lire et en compressant tout au long, dans le chapitre 11 du premier livre de Samuel où la ville de Yabéch est en très mauvaise posture, encerclée par Nahach l’Ammonite, un sinistre personnage particulièrement sanguinaire dont le nom veut dire « serpent » et qui veut bien épargner la ville à condition de crever un œil à tous les habitants.

Les responsables de Yabéch lui dirent : — Accorde-nous un délai de sept jours. Nous enverrons des messagers dans tout le territoire d’Israël, et si personne ne vient à notre secours, nous nous rendrons à toi. Les messagers arrivèrent à Guibea, la ville de Saül, et exposèrent aux gens ce qui se passait. Tous les habitants se mirent à se lamenter et à pleurer. Juste à ce moment, Saül revenait des champs derrière ses bœufs. Il demanda : — Qu’a donc le peuple à pleurer ainsi ? On lui raconta ce qu’avaient dit les messagers de Yabéch. Lorsqu’il eut entendu cela, l’Esprit de Dieu tomba sur lui et il entra dans une violente colère. Il prit une paire de bœufs et les découpa en morceaux qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël par des messagers chargés de proclamer : — Celui qui ne suivra pas Saül et Samuel au combat verra ses bœufs traités de la même manière. Alors une frayeur venant de l’Éternel s’empara du peuple, qui se mit en marche comme un seul homme (1Samuel 11.3-7).

À cette époque, on prend tout son temps pour faire la guerre car c’est une occupation comme une autre. Les Ammonites sont tellement sûrs que personne ne viendra au secours de Yabéch qu’ils veulent bien attendre que les messagers de la ville reviennent bredouilles. N’étant pas convaincus que les habitants seraient prêts à se rendre sans se battre, ça leur évitera peut-être de lancer contre la ville un assaut très sanglant aux résultats douteux. Quant à Saül, on ne le reconnaît que partiellement comme roi; il a besoin de réaliser un exploit pour que tout le peuple le suive. Il a donc obéi au conseil de Samuel et vaque à ses occupations agricoles en attendant que l’Éternel lui révèle ce qu’il attend de lui. Voilà qui est donc fait. L’Esprit de Dieu s’empare de Saül qui se fâche tout rouge parce qu’une ville d’Israël est sur le point de tomber devant l’ennemi et l’une de ses aïeules est originaire de Yabéch. Les messagers courent annoncer à ses habitants que tout Israël vient à leur secours. Le rassemblement des troupes a lieu à 70 km au nord de Jérusalem, à l’ouest du Jourdain et à une journée de marche de Yabéch assiégée.

Versets 8-15

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 11.

Saül les recensa ; il en compta 300 000 des tribus du nord et 30 000 de la tribu de Juda. Les messagers venus de Yabéch furent chargés de dire à leurs compatriotes : — Demain, quand le soleil donnera toute sa chaleur, vous serez délivrés. Les gens de Yabéch firent transmettre aux Ammonites : — Demain nous (lit. : « sortirons vers vous ») et vous nous traiterez comme il vous plaira. Le lendemain matin, Saül répartit ses hommes en trois compagnies qui investirent le camp ennemi à la dernière veille de la nuit. Ils battirent les Ammonites jusqu’au moment de la plus grande chaleur. Les rescapés furent si bien dispersés qu’il n’en resta pas deux ensemble. Le prophète Samuel dit alors : — Venez et allons à Guilgal pour y confirmer la royauté ! Tout le peuple se rendit à Guilgal, ils y établirent Saül pour roi devant l’Éternel et ils offrirent des sacrifices de communion devant l’Éternel. Ensuite Saül et tous les gens d’Israël se livrèrent là à de grandes réjouissances (1Samuel 11.8-15).

C’est la première fois depuis la conquête sous Josué que tout le peuple répond en masse à un appel à la guerre. Après avoir marché toute une nuit, les Israélites anéantissent les Ammonites au petit matin grâce à l’intervention bienveillante de l’Éternel. Cette victoire aussi éclatante que rapide atteste le choix divin de Saül qui a ainsi pu asseoir son autorité sur Israël. Tout le peuple reconnaît désormais qu’il est le roi légitime.

Chapitre 12

Versets 1-2

Nous voici rendus au chapitre 12 qui commence par le chant du cygne de Samuel. Je commence à lire.

Samuel dit à tout le peuple d’Israël : — Vous avez vu que je vous ai accordé tout ce que vous m’avez demandé : j’ai établi un roi sur vous. Maintenant, voici le roi qui vous dirigera. Quant à moi, je suis devenu vieux, mes cheveux ont blanchi et mes fils sont parmi vous. Je vous ai dirigés depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour (1Samuel 12.1-2).

Samuel est au crépuscule de sa vie. Ça fait peut-être bien 50 ans qu’il dirige la nation. Bien que le choix d’Israël se soit porté sur un roi plutôt que sur l’Éternel, Dieu est prêt malgré tout à donner sa bénédiction à son peuple dans la mesure où, d’une part, celui-ci se détourne des idoles qui sont omniprésentes en Palestine, et d’autre part, accepte d’obéir à l’Éternel et à ne rendre de culte qu’à lui seul. Samuel profite de ce rassemblement d’Israël pour démissionner officiellement de sa charge de juge et pour céder sa fonction de chef et d’administrateur à Saül. Cependant, il continuera à exercer comme prêtre, prophète et intercesseur.

Versets 3-5

Je continue.

Je me tiens aujourd’hui devant vous. Répondez-moi devant l’Éternel et devant celui qui a reçu son onction : De qui ai-je pris le bœuf ? De qui ai-je pris l’âne ? Ai-je exploité ou opprimé l’un de vous ? De qui ai-je accepté un présent pour fermer les yeux sur sa conduite ? Dites-le, et je vous rendrai tout ce que j’aurais pris injustement. Ils lui répondirent : — Tu ne nous as ni exploités, ni opprimés, et tu n’as jamais rien accepté de personne. Il reprit : — L’Éternel est donc témoin devant vous, et celui qui a reçu l’onction de sa part l’est aussi aujourd’hui : vous n’avez rien trouvé à me reprocher. Le peuple confirma : — Oui, il en est témoin (1Samuel 12.3-5).

Samuel est un homme intègre et son ministère publique a été impeccable. De nos jours, quand un homme entre en politique, il se présente devant le peuple avec un miroir aux alouettes et il chatouille les oreilles des électeurs en leur promettent la lune. Évidemment il jure par tous les dieux qu’il aura un comportement au-dessus de tout soupçon. S’il a quelques chances d’être élu, des journalistes spécialisés fouillent dans ses affaires pour voir s’il n’a pas un vieux squelette caché dans un placard ou pour dénicher quelques situations embarrassantes de son passé ou du présent. Avec Samuel, on a rien trouvé; personne ne se lève pour dire qu’il a reçu des pots de vin et usurpé la justice. Quel exemple de droiture ! Par ses propos, Samuel donne une leçon de bonne conduite au nouveau roi.

Les questions de rhétorique qu’il pose au peuple concernent des cas spécifiques traités par la Loi de Moïse. Dans la suite du texte que je ne lis pas, Samuel passe en revue l’histoire d’Israël, afin de bien mettre en avant la fidélité et la miséricorde de l’Éternel à l’égard de son peuple. Samuel enfonce encore le clou en soulignant une fois encore c’est Dieu qui a dirigé et protégé Israël depuis sa sortie d’Égypte, et qu’il n’avait donc pas besoin d’un autre roi que lui. Il rappelle que c’est la menace des Philistins à l’ouest et des Ammonites à l’est qui leur a servi de prétexte pour chercher une certaine sécurité dans un roi humain et non en l’Éternel. Et pourtant, Dieu avait bien fait ses preuves tout au long de leur histoire. Cette demande d’un roi était donc prématurée et sans raison valable.

Versets 12-15

Je continue le texte plus loin.

Lorsque vous avez vu Nahash le roi des Ammonites venir vous attaquer, vous êtes venus me dire : « Nous ne voulons pas continuer ainsi ; il faut qu’un roi règne sur nous. » Comme si l’Eternel n’était pas votre roi ! Eh bien, maintenant, voici votre roi selon ce que vous avez choisi et demandé. C’est l’Éternel qui l’a établi sur vous. Si désormais vous révérez l’Éternel, si vous lui rendez votre culte, si vous lui obéissez sans vous révolter contre ses paroles et si vous et votre roi qui règne sur vous, vous suivez l’Éternel votre Dieu, tout ira bien. Mais si vous n’écoutez pas l’Éternel et si vous êtes rebelles à ses commandements, l’Éternel vous frappera sévèrement, ainsi que votre roi, comme il a frappé sévèrement vos ancêtres (1Samuel 12.12-15).

Malgré le caractère condamnable du désir des Israélites d’avoir un roi, tout n’est pas perdu s’ils se soumettent à l’Éternel. Comme Moïse en son temps, Samuel met les Israélites devant leurs responsabilités. Il leur rappelle les obligations de l’alliance et les conséquences de l’obéissance ou de la rébellion. Ce qui est fondamental dans la structure socio-politique d’Israël n’est pas tant d’avoir ou non un roi, mais d’être fidèle à l’Éternel, le véritable souverain d’Israël.

Versets 16-18

Je continue.

Maintenant, restez encore là, et observez la chose extraordinaire que l’Éternel va accomplir sous vos yeux. Ne sommes-nous pas actuellement au temps de la moisson des blés ? Eh bien, je vais invoquer l’Éternel et il fera tonner et pleuvoir pour que vous soyez bien conscients que vous avez commis une grave faute aux yeux de l’Éternel en demandant un roi. Alors Samuel invoqua l’Éternel, et l’Éternel fit tonner et pleuvoir ce jour-là. Tout le peuple fut saisi d’une grande crainte à l’égard de l’Éternel et de Samuel (1Samuel 12.16-18).

La moisson des blés s’étend de mi-avril à mi-juin. À cette époque de l’année et jusqu’en octobre, il est extrêmement rare qu’il pleuve en Palestine. Mais en réponse à la prière de Samuel, le tonnerre gronde et il pleut. Le craquement du ciel est comme la voix de Dieu qui résonne et prononce un immense Amen sur le ministère et la parole du prophète Samuel. C’est aussi un grand reproche audible que l’Éternel adresse à son peuple.

Versets 19-22

Je continue.

Tous supplièrent Samuel : — Intercède pour tes serviteurs auprès de l’Éternel ton Dieu afin que nous ne mourions pas, car nous avons ajouté à toutes nos fautes celle de demander un roi pour nous. Samuel rassura le peuple : — Soyez sans crainte ! Oui, vous êtes bien coupables de ce mal, mais ne vous détournez pas de l’Éternel et servez-le de tout votre cœur. Ne vous éloignez pas de lui, sinon vous courrez après des choses de néant qui sont inutiles et incapables de secourir, parce qu’elles ne sont que néant. Il a plu à l’Éternel de faire de vous son peuple. C’est pourquoi il ne vous abandonnera pas, car il tient à faire honneur à son grand nom (1Samuel 12.19-22).

Une fois de plus, les Israélites se repentent, du moins en surface. Ils ont eu tort de demander un roi et de rejeter par la même occasion la souveraineté de l’Éternel sur eux. Mais Samuel les console. C’est vrai que le passé ne peut pas être changé, mais le futur est encore plein de promesses. La bénédiction est toujours possible si le peuple est fidèle à l’Éternel son Dieu, et s’il ne va pas courir après des choses de néant, c’est-à-dire les idoles de son passé. Dans sa miséricorde, Dieu veut bien passer l’éponge en l’honneur de son nom, à cause de qui il est.

Versets 23-25

Je finis le chapitre 12.

En ce qui me concerne, que l’Éternel me garde de commettre une faute contre lui en cessant de prier pour vous. Je continuerai à vous enseigner le bon et droit chemin. De votre côté, révérez l’Éternel et servez-le sincèrement de tout votre cœur en considérant les grandes choses qu’il a accomplies pour vous. Mais si vous faites le mal, vous serez détruits, vous et votre roi (1Samuel 12.23-25).

Samuel fait partie des grands intercesseurs du peuple d’Israël. Avec ses exhortations se termine la deuxième partie du livre consacré à l’établissement de Saül comme premier roi d’Israël. À partir de maintenant, la royauté et le ministère de Samuel vont se côtoyer, mais c’est toujours Samuel qui est le véritable guide spirituel du peuple. C’est lui qui prie pour Israël et qui l’exhorte à demeurer fidèle à l’Éternel ; ce rôle d’intercesseur est son devoir sacré.

Comme je l’ai déjà dit, la demande par Israël d’un roi est une façon de rejeter d’une part, Samuel, et d’autre part, l’Éternel en tant que seul souverain. Le peuple est ingrat à l’égard de l’action passée de l’un et de l’autre et il n’a pas confiance en Dieu pour l’avenir. Cependant, la royauté en elle-même n’est pas un obstacle pour Israël, si le roi et le peuple choisissent de demeurer fidèles, de se soumettre, et d’obéir à l’Éternel qui est le grand Roi d’Israël.

Chapitre 13

Versets 1-2

Nous arrivons maintenant au chapitre 13 où commence à se révéler la véritable personnalité de Saül. En apparence, et physiquement, il a la majesté d’un roi, mais sa position suprême lui est rapidement montée à la tête. Je commence à lire en compressant tout au long.

Saül était âgé de 30 ans à son avènement. Quand il eut régné deux ans sur Israël, il sélectionna trois mille soldats d’Israël, deux mille pour rester avec lui à Mikmach et dans la région montagneuse de Béthel, et mille qu’il plaça sous les ordres de son fils Jonathan à Guibea de Benjamin. Les autres soldats furent renvoyés dans leurs foyers (1Samuel 13.1-2).

Pendant les siècles qu’a duré la transmission du texte, les chiffres originaux du chapitre 13 se sont perdus en route. Saül est plus proche de 40 ans que de 30. Ayant tiré la leçon de ce qui s’est passé avec les Ammonites, Saül décide de constituer une petite armée de métier forte de 3 000 hommes, une force d’action rapide en quelque sorte. Il les place stratégiquement afin de se protéger des Philistins car ceux-ci n’ont évidemment pas l’intention de laisser Saül régner en paix. Mikmach est situé à 12 km au nord de Jérusalem sur une chaîne de collines s’étendant au nord-ouest, et la ville de Guibéa se trouve au sud-ouest.

Verset 3-4

Je continue.

Jonathan abattit la stèle dressée par les Philistins à Guibéa. Alors se répandit rapidement parmi les Philistins la nouvelle que les Hébreux s’étaient révoltés. Tout Israël apprit que Saül avait abattu la stèle des Philistins, et qu’Israël s’était ainsi rendu odieux aux Philistins. Tout le peuple se rassembla donc à Guilgal pour aller combattre avec Saül (1Samuel 13.3-4).

La dernière fois que nous avons rencontrés les Philistins, Israël leur a fait subir une cuisante défaite grâce à l’intercession de Samuel auprès de l’Éternel. Puis le temps a passé et il se trouve qu’ils dominent à nouveau une partie de la tribu de Benjamin. Pour bien s’affirmer, ils ont même dressé une sorte de monument. Jonathan dirige un corps d’armée qui s’attaque à la garnison des Philistins ce qui lui permet de détruire cette stèle, symbole de leur présence. Cette action est évidemment une déclaration de guerre qui va enclencher la première des 3 grandes batailles qui auront lieu sous le règne de Saül. Jonathan son fils jouera un rôle central dans toutes les guerres contre les Philistins. Saül endosse la responsabilité de l’action de son fils contre les Philistins car c’est probablement lui qui lui a donné l’ordre de les attaquer. En tout cas, cette action d’éclat déclenche les hostilités.

Versets 5-12

Je continue.

Les Philistins mobilisèrent leurs troupes pour combattre Israël. Ils avaient trois mille chars de guerre et six mille soldats sur char, ainsi qu’une multitude de fantassins, nombreux comme les grains de sable des mers. Les hommes d’Israël virent qu’ils étaient dans une situation extrêmement critique, car ils étaient serrés de près par l’ennemi. Ils se cachèrent dans les grottes, les buissons, les cavernes, les souterrains et les citernes. Certains Hébreux franchirent le Jourdain et se réfugièrent dans le territoire de Gad et de Galaad. Pendant ce temps, Saül était toujours à Guilgal, au milieu de son armée qui tremblait d’épouvante. Il attendit sept jours le rendez-vous fixé par Samuel. Celui-ci n’arrivant pas, les soldats commencèrent à abandonner Saül et à se disperser. Alors Saül dit : – Amenez-moi les bêtes de l’holocauste et des sacrifices de communion. Et il offrit lui-même l’holocauste. Au moment où il achevait de l’offrir, Samuel arriva et lui demanda : — Qu’as-tu fait ? Saül répondit : — Je me suis dit : “ Les Philistins vont tomber sur moi à Guilgal avant que j’aie pu implorer l’Éternel. ” Alors je me suis fait violence et j’ai offert l’holocauste (1Samuel 13.5-12).

Certains manuscrits ont 30.000 chars ce qui est impossible. Déjà 3.000 est peu vraisemblable, mille à la rigueur mais ça fait beaucoup. Il s’agit sans doute de 300 chars. Saül a reçu l’ordre d’attendre Samuel afin qu’il offre le sacrifice à l’Éternel de manière à ce qu’Israël ait la victoire sur ses ennemis. Mais il n’en peut plus de se ronger les ongles et décide d’immoler lui-même les animaux sur l’autel des holocaustes, ce qui lui est strictement interdit ; seul un prêtre ou Samuel a ce droit. Saül a offensé l’Éternel. Comme il est roi, il se dit qu’il peut bien offrir ces sacrifices lui-même, après tout pour lui ce ne sont que des actes magiques.

Les pratiques idolâtres cananéennes ont tellement déteint sur les Israélites qu’ils voient leur Dieu de la même manière que les peuplades autour d’eux considèrent leurs idoles. Les Israélites on peine à croire que l’Éternel est le Seigneur du ciel et de la terre. Cet état de délabrement spirituel explique pourquoi Saül, à l’image des rois des peuples environnants, pense qu’il est tout à fait justifié de prendre les choses en main : quelques incantations, deux petits tours de passe-passe et l’affaire est dans le sac. Et puis Samuel, le prêtre de service, n’avait qu’à être à l’heure ; non, mais ! Qui est le roi ici ? Il faut dire, presque à la décharge de Saül, qu’il est particulièrement stressé, vu que ses soldats commencent à déserter en masse et que l’ennemi montre les dents. Il a manqué de courage, de patience, de foi et de fermeté. Il n’est pas à la hauteur de sa charge. Malheureusement pour Saül, selon la Loi de Moïse, il a commis une action particulièrement grave qui marque le début de la fin de sa royauté. Plus que tout, Dieu a en horreur l’arrogance ; un petit passage du livre des Proverbes dit de l’Éternel :

qu’Il se moque des moqueurs, mais il accorde sa faveur aux humbles (Proverbes 3.34).