Introduction

Même les plus grands de ce monde doivent un jour le quitter, et cela, indépendamment de leur gloire ou de leurs accomplissements sur cette terre. Même David, le plus grand roi d’Israël est allé rejoindre son premier fils, celui que Bath-Chéba lui a donné, dans le royaume des morts. Il en eut un second de la même femme ; son nom est Salomon, et dans l’histoire que nous raconte l’auteur du premier livre des Rois, il vient juste de succéder à son père et devient donc le nouvel homme fort d’Israël.

Versets 12-22

Je continue à lire dans le second chapitre du 1er livre des Rois tout en compressant.

Salomon siégea sur le trône de son père David et il établit fermement son autorité royale. Adoniya vint trouver Bath-Chéba, la mère de Salomon. Elle lui demanda : — Viens-tu me voir avec de bonnes intentions ? Il répondit : — Oui. — Tu sais que la royauté aurait dû me revenir, lui dit-il, et que tous les Israélites regardaient vers moi comme à celui qui devait régner. Maintenant, j’ai une seule demande à t’adresser, ne me la refuse pas ! Elle répondit : — Parle ! — Si tu demandes quelque chose au roi Salomon, il ne te le refusera pas. Alors veuille, je te prie, lui demander de me donner pour femme Abichag, la Sunamite. Elle se rendit auprès du roi Salomon pour lui parler en faveur d’Adoniya. Le roi se leva pour aller à la rencontre de sa mère, il se prosterna devant elle, puis il s’assit sur son trône. Il fit placer un siège pour sa mère à sa droite. Elle lui dit : — J’ai juste une petite chose à te demander, ne me la refuse pas ! — Demande ce que tu veux, ma mère, lui dit le roi, car je n’ai rien à te refuser. Elle continua : — Qu’Abichag la Sunamite soit donnée pour femme à ton frère Adoniya. Le roi Salomon répondit à sa mère : — Comment peux-tu demander Abichag la Sunamite pour Adoniya ? Demande donc tout de suite la royauté pour lui, puisqu’il est mon frère aîné ; il a déjà pour le soutenir le prêtre Abiatar et Joab ! (1Rois 2.12-22).

Salomon n’a pas procédé à une purge comme cela se faisait couramment au Proche Orient ancien. Quand un nouveau roi s’assoyait sur le trône, il faisait quelque chose comme un grand nettoyage de printemps en supprimant tous ceux qui pourraient menacer sa place. Malgré tout, il doit constamment être sur le qui-vive car il y a toujours des Iznogood qui veulent être calife à la place du calife, comme dans la célèbre bande dessinée. Adoniya a déjà essayé une fois de prendre le pouvoir et ce fut un échec, mais il n’a pas abandonné l’espoir de capturer le trône car en tant que fils aîné il estime qu’il lui revient. Alors, avec ses complices, il met sur pied un plan ingénieux afin de discréditer Salomon aux yeux du peuple et s’assurer une position qui lui permettra de prendre le pouvoir. Sachant que le roi est dévoué à sa mère, il va la trouver; celle-ci est tout d’abord méfiante à l’égard d’Adoniya, mais il gagne sa confiance par sa requête apparemment inoffensive. Elle se laisse berner ne voyant là qu’une banale histoire d’amour. Elle se dit aussi qu’en satisfaisant la passion d’Adonija, ce dernier acceptera plus facilement la souveraineté de son fils.

Comme dans les cours d’Orient, la reine mère jouit d’une considération et d’une influence considérables, elle va présenter sa requête à son Fils. Mais Salomon sent tout de suite un rat; il comprend ce que cache la demande de son frère Adoniya et explose car c’est une nouvelle intrigue en vue de s’emparer du trône. En effet, Abichag était l’infirmière de David et faisait techniquement partie de son harem bien qu’il ne l’ait pas touchée. Or, dans le Proche-Orient ancien, l’usage voulait que le nouveau roi reprenne le harem de son prédécesseur. Salomon soupçonne aussi le prêtre Abiatar et Joab d’être à l’origine de cette requête, car ayant soif de pouvoir, ces deux hommes avaient déjà misé sur Adoniya pour s’assurer une place au soleil. Abichag est théoriquement la veuve du roi David. Sil elle est donnée à Adoniya, ce dernier acquiert par là un droit à la royauté du défunt et une partie du peuple l’aurait vu d’un bon œil.

Versets 23-27

Je continue en compressant.

Alors le roi Salomon prêta serment au nom de l’Éternel : — Aussi vrai qu’il est vivant, je jure qu’aujourd’hui même Adoniya sera mis à mort. Alors le roi Salomon donna ordre à Benayahou de l’exécuter. Ensuite le roi ordonna au prêtre Abiatar : — Retire-toi dans ta propriété, car toi aussi tu mérites la mort. Ainsi Salomon démit Abiatar de sa fonction de prêtre de l’Éternel. De la sorte, il accomplit la parole que l’Éternel avait prononcée contre les descendants d’Éli à Silo (1Rois 2.23-27).

Avant que n’apparaisse Samuel, Éli était le grand-prêtre et ses fils exerçaient comme prêtres et ils profitaient de leur position pour voler ceux qui venaient adorer Dieu et pour violer les femmes. Leur père n’étant pas intervenu, l’Éternel avait juré que ses descendants perdraient la prêtrise. Abiatar est le seul qui reste de la lignée d’Éli, tous les autres ayant été massacrés par le roi Saül. Maitenant que Abiatar est banni, la parole de l’Éternel est accomplie.

En tant que capitaine de la garde, Benayahou est chargé des exécutions importantes; c’est le bourreau des gens de valeur. Bien qu’Abiatar mérite la peine capitale, Salomon lui fait grâce parce qu’il a exercé les fonctions de prêtes et partagé les souffrances de son père David.

Versets 28-35

Je continue le texte en compressant avec un autre larron.

La nouvelle parvint à Joab qui s’était rallié au parti d’Adoniya. Joab se réfugia dans la Tente de l’Éternel et saisit les cornes de l’autel des sacrifices. Alors Salomon envoya Benayahou, avec l’ordre de l’exécuter. L’Éternel fera retomber sur lui la responsabilité de l’assassinat de deux hommes plus justes et meilleurs que lui : Abner, chef de l’armée d’Israël, et Amasa, chef de l’armée de Juda. Il les a tués tous deux par l’épée à l’insu de mon père David. Yehoyada partit, il frappa Joab et le fit mourir. On l’enterra dans sa propriété, au désert. Le roi le remplaça à la tête de l’armée par Benayahou, et il mit le prêtre Tsadoq à la place d’Abiatar (1Rois 2.28-35).

Salomon fait le ménage à grands coups de balais. Comprenant que sa dernière heure a sonné, Joab se réfugie à l’intérieur du parvis du Tabernacle et s’agrippe aux cornes de l’autel des holocaustes qui sert aux sacrifices d’animaux. Cependant, la Loi n’accorde l’immunité qu’aux auteurs d’homicides involontaires (Exode 21.14).

Joab s’est rendu coupable de meurtres et de traîtrise puisqu’il fait partie des conjurés conduits par Adoniya. De plus, le roi, en tant que représentant et régent de l’Éternel, est responsable de rendre la justice. Or, tant qu’il ne le fait pas, il participe indirectement à la culpabilité de Joab, ce qui selon la Loi de Moïse souille le pays et met un frein à la bénédiction de l’Éternel.

Versets 36-46

Je continue en compressant jusqu’à la fin du chapitre 2 avec le dernier larron.

Le roi convoqua Chimeï et lui dit : — Construis-toi une maison à Jérusalem, tu y habiteras et tu ne la quitteras pas. Je t’avertis que le jour où tu sortiras de la ville, tu mourras et tu porteras seul la responsabilité de ta mort. Chimeï répondit au roi : — C’est bien ! Ton serviteur se conformera à l’ordre de mon seigneur le roi. Mais trois ans plus tard, deux de ses esclaves s’enfuirent de chez lui chez Akich, roi de Gath. Alors Chimeï s’en alla à Gath pour y rechercher ses esclaves, puis il revint avec eux. On rapporta à Salomon que Chimeï était allé de Jérusalem à Gath et qu’il était revenu. Le roi convoqua Chimeï et lui dit : — Pourquoi n’as-tu pas respecté le serment fait devant l’Éternel et as-tu désobéi à l’ordre que je t’avais donné ? Le roi ajouta : Tu sais bien toi-même tout le mal que tu as fait sciemment à mon père David. L’Éternel te fera porter le châtiment de ta méchanceté. Le roi donna ses ordres à Benayahou ; celui-ci frappa Chimeï qui mourut. Ainsi la royauté fut consolidée entre les mains de Salomon (1Rois 2.36-46).

Salomon n’a pas la gâchette trop facile; il répugne à verser le sang et cherche d’autres solutions. Chimeï est un homme dangereux prêt à fomenter un nouveau complot, mais au lieu de le purger, Salomon l’oblige à habiter Jérusalem et à ne pas quitter la ville afin qu’il puisse garder un oeil sur lui. De cette façon, Salomon le coupe de son clan familial de la tribu de Benjamin qui est une menace pour la dynastie de David. Chimeï viole son serment en allant chercher ses esclaves enfuis à Gath (Libna), situé à 48 km au sud-ouest de Jérusalem; c’est une petite cité-état tributaire d’Israël. Il arrive parfois que Dieu utilise une raison futile pour exercer son jugement sur celui qui s’est rendu coupable de grandes fautes. Si Chimeï s’était tenu tranquille ainsi qu’Adoniya et Joab, ils seraient tous encore en vie, et le prêtre Abiatar n’aurait pas été banni. L’élimination ou la mise à l’écart des principaux opposants au nouveau roi contribue à la consolidation du pouvoir royal et de la dynastie de David. L’avenir de Salomon semble assuré.

Chapitre 3

Verset 1

Nous voici au chapitre 3 que je commence à lire.

Salomon s’allia par mariage avec le pharaon, roi d’Égypte, en épousant sa fille. En attendant d’avoir fini de bâtir son palais, le Temple de l’Éternel et le rempart autour de Jérusalem, il l’installa dans la cité de David (1Rois 3.1).

Au moment de son accession au trône, Salomon était marié à une Ammonite (1 Rois 14.21). Maintenant qu’il est roi depuis 3 ou 4 ans, il veut une princesse ce qui est plus approprié à son rang. Ce mariage répond aussi à des fins politiques ; l’Égypte est alors le plus puissant royaume du Moyen Orient. Le Pharaon est probablement le dernier de la faible 21 ème dynastie. Comme il voit un intérêt à contracter cette alliance c’est qu’il considère Israël comme un royaume économiquement et militairement très puissant. Cependant, Salomon introduit un cheval de Troie dans son fief car cette reine est probablement idolâtre. Politiquement, Salomon est génial, spirituellement, moins brillant et il va dégénérer.

Versets 2-4

Je continue.

Seulement, en ce temps-là, le peuple continuait à offrir des sacrifices sur les hauts-lieux car on n’avait pas encore construit le Temple pour l’Éternel. Salomon aimait l’Éternel et se conformait aux instructions de son père David. Seulement, lui aussi offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts-lieux. Un jour, le roi se rendit à Gabaon, où se trouvait alors le haut-lieu le plus important, pour offrir un sacrifice. Il fit immoler mille holocaustes sur cet autel (1Rois 3.2-4).

Gabaon est à moins de 10 km au nord de Jérusalem. C’est aussi là que se trouve la Tente de la Rencontre qui avait été construite par Moïse dans le désert. Une fois établis dans le pays de Canaan, les Hébreux s’étaient approprié les lieux de culte institués sur les hauteurs par les Cananéens. Le lieu de culte central prévu par la Loi (Deutéronome 12:11) n’existait toujours pas, et par cette pratique d’offrir des sacrifices sur les collines, les Israélites courent le risque de retomber dans l’idolâtrie. Voilà pourquoi l’auteur souligne la nécessité de construire le Temple. Au début de son règne, le coeur de Salomon est droit; en fait, il est le seul personnage de l’Ancien Testament dont il est dit qu’il aimait l’Éternel et comme par hasard, son second nom est Yedidya qui signifie : « bien-aimé de l’Éternel » (2 Samuel 12.25). D’après plusieurs passages parallèles (1 Rois 1.39; 1 Chroniques 29.22; 2 Chroniques 1.1-13), le sacrifice offert à Gabaon est une cérémonie d’inauguration tenant lieu de couronnement.

Versets 5-8

Je continue.

Pendant la nuit, l’Éternel lui apparut là en songe et lui dit : — Demande ce que tu désires que je t’accorde. Salomon répondit : — Tu as témoigné une grande bienveillance à ton serviteur David mon père, parce qu’il vivait fidèlement selon ta volonté, de façon juste et avec un cœur droit. Tu lui as conservé cette grande bienveillance et tu lui as accordé un fils qui siège aujourd’hui sur son trône. Maintenant, Éternel mon Dieu, c’est toi qui m’as fait régner, moi ton serviteur, à la place de mon père David, alors que je ne suis encore qu’un tout jeune homme et que je ne sais pas gouverner. Voilà ton serviteur au milieu de ton peuple que tu as toi-même choisi, un peuple nombreux qui ne peut être dénombré ni compté, tant il est nombreux (1Rois 3.5-8).

Selon la tradition, Salomon avait 12 ou 14 ans quand il est devenu roi. En tout cas il a moins de vingt ans et encore humble. Il fonde sa prière, non sur son propre mérite, mais sur la bienveillance que Dieu a témoignée à son père. Il faut savoir que malgré ses chutes profondes, David n’a jamais abandonné l’Éternel. Or, déjà sous le régime de l’Ancien Testament, les hommes sont jugés d’après leur foi (Hébreux 11:6). Salomon reconnaît sans mal que tout ce qu’il possède ou qu’il est, il le doit à l’intégrité de son père et à la bienveillance de l’Éternel. Il avoue aussi qu’il n’est pas à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée ; il a hérité d’un territoire immense et d’un peuple nombreux, entre 7 et 8 millions de personnes. Ses responsabilités pèsent donc lourdement sur ses épaules.

Verset 9

Je continue.

Veuille donc donner à ton serviteur l’intelligence nécessaire d’un cœur écoutant pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu’il sache discerner entre le bien et le mal ! Sans cela, qui pourrait administrer la justice pour ton peuple qui est si nombreux ? (1Rois 3.9).

Dans les Textes Sacrés, le cœur est non seulement le siège de la vie affective, mais davantage encore celui de la volonté et de l’intelligence. Salomon place donc le bonheur du peuple au-dessus de ses désirs de devenir un roi puissant, populaire et riche. Si vous voulez accéder à une fonction publique, prenez note.

Versets 10-16

Je continue.

Cette demande de Salomon plut au Seigneur. Alors Dieu lui dit : — Puisque c’est là ce que tu demandes, et que tu ne demandes pour toi ni longue vie, ni richesse, ni la mort de tes ennemis, mais l’intelligence nécessaire pour exercer la justice avec droiture, eh bien, je vais réaliser ton souhait. Je te donnerai de la sagesse et de l’intelligence comme à personne dans le passé, ni dans l’avenir. De plus, je t’accorde ce que tu n’as pas demandé : la richesse et la gloire, de sorte que pendant toute ta vie aucun roi ne t’égalera. Enfin, si tu marches dans les chemins que j’ai prescrits, si tu obéis fidèlement à mes lois et mes commandements, comme ton père David, je t’accorderai aussi une longue vie. Salomon s’éveilla, avec ce rêve présent à l’esprit, et il revint à Jérusalem. Là, il alla se présenter devant le coffre de l’alliance de l’Éternel. Il offrit des holocaustes, présenta des sacrifices de communion et donna un festin auquel il invita tous ses hauts fonctionnaires (1Rois 3.10-16).

Plein d’amour pour Dieu et pour son peuple, le jeune roi sentant sa faiblesse, demande et obtient la sagesse dont il a besoin pour remplir sa tache. Cette sagesse permet de prendre les bonnes décisions au bon moment, de réussir dans cette vie, et de conduire les autres à bon port.  Mais ici, dans les débuts de son règne, l’Éternel lui fait plusieurs promesses ainsi qu’une longue vie s’il demeure soumis à la Loi. Mais comme il s’est tourné peu à peu vers les faux dieux, il n’a guère dépassé la soixantaine. Salomon n’a pas prié pour recevoir le discernement spirituel et c’est bien dommage car ce sont ses femmes étrangères et idolâtres qui ont détourné son cœur de l’Éternel.

Versets 17-28

Je continue en compressant jusqu’à la fin du chapitre 3 avec l’histoire qui a rendu la sagesse de Salomon légendaire. Il faut noter que même les plus humbles avaient accès au grand roi Salomon.

Un jour, deux femmes prostituées vinrent chez le roi et se présentèrent devant lui. L’une d’elles lui dit : — S’il te plaît, mon seigneur, écoute-moi : cette femme et moi nous habitons dans la même maison et j’ai donné naissance à un fils. Trois jours après, elle a aussi mis un enfant au monde. Nous n’étions que toutes les deux. Or, pendant la nuit, elle s’est couchée sur son fils et l’a étouffé. Alors elle s’est levée au milieu de la nuit, elle a enlevé mon fils à mes côtés pendant que moi, je dormais, et l’a couché contre elle, puis elle a déposé son bébé mort près de moi. Le matin, je me suis levée pour allaiter mon enfant et j’ai trouvé l’enfant mort. Je l’ai examiné attentivement et j’ai reconnu que ce n’était pas mon fils que j’avais mis au monde. — C’est faux ! interrompit l’autre femme. C’est mon fils qui est vivant et le tien est mort ! — Pas du tout, riposta la première , [..]. Alors le roi dit: qu’on m’apporte une épée et coupez l’enfant vivant en deux et donnez-en une moitié à chacune. Alors la mère de l’enfant vivant, s’écria : — De grâce, mon seigneur, qu’on lui donne le bébé vivant, qu’on ne le fasse pas mourir ! Mais l’autre dit : — Non, coupez-le en deux. [..]. Alors le roi prononça son jugement et dit : — Ne tuez pas l’enfant ! Donnez-le à la première des deux femmes. C’est elle sa vraie mère. Tout Israël apprit le jugement que le roi avait prononcé et tous furent remplis d’un profond respect pour lui, car il avait reçu la sagesse de Dieu pour rendre la justice (1Rois 3.17-28).

Salomon écoute, réfléchit. Il y a un moment de silence puis soudainement il demande une épée; il sait comment mettre à jour les sentiments cachés des deux femmes. Ici, il fait preuve d’un grand discernement de la nature humaine, de l’instinct maternel et de la jalousie.

Chapitre 4

Versets 1-7

Nous arrivons maintenant au chapitre 4 qui a essentiellement trait à l’administration du royaume. Il donne les noms de tous les hauts fonctionnaires du roi mais je vous en ferai grâce. Nous sommes à un stade déjà avancé du règne parce que deux personnages mentionnés sont des gendres du roi. Je lis quelques extraits qui sont intéressants et pertinents pour nous.

Le roi Salomon régnait sur tout Israël. Salomon nomma douze gouverneurs sur tout Israël. Ils étaient chargés de pourvoir à l’entretien du roi et de tout le personnel de son palais. Chacun d’eux assurait le ravitaillement un mois par an (1Rois 4.1, 7).

C’est la première et dernière fois que les 12 tribus sont unies sous le même sceptre sans aucune contestation. Salomon reprend l’administration du royaume telle que David l’a instituée. Il se soucie surtout de pourvoir à ses propres besoins. Les 12 intendants nommés, un pour chaque mois de l’année, sont des fermiers généraux chargés de lever des impôts et de pourvoir à l’entretien du roi et du nombreux personnel de la cour. Les impôts sont très lourds à cause des grands travaux de construction et du train de vie de la cour royale, encore plus éclatante que celle de Louis XIV. La tribu de Juda qui est celle du roi est exempte de ces charges ce qui va faire des jaloux. Les impôts causeront un tel mécontentement qu’ils contribueront à la sécession des X tribus du nord. Les 12 circonscriptions administratives de Salomon ne coïncident pas avec les territoires échus aux 12 tribus en raison de l’inégalité de leurs ressources agricoles. Cette décision, prise en fonction de considérations économiques, remet en cause les frontières traditionnelles et entraînera des réactions négatives et la scission des tribus du nord. En voyant ce qui est arrivé à Israël, on comprend mieux pourquoi le découpage arbitraire entrepris par les puissances coloniales, surtout les Britanniques, fut une catastrophe. Nous payons encore et toujours les pots cassés, c’est-à-dire les groupes ethniques qui furent cassés, coupés juste pour arranger les administrateurs de Sa Majesté. Comme quoi une lecture attentive des Textes Sacrés serait des plus profitable à nos politiciens.