Introduction

Depuis que le monde existe, il a fait son plein de fortes têtes et ce flot n’est pas prêt de s’endiguer, vu que l’arrogance semble être de mise partout, d’une extrémité de la terre à l’autre ; à croire que c’est devenu une vertu. Cependant, jouer à la forte tête est un jeu dangereux, comme l’affirme ce proverbe de l’Ancien Testament que je cite :

Un homme qui mérite d’être repris et qui raidit la nuque sera brisé tout d’un coup et ne s’en remettra pas (Proverbes 29.1).

Le glas a déjà sonné pour Salomon et il s’en est fallu d’un cheveu que son fils Roboam, l’héritier de la couronne d’Israël, passe à la casserole. Les tribus du Nord lui ont fait un pied de nez en réduisant en lanières son percepteur d’impôts. Le climat est donc à la guerre civile et tout ça à cause de l’infidélité de Salomon à l’alliance avec l’Éternel. Ce roi puissant avait reçu la sagesse divine, mais assez curieusement elle n’a eu aucune répercussion positive sur sa vie privée et spirituelle. Certes, il a bien débuté en érigeant le Temple de l’Éternel, mais il s’est aussi construit un palais immense et luxueux, et a accumulé les femmes comme on ferait une collection de timbres. L’Éternel ayant accordé la paix à son peuple, Salomon en a profité pour faire un maximum de fric grâce au commerce ; ses navires à long cours cherchaient de l’or et des singes pour amuser la cour. Alors que son appel était de vivre et de conduire la nation à la gloire de l’Éternel, il est tombé tout en bas de l’escalier dans l’idolâtrie la plus grotesque; c’est à pleurer car voilà une vie gâchée, surtout que le roi a entraîné Israël avec lui dans sa chute.

Le péché des dirigeants d’un peuple est plus grave que celui de Monsieur tout le monde. Le contre-exemple du président qui s’est envoyé une minette dans son bureau a eu des répercussions négatives. Si un président peut satisfaire son sexe n’importe comment, n’importe quand et n’importe où sans autre réprobation qu’un petit sourire en coin des électeurs, comment les éducateurs et les parents vont-ils enseigner une discipline de vie, un code moral et la maîtrise de soi aux adolescents ? Comme je ne veux pas m’étaler davantage sur ce sujet, je continue à lire dans le chapitre 12 du 1er livre des Rois en compressant tout au long.

Versets 21-24

Lorsque Roboam fut de retour à Jérusalem, il mobilisa tous les hommes des tribus de Juda et de Benjamin, pour combattre les Israélites du nord afin de ramener le royaume sous son autorité. Mais Dieu adressa le message suivant à Chemaeya, homme de Dieu : — Parle à Roboam, fils de Salomon, et à toute la tribu de Juda et de Benjamin, ainsi qu’au reste du peuple pour leur dire : “ Voici ce que déclare l’Éternel : Ne partez pas en guerre contre vos compatriotes, les Israélites, n’allez pas les combattre ! Que chacun de vous rentre chez soi, car c’est moi qui ai produit tout ce qui s’est passé. ” Ils obéirent à l’Éternel et s’en retournèrent chez eux (1Rois 12.21-24).

Le prophète Chemaeya est de la tribu de Juda et habite Jérusalem. Il prévient la guerre civile et confirme la sanction divine annoncée précédemment à Salomon. Le schisme est dorénavant un fait accompli voulu de Dieu mais c’est la stupidité de Roboam qui l’a provoqué. À partir de maintenant donc, Israël est scindé en deux royaumes et chacun aura sa propre histoire. Tous les rois d’Israël, c’est-à-dire ceux du Nord, seront mauvais selon le point de vue divin et seulement 8 rois du Sud seront bons. Le royaume des X tribus du Nord sera emmené en captivité par les Assyriens en 732 av. J-C et celui du Sud par les Babyloniens en l’an 567. C’est donc une période déprimante de l’histoire d’Israël que je m’apprête à commenter, mais le plus triste est que tous ces rois et leurs sujets possèdent la révélation de Dieu. Ils connaissent les promesses de bénédiction divine attachées à l’obéissance de la Loi, et ils savent fort bien qu’ils encourent des châtiments sévères en cas d’infidélité à l’Éternel, mais ils ont délibérément choisi la rébellion et l’idolâtrie.

Versets 25-30

Je continue le texte.

Jéroboam fortifia la ville de Sichem dans la région montagneuse d’Éphraïm et il en fit sa résidence. Jéroboam se dit : — Si les sujets de mon royaume continuent à se rendre à Jérusalem pour y offrir des sacrifices dans le Temple de l’Éternel, ce peuple s’attachera de nouveau au roi de Juda. Alors ils me tueront et se soumettront à Roboam. Après avoir pris conseil, le roi fit faire deux veaux d’or et déclara au peuple : — En voilà assez avec ces pèlerinages à Jérusalem ! Voici votre Dieu, Israël, celui qui vous a fait sortir d’Égypte ! Il dressa l’une des statues d’or à Béthel et installa l’autre à Dan. Ce fut là un péché (1Rois 12.25-30).

Les idoles sont en fonte plaquée or. Béthel se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord de Jérusalem mais tout au sud du royaume des X tribus. Dan est lui tout au nord du pays. Les pèlerinages à Jérusalem pour les grandes fêtes religieuses auraient effectivement pu rapprocher les Israélites du Nord de ceux de Juda, alors Jéroboam prend peur et à recours à des machinations politiques et religieuses. Il ne tient aucun compte des paroles de l’Éternel qui lui a dit :

Si tu fais ce que je considère comme juste en observant mes ordonnances et mes commandements, je serai avec toi, je ferai de toi le chef d’une dynastie durable comme je l’ai fait pour David, et je te confierai Israël (1Rois 11.38).

Les divinités araméennes et cananéennes étaient souvent représentées siégeant sur un veau ou un taureau. Jéroboam répète la faute qu’avait commise Aaron, le grand-prêtre et frère de Moïse dans le désert. Il s’inspire du paganisme cananéen et verse dans le syncrétisme religieux en invitant le peuple à l’adoration de l’Éternel au moyen de ces représentations grotesques et formellement interdites par la Loi de Moïse. Même si la motivation de Jéroboam est surtout politique, il commet un acte idolâtre particulièrement grave puisqu’il transgresse au moins le second commandement de la Loi (Exode 20.3) ce qui ouvre la porte aux pratiques païennes qui vont aller en s’accroissant. Tout comme David est le type et modèle des rois fidèles, Jéroboam est l’opposé; il devient le chef de file des rois apostats. Rien que dans le 1er livre des Rois, l’auteur fera allusion 19 fois à ce péché d’idolâtrie.

Versets 31-33

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 12 en compressant.

Jéroboam fit aussi construire des sanctuaires sur des hauts-lieux et il établit prêtres des hommes pris dans la masse du peuple qui n’appartenaient pas à la tribu de Lévi. Jéroboam institua une fête semblable à celle qui se célébrait en Juda et il offrit lui-même des sacrifices sur l’autel aux veaux qu’il avait fait fabriquer. Il se rendit à l’autel qu’il avait érigé à Béthel le quinzième jour du huitième mois, date qu’il avait fixée de sa propre initiative (1Rois 12.31-33).

Jéroboam additionne les violations de la Loi; il construit des sanctuaires religieux sur les sommets des collines, fabrique des idoles et change le lieu et la date de la fête des Cabanes. Elle est célébrée le 8 ème mois au lieu du septième, peut-être parce que les récoltes se terminent un peu plus tard dans le Nord. Il institue aussi un sacerdoce apostat parce que les prêtres descendants de Lévi, les seuls habilités à servir l’Éternel (Nombres 16) refusent de prêter leur concours au culte des veaux d’or. D’ailleurs, selon le second livre des Chroniques (11.13), ils émigrèrent dans le royaume de Juda.

Chapitre 13

Versets 1-3

Nous arrivons au chapitre 13 que je commence à lire en compressant.

Un homme de Dieu se rendit de Juda à Béthel sur ordre de l’Éternel. Il arriva pendant que Jéroboam se tenait devant l’autel et s’apprêtait à faire brûler les parfums. L’homme de Dieu se mit à lancer des invectives contre l’autel. Il cria : — Autel ! Autel ! Voici ce que déclare l’Éternel : il naîtra un fils parmi les descendants de David ; son nom sera Josias. Sur cet autel, il égorgera les prêtres des hauts-lieux qui offrent sur toi des parfums, et l’on fera brûler sur toi des ossements humains ! En même temps, le prophète leur donna un signe : — Voici le signe qui vous prouvera que l’Éternel a parlé : l’autel va se fendre et la graisse qui le recouvre sera répandue sur le sol (1Rois 13.1-3).

Dans les sacrifices, la graisse est la part de l’Éternel qui doit être brûlée car elle devient alors d’une odeur agréable à Dieu. Mais son écoulement à terre signifie que le sacrifice que Jéroboam est en train d’offrir n’est pas agréé par l’Éternel. Ce prophète de Juda se rend dans le royaume du Nord pour prophétiser un événement qui aura lieu 3 siècles plus tard (2 Rois 23.15 ss). Seuls Josias, futur roi de Juda, et Cyrus, futur roi de Perse sont expressément désignés d’avance par leur nom dans une prophétie de l’Écriture.

Versets 4-6

Je continue en compressant.

Lorsque le roi Jéroboam entendit la menace que l’homme de Dieu proférait, il étendit la main par-dessus l’autel et cria à ses gardes : “ Arrêtez-le ! ” Mais la main que Jéroboam avait étendue devint paralysée, de sorte qu’il ne put plus la ramener à lui. Au même moment, l’autel se fendit et la graisse qui était dessus se répandit par terre. Alors le roi dit à l’homme de Dieu : — Je t’en prie, implore l’Éternel, ton Dieu, et prie pour moi, afin que je puisse ramener ma main. Le prophète implora l’Éternel, et le roi put ramener sa main à lui comme auparavant (1Rois 13.4-6).

La profession de prophète est à haut risque, car non seulement les rois apostats essaient de le faire taire, mais la moindre désobéissance aux ordres de l’Éternel entraîne un châtiment sévère. Jéroboam a de très mauvaises intentions mais il est frappé sur-le-champ. Alors, il change de ton car il veut être guéri. En guérissant Jéroboam, l’Éternel authentifie le message du prophète et se montre miséricordieux envers le roi apostat. Il est évident que ce dernier croit vraiment en Dieu et en sa puissance, mais ça ne l’empêche pas de faire le mal.

Versets 7-10

Je continue.

Alors le roi invita l’homme de Dieu : — Viens avec moi dans mon palais te restaurer. Ensuite, je te ferai un cadeau. Mais celui-ci répondit : — Même si tu me donnais la moitié de ton palais, je n’entrerais pas chez toi. Je ne mangerai rien et je ne boirai pas une goutte d’eau en ce lieu, car l’Éternel m’a donné l’ordre suivant : — Tu ne prendras pas de nourriture, tu ne boiras pas d’eau en ce lieu et tu n’emprunteras pas à ton retour le même chemin qu’à l’aller. Il repartit donc par un autre chemin (1Rois 13.7-10).

Le roi veut faire un bon accueil au prophète pour dissiper l’impression fâcheuse produite par cette scène sur ceux qui en ont été témoins (comparez 1 Samuel 15:30). Mais le prophète refuse toute communion avec Jéroboam à cause de son idolâtrie et surtout à cause de l’ordre que l’Éternel lui a donné.

Versets 11-24

Je continue en compressant la suite qui est bien étrange.

À cette même époque vivait à Béthel un vieux prophète. L’un de ses fils vint lui raconter tout ce que l’homme de Dieu avait fait ce jour-là à Béthel et toutes les paroles qu’il avait dites au roi. Alors il demanda à ses fils : – Par quel chemin est-il parti ? Ses fils lui indiquèrent la route par laquelle l’homme de Dieu venu de Juda était reparti. Puis il leur dit : – Préparez-moi mon âne ! Ils lui sellèrent l’âne, il l’enfourcha. Il prit le même chemin que l’homme de Dieu. Il le rattrapa et lui demanda : — Es-tu l’homme de Dieu qui est venu de Juda ? — C’est bien moi ! Alors il reprit : — Viens chez moi pour manger quelque chose. Mais le prophète répondit : — J’ai reçu l’ordre de la part de l’Éternel de ne pas manger de pain, de ne pas boire d’eau en ce lieu. Mais le vieillard insista : — Moi aussi, je suis prophète comme toi ; or, un ange m’a parlé en ces termes de la part de l’Éternel : “ Ramène-le avec toi dans ta maison, pour qu’il mange du pain et boive de l’eau. ” En fait, il mentait. Le prophète de Juda retourna avec lui à Béthel pour manger et boire de l’eau chez lui. Comme ils étaient tous deux à table, l’Éternel adressa la parole à l’homme de Dieu venu de Juda en disant : “ Tu as désobéi à l’ordre de l’Éternel et tu n’as pas respecté le commandement que l’Éternel ton Dieu t’avait donné. À cause de cela, ton corps ne sera pas enterré dans la tombe de tes ancêtres. ” Après cela, le prophète de Juda sella son âne et repartit. En cours de route, un lion se jeta sur lui et le tua. Son cadavre resta étendu sur le chemin, l’âne et le lion se tenaient chacun d’un côté du corps (1Rois 13.11-24).

Ce vieux prophète joue un rôle bien fâcheux. Ayant appris ce qui s’est passé, il est jaloux de ne pas avoir été choisi pour cette mission et décide alors de nuire au jeune prophète. Une autre possibilité est que ce vieux prophète voulait simplement entrer en relation avec un homme comme lui, alors pour le faire venir chez lui, il ment. Le jeune prophète aurait dû savoir que la parole de l’Éternel ne peut être révoqué par un ange. Le châtiment de Dieu sur lui est sévère parce qu’il avait reçu l’ordre de quitter le royaume apostat au plus vite sans s’y attarder, mais il a désobéi. Non seulement il est tué, mais la consolation suprême de mourir dans sa maison, entouré des siens, et d’être enterré dans le tombeau de ses pères, lui est refusée. Dur, dur !

L’attitude surprenante du lion qui arrive uniquement pour exécuter le prophète de Juda et qui se désintéresse de l’âne prouve que le jugement annoncé contre l’autel et les prêtres apostats aura lieu comme prédit.

Versets 25-34

Je finis cette histoire et le chapitre 13 en compressant.

Des passants l’aperçurent (le jeune prophète), abandonné sur le chemin, et le lion arrêté auprès de lui. Ils le racontèrent dans la ville où habitait le vieux prophète. Quand le vieux prophète apprit ce qui s’était passé, il partit et trouva le corps du prophète étendu sur la route, ainsi que l’âne et le lion qui se tenaient à côté de lui. Le vieux prophète ramassa le cadavre de l’homme de Dieu, le chargea sur l’âne et le ramena à la ville pour procéder à la cérémonie funèbre et ensevelir le corps. Il le déposa dans son propre tombeau et entonna sur lui cette complainte funèbre : “ Hélas, mon frère ! ” Après l’enterrement, le vieillard dit à ses fils : — Après ma mort, vous m’enterrerez dans le tombeau où repose l’homme de Dieu car les menaces qu’il a proférées s’accompliront avec certitude. Malgré ces avertissements, Jéroboam ne renonça pas à sa mauvaise conduite. Il continua d’instituer comme prêtres des hauts-lieux des hommes pris dans la masse du peuple ; il entraîna sa ruine et la disparition de sa dynastie de la surface de la terre (1Rois 13.25-34).

Le vieux prophète est pris de remords et a très mauvaise conscience d’avoir causé la mort de son jeune collègue. Alors, par respect, il lui donne le même ensevelissement qu’à un membre de sa famille. Son désir d’être mis en tombe à ses côtés est une manière de s’identifier avec lui et avec son message qu’il sait s’accomplira. L’auteur souligne les fautes de Jéroboam et leurs conséquences. Elles seront régulièrement rappelées par la suite.

Chapitre 14

Versets 1-6

Nous arrivons au chapitre 14 où Jéroboam et sa dynastie sont jugés par Dieu. Je commence à le lire en compressant.

À la même époque, le, fils de Jéroboam, tomba malade. Il ordonna à sa femme : — Viens, déguise-toi pour qu’on ne reconnaisse pas que tu es la reine, puis va à Silo. C’est là qu’habite le prophète Ahiya. Tu emporteras comme cadeaux dix pains, des gâteaux et un pot de miel. Tu iras le trouver et il te fera savoir ce qui arrivera au garçon. Le prophète Ahiya était si âgé que ses yeux s’étaient éteints et qu’il ne voyait plus. Mais l’Éternel lui avait dit : — Voici que la femme de Jéroboam va venir te consulter au sujet de son fils parce qu’il est malade. Dès qu’Ahiya entendit le bruit de ses pas devant la porte, il s’écria : — Entre, femme de Jéroboam ! Pourquoi essaies-tu de te faire passer pour une autre ? De toute manière, je suis chargé de te transmettre une parole sévère (1Rois 14.1-6).

Conscient de désobéir à l’Éternel, Jéroboam use de ces subterfuges minables pour essayer de tromper Dieu et le vieux prophète maintenant aveugle. La femme apporte des cadeaux qui proviennent d’un fermier et non d’un roi afin de donner le change. Jéroboam a une conception magique de la prophétie qu’il assimile à la divination.

Versets 7-15

Je continue en compressant.

Retourne dire à Jéroboam : “ Voici ce que te déclare l’Éternel, le Dieu d’Israël : je t’ai établi chef de mon peuple Israël : tu es allé fabriquer d’autres dieux, des idoles de métal fondu ; tu m’as ainsi irrité et tu m’as tourné le dos. C’est pourquoi je vais faire venir le malheur sur ta famille : j’en exterminerai tous les hommes (littéralement : « tous ceux qui urinent contre la muraille), je balaierai tous tes descendants, comme on balaie les ordures jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. ” Ceux d’entre eux qui mourront dans la ville seront mangés par les chiens et ceux qui mourront dans la campagne seront déchiquetés par les rapaces. » Voilà ce que l’Eternel a déclaré. Quant à toi, va, rentre chez toi. Dès que tu mettras le pied dans la ville, ton enfant mourra. Tout Israël prendra le deuil pour lui et on l’enterrera ; c’est le seul descendant de Jéroboam qui sera déposé dans une tombe parce qu’il est le seul membre de sa famille en qui l’Eternel, le Dieu d’Israël, ait trouvé quelque chose de bon. Par la suite, l’Éternel établira pour lui-même un nouveau roi sur Israël qui exterminera la famille de Jéroboam. L’Eternel frappera les gens d’Israël qui ressembleront aux roseaux agités dans les eaux. Il arrachera Israël de ce bon pays qu’il a donné à leurs ancêtres parce qu’ils ont provoqué sa colère en fabriquant des poteaux sacrés dédiés à la déesse Achéra (1Rois 14.7-15).

C’est déjà la fin de la dynastie de Jéroboam. Seul son fils aîné aura des funérailles dignes de ce nom. Les autres hommes de sa famille n’auront pas de sépulture, ce qui était considéré comme un châtiment de Dieu.

Les poteaux sacrés sont en bois sculpté et représentent la déesse phénicienne de la fécondité nommée Achéra ou Astarté. Le prophète compare aussi Israël Nord à des roseaux agités par le vent, ce qui est une image de l’instabilité politique et sociale du royaume des X tribus, dont l’histoire sera marquée par des coups d’État, des assassinats et des révolutions. Le prophète annonce déjà la future déportation d’Israël de l’autre côté de l’Euphrate en Assyrie, ce qui aura lieu en l’an 722 av. J-C (2 Rois 15:29; 18:11).

Versets 16-20

Je continue plus loin en compressant.

La femme de Jéroboam se mit en route. Au moment où elle franchissait le seuil de sa maison, son garçon mourut. On l’enterra et tout Israël prit le deuil pour lui, comme l’Eternel l’avait annoncé par l’intermédiaire de son serviteur le prophète Ahiya. Après vingt-deux ans de règne, Jéroboam rejoignit ses ancêtres décédés et son fils Nadab lui succéda sur le trône (1Rois 14.16-20).

« Rejoindre ses ancêtres décédés » est une formule conventionnelle qui signifie aller dans le séjour des morts sans que le sort éternel du défunt ne soit précisé. Jéroboam régna de 931 à 910 av. J-C. Il fut le premier roi du royaume du Nord et celui qui introduisit et institutionnalisa l’idolâtrie. Il a instauré des sanctuaires où sont adorés deux veaux d’or, un nouveau sacerdoce hors la loi, sans compter la prolifération des sanctuaires idolâtres sur les collines. Il a méprisé la loi de Moïse et ses interdits, il a fait fi de la promesse que Dieu lui avait faite, ainsi que des avertissements du prophète. Jéroboam incarne la rébellion du royaume du Nord contre l’Éternel. Son seul souci était de se maintenir sur le trône. Dans sa stupidité coupable, il a voulu oublier que le pouvoir, comme la richesse, la gloire, la beauté, la jeunesse et toutes ces choses que beaucoup de gens recherchent, ne durent qu’un temps. Et puis il faut quitter cette terre pour l’éternité emportant avec soi les choix qu’on aura faits durant sa vie.