Les études

06 juillet 2022

#01 Introduction-Qui est le prophète Amos ?

Amos, dont le nom signifie « porteur de fardeaux », habite à 20 km au sud de Jérusalem où il supervise le soin donné à ses troupeaux et à sa plantation de sycomores (figuiers d’Égypte).

Homme de Juda, respecté dans sa ville, il mène une vie paisible, quand Dieu l’appelle au ministère prophétique dans le royaume des dix tribus, au temps d’Ozias, roi de Juda (792-740 av. J-C ; 2Rois 15.1-7 ; 2Chroniques 26.1-23), et vers la fin du règne de Jéroboam II, roi d’Israël Nord (793-753 ; 2Rois 14.23-15.7 ; 2Chroniques 26). Amos est un trouble-fête car Israël Nord jouit alors d’une grande prospérité et la paix règne. En effet, la Syrie, voisin redoutable, a subi de terribles défaites de la part des Assyriens, qui sont eux-mêmes en proie à des luttes internes qui affaiblissent l’empire. D’ailleurs, Jéroboam II en profite pour reconquérir les territoires que la Syrie lui avait pris, et retrouver quasiment les mêmes frontières que sous Salomon (2Rois 14.25). Cette stabilité politique favorise les échanges commerciaux. L’économie bat son plein, ce qui crée une classe supérieure qui s’enrichit toujours plus. On peut dire que c’est la belle époque.

De son côté, Ozias a écrasé les Édomites, subjugué les Philistins, et rendu les Ammonites tributaires de Juda (2Rois 14.22 ; 2Chroniques 26.6-8). Autant Ozias que Jéroboam, chacun a élevé sa nation à un haut degré de prospérité, mais ce vernis brillant cache des inégalités criantes. Amos reproche à la classe dirigeante d’accumuler les propriétés foncières. Les fonctionnaires et hommes d’affaires possèdent au moins une maison d’hiver et une résidence d’été ; ils jouissent d’un grand luxe et ils multiplient les banquets arrosés de bons vins, tout en proclamant : « l’Éternel est avec nous ! ». Non contents d’accaparer les richesses, ils abusent de leur pouvoir pour brutaliser les indigents qui sont dépossédés de leurs terres ancestrales et réduits au servage ou à l’esclavage, et les servantes subissent des sévices sexuels. Mais même le petit peuple se livre à toutes les jouissances sensuelles qui font partie des cultes idolâtres. Tous ces dérèglements justifient amplement les menaces proférées par Amos et le bâton que Dieu utilisera pour châtier son peuple est situé « au-delà de Damas » (Amos 5.27) ; c’est l’empire assyrien.

Bien sûr, la vie religieuse s’est dégradée. Aux deux principaux sanctuaires idolâtres établis par Jéroboam Ier, d’autres s’y sont ajoutés. Le culte de l’Éternel existe encore mais c’est du formalisme, tandis que l’adoration des idoles se fait avec dévotion. La totalité du peuple doit donc se repentir et revenir à Dieu. L’Éternel n’est pas impressionné par des actes religieux, surtout quand ils sont accompagnés de rites dépravés et il ne se laisse pas manipuler par les hommes et leurs simagrées, mais exige d’eux une crainte respectueuse et l’obéissance à ses commandements. Les ayant rejetés, les Israélites seront punis à moins qu’ils ne se repentent. Amos a donc pour tâche d’avertir Israël Nord que le jugement est à la porte et c’est de Béthel, le grand centre religieux idolâtre et lieu de résidence royale qu’il dénonce les abus sociaux et religieux et annonce le châtiment de Dieu : une invasion assyrienne, la destruction du royaume et l’exil de ses habitants.

Le livre d’Amos se divise en trois grandes parties. La première (chapitres 1–2), contient des oracles contre six nations païennes, puis contre Juda et enfin Israël Nord. En annonçant le jugement de cette façon, il montre qu’il n’est pas un nationaliste zélé de Juda qui attaque le royaume voisin, mais qu’il cherche vraiment à éveiller la conscience des Israélites afin qu’ils se repentent avant de tomber sous le jugement de Dieu.   Cependant, il est bien conscient qu’il n’y aura pas de justice sociale sans préalablement un retour à Dieu.

La deuxième partie du livre (chapitres 3–6) contient deux doxologies et plusieurs oracles contre Israël Nord, dans lesquels Amos dénonce avec fougue la corruption sociale, politique et religieuse du royaume et la façon éhontée dont la classe supérieure exploite le petit peuple. Il ne critique pas le système social d’Israël Nord et ne prône pas une révolution, mais il condamne vigoureusement les injustices à l’intérieur du système existant, surtout l’oppression des pauvres et la corruption. Comme il est lui-même grand propriétaire, Amos prouve que son message n’est pas un discours de lutte des classes. Il dénonce également la confiance des chefs dans leur force militaire, et la fausse croyance que le Jour de l’Éternel les délivrera de leurs ennemis.

La troisième partie du livre (chapitres 7–9) se compose de cinq visions entremêlées d’une doxologie et d’oracles, dont un qui condamne la cupidité des commerçants. On a aussi une autobiographie d’Amos ainsi que le récit du conflit entre lui et Amatsia, chef des prêtres du sanctuaire de Béthel et le jugement de ce dernier. Les deux premières visions prophétisent une catastrophe, mais l’intercession d’Amos conduit l’Éternel à y renoncer. Les deux suivantes annoncent la fin de la dynastie de Jéroboam II, la destruction des sanctuaires idolâtres et du royaume d’Israël Nord. La cinquième vision décrit aussi la fin violente d’Israël Nord.

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