Les études

22 septembre 2022

#01 Introduction (Malachie 1.1-2b)

Les prophètes de l’Éternel ne sont pas des « m’as-tu-vu », et certains sont tellement effacés qu’ils ne révèlent que leur nom. Malachie pousse la discrétion encore plus loin, car au lieu de son vrai nom, Maleachia, qui veut dire : envoyé de l’Éternel, il utilise une abréviation, Maléachi qui signifie : mon messager, et qui est aussi le titre donné à son livre par les traducteurs de la version grecque de l’Ancien Testament (la Septante). Malachie n’apparaît nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament, par contre il est mentionné dans le Talmud, qui est le commentaire de la Mishna, le recueil des traditions orales juives. Certains théologiens comme Jérôme ou Calvin, pensent que Malachie était en fait le prêtre Esdras, mais c’est peu probable. D’après quelques Pères de l’Église, Malachie est un lévite originaire du village de Supha dans la tribu de Zabulon, mais il est impossible de vérifier cette information.

On sait que Malachie a exercé son ministère parmi les Israélites revenus d’exil, alors que la Palestine est sous domination perse. En effet, il utilise le mot perse « Pécha » qui est le titre du gouverneur (Malachie 1.8), et que portait Zorobabel et Néhémie. On constate aussi que le temple de Jérusalem est rebâti et fonctionne (Malachie 1.7, 10-14 ; 3.1, 10). Cependant, les Juifs se contentent d’une pratique religieuse superficielle sans véritable dévotion. Ils sont désillusionnés parce qu’ils ne voient pas se réaliser les promesses glorieuses des prophètes d’antan, ils sont toujours sous la botte d’un empire païen, et ils ont du mal à survivre.

Le prêtre Esdras est arrivé à Jérusalem en 458 avant Jésus-Christ, et Néhémie en 445, mais après douze ans, ce dernier doit retourner à Suze (Néhémie 32.6) pour rendre compte de son administration. Après plusieurs années, il revient à Jérusalem où il est à nouveau confronté aux mêmes problèmes. Comme Esdras semble être décédé. Néhémie aurait été seul face aux problèmes, si l’Éternel n’avait pas envoyé Malachie pour le seconder. En fait, il est probable que Malachie ait commencé son ministère pendant l’absence de Néhémie, ce qui expliquerait pourquoi Néhémie et Malachie ne font pas référence l’un à l’autre.

Depuis la fin du ministère de Zacharie, un siècle s’est écoulé, le temple a été inauguré (en 516), mais Esdras ayant disparu, et Néhémie étant retenu en Perse, la situation spirituelle et morale des Israélites s’est gravement détériorée. Le peuple doute de l’amour de Dieu et même de sa justice, et trouve qu’il ne vaut pas la peine d’être son peuple. En plus, Malachie est confronté aux mêmes fautes qu’Esdras et Néhémie : la corruption des prêtres (Malachie 1.6-2.9 ; cp Esdras 10.18 et suivants. ; Néhémie 13.7-9), les hommes qui divorcent leur femme juive et marient une femme païenne (Malachie 2.11-15 ; cp Néhémie 13.23-27), le non-paiement des dîmes au trésor du temple (Malachie 3.8-10 ; cp Néhémie 13.10-14), et d’autres violations de la Loi (Malachie 3.5 ; cp Néhémie 5.1-5).

Le livre de Malachie est structuré sous la forme d’un dialogue continu, ce qui est unique en son genre. Il se compose de six oracles construits selon le même modèle, chacun commençant par un rappel du caractère de l’Éternel. Suit alors une déclaration concernant les Israélites, puis une réplique du peuple, qui est suivie de reproches adressés par Malachie qui assume le rôle d’avocat de Dieu et accusateur des Israélites.

Le livre de Malachie est très pratique car il tente de résoudre des problèmes graves et concrets. Le thème de l’alliance entre l’Éternel et son peuple est le fil conducteur du livre qu’on retrouve dans les six oracles.

Parmi ses prophéties, Malachie annonce la venue du « messager de l’alliance » (Malachie 3.1), qui sera précédée par un nouvel Élie (Malachie 4.5-6), Jean-Baptiste (Matthieu 11.13-14 ; 17.10-13 ; Luc 1.17). Dans son évangile, Luc rapporte un discours de Jean-Baptiste qui fait clairement référence à Malachie (3.1-3).

Malachie est le dernier des prophètes de l’Ancien Testament. Avec ses dernières paroles qui annoncent la venue d’Élie, Malachie tourne le dos à l’Ancienne Alliance et regarde en direction de la Nouvelle Alliance. Cependant, plus de quatre siècles et demi s’écouleront avant que n’apparaisse Jean-Baptiste, le précurseur du « messager de l’alliance ».

Sentence, parole que l’Éternel a adressée à Israël par l’intermédiaire de Malachie (Malachie 1.1).

Le mot « sentence » (massa) est souvent rendu par « oracle », mais il sert à donner le ton du discours solennel et sévère qui suit. Au travers de Malachie, l’Éternel s’adresse à tout le peuple revenu d’exil.

Moi, je vous ai aimés, déclare l’Éternel. Et vous me demandez : En quoi donc nous as-tu aimés ? (Malachie 1.2 a, b).

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