Les études

22 juin 2022

#01 Introduction – Au commencement, la Parole de vie (1 Jean 1.1)

Les trois lettres de Jean et celle adressée aux Hébreux sont les seules du Nouveau Testament où l’auteur ne décline pas son identité mais, selon la tradition, trois lettres sont attribuées à l’apôtre Jean. A la fin du 2e siècle, Irénée (140-203), est le premier auteur chrétien à citer 1 et 2 Jean et à en attribuer la paternité à l’apôtre. Or, il était disciple de Polycarpe (69-155 ?), lui-même disciple de l’apôtre Jean. Clément d’Alexandrie (155-215) et Tertullien (150-222), attribuent également la paternité de la première épître à l’apôtre Jean. Au début du 3e siècle, le théologien Origène (185-253) affirme que les trois lettres sont de la plume de Jean. Au 4e siècle, Eusèbe (265-340), père de l’Histoire de l’Église, dit que la paternité des trois lettres de Jean n’est pas contestable. Selon la tradition, Jean aurait rédigé ses trois lettres entre les années 85 et 95 et alors qu’il est très âgé. D’ailleurs, il appelle neuf fois ses destinataires « mes petits enfants ». Ceux-ci sont certainement des non-Juifs car la seule référence de Jean à l’Ancien Testament est Caïn.

Il est important de noter que les trois lettres de Jean ont des points communs entre elles. Par exemple, le thème de la vérité apparaît neuf fois dans 1 Jean et 11 fois dans 2 et 3 Jean, et l’auteur fait un lien entre la vérité et l’amour dans ses trois lettres (1Jean 3.18 ; 2Jean 1 ; 3Jean 1). Elles s’opposent à la même erreur (1Jean 4.2 ; 2Jean 7) et l’apôtre demande à ses destinataires de s’en tenir à l’enseignement qu’ils ont reçu « dès le commencement », une expression qui apparaît dans 1 et 2 Jean (1Jean 2.7, 24 ; 2Jean 6). Par ailleurs, l’évangile et la première lettre de Jean ont beaucoup de points communs. Dans chaque écrit, Jean mentionne l’incarnation (1Jean 4.2 ; Jean 1.14) ; il dit que Jésus est le Fils de Dieu (1Jean 5.5 ; Jean 20.31), son Fils unique (1Jean 4.9 ; Jean 3.16), qu’il est éternel dès le commencement (1Jean 1.1 ; Jean 1.1), la source de la vie éternelle (1Jean 5.11 ; Jean 6.35) et la vie éternelle elle-même (1Jean 5.20 ; Jean 11.25). Les non-croyants sont du diable (1Jean 3.8 ; Jean 8.44), font partie du monde non-croyant (1Jean 4.5 ; Jean 15.19) et sont dans les ténèbres (1Jean 1.6 ; Jean 12.35) ; le Christ a expié nos péchés (1Jean 3.5 ; Jean 1.29) afin que nous puissions naître de nouveau (1Jean 5.1 ; Jean 3.5-7) et recevoir la vie éternelle (1Jean 5.11 ; Jean 3.15, 16) par la foi en Jésus (1Jean 5.13 ; Jean 3.16) et qu’ainsi nous connaissions le Dieu véritable (1Jean 5.20 ; Jean 17.3) et la vérité (1Jean 2.21 ; Jean 8.32). Les croyants appartiennent à la vérité (1Jean 3.19 ; Jean 18.37) et sont des enfants de Dieu (1Jean 3.1, 2 ; Jean 1.12).

Dans 2 et 3 Jean, l’apôtre se donne le titre d’Ancien. Or, seul un apôtre qui est connu et respecté peut avoir composé des lettres avec autorité sans dévoiler son identité surtout, qu’en plus, il s’attend à ce que ses lecteurs lui obéissent. C’est un peu par pudeur que Jean n’indique pas son nom, mais surtout pour éviter que les Romains tracent la lettre jusqu’à lui, car il écrit sous l’empereur Domitien qui persécute les chrétiens.

C’est à cause de multitudes idéologies et d’hérésies colportées par des faux-frères que Jean insiste sur l’importance de la vérité et sur l’identité de Jésus qui est à la fois Dieu (1Jean 5.20) et homme (1Jean 2.22-23 ; 4.15). Quiconque ne confesse pas cette vérité appartient à l’Antichrist (1Jean 2.18 ; 4.3 ; 2Jean 7). Jean écrit à des croyants qui sont troublés par ceux qui ont quitté leur assemblée et qui enseignent une nouvelle vérité. L’apôtre leur rappelle que ce sont ceux qui placent leur confiance dans le Fils de Dieu qui possèdent la vie éternelle (1Jean 5.13). Jean donne trois tests qui permettent de déterminer si quelqu’un possède la foi qui sauve. Persiste-t-il dans le péché ou dans l’obéissance (1Jean1.5-2.2 ; 2.29-3.10 ; 5.16-20) ; dans l’amour ou dans la haine (1Jean 2.3-11 ; 3.11-24 ; 4.7-21) ; dans l’erreur ou dans la vérité (1Jean 2.12-28 ; 4.1-6 ; 5.1-15). Jean n’aime pas les demi-mesures. Soit, on connaît Dieu, soit on ne le connaît pas ; on est né de lui ou on ne l’est pas, on a la vie ou on est mort, on marche dans les ténèbres ou dans la lumière, on est enfant de Dieu ou enfant du diable. Ces trois tests reviennent trois fois dans la première lettre qui a été appelée « le sanctum sanctorum », « le saint des saints du Nouveau Testament », parce que Jean emmène le croyant dans le royaume des cieux et l’introduit dans la famille de Dieu et dans l’intimité du Père.

Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché concernant la Parole de vie (1Jean 1.1 ; cp Luc 24.39).

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