Chapitre 1

Introduction

Dans la mythologie grecque, le Minotaure est un monstre originaire de Crète qui ressemble à un homme avec une tête de taureau. Il aurait été emprisonné dans un labyrinthe construit par ? Mais oui bien sûr, par Dédale, un autre personnage de la mythologie. On rapporte aussi que de jeunes Athéniens étaient jetés en pâture à ce monstre. Heureusement, le roi d’Athènes (Thésée) aidée par la demi-sœur du Minotaure parvint à le tuer. On peut donc aller passer des vacances en Crète en toute tranquillité.

Avec ses 260 km de long et ses 12 à 56 km de large et un demi-million d’habitants, la Crête fut le siège de plusieurs civilisations, mais au premier siècle ses habitants ont plutôt mauvaise réputation puisque l’apôtre Paul dit d’eux qu’ils sont : « menteurs, des bêtes méchantes, des gloutons et des fainéants » (Tite 1.12). Avec de tels propos, on peut être sûr que l’apôtre n’a pas d’ambition politique dans cette île.

Les églises crétoises ont été établies par des Juifs qui, se trouvant à Jérusalem pour la Pentecôte (Actes 2.11), se sont convertis à Jésus-Christ lors de la prédication de l’apôtre Pierre. Paul fit une brève escale à Crète lors de son voyage à Rome (Actes 27.7-9, 12-13, 21), mais plus tard, aux alentours de l’an 64 et après sa libération de son premier emprisonnement (Actes 28), l’apôtre retourne sur l’île avec Tite pour un travail missionnaire.

Tout comme il avait laissé Timothée à Éphèse (1Timothée 1.3), il laisse Tite à Crète pour y organiser les églises et fortifier les croyants (Tite 1.5) tandis que lui va en Macédoine, la province romaine au nord de la Grèce. C’est probablement de la ville de Philippes que Paul a écrit à Tite et à peu près en même temps qu’il rédige la première épître à Timothée. L’apôtre profite alors du voyage en Crète de Zénas et Apollos (Tite 3.13) pour faire parvenir cette lettre à Tite et pour lui demander de le rejoindre à Nicopolis en Achaïe, la province romaine au sud de la Grèce, dès que ces deux hommes seront arrivés pour le remplacer (Tite 3.12).

Tite est mentionné treize fois dans le Nouveau Testament (Tite 1.4 ; Galates 2.1-3 ; 2Timothée 4.10) dont neuf dans la seconde épître de Paul aux Corinthiens, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Tite est bien connu de ces croyants. En effet, il a passé un an dans l’église de Corinthe avec Paul et c’est lui qui fut mandaté pour faire la collecte des fonds en faveur des croyants démunis de Jérusalem (2Corinthiens 8.6, 22-24). Plus tard, Tite est retourné à Corinthe au moins à deux reprises, en apportant chaque fois avec lui une lettre de l’apôtre (la deuxième ne nous est pas parvenue et c’est la troisième que nous appelons la deuxième épître aux Corinthiens).

Avec les premières et secondes épîtres de Paul à son fils spirituel Timothée, la lettre adressée à Tite fait partie de ce qu’on appelle les « épîtres pastorales » parce qu’elles nous donnent l’essentiel de l’enseignement de l’apôtre concernant le fonctionnement de l’église, le modus operandi d’une assemblée locale pour ainsi dire.

En plus du ministère commun qu’ils ont eu ensemble sur l’île de Crète, il est probable que Tite a aussi travaillé avec Paul pendant ses deuxièmes et troisièmes voyages missionnaires. Si le livre des Actes des Apôtres n’en parle pas, c’est parce que le récit de Luc, son auteur, s’arrête alors que Paul est emprisonné à Rome. Et de toute façon, le livre des Actes n’est qu’un aperçu succinct de la croissance exponentielle qu’a connue l’église du premier siècle.

Tite est un païen ordinaire (Galates 2.3) qui a été amené à croire en Jésus-Christ par Paul avant ou pendant son premier voyage missionnaire. Comme Timothée (2Timothée 1.1), il devient un disciple bien-aimé (Tite 1.4) et un collaborateur au service de la Bonne Nouvelle (2Corinthiens 8.23), et l’apôtre Paul parle de lui comme « son frère » (2Corinthiens 2.13).

En fait, nous ne savons que peu de choses sur Timothée ou Tite ; cependant, ce dernier semble avoir été le plus vigoureux aussi bien physiquement que spirituellement. En effet, alors que Paul se fait du souci pour Timothée, il ne manifeste jamais aucune inquiétude vis-à-vis de Tite qui en fait semble être le modèle parfait du païen converti à Jésus-Christ, car il ne s’est jamais identifié ni avec la loi de Moïse ni avec la circoncision (Galates 2.3-5). Par contre, Paul se conduit différemment avec Timothée. Comme il est Juif et qu’ensemble ils fréquentent les synagogues, il le fait circoncire (Actes 16.3), ce qui n’est pas le cas de Tite. Ces deux disciples confirment la règle que l’apôtre a lui-même établie et qui est :

Peu importe d’être circoncis ou non. Ce qui compte, c’est d’être une nouvelle créature (Galates 6.15).

Et dans sa première épître aux Corinthiens, il écrit :

Avec ceux qui sont sous la loi, j’ai été comme sous la loi afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi afin de gagner ceux qui sont sans loi. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns (1Corinthiens 9.20-22 ; SER).

Pour ce qui est des rites, Paul est très souple parce qu’ils sont sans réelle valeur. En effet, vis-à-vis de Dieu, il est impossible de gagner quelques bons points en obéissant à une série de règles.

Tite connaît très bien les judaïsants grands promoteurs de rites ; ces faux docteurs de l’église, comme on les appelle, insistent notamment sur le fait que tous les croyants, juifs et païens, doivent se plier à la loi de Moïse. Plusieurs années auparavant, Tite a accompagné Paul et Barnabas au concile de Jérusalem où cette hérésie avait été débattue et condamnée (Actes 15 ; Galates 2.1-5).

La dernière allusion de Paul à Tite, dans sa seconde lettre à Timothée (4.10) rapporte qu’il est parti œuvrer en Dalmatie, c’est-à-dire en Croatie (la région côtière en bordure de la mer Adriatique). Mais selon la tradition, Tite serait ensuite retourné en Crète où il resta jusqu’à la fin de ses jours.

Cette lettre à Tite a de nombreux points communs avec celles de Paul à Timothée, surtout la première. On trouve dans chacune des encouragements et des conseils personnels à un jeune pasteur, qui malgré sa fidélité au Seigneur et sa formation par le plus grand théologien de tous les temps, est confronté dans son ministère à de graves difficultés. L’apôtre donne aussi à tous deux des instructions concernant la nomination des responsables d’église (Tite 1.5-9) et des recommandations à adresser aux diverses catégories de croyant (Tite 2.2-10). De plus, les dangers qui menacent les églises de Crète sont ceux que Paul dénonce aussi dans sa lettre à Timothée. Cependant, dans sa lettre à Tite, certaines exhortations et plusieurs enseignements de l’apôtre concernent la situation spécifique des églises de Crète (Tite 1.14, 16 ; 2.11-15 ; 3.1-9).

Contrairement aux autres lettres de Paul, notamment celles adressées aux églises de Rome et de Galatie, la lettre à Tite n’a pas pour objectif d’exposer ou de défendre la doctrine chrétienne. En effet, l’apôtre a une entière confiance dans les convictions théologiques de Tite puisqu’il lui a confié l’œuvre sur l’île de Crète. D’autre part, il semble aussi que l’apôtre pense que la plupart des croyants de l’île ont une foi chrétienne conforme à son enseignement.

Au travers de cette lettre à Tite, Paul rappelle en passant quelques grandes doctrines comme la souveraineté de Dieu dans l’élection des croyants (Tite 1.1-2), la grâce seule source du salut, la régénération des élus par le Saint-Esprit (Tite 2.11 ; 3.5), la divinité de Jésus-Christ, son sacrifice expiatoire et sa révélation glorieuse à venir (Tite 2.13-14).

Concernant le retour du Seigneur, l’apôtre en parle surtout dans les deux épîtres aux Thessaloniciens. Pour lui, cette espérance est une source d’encouragement continuel qui lui permet de faire face à toutes les difficultés de son ministère. À Tite, il écrit :

(En attendant) Nous attendons que se réalise notre bienheureuse espérance : la révélation de la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et Sauveur (Tite 2.13).

Et l’apôtre Pierre en parle comme du jour où « l’étoile du matin se lève pour illuminer vos cœurs » (2Pierre 1.19). Tout au long de leur vie et jusqu’à leur dernier souffle, les apôtres n’ont jamais perdu de vue cette espérance bienheureuse du retour du Christ quand il viendra sur les nuées chercher son église pour l’emmener dans le royaume de Dieu son Père.

Je me rends bien compte combien cette perspective, qui est aussi l’espérance de tous les croyants, se situe à des années-lumière du point de vue naturaliste animal qui retrace nos origines à une sorte de soupe originelle primale qui vient d’on ne sait où et de laquelle seraient sortis des batraciens, il y a de cela autant de milliards d’années que vous voulez. Selon cette conception du monde, non seulement nous venons de nulle part, mais nous sommes destinés au néant puisqu’avec la mort, tout est fini. Ces croyances païennes sont aux antipodes du christianisme qui au contraire ennoblit l’homme puisque selon la Parole de Dieu, il a été créé à l’image du Créateur pour partager l’éternité avec lui.

Dans la lettre à Tite, Dieu et Jésus-Christ portent fréquemment le titre de « Sauveur » (Tite 1.3-4 ; 2.10 ; 13.3-4, 6) et le plan du salut est évoqué avec insistance (Tite 2.11-14). De ce fait, on pourrait dire que l’orientation majeure de cette lettre est la formation à une évangélisation efficace. Et c’est pour cela qu’il faut que les responsables des églises locales soient pieux, aptes à s’occuper des croyants (Tite 1.5-9) et à les équiper pour annoncer la Bonne Nouvelle à leurs voisins païens, qui comme je l’ai déjà dit ont plutôt mauvaise réputation. Pour gagner le droit de parler à des gens pareils, les croyants doivent tout d’abord afficher le témoignage irréfutable d’une vie droite, juste, aimante, dévouée et pieuse (Tite 2.2-14) en opposition à la vie débauchée des faux docteurs qui ont infiltré les églises (Tite 1.10-16 ; 3.1-8).

Verset 1

Je commence maintenant de lire la lettre de Paul à Tite.

Cette lettre t’est adressée par Paul, serviteur de Dieu et apôtre de Jésus-Christ, pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité conforme à la piété (Tite 1.1 ; Autre).

Paul aurait pu se présenter de bien des manières. C’est en toute vérité qu’il pourrait se dire érudit, versé dans la littérature et la philosophie grecques, et citoyen romain, ce qui à cette époque est un grand privilège. Il aurait pu se vanter d’être allé dans le troisième ciel (2Corinthiens 12.2-4), d’avoir le don de faire des miracles ou d’être inspiré de Dieu, car tout cela est vrai. Mais l’apôtre choisit de se définir comme un « serviteur ». Littéralement il dit qu’il est « un esclave de Dieu » et il utilise le mot « doulos » qui a donné douleur en français ; c’est tout dire. En s’exprimant ainsi, Paul veut dire qu’il se met volontairement et entièrement à la disposition du Seigneur.

Mais alors que partout ailleurs, il se dit « esclave de Christ » (Romains 1.1 ; Galates 1.10 ; Philippiens 1.1), ici, il se présente comme « esclave de Dieu », et cette différence n’est pas due à sa plume qui a dérapé ou à une erreur typographique. En effet, dans le livre de l’Apocalypse (Apocalypse 15.3), l’apôtre Jean appelle aussi Moïse : « l’esclave de Dieu ». Ce choix de Paul est donc délibéré dans le but de se mettre au même niveau que les serviteurs de Dieu de l’Ancien Testament et afin d’affirmer son autorité vis-à-vis des faux docteurs judaïsants, très à cheval sur la loi de Moïse et plus légalistes que lui.

Comme dans plusieurs autres épîtres (Romains 1.1 ; 1Corinthiens 1.1 ; 2Corinthiens 1.1 ; Éphésiens 1.1), Paul se donne également le titre « d’apôtre », non pour se vanter, mais ici une fois encore pour mettre en avant le fait que ses paroles portent l’imprimatur divin. En fait, le mot « apôtre » veut dire : « messager, envoyé, héraut », celui qui donne une information ou répand une nouvelle. En se désignant « apôtre », Paul s’inspire des émissaires royaux qui sont investis de l’autorité de leur souverain quand ils sont en mission, ce qui implique aussi de grandes responsabilités.

Aujourd’hui, on dirait plutôt que Paul est un ambassadeur de Jésus-Christ, mais sans la pompe et la dignité de ceux qui représentent leur gouvernement dans une capitale du monde. Paul voit son rôle comme une extension de son statut d’esclave et c’est bien ainsi que le Seigneur l’a défini lorsqu’il l’a appelé à le servir ; une histoire qui nous est racontée trois fois dans le livre des Actes (Actes 9.15-16 ; 22.14-15 ; 26.15-18).

Paul se dit « apôtre pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité conforme à la piété ». L’enseignement de toute la vérité constitue une partie essentielle de la tâche apostolique mais pour la saisir et en bénéficier, il faut un esprit de « piété », autrement dit « une soumission respectueuse envers Dieu ». Paul montre qu’il a deux soucis : d’une part, amener ceux que Dieu a choisis à se confier en Jésus-Christ, et d’autre part, leur enseigner la piété, comment mener une vie droite agréable à Dieu. En d’autres termes, le ministère de Paul vise à la fois le salut et la sanctification des élus afin qu’une fois ceux-ci devenus croyants, leur comportement soit conforme à l’enseignement des Écritures et donc la volonté de Dieu.

En effet, même ceux que Dieu a prédestinés à croire en Jésus-Christ doivent personnellement exercer leur foi, mais comme cela est impossible à l’homme naturel, c’est le Saint-Esprit qui les en rend capables. À cet égard, il faut rappeler que l’élection par Dieu précède toujours le choix de croire au Seigneur Jésus et jamais l’inverse. Dieu ne prédestine pas les élus en fonction de son omniscience ; il ne choisit pas une personne parce qu’il sait d’avance qu’elle va répondre favorablement à l’offre du salut en Jésus-Christ. Dieu choisit en fonction du conseil de sa volonté (comparez Éphésiens 1.5, 11), un point c’est tout.

Pour l’apôtre Paul, la connaissance de la vérité n’est pas un exercice cérébral, mais se traduit en actes concrets. Celui qui dit croire le message du salut qui repose sur la mort et la résurrection de Jésus-Christ, mais qui ne mène pas une vie droite est un faux croyant, car il y a quelque chose de fondamental qui cloche dans sa foi. Ce principe est important dans cette lettre, car certains Crétois abusent de la grâce de Dieu en prétendant être sauvés par la foi tout en vivant comme des païens.

Dès le début de cette lettre donc, Paul remet les pendules à l’heure disant que quand la vérité de Dieu est acceptée, elle conduit à une vie pieuse selon Dieu. Le croyant est appelé à vivre à un haut niveau de pureté dans tous les domaines de son existence et il est scandaleux d’utiliser la doctrine de la grâce pour justifier une vie de péché. Certes, c’est par pure grâce que le pécheur obtient le salut et la vie éternelle, mais cette même grâce trace aussi une ligne de conduite pour tous ceux qui se réclament de Jésus-Christ. Dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Ayant donc renoncé à toute sorte de malice, de fraude, de dissimulation, d’envie et de médisance, désirez avec ardeur, comme des enfants nouvellement nés, le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen. – Mais croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (1Pierre 2.1-2 ; 2Pierre 3.18).

Et dans le chapitre deux de la lettre à Tite, Paul dit :

La grâce de Dieu s’est révélée comme une source de salut pour tous les hommes. Elle nous éduque et nous amène à nous détourner de tout mépris de Dieu et à rejeter les passions des gens de ce monde. Ainsi nous pourrons mener, dans le temps présent, une vie équilibrée, juste et pleine de respect pour Dieu, en attendant que se réalise notre bienheureuse espérance : la révélation de la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et Sauveur (Tite2.11-13).

La grâce de Dieu transcende le temps car elle va chercher le pécheur où qu’il se trouve et l’emmène dans l’éternité. La grâce s’est révélée dans le passé, elle éduque les croyants dans le présent ; et dans le futur, quand Jésus-Christ révélera sa gloire à ceux qui croient en lui, elle transformera leur espérance en une réalité. Dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit :

Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est (1Jean 3.2)

Verset 2

Je continue le texte.

(La foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité) reposent sur l’espérance de la vie éternelle, promise avant l’origine des temps par le Dieu qui ne ment pas (Tite 1.2 ; SER).

La vie éternelle est une promesse que Dieu a faite dans l’éternité avant la création du monde. Dans sa seconde épître à Timothée, Paul écrit :

C’est lui (Dieu) qui nous a sauvés et nous a appelés à mener une vie sainte. Cette grâce, il nous l’a donnée de toute éternité en Jésus-Christ – En lui, bien avant de poser les fondations du monde, il nous avait choisis pour que nous soyons saints et sans reproche devant lui. Puisqu’il nous a aimés, il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ (2Timothée 1.9 ; Éphésiens 1.4-5).

Le plan de rédemption des pécheurs n’est pas un rattrapage ou une roue de secours ; il n’a pas été conçu après la désobéissance de nos premiers parents, mais il existe de toute éternité. Le Père a révélé son amour parfait pour son Fils (Jean 17.23-24, 26) en lui promettant une humanité rachetée à son service et qui le glorifierait à tout jamais. Le rôle de Jésus était d’être un sacrifice pour les péchés des élus afin de les purifier pour qu’ils lui appartiennent.

Un jour, dans l’éternité future, une fois que la promesse du Père envers son Fils sera entièrement réalisée, et que les rachetés le serviront et lui rendront gloire, le Seigneur Jésus dans un acte d’amour divin rendra au Père tout ce qu’il a reçu. Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul l’explique ainsi :

Et lorsque tout se trouvera ainsi amené sous l’autorité du Christ, alors le Fils lui-même se placera sous l’autorité de celui qui lui a tout soumis. Ainsi Dieu sera tout en tous (1Corinthiens 15.28).

On est pris de vertige quand on considère que les élus participent à l’engagement éternel et grandiose que le Père et le Fils ont pris l’un à l’égard de l’autre afin de se prouver leur amour infini.

Dans les Écritures, l’espérance n’est pas un souhait plus ou moins réalisable mais une certitude qui est aussi sûre que le caractère de Dieu sur lequel elle repose. Jean rapporte que Jésus a dit à ses disciples :

Oui, telle est la volonté de mon Père : que tous ceux qui tournent leurs regards vers le Fils et qui croient en lui, possèdent la vie éternelle, et moi, je les ressusciterai au dernier jour (Jean 6.40).

Nous avons l’assurance qu’il en sera exactement ainsi parce que cette promesse dépend du Dieu qui ne ment pas. Pour tous ceux qui placent leur confiance en Jésus-Christ, la promesse de la vie éternelle est aussi sûre que Dieu est digne de foi. Cependant, ce n’est qu’avec les écrits des apôtres et surtout ceux de Paul que cette espérance nous a été pleinement révélée.

Dieu est Tout-Puissant mais il y a pas mal de choses qu’il ne peut pas faire, et mentir ou tromper en est une. Un tel comportement est inconcevable et absolument impossible parce qu’il est contraire à ses attributs, parce que Dieu est saint et juste, et qu’il agit toujours absolument et conformément à son caractère, qui il est. De plus, Dieu est la source de la vérité. Jean rapporte que Jésus a dit :

Je suis la vérité ; je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi (Jean 14.6 ; LSG).