Chapitre 11

Introduction

Israël est aujourd’hui un tout petit pays, je dirais même minuscule comme il y en beaucoup dans le monde. Mais tandis que la plupart de ces nations ne font que rarement parler d’elles, sinon dans les brochures touristiques, pour le pays d’Israël, c’est tout le contraire ; il fait souvent la une des journaux et peut-être même plus que tout autre nation. D’ailleurs, beaucoup de gens en ont marre d’entendre sans arrêt parler d’Israël. L’explication de ce décalage entre les dimensions du petit état juif et son importance sur la scène internationale nous est donnée dans une prophétie de l’Ancien Testament qui dit :

Voici en ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre très pesante pour toutes les nations et quiconque essaiera de la lever de terre en sera tout meurtri. Tous les peuples du monde uniront leurs efforts pour la combattre (Zacharie 12.3).

Cette prédiction ne s’est pas encore réalisée dans sa totalité, mais on en prend le chemin. Dans l’Épître de Paul aux Romains, l’apôtre parle beaucoup de la place d’Israël non seulement dans le plan de Dieu, mais aussi dans l’histoire de l’humanité. Parce qu’Israël en tant que nation a rejeté son Messie en la personne de Jésus-Christ, l’Éternel l’a mis temporairement à l’écart, sur la touche. C’est ce qui correspond à l’époque où nous vivons aujourd’hui en ce début du 21e siècle, et qui en termes eschatologiques s’appelle le temps de la grâce ou le temps de l’Église. En tant qu’institution, l’Église fut créée par Jésus-Christ lui-même; je rappelle comment. Alors que l’apôtre Pierre vient tout juste de dire à Jésus : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant (Matthieu 16.16), le Seigneur lui répond : « Et moi, je te déclare : Tu es Pierre (Pétros en grec et qui veut dire : caillou) donc tu es Pétros, et sur ce roc (Pétra en grec) j’édifierai mon Église, contre laquelle les portes de l’enfer ne pourront rien » (Matthieu 16.18). Soit dit en passant que malgré le jeu de mots, le roc n’est certainement pas l’apôtre Pierre, qui était plutôt du genre pleutre, mais bien plutôt l’affirmation retentissante qu’il venait de faire, disant « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », ce que confirme la suite du texte, puisque tout de suite après cette déclaration fracassante, le Seigneur a interdit à ses disciples de dire à qui que ce soit qu’il était le Messie (Matthieu 16.20).

Tout ça pour dire que le plan de Dieu pour l’humanité passe par l’Église, qui comprend bien sûr des Juifs, mais en petit nombre, alors que la majorité de ses membres est constituée de personnes d’origine païenne.

Versets 28-29

Je continue maintenant à lire dans le chapitre 11 de l’épître de Paul aux Romains où l’apôtre s’adresse aux non-Juifs.

Si l’on se place du point de vue de l’Évangile, les Israélites sont devenus ennemis de Dieu pour que vous en bénéficiiez. Mais du point de vue du libre choix de Dieu, ils restent ses bien-aimés à cause de leurs ancêtres. Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont irrévocables (Romains 11.28-29).

Paul résume ici les relations de l’Éternel avec Israël et avec les païens selon deux lignes de pensées qui s’opposent. Premièrement, voulant avoir sur cette terre un peuple de rachetés de toute nation, de toute langue, Dieu a temporairement suspendu son alliance avec Israël, devenu infidèle, pour appeler à lui un nouveau peuple composé en majorité de non-Juifs. Afin d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ au monde païen, Dieu a traité Israël en ennemi. Mais deuxièmement, en ce qui concerne l’appel souverain d’Abraham par l’Éternel et son alliance avec lui et les patriarches, Israël est toujours aimé de Dieu qui accomplira en temps voulu toutes les promesses qu’il a faites au peuple qu’il a choisi. La rébellion des Juifs et leur rejet du Messie ne changent rien au plan divin. Voilà donc une nouvelle preuve que l’endurcissement et la mise à l’écart d’Israël ne sont pas définitifs. Dans le dessein d’élection de Dieu, les dons de sa grâce, ainsi que son appel, sont irrévocables. Quand l’Éternel s’engage par un serment inconditionnel, comme il l’a fait envers Abraham, ses promesses sont inscrites dans l’univers avec de l’encre indélébile. Elles deviennent des décrets irréversibles que rien ni personne ne peut changer quoi qu’il arrive ici-bas sur terre ou là-haut dans le ciel.

Versets 30-31

Je continue le texte.

Vous-mêmes, en effet, vous avez désobéi à Dieu autrefois et maintenant Dieu vous a fait grâce en se servant de leur désobéissance. De la même façon, si leur désobéissance actuelle a pour conséquence votre pardon, c’est pour que Dieu leur pardonne à eux aussi (Romains 11.30-31).

L’apôtre termine son exposé par une vue générale du plan de Dieu où il met en parallèle les destinées d’Israël et des nations païennes. Après le déluge, toute l’humanité issue des fils de Noé a rejeté l’Éternel. Alors Dieu a choisi Abraham et ses descendants comme peuple spécial pour lui faire miséricorde. Mais les Juifs sont devenus idolâtres et rebelles jusqu’à rejeter leur Messie. Maintenant Israël est donc mis à l’écart ce qui permet à Dieu de faire miséricorde à l’ensemble de l’humanité y compris les Juifs bien sûr, mais en tant qu’individus et non plus en tant que nation comme c’était le cas sous l’Ancienne Alliance. L’Église de Rome, pour ne citer qu’elle, était composée d’une majorité de païens.

Il ressort de tout cela que l’œuvre de Dieu en faveur des hommes s’est caractérisée par un renversement de sa grâce. Elle fut tout d’abord accordée au peuple juif, mais ensuite, ce qui inclut maintenant, à toute l’humanité. Paul a donc établi un contraste entre d’une part, Israël, le peuple élu, et d’autre part, les nations païennes. Une fois que le but divin sera atteint, c’est-à-dire que tous les non-Juifs élus seront entrés dans l’Église, Dieu pardonnera à Israël et la boucle sera fermée pour ainsi dire, car le peuple juif qui fut le premier à être choisi par Dieu sera le dernier à recevoir le pardon. Mais ensuite, pendant le millénium, le règne de 1 000 ans de Jésus-Christ sur terre, Israël repassera à la tête des nations.

Verset 32

Je continue le texte.

Car Dieu a emprisonné tous les hommes dans la désobéissance afin de faire grâce à tous (Romains 11.32).

Tout au début de cette épître, Paul a établi que les uns et les autres, les Juifs et les païens sont dans la même situation, dans la même prison, assujettis au péché (Galates 3.22). Ils sont tous également coupables devant Dieu et perdus, et ainsi forcés à reconnaître leur misère. Il s’en suit qu’ils sont tous sauvés de manière identique par la grâce indépendamment de leur appartenance ethnique. Il y a pour tous une seule foi en un seul Sauveur et le plan de Dieu a toujours été de faire miséricorde à l’humanité tout entière et de se créer un seul peuple qui obéisse à Jésus-Christ.

Verset 33

Je continue.

Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! Nul ne peut sonder ses jugements et ses desseins sont incompréhensibles (Romains 11.33).

En terminant sa discussion sur la révélation de la justice de Dieu dans ses choix souverains, Paul éclate en une doxologie de louanges. Le plan divin pour le salut de tous les hommes démontre l’immense grandeur et la sagesse infinie du Créateur. Dieu a révélé quelques-uns de ses jugements et quelques-unes de ses voies afin que les hommes puissent le connaître, mais il est impossible de les comprendre dans toute leur étendue. Voilà pourquoi vous et moi ne comprenons pas ce qui peut nous arriver. En effet, je peux être frappé par une tragédie que, humainement parlant, je n’ai pas méritée et qui semble être un coup du mauvais sort, un manque de chance. Mais si les circonstances me sont défavorables, je dois me rappeler qu’elles ont pour origine la profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu. J’avoue que c’est facile à dire, mais pas à vivre parce que nous sommes des êtres rationnels qui avons besoin de comprendre. Or un père de famille qui se fait bêtement écraser par un camion, ça n’a pas de sens, et pourtant ce genre d’accident arrive tous les jours.

De plus, moi je trouve particulièrement dur à digérer les injustices dans le monde ou même dans mon quartier. Non seulement, il y a des gens biens qui meurent prématurément et de façon stupide, mais aussi des enfants martyrisés, violés tandis que des êtres perfides et cruels continuent leur partie de plaisir aux dépens des pauvres gens. Quand nos filles étaient enfants et tombaient malades, leur mère et moi les emmenions chez le médecin, ce qui était évidemment la meilleure chose à faire et une preuve d’amour. Mais elles ne voyaient pas du tout les choses comme ça, car elles ne pouvaient pas comprendre pourquoi nous les remettions entre les mains d’un étranger qui les terrorisait. C’est un peu pareil en ce qui me concerne vis-à-vis de Dieu. Je ne peux pas saisir ce qu’il est en train d’accomplir, ni dans ma vie ni dans ma famille ni dans le monde. En parlant au nom de l’Éternel, Le prophète Ésaïe a exprimé cet abîme qui existe entre le Créateur et la créature. Je le cite :

Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, déclare l’Éternel ; autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et autant mes pensées sont élevées au-dessus des vôtres (Ésaïe 55.8-9).

Dans une autre Épître, l’apôtre Paul dit que muni de sa sagesse naturelle, l’homme ne peut pas accéder à la connaissance de Dieu. Je cite le passage :

L’homme livré à lui-même ne reçoit pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; à ses yeux, c’est “ pure folie ” et il est incapable de le comprendre, car seul l’Esprit de Dieu permet d’en juger (1Corinthiens 2.14).

Quand Paul dit : « ses desseins sont incompréhensibles », il emploie un mot grec qui signifie littéralement : « on ne peut en suivre les traces ». Ce terme n’apparaît qu’une autre fois et dans une autre lettre de l’apôtre où il est alors traduit par « insondable ». Je lis le passage :

Oui, c’est à moi, le plus petit de tous ceux qui lui appartiennent, que Dieu a fait cette grâce d’annoncer aux non-Juifs les richesses insondables du Christ (Éphésiens 3.8).

Les desseins de Dieu le Père tout comme les richesses de Dieu le Fils, nous sont tout à fait incompréhensibles.

Verset 34

Je continue le texte.

Car, Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? (Romains 11.34).

Paul cite un petit extrait d’un passage de l’Ancien Testament que je lis en entier :

Qui a mesuré l’océan dans le creux de sa main ? Qui a toisé le ciel avec la largeur de sa main ? Qui a tassé dans un boisseau la poussière du sol ? Qui a bien pu peser les montagnes sur la bascule et les coteaux sur la balance ? Qui donc a mesuré l’Esprit de l’Éternel ? Qui a été son conseiller et qui son instructeur ? De qui Dieu a-t-il pris conseil pour se faire éclairer ? Qui lui a enseigné la bonne voie ? Qui lui a transmis le savoir et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ? (Ésaïe 40.12-14).

Personne ne connaît la pensée du Seigneur ou ne lui donne de conseil. Quand le Christ était sur terre, il n’a jamais demandé l’avis de quiconque. Au moins une fois cependant, juste avant de faire le miracle de la multiplication des pains, Jésus posa une question à l’apôtre Philippe, mais en réalité, il ne cherchait pas à obtenir de renseignements. Je cite le passage :

Jésus regarda autour de lui et vit une foule nombreuse venir à lui. Alors il demanda à Philippe : — Où pourrions-nous acheter assez de pains pour nourrir tout ce monde ? Il ne lui posait cette question que pour voir ce qu’il allait répondre car, en réalité, il savait déjà ce qu’il allait faire (Jean 6.5-6).

Dieu agit uniquement en fonction de lui-même; il est le seul concepteur de ses sages desseins; ce sont des mystères que l’homme ne peut connaître et découvrir que s’ils lui sont révélés.

Versets 35-36

Je termine ce chapitre 11 avec une citation très libre de Paul tirée de Job, un livre poétique, ainsi que la conclusion de l’apôtre sur son exposé concernant les choix souverains de Dieu.

Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. À lui soit la gloire à jamais ! Amen (Romains 11.35-36).

Dans ce passage de l’Ancien Testament, l’Éternel dit exactement :

Qui m’a prêté pour que j’aie à lui rendre ? Tout est à moi sous l’étendue des cieux (Job 41.3).

En effet et comme je l’ai déjà dit, Dieu n’a jamais reçu quoique ce soit de quiconque ; il ne doit donc rien à personne. Au contraire, « tout vient de lui »; il est la cause première, efficace et finale de toute chose et de chaque être vivant. Il est le Créateur souverain, la source de tout ce qui a été créé. Paul dit aussi que « tout subsiste grâce à lui », c’est-à-dire qu’il pourvoit à tous les besoins de toutes les créatures grandes et petites. Finalement, « tout existe pour lui »; il est le grand patron, et à la fin des temps chaque être humain devra lui rendre des comptes sur ce qu’a été sa vie ici-bas. Il est intéressant de constater que Paul dit de Dieu, ce que lui, l’apôtre Jean et l’auteur de l’épître aux Hébreux disent de Jésus-Christ. Je lis trois passages :

Tout a été créé par lui ; rien de ce qui a été créé n’a été créé sans lui. Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux comme sur la terre, les visibles, les invisibles, les Trônes et les Seigneuries, les Autorités, les Puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé  Ce Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être. Il soutient toutes choses par sa parole puissante (Jean 1.3 ; Colossiens 1.16; Hébreux 1.3).

Le Dieu souverain, que ce soit le Père ou le Fils, est le seul qui soit digne d’être glorifié et qui mérite la louange de toutes ses créatures. C’est ainsi que se termine la première section, la partie dite doctrinale de cette Épître.

Chapitre 12

Introduction

Nous arrivons maintenant à la dernière section de la lettre, la partie pratique, l’application de l’enseignement dogmatique à la vie de tous les jours, là où nous vivons. Il a déjà été question du caractère du chrétien quand l’apôtre a parlé de sa sanctification, maintenant il reprend ce thème qu’il va développer. En effet, les privilèges de la grâce doivent se traduire dans la pratique par une consécration à Dieu. Celui qui est déclaré juste par la foi a le devoir de marcher d’une façon digne de son appel et d’accomplir les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour lui. Dans une autre Épître, Paul écrit :

Endossez l’armure que Dieu donne… Tenez donc ferme : ayez autour de la taille la vérité pour ceinture, et revêtez-vous de la droiture en guise de cuirasse. Ayez pour chaussures à vos pieds la disponibilité à servir la Bonne Nouvelle de la paix. En toute circonstance, saisissez-vous de la foi comme d’un bouclier avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du diable. Prenez le salut pour casque et l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu (Éphésiens 6.13-17).

La vie chrétienne est un combat. Nous avons déjà vu ce qui correspondrait en gros au bouclier de la foi et au casque du salut. À partir d’ici, l’apôtre met surtout l’accent sur le comportement du croyant, sur ses obligations en tant que citoyen du ciel. Il faut qu’il tienne ferme dans la bataille et coure avec zèle dans le stade de la vie. Sa conduite sainte doit être marquée par la vérité, la droiture et la disponibilité comme le souligne le passage que je viens de lire.

Cette marche en « nouveauté de vie » comme l’apôtre Paul l’a appelée précédemment (Romains 6.4) doit se traduire de façon concrète à l’égard de tout mon entourage, que ce soit dans mon Église, dans ma famille, avec mes collègues de travail ou de jeu, ou vis-à-vis des autorités politiques qui me gouvernent. Pourtant, Paul n’énonce pas de règles à suivre genre « X commandements ». Si Dieu m’a sorti de la logique étouffante d’une loi à obéir, que ce soit celle de Moïse ou une autre, ce n’est pas pour me mettre sous un nouveau système qui de toute façon sera un joug que je serais incapable de porter. C’est vrai qu’il existe bien des gens qui se disent « chrétiens séparés ». Ils fonctionnent selon deux listes : une qui dit tout ce qu’ils ne doivent pas faire et qui est particulièrement longue, et une autre qui au contraire leur dicte la conduite juste et appropriée en toute circonstance. C’est un peu comme une conjugaison à tous les temps et à tous les modes. Ces personnes légalistes se croient plus sanctifiées que les autres, ce qui encourage les cancans et la critique vis-à-vis des autres croyants moins « séparés » qu’eux.

L’apôtre Paul va nous donner une série de grands principes qui est un peu comme une carte routière avec des points de repère et plusieurs itinéraires possibles, mais où les voies sans issue sont clairement indiquées. Pour les détails, c’est à chacun de se laisser diriger par le Saint-Esprit. L’apôtre Paul vient de dire :

Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. À lui soit la gloire à jamais ! Amen (Romains 11.33, 36).

Il est sur les sommets et soudainement redescend sur terre pour l’exhortation de la section pratique du livre. Mais avant de présenter à ses lecteurs certains devoirs particuliers qui concernent leur conduite dans l’Église et dans leur entourage, l’apôtre leur adresse une exhortation générale à se consacrer à Dieu, et qui s’applique à toute la vie du chrétien.

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre 12.

Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte raisonnable (Romains 12.1).

Avant de présenter à ses lecteurs certains devoirs spéciaux concernant leur conduite dans l’Église et dans le monde, et comme je l’ai dit, l’apôtre leur adresse une exhortation générale à se consacrer à Dieu, qui s’applique à toute la vie du chrétien. Cette partie pratique de l’épître est introduite par la la particule « donc » qui relie tout ce que Paul va dire dans les chapitres suivants, avec l’exposé de « l’immense bonté de Dieu » qu’il a minutieusement exposée au préalable. Il fonde ses exhortations sur ce que Dieu a fait en Jésus-Christ pour le bénéfice de l’homme. Pour l’apôtre, il n’y a pas de théologie sans pratique, ni de marche chrétienne digne de ce nom qui ne soit bâtie sur la connaissance de Dieu et de son œuvre. Il nous dit que l’offrande de soi à Dieu n’a rien d’extraordinaire; c’est le moins qu’un croyant puisse faire, et simplement une réponse logique, raisonnée et raisonnable à « cette immense bonté » que Dieu lui a manifestée.  Comme Dieu a réellement couvert et ôté notre péché en nous donnant Celui « que Dieu a offert comme une victime destinée à expier les péchés (Romains 3.25) », littéralement : Celui qu’il a « établi comme moyen de propitiation », nous devons en retour nous offrir à lui. Ce que l’apôtre a en vue est mon corps, l’organe de toutes mes activités avec ses divers membres et surtout la langue. Le chrétien doit donc consacrer à Dieu la partie matérielle de son être. Cette consécration à laquelle je suis exhorté, n’est pas une pratique religieuse, mais un acte d’amour et un témoignage de ma reconnaissance envers le Seigneur de toute la terre à cause de la miséricorde qu’il a exercée à mon égard.