Chapitre 1

Introduction

Il existe maintes et une façon de communiquer : par les gestes, les mouvements du corps et du visage, divers instruments de musique, et bien sûr, par la voix. Jusque-là, rien de nouveau. Quelqu’un peut exprimer clairement ses pensées avec la parole et ce qu’il ressent par le biais de la poésie avec ou sans musique. Depuis la nuit des temps, des hommes et des femmes pieux se sont adressés à Dieu par la prière. Ce peut être un simple murmure, un appel au secours, un long discours, un plaidoyer, une interjection, des cris, des pleurs ou encore la louange. On trouve tous ces genres dans les Psaumes. Leur utilisation intensive que ce soit sous l’Ancienne, ou la Nouvelle Alliance dans le culte chrétien, prouve amplement qu’ils ont toujours été très appréciés par les croyants. La popularité des Psaumes tient à leur caractère profondément humain, aussi bien qu’à leur contenu religieux. Ils expriment pleinement les besoins, les tourments, les espérances et les joies de l’âme. Nous rencontrons dans les Psaumes le même Dieu, maintenant révélé en Jésus-Christ ; nous y voyons des hommes de chair et de sang comme nous, affrontant des situations qui sont au fond semblables aux nôtres, et qui trouvent en Dieu le secours dont ils ont besoin. La joie et la paix dans la foi, tout comme les afflictions, ont toujours été l’expérience du peuple de Dieu.

Le Sauveur lui-même, dans son supplice, a trouvé dans les paroles inspirées des psalmistes l’expression de ce qu’il ressentait quand il a dit :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Matthieu 27.46 ; Psaumes 22.1)»

Le Nouveau Testament est rempli d’allusions et d’emprunts des Psaumes, à tel point qu’aucun livre de l’Ancien Testament n’y est cité plus souvent. Les Psaumes sont particulièrement bien adaptés pour soutenir la foi des opprimés et consoler les persécutés, ce qui a puissamment contribué à la Réforme protestante.

Le livre des Psaumes ouvre les Écrits, qui est la troisième grande division du canon hébraïque de l’Ancien Testament. La première est le Pentateuque qui se compose des 5 ouvrages écrits par Moïse et la seconde grande division est constituée des livres historiques.

Les Psaumes sont rédigés en langage poétique comme beaucoup d’écrits prophétiques, de cantiques et de livres de l’Ancien Testament.  Le charme de la poésie lyrique consiste dans sa fraîcheur, et même dans cette naïveté qui donne essor aux sentiments de l’âme, sans les soumettre préalablement à une analyse quelconque ; c’est l’élan direct du cœur vers son Dieu, dans les circonstances infiniment diverses où peut se trouver le croyant. Ce mode d’expression est important dans la culture d’Israël. C’est un langage recherché voire fort complexe et qui est adapté à la musique. Il obéit à des règles strictes car il vise une certaine esthétique littéraire. En hébreu, la poésie se construit autour d’un parallélisme de la même pensée que l’auteur répète deux fois ou plus. Ces idées parallèles se correspondent de différentes manières. Par exemple, la deuxième peut établir une nuance ou un contraste, ou bien elle monte en intensité par rapport à la première, ou encore conclut l’idée initiale, ou sert de point de départ à une autre pensée. Ces formes poétiques sont difficiles à expliquer et ont des noms peu courants comme chiasmes ou parallélisme synonyme, emblématique, synthétique, antithétique, en escalier, etc. cependant, ces techniques littéraires sont faciles à repérer dans le texte.

À côté de la répétition d’idées, la poésie hébraïque utilise beaucoup d’images comme les métaphores et les comparaisons. Elle joue aussi sur les sons et les jeux de mots qui sont bien sûr intraduisibles dans une autre langue. Une troisième caractéristique de ce genre de poésie est la disparition des conjonctions qui unissent les propositions. Cette suppression de liens logiques oblige le lecteur à former des images, donc à méditer et à réfléchir. Quand un poème de l’Ancien Testament est divisé en strophes, il s’agit toujours d’un parallélisme d’idées. La régularité rythmique si chère à la poésie occidentale n’existe en poésie hébraïque que dans les complaintes. Par exemple dans le livre des Lamentations du prophète Jérémie, chaque ligne comporte une première partie en trois syllabes accentuées, et une seconde en deux syllabes, et ainsi de suite.

Le livre des Psaumes est riche de 150 poèmes d’une très grande diversité. Bien que la plupart soient écrits par un homme pieux au moment d’un événement particulier de sa vie, ils sont ensuite destinés à être chantés pour le culte à l’Éternel. Le plus ancien psaume est attribué à Moïse et les plus récents datent du retour d’exil au 6e siècle av. J-C.

L’Ancien Testament compte d’autres psaumes que ces 150. Outre ceux des prophètes Jonas et Habaquq, il y a les cantiques d’actions de grâce de Moïse dans le livre de l’Exode, du juge Déborah et celui d’Anne, la mère de Samuel.

Le livre des Psaumes porte en hébreu le titre de louanges, ce qui montre bien son but cultuel. Et en effet c’est le livre de chants utilisé au Temple de Jérusalem. En français, le terme Psaumes est une transcription du titre psalmos de l’ancienne version grecque.

Beaucoup d’auteurs différents ont contribué au moins un et souvent plusieurs psaumes. Près de la moitié, 73 exactement, sont attribués à David qui en son temps fut appelé le doux chantre d’Israël. C’est d’ailleurs lui qui a présidé à l’organisation du culte en Israël et qui a élaboré sa liturgie. Il est possible et même probable que David ait aussi composé certains des 39 psaumes dont l’auteur est inconnu. Une série de psaumes est attribuée aux descendants de Qoré, une famille de chantres de la tribu de Lévi et une autre collection à Asaph et à ses descendants ; lui-même étant l’un des responsables du chant au temps de David. Certains psaumes sont rangés ensemble à cause de leur thème ou de leur fonction comme par exemple, ceux qui sont chantés lors des grandes fêtes qui rassemblent les pèlerins à Jérusalem.

Les deux premiers psaumes sont très semblables et constituent un tout qui s’ouvre et se termine par le mot heureux. Ils forment l’introduction à tout le livre. Les 5 derniers psaumes sont sa conclusion ; le 150e résonne comme le point d’orgue final car il répète 13 fois Alléluia, le mot clef du livre qui veut dire loué soit le Seigneur.

Le livre des Psaumes a été arrangé en 5 recueils, probablement pour qu’il soit à l’image du Pentateuque écrit par Moïse, qui se compose des 5 livres de la Loi.

La numérotation en versets des psaumes du canon hébraïque traditionnel est différente de celle de l’ancienne version grecque utilisée par Jésus et les apôtres. C’est bien le même texte, mais découpé différemment selon la famille de manuscrits à laquelle ils appartiennent. De plus, certains psaumes sont répétés en partie ou totalement d’un recueil à l’autre parce qu’à l’origine ils font partie de différentes collections qui sont utilisées indépendamment les unes des autres avant d’être insérées dans le canon hébraïque. Ces collections ont été rassemblées à diverses époques par différents éditeurs. Ce n’est que petit à petit, au fil d’une dizaine de siècles que s’est constitué le livre des Psaumes tel que nous l’avons aujourd’hui.

116 psaumes ont un titre qui donne des directives musicales ou une information sur son genre, sur les circonstances de sa rédaction, son usage liturgique ou le nom de l’auteur.

L’ancienne version grecque comporte plus de titres et contient parfois davantage d’information que le texte hébreu traditionnel. La plupart des psaumes, composés à partir d’expériences vécues, ont été travaillés en vue d’en faire un usage cultuel collectif. Ils pouvaient ainsi faire l’objet d’une réappropriation par des fidèles ou par la communauté. Les événements concrets qui ont motivé l’auteur à écrire un psaume particulier, demeurent souvent suffisamment flous pour qu’il soit possible à chacun d’y insérer ses circonstances particulières. Les appels de détresse adressés à l’Éternel pour qu’il intervienne et délivre peuvent être lancés par un individu ou toute la nation, ce qui fait que le livre des Psaumes a été une bénédiction pour des multitudes de gens de tous les temps. Jean Calvin a dit :

Les psaumes décrivent l’anatomie de tous les recoins de l’âme.

En effet, les psaumes expriment des sentiments profonds et jouent sur toutes les touches du clavier des émotions humaines. La remarque de Calvin s’applique même au Christ. Si les évangiles racontent qu’il est allé sur le mont des Oliviers pour prier, qu’il a été crucifié, qu’il est ressuscité puis qu’il est retourné dans le royaume des cieux, ce sont des psaumes qui précisent le contenu de la prière agonisante du Christ, qui nous renseignent sur son état d’âme quand il est sur la croix et qui le décrivent dans sa gloire présente. Au final, ce livre de poésie qui se situe au milieu des Textes Sacrés a été écrit pour exalter l’Éternel et pour raconter sa gloire. Et comme par hasard, bien que ça n’en est pas un, c’est le Psaume 119 qui est un hymne à la Parole de Dieu, qui se trouve au centre même des Écritures, du moins dans les bibles qui ne contiennent pas les livres apocryphes.

Les psaumes peuvent être classés en différentes catégories. Je vais rapidement faire un tour d’horizon des principales. C’est un petit peu barbant, j’en conviens, mais ça permet d’établir des points de repère, ce qui est fort utile lorsqu’on s’attelle à disséquer 150 psaumes.

  • Environ un tiers sont des prières de supplication qui portent sur des situations de détresse très diverses comme la maladie, la persécution, une attaque ennemie ou une défaite militaire. Par des métaphores, les impies sont souvent comparés à des chiens, des taureaux ou des lions. Le danger est fréquemment assimilé à de grandes eaux qui sont sur le point de submerger l’auteur, ou à un procès injuste que lui font ses adversaires.
  • En second lieu, il y a les psaumes de reconnaissance qui expriment une action de grâce de l’auteur pour la délivrance que le Seigneur lui a accordée.
  • Troisièmement, on a les psaumes de confiance, aussi appelés hymnes de louange. Ils célèbrent l’Éternel, d’une part, pour qui il est, le Dieu vivant et véritable par opposition aux idoles, et d’autre part, pour ses bienfaits en faveur de ceux qui lui appartiennent et qui l’invoquent. Les psaumes de confiance sont une réponse de l’homme à la révélation de l’Éternel dans la Loi de Moïse, dans la création, à son œuvre dans l’Histoire, à sa souveraineté sur le monde et l’univers, et à sa bonté qui subvient aux besoins de ses créatures.
  • Quatrièmement viennent les psaumes d’instruction qui sont des écrits de sagesse parce qu’ils enseignent la bonne manière de se conduire en diverses circonstances de la vie, ainsi que l’attitude appropriée pour rendre un culte à Dieu.
  • Cinquièmement, quelques psaumes sont rédigés sur le ton d’oracles prophétiques.
  • 14 d’entre eux sont des méditations sur un événement historique du peuple d’Israël. Soit ils célèbrent une action de Dieu en sa faveur, soit ils désavouent son ingratitude.
  • En 7e lieu, dans les psaumes d’humiliation, ou de pénitence, les plus célèbres étant ceux de David, le psalmiste confesse ses mauvaises actions, demande la délivrance des conséquences de ses péchés, et souvent il rend grâces à l’Éternel pour son pardon.
  • Certains psaumes ont été rédigés pour une occasion particulière comme la célébration du jour du repos ou des fêtes en l’honneur de l’éternel.
  • Neuvièmement, beaucoup sont des psaumes royaux parce que centrés sur David et sa dynastie qui est considérée comme un avant-goût du royaume de Dieu dans un monde hostile. En Israël, le roi est un personnage important parce qu’il est le précurseur du Messie à venir. Consacré par l’onction, il est choisi par Dieu pour le représenter et le servir en gouvernant son peuple. Pour cette raison, les rois de la lignée de David possèdent un droit divin au trône ce qui n’a évidemment jamais été le cas des rois qui ont prétendu régner au nom de Dieu comme en Europe, ou être d’essence divine comme en Orient.
  • Certains psaumes royaux ont été composés pour des circonstances précises comme l’intronisation ou le mariage royal. D’autres évoquent le juste exercice du pouvoir, des délivrances accordées au roi, ou des situations menaçantes pour Israël. Le sort du peuple hébreu a toujours été intimement lié à celui de son souverain. Ils partageaient les périls et les délivrances.
  • Les psaumes royaux qui célèbrent la royauté universelle de l’Éternel sont adressés à tous les peuples. Ils ont un caractère prophétique car ils annoncent qu’un jour le Messie, le descendant de la dynastie de David, régnera avec justice sur la terre entière. Ce sera le millénium. Beaucoup de psaumes, où il est question d’une conduite droite devant Dieu, s’appliquent au Christ puisqu’il est le Juste par excellence. Certaines expériences des rois fidèles de l’Ancien Testament ainsi que tout ce qui dans les Psaumes est écrit concernant l’Éternel, peuvent être appliqués à Jésus. En lui, les règnes temporel et éternel se télescopent parce qu’il est l’Homme-Dieu. Lors de sa première venue, il devint à la fois le sacrifice et le prêtre qui l’offre. Quand il reviendra pour établir son règne de mille ans, il cumulera les deux mandats sacerdotal et royal ; il sera prêtre et roi alors que sous le régime de la Loi ils étaient strictement séparés.
  • Dixièmement, certains psaumes, une quinzaine environ, sont appelés messianiques parce qu’ils prophétisent spécifiquement des segments de la vie du Christ comme sa naissance, son style de vie, sa mort, sa résurrection, sa gloire, sa prêtrise, sa royauté et sa seconde venue. Juste avant de retourner dans les cieux, Jésus a dit à ses disciples :

Voici réalisé ce que je vous ai souvent annoncé quand j’étais encore parmi vous et que je vous disais : “ Il faut que tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes reçoive son accomplissement ” (Luc 24.44).

Sur les 219 citations de l’Ancien Testament que compte le Nouveau, 116, soit plus de la moitié, proviennent des Psaumes.

Onzièmement, dans une catégorie semblable aux psaumes royaux, certains célèbrent Jérusalem, la capitale du royaume et l’endroit terrestre où Dieu a établi sa demeure. Ces psaumes portent le titre de cantiques de Sion. Ils annoncent soit le rayonnement universel qu’un jour Jérusalem exercera sur le monde entier, soit la sécurité que Dieu lui accorde.

Le livre des Psaumes est donc d’une très grande diversité et témoigne d’une vie de prière intense des croyants sous le régime de la Loi. Les situations de vie, qu’elles soient individuelle ou communautaire, sont des raisons d’invoquer l’Éternel pour les partager avec lui. Toute la gamme humaine d’émotions, de sentiments et de dispositions d’esprit est exprimée dans les psaumes. Ils représentent le meilleur de ce que l’homme peut offrir à Dieu tant sur le fond par leur contenu qui est extrêmement intense et personnel, que sur la forme très travaillée de la poésie hébraïque.

Certains psaumes font intervenir divers récitants : des prêtres, le roi, le peuple, et surtout le chœur des Lévites où plusieurs chorales prennent la parole à tour de rôle et se répondent les uns aux autres. Ce livre est une mine d’or d’une immense richesse spirituelle. Il enseigne les bonnes manières, la réponse appropriée de l’homme à son Dieu et la façon juste et droite de gérer ses sentiments dans les différentes expériences de la vie. Les psaumes donnent des exemples de conduite à suivre, des modèles d’hommes à imiter, des mises en garde, des lignes directrices pour que le peuple de Dieu apprenne à invoquer Dieu et communier avec lui.

Douzièmement et finalement, la dernière catégorie de psaumes dont il me faut dire quelques mots, sont les Psaumes d’imprécation dans lesquels l’auteur écorche tout vif ses adversaires avec des paroles très dures et choquantes à nos oreilles, et qui semblent difficiles à concilier avec l’ordre d’aimer son ennemi. Ces assauts verbaux ne sont pas propres à l’Ancien Testament, car on les trouve aussi dans le Nouveau qui reprend même certaines imprécations de l’Ancien. Mais avant de s’indigner, d’une part, il faut replacer ces propos violents dans le contexte d’une société qui a coutume d’exprimer ses sentiments avec beaucoup d’emphase. D’autre part, ces paroles pleines de menaces, manifestent une indignation légitime face au mal et à l’injustice, devant la rébellion d’hommes qui méprisent l’honneur et la gloire de Dieu. Celui qui est victime d’un attentat, par exemple, a de bonnes raisons de se montrer furieux et affligé, comme Job par exemple. Sa réaction est saine, surtout par rapport à celui qui s’effondre et reste sans bouger à cause de sa douleur. Comme l’aspiration de l’opprimé à être délivré de l’injustice ne peut survenir que par le châtiment de ses oppresseurs, dans l’Ancien Testament et dans les Psaumes, la victoire militaire et le droit sont souvent mis en parallèle. Appeler le jugement divin sur l’impie est donc un acte de justice, et de sollicitude envers ses victimes, y compris soi-même. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus a dit :

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés (Matthieu 5.6).

Cette béatitude se réalisera dans le Millénium, lorsque Jésus viendra pour régner sur cette terre. Il faut aussi ajouter que le jugement des ennemis de Dieu est un aspect indissociable de son caractère. Il est donc légitime de lui demander de mettre un terme aux agissements d’un tyran. Cela dit, il existe quand même des différences notables entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Sous la Loi, Dieu n’est pas le Père des fidèles ; ils ne sont pas appelés ses fils et le Saint-Esprit ne demeure pas en eux. Dans le Nouveau Testament, par contre, les croyants sont exhortés à bénir et à prier pour leurs ennemis afin que ceux-ci saisissent la grâce de Dieu. Mais s’ils la refusent, ils s’exposent aux imprécations prononcées dans les Écritures.

Verset 1

Je commence maintenant à lire le Psaume premier.

Heureux l’homme qui ne marche pas selon les conseils des méchants, qui ne va pas se tenir sur le chemin des pécheurs, qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs (Psaumes 1.1).

Le livre des psaumes étant le recueil liturgique du culte israélite, le psautier commence par un psaume d’instruction qui présente deux façons de vivre. Ce verset est une béatitude, un genre littéraire que Jésus a utilisé dans le Sermon sur la Montagne. Cet homme est heureux parce qu’il est agréable à Dieu en obéissant à la Loi. Lui seul est qualifié pour célébrer un culte qui honore l’Éternel.

Marcher, se tenir debout et s’asseoir décrivent l’ensemble de l’activité humaine d’une journée. Le conseil évoque la pensée et c’est là que commence le péché d’ordre moral. Ce chemin représente le comportement de celui qui n’obéit pas à la Loi de Dieu. La compagnie est l’association avec ceux qui déshonorent Dieu. Ce verset décrit une progression du mal en trois étapes. On commence par adopter la manière de penser des impies, puis on imite leur comportement, et enfin on s’installe avec eux et même chez eux. L’homme heureux n’adopte pas le système de valeurs de ceux qui commettent des actions viles.

Cette béatitude s’applique bien sûr au Christ. Les gravures et peintures le représentent souvent comme quelqu’un de fort triste. Il est vrai que le prophète dit qu’il est un homme de douleurs. Mais il ajoute :

Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé (Ésaïe 53.4).

Il a de quoi être triste. Cependant, Jésus n’avait ni souffrances ni douleurs personnelles. Il a porté les nôtres. Lui-même était un homme, j’en suis sûr, parfaitement heureux.