Chapitre 1

Introduction

On sait qu’il ne faut pas chercher des poux à quelqu’un qui est fâché car il risque de voir rouge. Ah oui, et puis si vous rencontrez un ange, il faut y aller doucement avec les questions.

Versets 18-20

Je continue à lire dans le premier chapitre de l’évangile selon Luc.

(L’ange dit à Zacharie : ta femme Élisabeth te donnera un fils. Tu l’appelleras Jean ; Luc 1.13). Zacharie demanda à l’ange : — À quoi le reconnaîtrai-je ? Car je suis moi-même déjà vieux et ma femme est très âgée. L’ange lui répondit : — Je suis Gabriel. Je me tiens devant Dieu, qui m’a envoyé pour te parler et t’annoncer cette nouvelle. Alors, voici : tu vas devenir muet et tu resteras incapable de parler jusqu’au jour où ce que je viens de t’annoncer se réalisera ; il en sera ainsi parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront au temps prévu (Luc 1.18-20).

A cause de son âge, Zacharie n’a pas pris l’ange au sérieux et lui a dit quelque chose comme : « Cause toujours tu m’intéresses ». Mauvais plan. L’ange sort alors sa carte d’identité et il n’est pas d’humeur à plaisanter. Dans l’Ancien Testament, il était courant d’accompagner une prophétie par un signe observable qui confirme le message. Mais ici, le mutisme de Zacharie est aussi une punition parce qu’il a mis en doute la parole de Gabriel. Ce jugement est bien adapté parce que l’incrédulité est un état d’esprit et donc muette. Celui qui n’a pas la foi devrait se taire parce que les bavards qui parlent pour ne rien dire sont très lassants.

Versets 21-23

Je continue le texte.

Pendant ce temps, la foule attendait Zacharie ; elle s’étonnait de le voir s’attarder dans le sanctuaire. Lorsqu’il sortit enfin, il était incapable de parler aux personnes rassemblées. Elles comprirent alors qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Quant à lui, il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut terminé son temps de service, il retourna chez lui (Luc 1.21-23).

Le peuple qui prie à l’extérieur attend jusqu’à ce que le prêtre ayant offert l’encens sorte et les congédie avec une bénédiction. Ce passage est un peu paradoxal. Après 400 ans de silence, et par son ange, l’Éternel parle enfin. Cependant, celui qui reçoit son message devient muet. Ne pouvant pas s’exprimer, Zacharie a dû faire un mime devant la foule en émoi. Les personnes rassemblées ont quand même compris qu’il s’était passé un événement surnaturel.

Versets 24-25

Je continue.

Quelque temps après, sa femme Élisabeth devint enceinte et, pendant cinq mois, elle se tint cachée. Elle se disait : — C’est l’œuvre du Seigneur ! Il a jeté maintenant un regard favorable sur moi, et effacé ce qui faisait ma honte aux yeux de tous (Luc 1.24-25).

Pour une femme juive, ne pas avoir d’enfant était un opprobre, Elisabeth est donc transportée de joie, mais étant un peu gênée à cause de son âge, elle se cache tant que sa grossesse peut l’être, et se dit qu’elle expliquera sa condition quand elle ne pourra plus être tenue secrète.

Versets 26-27

Je continue.

Six mois plus tard, Dieu envoya l’ange Gabriel dans une ville de Galilée appelée Nazareth, chez une vierge liée par fiançailles à un homme nommé Joseph, un descendant du roi David (littéralement : un homme de la maison de David). Cette jeune fille s’appelait Marie (Luc 1.26-27).

Nous passons de Jérusalem à Nazareth. Gabriel est à nouveau en mission. Marie est vierge et fiancée à Joseph. Dans la culture juive, l’homme et la femme sont juridiquement mariés au moment des fiançailles et avant la consommation du mariage. Notre culture a inversé l’ordre; on couche d’abord et on cause ensuite. S’il y a mariage ou PACS c’est pour plus tard.

Depuis toujours, les sceptiques ont mis en doute l’existence du roi David. Mais on a trouvé une stèle (TEL DAN) datant du 9ème siècle sur laquelle est inscrit : « Dynastie de David »

Versets 28-30

Je continue le texte.

L’ange entra chez elle (Marie) et lui dit : — Réjouis-toi, toi à qui Dieu a accordé sa faveur : le Seigneur est avec toi. Marie fut profondément troublée par ces paroles ; elle se demandait ce que signifiait cette salutation. L’ange lui dit alors : — N’aie pas peur, Marie, car Dieu t’a accordé sa faveur (Luc 1.28-30).

Très peu de gens croient vraiment que Jésus a été conçu par le Saint-Esprit, et pourtant c’est l’enseignement des Écritures. L’expression « le Seigneur est avec toi » signifie « Le Seigneur t’a choisi pour une mission particulière ». Ici, c’est Marie qui est honorée de la sorte, mais comme elle n’a pas non plus l’habitude de recevoir la visite d’un ange, elle est interloquée.

Versets 31-33

Je continue.

Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus. Il sera grand. Il sera appelé “ Fils du Très-Haut ”, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera éternellement sur le peuple issu de Jacob, et son règne n’aura pas de fin (Luc 1.31-33).

L’ange donne 4 renseignements concernant Jésus : Il sera grand, Fils du Très-Haut. Or, comme dans la pensée juive, le fils est la copie carbone de son père, c’est que Jésus sera Dieu fait homme. En troisième lieu, Jésus, s’assiéra sur le trône de David, ce qui est une référence aux mille ans de règne du Christ sur terre qui aura lieu à la fin des temps. Quatrièmement, c’est sur Israël que le Seigneur régnera et pour l’éternité.  A ce sujet, l’Eternel a dit à David :

Oui, je rendrai stable pour toujours ta dynastie et ta royauté, et ton trône sera inébranlable à perpétuité (2Samuel 7.16).

Marie a très certainement compris que l’ange lui disait qu’elle donnerait naissance au Messie promis depuis si longtemps. Le royaume messianique fut le fer de lance de la prédication de Jésus surtout au début de son ministère, avant qu’il ne soit officiellement rejeté.

Versets 34-35

Je continue le texte.

Marie dit à l’ange : — Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? L’ange lui répondit : — L’Esprit Saint descendra sur toi, et la puissance du Dieu très-haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Luc 1.34-35).

Marie n’est pas surprise par la venue du Messie, cependant elle est perplexe; ce n’est pas qu’elle doute des paroles de l’ange, mais elle aimerait bien savoir comment tout ça va se faire, comment elle peut donner naissance au Messie vu qu’elle n’a pas de relations sexuelles avec un homme. Voilà une bonne question. La réponse est que l’enfant sera conçu par l’Esprit Saint qui créera le corps de Jésus dans le sein de Marie. La conception miraculeuse et la naissance virginale étaient nécessaires en raison de la divinité et de la préexistence du Christ. En effet, l’enfant Jésus sera saint de la même manière que le Saint-Esprit et Dieu le Père sont saints. Il ne fallait pas qu’il y ait la moindre intervention humaine dans la conception de Jésus. D’après le livre du Lévitique, la naissance d’un enfant entraîne l’impureté rituelle de la mère parce qu’elle met au monde un pécheur. Le roi David écrit :

Je suis, depuis ma naissance, marqué du péché ; depuis qu’en ma mère j’ai été conçu, le péché est attaché à moi (Psaumes 51.6).

Versets 36-38

Je continue le texte.

Vois : ta parente Élisabeth attend elle aussi un fils, malgré son grand âge ; on disait qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant, et elle en est à son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Alors Marie répondit : — Je suis la servante du Seigneur. Que tout ce que tu m’as dit s’accomplisse pour moi. Et l’ange la quitta (Luc 1.36-38).

Tout comme Zacharie, Marie reçoit un signe : Élisabeth qui est stérile et âgée attend un fils. Cette grossesse est la preuve que Marie sera aussi enceinte, mais du Saint-Esprit. Elle croit l’ange et accepte sans réserve le plan du Seigneur en se déclarant sa servante. Tout ce que Dieu veut, Il l’accomplit parce qu’il est Dieu.

Dès cet instant, la vie de Marie va changer à tout jamais. Beaucoup de souffrances seront son lot, en particulier quand elle verra son fils sur la croix. Mais la résurrection effaça toutes les douleurs et confirma que Jésus est bien le Messie et que sa naissance avait été miraculeuse.

Versets 39-45

Je continue le texte.

Peu après, Marie partit pour se rendre en hâte dans une ville de montagne du territoire de Judée. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. Au moment où celle-ci entendit la salutation de Marie, elle sentit son enfant remuer en elle. Elle fut remplie du Saint-Esprit et s’écria d’une voix forte : — Tu es louée plus que toutes les femmes et l’enfant que tu portes est béni. Comment ai-je mérité l’honneur que la mère de mon Seigneur vienne me voir ? Car, vois-tu, au moment même où je t’ai entendu me saluer, mon enfant a bondi de joie au dedans de moi. Tu es heureuse, toi qui as cru à l’accomplissement de ce que le Seigneur t’a annoncé (Luc 1.39-45).

Après avoir appris la grossesse d’Élisabeth, Marie brûle de lui rendre visite. Ça se comprend car la petite Marie, qui n’est qu’une adolescente, est parachutée dans une situation qui dépasse de loin tout ce qu’elle aurait pu imaginer. De plus, ces deux femmes ont bien des choses en commun et beaucoup à se dire. Marie se rend alors dans les montagnes autour de Jérusalem pour aller voir ce vieux couple qui attend un heureux événement. Dès que Marie pénètre dans leur demeure, le Saint-Esprit permet à Élisabeth de comprendre et de traduire la réaction de l’enfant qu’elle porte. Elle s’exprime dans une poésie tout orientale qui est en même temps celle d’un prophète inspiré. Élisabeth reconnaît en Marie la mère du Messie et une femme honorée plus que toutes les autres.

Le début de l’évangile selon Luc baigne dans le surnaturel puisque ces deux femmes sont miraculeusement enceintes. L’Écriture est très discrète sur Élisabeth, mais tout porte à croire qu’elle est très pieuse. Maintenant, elle a aussi l’occasion d’encourager Marie dont la vie a été totalement chamboulée.

Avant la visite de l’ange, Marie préparait son trousseau et Joseph une demeure pour le couple et tous deux économisaient autant que possible. Marie se voyait déjà dans une petite maison de Nazareth avec son charpentier bien-aimé, et voilà qu’elle est enceinte du Saint-Esprit. Alors bien sûr, elle a besoin de partager tout ça; elle vient voir sa parente pour se réjouir ensemble et se soutenir dans la mission que l’Éternel leur a confiée.

Dans la phrase : « Comment ai-je mérité l’honneur que la mère de mon Seigneur vienne me voir », le terme Seigneur, est un mot qui indique toujours un très grand respect. Cependant, dans la version grecque de l’Ancien Testament, Seigneur est aussi la traduction de Yahvé, le nom personnel de Dieu rendu en français par l’Éternel.

Versets 46-56

Je continue le texte.

Alors Marie dit : Mon âme chante la grandeur du Seigneur et mon esprit se réjouit à cause de Dieu, mon Sauveur. Car il a bien voulu abaisser son regard sur son humble servante. C’est pourquoi, désormais, à travers tous les temps, on m’appellera bienheureuse. Car le Dieu tout-puissant a fait pour moi de grandes choses ; saint est son nom. Et sa bonté s’étendra d’âge en âge sur ceux qui le révèrent. Il est intervenu de toute sa puissance et il a dispersé les hommes dont le cœur était rempli d’orgueil. Il a précipité les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. Il a comblé de biens ceux qui sont affamés, et il a renvoyé les riches les mains vides. Oui, il a pris en main la cause d’Israël, il a témoigné sa bonté au peuple qui le sert, comme il l’avait promis à nos ancêtres, à Abraham et à ses descendants pour tous les temps. Marie resta environ trois mois avec Élisabeth, puis elle retourna dans sa maison (Luc 1.46-56).

A la salutation d’Élisabeth, Marie est portée par un cantique qui loue Dieu pour la grâce qui lui a été faite, elle, très humble servante, et à son peuple. Elle exprime aussi sa reconnaissance à Dieu parce qu’il élève les humbles et abaisse les orgueilleux. Ce cantique, qui se compose d’allusions et de citations de l’Ancien Testament, s’appelle : le  Magnificat parce que c’est le premier mot dans l’ancienne version latine. Marie se considère comme faisant partie du petit reste fidèle d’Israël. Elle appelle Dieu : Mon Seigneur et Mon sauveur, comme tout Juif pieux. Elle célèbre l’Eternel pour sa fidélité, sa puissance, sa sainteté et sa miséricorde, et pour la grâce particulière qu’Il a faite à Israël. Par l’intermédiaire de l’enfant que Marie porte, Dieu accomplit toutes les promesses qu’Il a faites à Abraham, aux patriarches et à la nation d’Israël par ses prophètes.

Marie reste avec Élisabeth jusqu’à ce que Jean-Baptiste naisse puis elle retourne chez elle, c’est-à-dire chez ses parents puisqu’elle ne vit pas encore maritalement avec Joseph. A cette époque, les ados n’habitaient pas seuls dans un appartement en ville.

Versets 57-66

Je continue.

Le moment arriva où Élisabeth devait accoucher. Elle donna naissance à un fils. Ses voisins et les membres de sa famille apprirent combien le Seigneur avait été bon pour elle, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour après sa naissance, ils vinrent pour la circoncision du nouveau-né. Tout le monde voulait l’appeler Zacharie comme son père, mais sa mère intervint et dit : — Non, il s’appellera Jean. — Mais, lui fit-on remarquer, personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! Alors ils interrogèrent le père, par des gestes, pour savoir quel nom il voulait donner à l’enfant. Zacharie se fit apporter une tablette et, au grand étonnement de tous, il y traça ces mots : — Son nom est Jean. À cet instant, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia : il parlait et louait Dieu. Tous les gens du voisinage furent remplis de crainte, et l’on parlait de tous ces événements dans toutes les montagnes de Judée. Tous ceux qui les apprenaient en étaient profondément impressionnés et disaient : “ Que sera donc cet enfant ? ” Car le Seigneur était avec lui (Luc 1.57-66).

Luc souligne l’obéissance d’Élisabeth et de Zacharie. Le couple âgé a pris soin de respecter la loi relative à la circoncision de leur enfant. À cette époque, le premier garçon recevait le nom de son père le jour où il était circoncis, mais ici, Élisabeth et Zacharie lui donnent le nom choisi par l’ange Gabriel. L’obéissance du père lui rend l’usage de la parole et la naissance de Jean-Baptiste suscite de fortes réactions dans la région. Les nouvelles allant très vite, dans tous les environs de Jérusalem on parle de cet enfant parce qu’il sort de l’ordinaire.

Versets 67-68

Je continue.

Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint et prophétisa en ces termes : Loué soit le Seigneur, le Dieu du peuple d’Israël, car il a pris soin de son peuple et il l’a délivré (Luc 1.67-68).

Zacharie, sa femme Elizabeth et Marie, ont loué Dieu et prophétisé spontanément. Ce cantique, connu sous le nom de Benedictus, est également composé de citations et d’allusions à l’Ancien Testament.

La délivrance prophétisée par Zacharie a plusieurs dimensions. Ce sera d’abord la libération du péché grâce au pardon que Dieu accordera suite au sacrifice du Christ. Mais plus tard, ce sera aussi un affranchissement politique. Cette double dimension de la délivrance divine répond aux deux caractéristiques du royaume de Dieu prophétisé dans l’Ancien Testament et qui fut offert par Jésus-Christ à la nation d’Israël. Ce royaume sera établi en deux temps; il sera d’abord spirituel ; c’est le pardon des péchés, et c’est ce qui est en train de se réaliser par l’Eglise de Jésus-Christ. Puis à la fin des temps, quand le Messie reviendra pour régner sur terre, aura lieu une transformation complète, à la fois sociale et politique, d’Israël et du monde entier, car le royaume du Seigneur s’étendra sur l’ensemble de la planète.

Versets 69-75

Je continue le cantique de Zacharie.

Pour nous, il a fait naître parmi les descendants du roi David, son serviteur, un Libérateur plein de force. Il vient d’accomplir la promesse qu’il avait faite depuis les premiers temps par la voix de ses saints prophètes qu’il nous délivrerait de tous nos ennemis, et du pouvoir de ceux qui nous haïssent. Il manifeste sa bonté à l’égard de nos pères et il agit conformément à son alliance sainte. Il accomplit pour nous le serment qu’il a fait à notre ancêtre, Abraham, de nous accorder la faveur, après nous avoir délivrés de tous nos ennemis, de le servir sans crainte en étant saints et justes en sa présence tous les jours de la vie (Luc 1.69-75).

Zacharie annonce que le Messie délivrera son peuple de ses ennemis par la force. Ici encore, c’est une référence à la fin des temps, au millénium qui verra l’accomplissement de toutes les promesses de l’alliance et en particulier du serment que l’Éternel a fait à Abraham.