Chapitre 1

Introduction

Un dicton populaire dit : « Le mal retourne à celui qui le fait ». Qu’est-ce que la vie serait belle pour tous si cet adage était vrai, si les choses étaient aussi simples ! Mais tout le monde sait qu’il est des gens qui se prennent une tuile sur la tête ou qui souffrent sans cause, sans raison apparente et cela depuis l’aube de l’humanité. Caïn a tué Abel sans que ce dernier ait commis quoique ce soit de mal. Combien n’ont connu que le malheur sans l’avoir mérité ? La souffrance des innocents est difficile, que dis-je, impossible à comprendre et accepter. Mais alors, que dire du juste qui est affligé sans raison ? C’est un défi à l’homme rationnel qui veut une explication. Un autre dicton de la sagesse populaire dit : « Il n’y a aucun mal qui ne serve à quelque bien » ; celui là aussi est un peu simpliste.

Ici et là, les Textes Sacrés parlent du problème du mal mais il est un livre qui a ce sujet pour thème principal ; en fait et plus précisément, le sujet traité est la souffrance du juste et il s’agit du livre de Job. Cet homme nous est présenté comme le personnage le plus important de l’une des deux régions situées à l’est du Jourdain : soit le sud de l’actuelle ville de Damas en Syrie, soit l’ancien territoire d’Édom qui va du sud de la mer Morte jusqu’au golfe d’Aqaba. Ce golfe qui se trouve à la pointe de la mer Rouge fait aujourd’hui partie de la Jordanie.

Job est un Bédouin, grand propriétaire de troupeaux ; il vit tantôt dans le désert et tantôt dans une ville dont il est le chef. C’est un homme très respectueux de Dieu, qui mène une vie droite et intègre et qui du jour au lendemain est mystérieusement frappé par une série de malheurs. Il perd absolument tout ce qu’il possède, y compris sa famille ; ses enfants sont tués et sa femme l’abandonne à son triste sort. Mais ce n’est qu’un début de son calvaire car dans un deuxième temps, il est atteint d’une terrible maladie qui fait pourrir sa chair. Il devient littéralement un mort-vivant. C’est alors que commence une lutte mentale intense car il cherche à comprendre pourquoi il est frappé de la sorte, qu’est ce qu’il a bien pu faire de mal, ou comme j’ai entendu parfois : « Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive cette poisse. »

Job est le premier d’une série de 5 livres dits poétiques de l’Ancien Testament. Ils sont appelés ainsi à cause de leur forme littéraire et non pas parce que leur contenu est dû à l’imagination débordante et fantaisiste de leurs auteurs. En outre, il faut savoir que la poésie hébraïque et de l’Antiquité ne cherche pas à faire rimer des vers, mais répète la même idée sous différentes formes appelées « parallélisme ».

Le livre de Job est non seulement un livre poétique, mais aussi un ouvrage qui appartient à la littérature de la sagesse, c’est à dire qui réfléchit aux grands problèmes de l’existence humaine, en substance l’énigme douloureuse de la souffrance injuste. Dans le canon de l’Ancien Testament, les livres des Psaumes, des Proverbes, de l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques, font également partie de ce genre littéraire.

Parallèlement, il existe divers textes extra-bibliques qui présentent des ressemblances avec Job, mais ils épousent la conception simpliste du credo populaire selon lequel la souffrance est la conséquence des fautes de celui qu’elle atteint. Cette association de la souffrance au péché est une opinion fort répandue dans la sagesse populaire. C’est aussi cette vision mécaniste de la vie qu’adoptent les trois amis de Job venus pour le consoler. Mais avec des amis pareils, qui a besoin d’ennemis ? Ils accusent Job d’être personnellement responsable des calamités qui ont détruit son bonheur et sa vie paisible. Ils défendent bec et ongles une théologie orthodoxe de cause à effet selon laquelle Dieu étant juste, ceux qui se conduisent avec vertu sont récompensés et les pécheurs punis. C’est peut-être banal mais rassurant. Ce trois amis insistent pour dire et redire que le malheur n’arrive jamais sans raison et qu’il représente toujours un châtiment pour celui qui en est atteint. Job récolte la moisson inévitable des germes du mal qu’il a semés. Comme je l’ai dit : « qu’est-ce que ce serait bien si les choses étaient aussi simples, et si on pouvait tout bien ranger dans des petites boîtes bien carrées dans sa tête et si tout répondait à notre logique ! » Seulement voilà, la réalité est tout autre. Le livre de Job est un éloquent commentaire des limitations de l’esprit humain à ramener le problème du mal et de la souffrance à quelque explication logique. Job et les autres personnages du livre essaient de réunir les morceaux d’un puzzle, mais il manque des pièces.

Dans le contexte du prologue, les souffrances de Job apparaissent, non pas comme la preuve d’un jugement divin pesant sur lui, comme ses faux amis cherchent à établir, mais plutôt comme une preuve de la confiance que Dieu a en lui quand il relève le défi de Satan.

Le livre de Job, comme les autres de l’Ancien Testament, attend la venue de Jésus-Christ car lui seul peut répondre aux questions posées et aux profonds soupirs de l’âme humaine.

La structure du livre de Job est tout à fait unique, et une œuvre de maître inégalée dans toute la littérature antique. Le prologue et l’épilogue sont en prose narrative et le corps du texte alterne entre monologues et dialogues sous formes poétiques. Tout au long du livre, on rencontre des groupes de deux, trois ou quatre personnes ou discours. Ainsi, Job a quatre amis qui viennent le réconforter ; trois d’entre eux s’adressent à lui dans le cadre de trois cycles dans lesquels alternent les discours de l’un et la réponse de Job. Ensuite viennent deux discours monologues de Job. Enfin, le quatrième personnage qui jusque-là est demeuré silencieux, prononce quatre discours. Enfin, Dieu sort de l’ombre et s’adresse deux fois à Job.

On ne connaît pas l’auteur de ce livre puisqu’il a choisi de ne pas s’identifier. Ce qui est sûr, par contre, est qu’il ne s’agit pas d’un brillant romancier car l’auteur donne vraiment l’impression d’avoir personnellement assisté à l’agonie et à l’angoisse indescriptible de Job ; c’est comme s’il avait été témoin de ce drame, qui loin d’être un conte imaginaire s’est déroulé exactement comme il est raconté. D’ailleurs, plusieurs auteurs bibliques mentionnent Job, le considérant comme un personnage historique. Cela dit, il serait raisonnable de supposer que Job lui-même est l’auteur du livre qui porte son nom puisqu’il en est le principal intéressé, héros malgré lui. Comme le texte souligne qu’il a vécu encore 140 ans après avoir subi cette épreuve épouvantable pire encore que la Roche Tarpéienne, Job apparaît de loin comme le personnage le mieux placé pour se souvenir de tous les détails et il a eu amplement le temps de coucher toute son histoire sur le parchemin. Oui, mais la connaissance de pays lointains penche plutôt vers une date de composition postérieure à Salomon. De toute façon, la date de rédaction de ce livre n’est pas importante parce que ce qui fait sa valeur et son intérêt pour nous aujourd’hui, est qu’il traite un problème universel qui transcende le temps et l’espace.

Pour ce qui est de l’arrière-plan du récit, il est évident que les événements décrits ont eu lieu au temps des patriarches Abraham, d’Isaac et de Jacob, approximativement entre les années 2100 et 1900 av. J-C. Les raisons qui privilégient cette période sont multiples. Tout d’abord, Job a vécu environ 210 ans ce qui correspond à la longueur de vie moyenne des hommes de l’époque des patriarches. Sa richesse se mesure essentiellement en troupeaux ce qui est aussi le cas d’Abraham, Isaac et Jacob. Deux groupes ethniques, les Sabéens et les Chaldéens, sont décrits comme nomades, ce qui est uniquement vrai au temps des patriarches. Le mot hébreu bien spécifique utilisé pour « pièce d’argent » n’apparaît ailleurs dans les Textes Sacrés que dans la Genèse. De plus, selon les us et coutumes de l’époque de cette histoire, les filles de Job sont considérées comme héritières de leur père au même titre que leurs frères, ce qui n’est pas le cas sous le régime de la loi de Moïse. On constate aussi que Job fonctionne comme son propre prêtre et celui de sa famille, une pratique qui précède l’existence d’Israël et de Moïse, qui ne sont pas mentionnés, pas plus que la Loi, ni aucune de ses institutions, fêtes, ni aucun de ses rites.

Le style littéraire du livre de Job se retrouve ailleurs dans des ouvrages égyptiens et mésopotamiens qui datent du temps des patriarches. Tout au long du livre, l’auteur utilise « Le Tout-Puissant » pour désigner Dieu. On trouve cette appellation ailleurs dans les Textes Sacrés, mais plus particulièrement dans la bouche des patriarches. Pour finir cette liste, plusieurs personnages de cette histoire sont associés à l’époque d’Abraham, Isaac et Jacob.

Le texte hébreu du livre de Job est très difficile parce qu’on y rencontre de très nombreux termes ou tournures qui nous sont totalement inconnus. Le vocabulaire reflète l’influence de plusieurs langues : l’akkadien, l’arabe, l’araméen, le sumérien et encore d’autres. Le texte hébreu a posé tellement de problèmes aux traducteurs de la Septante que près d’un quart du livre manque. Certains passages sont carrément intraduisibles et bien des mots du livre de Job ne se trouvent nulle part ailleurs. 5 mots différents sont utilisés pour désigner « un lion », six pour « pièges » et six pour « ténèbres ». De toute évidence, l’hébreu de Job est très différent de celui que l’on trouve habituellement dans l’Ancien Testament. Pourtant, ce livre est très riche en ce qu’il couvre de nombreux sujets comme par exemple : l’astronomie, la géographie, la chasse, le temps, l’exploitation minière, les voyages, la zoologie, ou encore le droit législatif.

En relatant cette histoire vécue, l’auteur a plusieurs objectifs. Il souligne évidemment le caractère horrible de la souffrance en général et surtout le fait qu’il est absolument anormal qu’elle afflige le juste. Cette perspective du monde laisse entendre que selon l’auteur, sur notre planète tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce récit dévoile aussi la perfidie et la cruauté de Satan, et réfute sa thèse comme quoi l’homme ne sert Dieu que par intérêt personnel, parce qu’il y trouve son compte. Ce récit enseigne aussi la patience dans l’épreuve comme le souligne d’ailleurs l’apôtre Jacques dans son épître. Je le cite :

Oui, nous disons bienheureux ceux qui ont tenu bon. Vous avez entendu comment Job a supporté la souffrance. Vous savez ce que le Seigneur a finalement fait en sa faveur, parce que le Seigneur est plein de bonté et de compassion (Jacques 5.11).

Ce livre révèle également que demander pourquoi on souffre n’est pas mal faire. Par contre, exiger que l’Éternel réponde comme le fait Job est une conduite arrogante parce qu’elle met en doute le caractère de Dieu et conteste sa souveraineté. Or, le Tout-Puissant n’a de comptes à rendre à personne. Cela dit, la souffrance de Job lui fait faire de grands progrès dans la connaissance de son Créateur, et sa longanimité contribue à la gloire de Dieu. Mais il n’empêche que Job a des torts. Tout au long de l’histoire, il est convaincu d’être en parfaite règle avec son Créateur, ce qui lui fait défendre sa propre justice d’arrache-pied contre ses amis qui l’accusent, bien à tort d’ailleurs, d’avoir commis quelque mauvaise action. Job est en effet d’une intégrité absolue, droit comme un i. Peut-être même est-il l’homme le plus droit de l’Ancien Testament qui ait jamais existé. A vue humaine, on ne peut donc absolument rien lui reprocher. Mais Dieu le place dans une fournaise d’une telle intensité que la souffrance va le dépouiller de tout ce qu’il possède en biens matériels, émotionnels et spirituels. Tout ce qui constituait sa sécurité est parti en déconfiture. Son agonie le conduit au bord de la folie où il adopte une attitude hautaine dans laquelle il supplie l’Éternel d’accepter un tête à tête avec lui dans le but de se justifier. C’est quand Job atteint le summum du désespoir que finalement Dieu se révèle à lui. Alors, Job comprend sa folie et se repent amèrement d’avoir remis en question la sagesse du Créateur. Il dit alors :

Aussi je me condamne, je regrette mon attitude en m’humiliant sur la poussière et sur la cendre (Job 42.6).

D’habitude, on s’attend à ce que ce soient des personnages vils et méchants qui reconnaissent leurs travers et s’humilient devant Dieu. Dans ce sens, l’homme moderne a vraiment besoin de faire un mea culpa. Seulement, voilà, nos contemporains rejettent leurs torts et leur culpabilité sur les autres, sur leurs proches, sur l’État, sur le système, ou que sais-je encore. Pour ma part, plus ma compréhension de Dieu se rapproche de ce qu’il est vraiment, et plus je me rends compte que toute ma justice, si j’en ai une, tout ce que j’ai peut-être fait d’honorable, ne sont que des chiffons souillés aux yeux du Dieu 3 fois saint.

Verset 1

Je commence à lire le livre de Job.

Il y avait, au pays d’Outs, un homme appelé Job. C’était un homme intègre et droit, un homme qui révérait Dieu et qui évitait de faire le mal (Job 1.1).

Outs est quelque part à l’est du Jourdain. Comme je l’ai dit, c’est soit au sud de Damas en Syrie donc, soit en territoire édomite, l’ancien royaume fondé par Ésaü frère de Jacob, qui se trouve au sud-est de la mer Morte, en Jordanie aujourd’hui. Dans le livre de la Genèse, deux personnages différents portent le nom d’Outs. Le premier est un arrière-petit-fils de Noé et l’autre, plus intéressant, est un neveu d’Abraham et surtout le fondateur de la ville de Damas. Or, l’un des trois amis de Job qui s’appelle Éliphaz est peut-être le fils aîné d’Ésaü, frère de Jacob, et il est originaire de Témân, une ville de l’ancien royaume édomite. Voilà pourquoi il n’est pas possible de dire avec certitude dans lequel des deux territoires mentionnés se trouve Outs. Ce que l’on sait par contre, est que cet endroit est très fertile pour l’agriculture et propice à l’élevage tout en étant relativement proche du désert.

Job, notre héros malgré lui, est un homme d’une grande rectitude et doté de valeurs morales solides, ce qui ne signifie pas qu’il se dise parfait. Comme l’a dit le grand prédicateur Spurgeon : « Nous ne croyons en l’infaillibilité d’aucun individu, mais il est reposant d’être assuré de l’intégrité d’un homme. »

Plus loin dans le texte, on voit Job défendre son intégrité plusieurs fois avec véhémence tout en se reconnaissant pécheur devant Dieu. Il n’empêche que Job révère le Tout-Puissant, lui rend le respect qui lui est dû et reconnaît sa sainteté et sa justice. Par ailleurs, Job est en règle avec Dieu parce que comme cela est indiqué plus loin, il offre des sacrifices d’animaux à l’Éternel pour ses fautes et celles de sa famille. Job est donc un personnage remarquable, très différent de l’homme moderne, qui n’a que faire de Dieu et qui agit comme bon lui semble tant qu’il ne se fait pas prendre en flagrant délit.

Versets 2-3

Je continue.

Il avait sept fils et trois filles. De plus, ses troupeaux comptaient : sept mille moutons et chèvres, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, et cinq cents ânesses. Il possédait aussi des serviteurs en très grand nombre. Cet homme était le personnage le plus important des régions de l’est du Jourdain (Job 1.2-3).

Une famille avec 10 enfants est monnaie courante chez les Bédouins. Dans les Textes Sacrés, le chiffre 7 indique la plénitude. Avoir 7 fils exprime donc le comble de la bénédiction divine. Job est un homme extrêmement prospère. On peut lui appliquer les paroles du Psaume premier (1:3) : « Il prospère comme un arbre planté près d’un courant d’eau ; il donne toujours son fruit lorsqu’en revient la saison. Son feuillage est toujours vert ; tout ce qu’il fait réussit ».

Selon la coutume en Orient, la richesse de Job est d’abord estimée en troupeaux et ensuite en nombre de serviteurs. Les moutons et les chèvres sont pour s’habiller et se nourrir, les chameaux donnent du lait et servent au transport surtout dans le désert. Les bœufs travaillent la terre et sont transformés en viande. Les ânesses fournissent un lait considéré comme un met délicat ; elles servent aussi à produire les ânons qui sont fort utiles en Orient car ils peuvent porter de lourdes charges tout en se faufilant dans les sentiers les plus escarpés. Les gens nobles les utilisent aussi comme moyen de transport personnel. Dans l’Évangile, Jésus a fait son entrée triomphale à Jérusalem sur le dos d’un ânon. Il va sans dire que pour accommoder pareil cheptel, Job possède des serviteurs par centaines, et des terres et des pâturages à perte de vue. D’autres détails biographiques de cet homme nous sont donnés plus loin. C’est ainsi qu’on apprend qu’il est hospitalier et généreux et d’une honnêteté exemplaire. Il est impartial dans rôle de juge et il est réglo envers ses serviteurs. Job a décidément tout pour plaire, ce qui lui vaut une très grande considération dans toute la région. Plus loin, dans l’une de ses lamentations il se remémore le temps où il était un homme béni et pourquoi il l’était. Il dit :

J’étais heureux quand le Tout-Puissant était encore à mes côtés, quand tout autour de moi s’ébattaient mes enfants, quand je baignais mes pieds dans la crème du lait et quand le roc versait pour moi des torrents d’huile. [..]. Je sauvais le pauvre qui appelait à l’aide ainsi que l’orphelin privé de tout secours. Ceux qui allaient mourir me bénissaient, et je mettais la joie dans le cœur de la veuve. J’endossais la justice : c’était mon vêtement. Ma robe et mon turban, c’était ma probité. J’étais l’œil de l’aveugle et les pieds du boiteux, et j’étais comme un père pour ceux qui étaient pauvres (Job 29.5-8, 11-16).

Verset 4

Je continue le texte.

Or, chacun de ses fils recevait à tour de rôle ses frères pour un festin. Ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux (Job 1.4).

Job a la joie d’avoir ses enfants qui habitent à proximité, qui vivent en parfaite harmonie et qui apparemment font fréquemment bonne chère.

Verset 5

Je continue.

Quand ces jours de festin étaient achevés, Job faisait venir ses enfants, afin d’accomplir pour eux les rites de purification. Il se levait de grand matin et offrait un holocauste pour chacun d’eux. Car il se disait : — Peut-être mes fils ont-ils commis quelque faute et dit du mal de Dieu dans leur cœur. Job agissait toujours ainsi (Job 1.5).

Job veille à ce que sa grande prospérité ne nuise pas à la piété familiale. Après chaque festin, ses enfant doivent venir assister aux sacrifices et s’y préparer par des purifications.

Au temps des patriarches, l’holocauste est la forme habituelle du sacrifice. Il a pour but l’expiation des fautes, ou plus exactement de les couvrir à la vue de Dieu. Job se comporte donc comme le prêtre du clan familial et il est sérieux puisqu’il offre un holocauste par enfant. C’est un homme pieux et sincère dans tout son comportement moral et religieux. Comme le souligne plus loin le passage que j’ai déjà lu, Job soutient la veuve et l’orphelin et se garde du mal. Dans le livre des Proverbes (16.6), on lit : C’est par crainte de Dieu qu’on se détourne du mal.

Job révère réellement l’Éternel de tout son cœur. Il obéit aux dix commandements des siècles avant que la Loi ne soit donnée à Moïse. La maturité morale de Job s’explique par son profond respect pour Dieu. Le comportement intègre de Job correspond à ce que l’apôtre Jacques qualifie de religion vraie et pure. Je lis le passage :

La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses et à ne pas se laisser corrompre par ce monde (Jacques 1.27).

L’attitude de Job est un exemple à suivre dans tout le Moyen-Orient de l’époque.  Mais l’intégrité ne préserve pas de l’épreuve et peut même l’attirer.

Dès le début du livre et en quelques traits, l’auteur a commencé par nous présenter le héros de l’histoire. Il est au centre d’un tableau idyllique ; c’est un homme riche, respecté et béni dans sa famille.. Mais comme on va le voir, dès la scène suivante qui se déroule dans les cieux le ton change. Satan fomente un méchant complot contre Job. Contrairement à ce qu’on croit, le diable n’est pas un personnage mythique, mais une réalité avec laquelle il faut compter.