Chapitre 3

Verset 7

Quand il s’agit de parler de Dieu, les gens disent vraiment n’importe quoi, mais le pire est qu’ils lui manquent de respect parce qu’ils n’ont pas la moindre idée qui il est réellement. Alors, ils se moquent de lui ou profèrent des menaces ou tentent de le mettre au défi comme s’il s’agissait d’un simple homme. Quand j’entends quelqu’un parler avec légèreté du Seigneur, ça provoque en moi un mouvement de recul mais en même temps, j’éprouve un sentiment de pitié pour ce coupable parce qu’il ne se rend pas compte qu’il accumule des charbons ardents sur sa tête. Je continue de lire dans le troisième chapitre du livre d’Habaquq.

(Dieu arrive ; Habaquq 3.3). J’ai vu les tentes de Koushân réduites à néant ; les abris de Madian tremblaient, épouvantés (Habaquq 3.7).

« Koushân » est un autre mot pour « Koush », le nom biblique de l’Éthiopie. Ce pays se trouve à l’ouest de la mer Rouge. Quant à « Madian », c’est le nom du peuple nomade qui habite au bord du golfe d’Aqaba, la branche est de la mer Rouge. À cause de leur situation géographique, Koushân et Madian évoquent la traversée de la mer Rouge ou mer des Roseaux par les Hébreux tout de suite après leur sortie d’Égypte.

Tandis que le Dieu de gloire se déplace en venant du sud pour exécuter ses jugements, les nations sont saisies d’effroi comme dans les temps anciens quand les diverses peuplade apprennent, d’une part, que le Dieu des Hébreux a frappé l’Égypte, ce qui a permis à son peuple de quitter le pays de la captivité, et d’autre part, que les Hébreux se dirigent vers la Palestine pour en prendre possession (Exode 15.14-16 ; Deutéronome 2.25 ; Josué 2.9 ; 5.1).

L’Éternel en colère qui fait tout trembler devant lui est une scène reprise dans une prophétie d’Ézéchiel qui concerne la dernière bataille de l’histoire de l’humanité à la fin du Millénium (Ézéchiel 38.18-23).

Verset 8

Je continue le texte.

Est-ce contre les fleuves que l’Éternel s’irrite, est-ce contre les fleuves que ton courroux s’enflamme ? Est-ce contre la mer que ta fureur s’exerce, pour que tu viennes ainsi monté sur tes chevaux, et pour que tu bondisses sur tes chars de délivrance ? (Habaquq 3.8 ; auteur).

L’Éternel s’est rapproché d’Habaquq qui l’observe et qui est très conscient de sa présence. En effet, alors que jusqu’ici le prophète parle de l’Éternel à la troisième personne, désormais il s’adresse directement à lui. Interrompant la description de ce qu’il voit, Habaquq demande la raison de la fureur divine. Les questions qu’il pose n’exigent pas de réponse car ce sont des figures de rhétorique qui animent le texte.

Dieu se présente sous les traits d’un guerrier tout équipé prêt à combattre. L’épouvante qu’il cause, l’effet produit sur les montagnes (Habaquq 3.6), se communique maintenant aux fleuves et à la mer. Son action sur la nature va en s’accroissant. Mais est-ce à dire que Dieu est fâché contre les éléments naturels ? Absolument pas car il n’a rien contre la Méditerranée, la mer Rouge (Psaumes 106.9 ; 114.3), le Jourdain ou le Nil. Par contre, il est furieux contre les ennemis de son peuple car ce sont aussi les siens.

L’image : « Dieu monté sur des chevaux », est reprise par David dans le psaume 18 où il dit que « un chérubin est sa monture » (Psaumes 18.11). Dans sa vision prophétique, Habaquq voit l’Éternel à la tête d’une armée venue pour défendre les Israélites et leur apporter la délivrance en combattant leurs ennemis.

Verset 9 a

Je continue.

Ton arc est mis à nu, en accord avec les serments faits aux tribus. Pause (Habaquq 3.9 a ; auteur).

Habaquq continue sa description de l’Éternel accoutré en homme de guerre. C’est aussi de cette façon que Moïse le perçoit, car dans son cantique tiré du livre de l’Exode, il dit :

L’Éternel est un grand guerrier, l’Éternel est son nom (Exode 15.3).

Les dessins des monuments assyriens montrent que les tireurs à l’arc portent un carquois en deux parties dont l’une sert à transporter l’arc et l’autre les flèches. Apparemment, c’est aussi ce que porte l’Éternel car le prophète le voit mettre son arc à nu, c’est-à-dire le dégainer, et lui se tenir prêt à l’action.

Dans le livre de l’Apocalypse, quand l’apôtre Jean décrit sa vision, il dit :

Et je vis venir un cheval blanc. Son cavalier était armé d’un arc. Une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre (Apocalypse 6.2).

En hébreu dans le texte de Habaquq, « en accord avec les serments faits aux tribus », se compose de trois mots qui sont particulièrement difficiles à traduire parce que la phrase est incomplète. Il s’en suit que l’on compte une centaine de traductions possibles. Néanmoins, les spécialistes sont d’accord avec Jérôme, traducteur de la Vulgate, pour dire que l’idée exprimée par les trois mots hébreux est : « si Dieu vient combattre pour les tribus d’Israël c’est parce qu’il leur a juré fidélité et il tient toujours sa parole ».

Cette affirmation qui souligne que Dieu est fidèle aux promesses qu’il a faites à Israël, est suivie d’une pause, c’est-à-dire de l’arrêt de la récitation tandis que les instruments retentissent de toute leur puissance.

Versets 9 b-10

Je continue le texte.

Tu crevasses la terre, livrant passage aux fleuves. Les montagnes t’ont vu, et elles tremblent. Des trombes d’eau s’abattent, l’abîme se met à mugir, lançant bien haut ses vagues (Habaquq 3.9 b-10).

Habaquq reprend la récitation et continue à décrire ce que produit la venue de l’Éternel sur la nature. De toute évidence, il voit une catastrophe qui met en scène un déluge (Genèse 7.11 ; Psaumes 77.17) accompagné d’un tremblement de terre comme ce qui s’est passé au mont Sinaï (Exode 19.18).

« L’abîme » que mentionne Habaquq représente les masses d’eau sous terre et dans les océans. Comme pour le déluge, toutes ces eaux s’unissent à celles des fleuves et des cieux pour provoquer un chamboulement complet de la nature.

Verset 11

Je continue le texte.

Le soleil, la lune s’arrêtent dans leur demeure, à la lueur de tes flèches qui volent, à l’éclat de ta lance étincelante (Habaquq 3.11 ; OST).

Selon la vision du monde des anciens orientaux, le soleil et la lune sortent de leur habitation à leur lever et y retournent quand ils se couchent (comparez Psaumes 19.5-6), mais ici ces deux astres restent cloîtrés chez eux. Habaquq les compare à des personnes qui refusent de sortir par crainte de la colère divine qui se manifeste au-dehors par des cataclysmes sans précédent. L’ordre de la nature est suspendu pour faire éclater l’absolue victoire de l’Éternel.

La lune et le soleil ne se montrant pas, il n’y a pas de lumière et le monde est plongé dans d’épaisses ténèbres qui sont cependant entrecoupées d’éclairs violents appelés « flèches et lance étincelante » de l’Éternel (comparez Psaumes 18.14 ; 77.17).

Ce texte d’Habaquq en rappelle un autre du prophète Ésaïe, qui parlant du jour de l’Éternel, le décrit comme « un jour impitoyable, jour de fureur et d’ardente colère qui réduira la terre en un désert, et en exterminera les pécheurs. Alors les étoiles du ciel et toutes leurs constellations cesseront de briller, le soleil sera obscurci dès son lever, il n’y aura plus de clarté répandue par la lune » (Ésaïe 13.9-10 ; comparez 2Thessaloniciens 1.8 ; 2Pierre 3.12).

Verset 12

Je continue le texte d’Habaquq.

Avec colère, tu parcours la terre, tu foules les nations aux pieds dans ton indignation (Habaquq 3.12).

Littéralement : « tu tritures, tu broies aux pieds les nations » (comparez Michée 4.13 ; Ésaïe 63.3). L’Éternel n’y va pas de main morte et il ne marche pas sur la pointe des pieds entre deux rangées de fleurs. Habaquq le compare plutôt à un animal de trait qui écrase le grain, à un géant furieux qui piétine tout ce qui porte la moindre trace humaine, car il veut faire disparaître tous les pécheurs de la surface de la terre.

Verset 13 a

Je continue.

Oui, tu t’es mis en route pour délivrer ton peuple, et pour sauver avec celui qui a reçu l’onction (Habaquq 3.13 a ; auteur).

Quand on lit dans les Écritures que « l’Éternel sort, se met en route ou en campagne », c’est pour venir en aide à Israël et pour punir ses ennemis (2Samuel 5.24 ; Ésaïe 42.13). Ici, Dieu se révèle pour délivrer son peuple, mais il le fait en union avec « celui qui a reçu l’onction ». Mais qui est-il ? Il s’agit tout d’abord du roi de Juda dont l’une des fonctions est de conduire son peuple à la guerre. Mais ce roi n’est qu’un pis-aller et un précurseur du Roi des rois. Le véritable oint et choix de Dieu est Jésus-Christ, car c’est lui qui à la fin des temps triomphe de l’Antichrist, met fin à la Babylone reconstituée et instaure son royaume millénaire.

Verset 13 b

Je continue le texte.

Tu as décapité la tête de la maison du méchant, mettant à nu ses fondations, même jusqu’au cou (Habaquq 3.13 b ; auteur).

« La maison du méchant » est l’empire chaldéen et « la tête » est son roi. C’est vrai à la fois pour la Babylone antique et la Babylone reconstituée de la fin des temps. Dieu va détruire le royaume et son dirigeant, démolir l’empire de fond en comble en allant de haut en bas ; il met d’abord fin au règne de son chef puis descend pour aller jusqu’à la base, c’est-à-dire le peuple. Il n’en restera rien. Ce jugement solennel est suivi d’une pause ; la récitation s’arrête et les instruments retentissent de toute leur puissance.

Verset 14

Je continue avec une traduction littérale du verset 14.

Tu as percé de ses propres traits le chef de ses villages qui se précipitaient pour me disperser ; ils poussaient des cris de joie comme s’ils dévoraient déjà à l’écart le malheureux (Habaquq 3.14 ; auteur).

Ce passage pris comme tel n’a guère de sens parce que certains mots peuvent être traduits différemment. Selon l’avis des spécialistes, ce verset dit ceci : « Alors qu’ils arrivent comme un vent d’ouragan dans le but de nous disperser, tu transperces la tête des hordes ennemies avec leurs propres flèches. Déjà nos ennemis se réjouissaient, comptant bien dévorer le malheureux sans défense dans son refuge » (Habaquq 3.14 ; W.J. Deane; The Pulpit Commentary; Habakkuk page 55; traduite en français par l’auteur).

Maintenant il faut se demander de quel événement Habaquq parle. ? C’est relativement évident parce qu’il a déjà fait plusieurs fois référence à l’Exode. Ici donc, le prophète rappelle la poursuite des Hébreux par l’armée du Pharaon lancée à toute vitesse à leurs trousses. Alors qu’ils chevauchent, les soldats égyptiens se réjouissent d’avance du massacre qu’ils vont faire, tuant tous les Israélites, hommes, femmes et enfants, tandis qu’ils essaieront en vain de se cacher dans le désert. Mais ce n’est pas du tout comme ça que s’est déroulée la suite parce que l’Éternel est intervenu. Faisant fi de toute prudence, les Égyptiens ivres de colère, poursuivent les Hébreux entre deux murs d’eaux. Ils entrent dans la souricière tête baissée, pour ainsi dire et pour être engloutis avec armes et bagages. Il ne fait guère de doute que brassés par les eaux en furie, les chars de combat et toutes les armes, se sont retournés contre les soldats pour leur donner la mort.

Ici, c’est la mer qui tue les Égyptiens, mais dans les Écritures on trouve plusieurs situations où des peuples qui font la guerre à Israël décident soudainement de s’entre-tuer (1Samuel 14.20 ; 2Chroniques 20.23). Selon les prophéties de Ézéchiel et Zacharie, ce scénario se reproduira à la fin des temps quand les ennemis du peuple de Dieu se détruiront mutuellement (Ézéchiel 38.21 ; Zacharie 14.13).

Verset 15

Je continue le texte d’Habaquq.

Tu as lancé tes chevaux dans la mer, dans le bouillonnement des eaux puissantes (Habaquq 3.15).

La liste des actions de Dieu en faveur de son peuple se termine par un bref résumé du verset précédent, l’intervention de l’Éternel qui détruit l’armée du pharaon (Exode 15.1-19). Cet épisode épique est toujours présenté dans les Écritures comme l’exemple type de délivrance du peuple de Dieu (Psaumes 77.20). Par ailleurs, la métaphore de « la mer » est souvent l’image des puissances soulevées contre Dieu. Ici, l’Éternel est décrit comme un guerrier qui dans son char de combat mène la charge contre ses ennemis (Habaquq 3.9). Ces rappels de la bonté que l’Éternel a manifestée envers son peuple dans les temps lointains ne sont pas des répétitions inutiles, car quand environ 60 ans plus tard, les armées de Babylone envahiront Juda, les hommes pieux se tourneront alors vers les écrits prophétiques, dont celui d’Habaquq, pour être réconfortés. Les délivrances et la miséricorde divines du passé sont les garants de l’avenir.

Verset 16

Je continue le texte.

J’ai entendu ; j’en suis tout bouleversé. Mes lèvres ont frémi à la voix (de Dieu) et mes os se sont dissous ; j’ai tremblé dans tout mon corps. Moi qui serai en paix le jour de la détresse, quand l’envahisseur avec ses bandes marchera contre le peuple (Habaquq 3.16 ; auteur).

C’est la seconde fois (Habaquq 3.2) qu’Habaquq affirme qu’il a bien reçu et compris la vision que l’Éternel lui communique. Bien que Dieu ait répondu à ses questions et exaucé ses prières, le prophète est d’abord catastrophé à cause de la tragédie qui guette Juda sa patrie car il comprend la sévérité du châtiment qui va frapper son peuple. Il fait une grosse crise d’angoisse qu’il exprime physiquement par les symptômes qu’il décrit. Cependant, il fait soudain volte-face et au nom de tous les Israélites pieux et dévoués à l’Éternel, il exprime sa confiance en Dieu car il est sûr qu’en plein règne de terreur, ils seront préservés. Soit ils seront délivrés de leurs ennemis, soit ils connaîtront cette paix de l’âme que mentionne l’apôtre Paul dans son épître aux Philippiens, paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir (Philippiens 4.7).

Verset 17

Je continue le texte.

Car le figuier ne bourgeonnera plus, et il n’y aura plus de raisins dans les vignes, le fruit de l’olivier trompera les espoirs, les champs ne produiront plus de pain à manger. Les moutons et les chèvres disparaîtront de leurs enclos, les bœufs de leurs étables (Habaquq 3.17).

Habaquq fait l’inventaire des conséquences de l’invasion babylonienne : pas de récolte de figues, de raisins, d’olives et de céréales, toutes des denrées indispensables au peuple de Juda. Il faut savoir que c’est la coutume des Chaldéens, des Assyriens et des Égyptiens, de couper et de brûler les arbres fruitiers des nations qu’ils envahissent. Les Israélites n’agissent pas ainsi parce que dans le Deutéronome, il est écrit :

Lorsque vous attaquerez une ville et que vous serez obligés de prolonger le siège avant de pouvoir vous en emparer, vous ne porterez pas la hache sur les arbres fruitiers des alentours ; vous pourrez en manger les fruits, mais vous ne les abattrez pas, car l’arbre des champs n’est pas un homme pour que vous le traitiez comme un assiégé (Deutéronome 20.19).

Quant aux troupeaux d’ovins, après l’invasion babylonienne, ils périssent par manque de nourriture et les quelques bêtes qui restent en vie sont abattues et dévorées par les envahisseurs. Les photos et films que nous possédons des villages qui se trouvent sur le front de la guerre 14-18 montrent à quoi, dans l’antiquité, pouvait ressembler un pays dévasté par ses ennemis.

Verset 18

Je continue le texte d’Habaquq.

Mais moi, c’est à cause de l’Éternel que je veux me réjouir, j’exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve (Habaquq 3.18).

En dépit du malheur à venir (Lamentations 2.12, 20 ; 4.4, 9-10 ; 5.17-18), la foi du prophète reprend le dessus et bannit l’angoisse. La foi personnelle est la réponse pratique aux sujets de découragement de la vie. Habaquq ne dit pas qu’il supporte la détresse en serrant les dents mais qu’il se réjouit dans le Seigneur, parce que le Dieu de son salut (comparez Psaumes 18.46 ; 25.5) est aussi une source inépuisable de joie. Dans le psaume 13, David chante et dit :

Pour moi, j’ai confiance en ta bonté. La joie remplit mon cœur à cause de ton grand salut. Je veux chanter en ton honneur, ô Éternel, tu m’as comblé de tes bienfaits (Psaumes 13.6).

Vers le milieu du 20e siècle, le groupe « Les Compagnons de la Chanson » chantaient :

Je suis le vagabond, le marchand de bonheur, je n’ai que des chansons à mettre dans les cœurs.

C’est un très beau refrain, mais le bonheur ne s’achète pas et on ne le trouve pas de façon permanente dans des circonstances favorables. La joie est disponible à tout un chacun, même à ceux qui ne possèdent rien. Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre a décimé Haïti et plus particulièrement Port-au-Prince. Eh bien les jours suivants, on a pu voir des groupes de gens qui spontanément chantaient à la gloire de Dieu.

Parlant des églises grecques de Macédoine, dans sa seconde épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit qu’elles « ont été mises à l’épreuve par de multiples détresses, mais les croyants, animés d’une joie débordante et malgré leur extrême pauvreté, ont fait preuve d’une très grande générosité » (2Corinthiens 8.2). La véritable joie se trouve dans une personne, en Jésus-Christ, dans une relation intime et personnelle avec lui, ce qui fait que même ceux qui sont dans la détresse la plus profonde peuvent avoir le cœur en fête.

Verset 19

Je finis de lire le chapitre trois et le livre d’Habaquq.

L’Éternel, le Seigneur, c’est lui ma force (Psaumes 18.33) : il rend mes pieds pareils à ceux des biches, il me fait cheminer sur les lieux élevés. Pour le chef des musiciens. À chanter avec accompagnement d’instruments à cordes (Habaquq 3.19).

Ces indications musicales qu’on trouve aussi au début de certains psaumes (psaumes 4, 6, 54, 55, 67, 76), sont destinées au chef des chantres qui dirige la musique du temple devant l’assemblée des fidèles.

« La biche » représente l’agilité, la grâce et la vitesse. Tout comme une biche peut rapidement traverser une forêt dans la nuit, c’est avec un cœur léger car confiant en l’Éternel, que le prophète et les Israélites pieux feront face aux circonstances difficiles qui attendent leur peuple.

Habaquq ajoute que Dieu le « fait cheminer sur les lieux élevés ». Cette expression, qui est aussi rendue par « chevaucher ou marcher sur les hauteurs du pays » (Deutéronome 32.13 ; 33.29) signifie « posséder et gouverner un pays ». Ici, Habaquq exprime sa confiance en Dieu en disant que les Israélites pieux surmonteront toutes les difficultés et en sortiront vainqueurs d’une manière ou d’une autre, eux et leurs descendants (comparez psaume 27.1).

Au début du livre, on fait connaissance avec un prophète qui est au fond du trou. À la fin de ce cantique, on le voit au sommet des montagnes. De prophète perplexe accablé et amer, il est transformé en un prédicateur joyeux et confiant en l’avenir.