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20 févr. 2025

Esaïe 4.2 – 5.12

Chapitre 4

Introduction

Dans les années soixante, Françoise Hardy eut un succès certain avec le tube « Mon ami la rose » dans laquelle elle dit : « Crois celui qui peut croire, moi j’ai besoin d’espoir sinon je ne suis rien ou bien si peu de choses. » Nous sommes ainsi faits que même au fond du trou, l’horizon bouché et aucune issue en vue, nous avons besoin de garder une lueur d’espoir sous peine de tomber dans une détresse indescriptible. C’est la raison pour laquelle quand les prophètes de l’Ancien Testament annoncent des jugements terribles, ceux-ci sont entrecoupés de promesses de bénédictions futures.

Au nom de l’Éternel, le prophète Ésaïe fait un procès aux habitants de Juda, jouant un peu le même rôle que le procureur de la République. Après avoir exprimé son indignation vis-à-vis de son peuple, l’Éternel l’a traîné en justice (Ésaïe 1.2-31), façon de parler bien sûr. Mais comme cet événement est particulièrement douloureux, Dieu promet aussi à son peuple qu’un jour il sera rétabli (Ésaïe 2.1-5). Puis vient la sentence. Ésaïe nous a alors donné une série d’images effroyables décrivant le jugement qui frappera Israël (Ésaïe 2.6-4.1). La destruction du royaume de Juda, à cause de sa rébellion contre Dieu, se fera en deux étapes et chaque fois c’est par une invasion, d’abord par les Syriens alliés aux Israélites des 10 tribus du nord (2Chroniques 28.5-8), et ensuite par Nabuchodonosor qui les déportera à Babylone. Malgré ces revers de fortune désastreux, un nombre important d’Israélites survivra. Les auditeurs d’Ésaïe pensent probablement qu’il leur parle de l’exil babylonien, ce qui est exact mais en partie seulement.

En effet, la portée de cette prophétie est bien plus grande, car Ésaïe voit loin dans le futur ceux qui sortiront de « la grande tribulation », juste avant que le Christ ne revienne sur terre pour établir son royaume de 1 000 ans (Matthieu 24.4-30). Maintenant, le prophète va une fois encore réconforter ses lecteurs terrifiés.

Verset 2

Je continue de lire dans le chapitre 4 du livre d’Ésaïe.

En ce jour-là, le germe de l’Éternel sera magnifique et glorieux et le fruit du pays sera un sujet de grande fierté pour les survivants d’Israël (Ésaïe 4.2).

Pour les Hébreux, le jour commence toujours au coucher du soleil, donc par la nuit. Le prophète nous projette dans une période de l’histoire humaine que les Écritures appellent « le Jour de l’Éternel ». A proprement parler, ce n’est pas un jour de 24 heures, mais un temps plutôt long et qui commence lui aussi par des ténèbres, c’est-à-dire un jugement, celui de la grande tribulation, et qui continue ensuite avec le royaume messianique, le règne de Dieu sur terre.

Dans la littérature prophétique de l’Ancien Testament, l’expression « germe de l’Éternel » désigne le Messie (Jérémie 23.5 ; 33.15 ; Zacharie 3.8 ; 6.12), et plus loin, Ésaïe l’appelle aussi « rameau ou rejeton » (Ésaïe 11.1 ; 53.2). « En ce jour-là » est une référence au Millénium, le règne du Christ sur terre pendant 1 000 ans.

Comme c’est souvent le cas dans les prophéties, Ésaïe passe sans transition du jugement à la gloire future. L’oracle qui commence ici reprend le précédent quand le prophète parlait déjà du rétablissement d’Israël (Ésaïe 2.2-5). Après le jugement de Dieu qui a détruit les pécheurs, le peuple est purifié et ceux qui restent ont part au salut. Désormais, ils vivent paisiblement dans le royaume du Messie, qui est leur gloire.

Peu de temps après la naissance de Jésus, ses parents l’ont emmené au temple de Jérusalem pour accomplir les rites prescrits par la loi de Moïse. C’est alors que Siméon, un vieillard pieux, est arrivé à l’improviste, l’a pris dans ses bras et a dit de lui : « il est la lumière pour éclairer les nations, il sera la gloire d’Israël ton peuple » (Luc 2.32), ce qui est une référence au Millénium quand le Christ sera le souverain Roi des rois et Seigneur des seigneurs de toute la terre. Son trône sera alors à Jérusalem et Israël sera à la tête des nations.

Ce règne fabuleux sera fécond et aura pour fruit le salut des nations, et la justice (Ésaïe 45.8) avec un grand J, dans tous les domaines et sous toutes ses formes ; une situation que nous avons bien du mal à imaginer.

Verset 3

Je continue le texte.

Alors ceux qui subsisteront, ceux qui resteront à Sion seront appelés saints, tous ceux qui, à Jérusalem, seront inscrits afin d’avoir la vie (Ésaïe 4.3).

« Sion » est le nom de la colline sur laquelle Jérusalem est construite. Dans les Écritures, les Israélites qui échappent au jugement de Dieu que ce soit par des nations étrangères ou « la grande tribulation » sont appelés « le reste ». Ces rescapés incluront aussi les non-Juifs qui sont devenus croyants durant la période de jugement du « Jour de l’Éternel ». Dieu a mis tous ces gens à part et les a inscrits dans le livre de vie aussi appelé « registre céleste ». Cette image est tirée de l’usage des Israélites de répertorier par écrit les habitants de chaque ville (Nombres 1.18 ; 1Chroniques 9.1 ; Esdras 2).

Ce « reste » sera réellement saint, purifié de toute souillure et séparé des pécheurs qui auront péri dans le jugement. Il faut aussi noter que ce salut est individuel ; le nouvel Israël sera constitué d’individus personnellement saints et personnellement sauvés comme c’est le cas sous la Nouvelle Alliance.

Ces survivants constitueront un peuple nouveau et sacerdotal consacré à l’Éternel pour célébrer son nom. En cela, ils sont très distincts des habitants de Juda contemporains d’Ésaïe, qui eux sont immoraux et idolâtres. Quand cette prophétie d’Ésaïe s’accomplira, les termes de l’alliance que Dieu avait établie avec son peuple dans le Sinaï par l’intermédiaire de Moïse seront réalisés. Dans le livre de l’Exode, on lit :

Maintenant, si vous m’obéissez et si vous restez fidèles à mon alliance, vous serez pour moi un peuple précieux parmi tous les peuples, bien que toute la terre m’appartienne… vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte (Exode 19.5-6).

Versets 4-6

Je finis de lire le chapitre 4.

(Ceux qui subsisteront seront appelés saints) quand le Seigneur aura lavé la souillure des filles de Sion, et enlevé le sang du milieu de Jérusalem, par l’esprit de justice et par l’esprit qui consume. Alors, sur toute l’étendue du mont de Sion, et sur ses assemblées, l’Éternel créera un nuage et une fumée pendant le jour, et pendant la nuit l’éclat d’un feu flamboyant. Car toute gloire sera mise à couvert. Et il y aura un abri, qui donnera de l’ombrage le jour contre la chaleur, qui servira de refuge et d’asile contre la tempête et la pluie (Ésaïe 4.4-6 ; OST).

Les « filles de Sion » représentent ici l’ensemble de la population de Juda coupable de toutes sortes de vices et d’injustices, d’immoralité et d’exactions et surtout de crimes de sang et d’idolâtrie. C’est par un châtiment sévère que Dieu va nettoyer tout ça. A la fin des temps, après le jugement de « la grande tribulation » débutera le Millénium dont je ne cesse de parler. L’Éternel créera alors une nouvelle réalité pour les rescapés, dont une sorte de feu qui de jour produira une nuée donnant de l’ombre, et de nuit une flamme éclairante.

Cette image est évidemment tirée de l’histoire d’Israël après sa sortie d’Égypte (Exode 13.21-22 ; 40.34-38). Mais alors que les Hébreux sont dans le désert, la nuée vient se placer sur le tabernacle, la résidence visible de l’Éternel, tandis qu’ici, dans la prophétie d’Ésaïe, elle repose sur toute l’assemblée, parce que celle-ci constitue le reste saint d’Israël et le véritable sanctuaire où Dieu habite, puisqu’il n’y a plus de temple (Apocalypse 21.22).

L’abri qui protège des intempéries renvoie à la fête juive des Cabanes (Lévitique 23.33-43) durant laquelle le peuple se remémore le séjour de ses ancêtres au désert et la protection divine dont il a bénéficié. Ceux qui entreront dans le Millénium n’auront bien sûr aucun péril à redouter puisqu’il y régnera une paix parfaite.

Chapitre 5

Introduction

Nous arrivons maintenant au chapitre cinq qui commence par « le chant de la vigne », qui est un chef d’œuvre de composition dont le but est de saisir l’imaginaire des auditeurs. D’un côté, la vigne, comme le jardin et le verger clos du Cantique des Cantiques fait référence à une fiancée et à sa beauté, qui se garde pour son fiancé. Mais d’autre part, ce chant est aussi une parabole poétique qui désigne Israël par la métaphore de la vigne. On la trouve à plusieurs reprises dans les écrits des prophètes, dans les Psaumes et aussi dans les évangiles (Matthieu 20.1 ; 21.33 ; Jean 15). Dans les Écritures, la vigne et le figuier sont des images fréquentes d’Israël. Par ce chant, Ésaïe cherche à contraindre les habitants de Juda à reconnaître leur culpabilité devant Dieu. Le prophète Nathan utilisa le même procédé littéraire pour forcer David à se condamner lui-même de l’adultère avec Bathshéba et du meurtre de son mari (2Samuel 12).

Plus tard, le Christ raconta à la classe dirigeante et, en particulier aux pharisiens, la parabole des vignerons (Matthieu 21.33-41) dans le but de les faire réfléchir afin qu’ils se repentent et changent d’opinion à son sujet. D’ailleurs durant son ministère, et cela plusieurs fois, Jésus avertit clairement et solennellement ses contemporains, et surtout les religieux, que s’ils persistent à le rejeter, ils subiront un jugement bien plus sévère que leurs ancêtres qui furent captifs de Babylone, un événement amplement confirmé par l’histoire.

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 5.

Je veux chanter pour mon ami le chant de mon ami au sujet de sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en sarcla le sol, en enleva les pierres et il y mit des plants de choix. Il bâtit une tour de guet au milieu de la vigne et il y creusa un pressoir. Il attendait donc de sa vigne de beaux raisins, mais elle n’a produit que de mauvais raisins (Ésaïe 5.1-2).

Dans ce prélude, c’est Ésaïe qui parle. Il adresse sa complainte à Juda dans le but de justifier son ami devant le peuple. Il chante au nom de l’Éternel et pour lui, et il rapporte le cantique que son divin ami a composé pour se plaindre de sa vigne et pour annoncer le châtiment qu’il lui réserve. Dieu a prodigué beaucoup de soins à sa vigne mais malgré toute cette attention, elle a produit du verjus au lieu de raisins de qualité.

En effet, l’Éternel a libéré les Hébreux qui étaient esclaves en Égypte et les a placés dans la Terre promise afin qu’ils lui rendent gloire et produisent les fruits de la justice, mais le peuple élu s’est rebellé contre son Dieu. Par l’intermédiaire de son prophète, l’Éternel invite donc les habitants de Juda à se juger eux-mêmes.

Versets 3-4

Je continue le texte.

Maintenant donc, habitants de Jérusalem, gens de Juda, soyez les juges entre moi et ma vigne ! Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne que je n’aurais pas fait ? Pourquoi, alors que j’attendais un beau et bon raisin, n’en a-t-elle produit que de mauvais ? (Ésaïe 5.3-4).

L’Éternel demande aux habitants de Juda d’évaluer leur position vis-à-vis de lui et de prendre parti en décidant à qui incombe la faute si la vigne a donné du mauvais raisin. Comme David face au prophète Nathan (2Samuel 12:1-7), les Israélites sont obligés d’acquiescer à leur propre condamnation car il est évident qu’ils ont tort sur toute la ligne. Le verdict est sans appel ; qu’on leur jette la pierre !

Quand on considère l’histoire des Juifs, on constate qu’elle se résume à une longue suite de rébellion contre leur Dieu. Alors bien sûr il est facile de pointer son doigt accusateur dans leur direction. Mais suis-je bien sûr que j’aurais été fidèle à Dieu si j’avais été à leur place ? Quand je me plains de mon sort, je suis moi aussi rebelle à Dieu.

Versets 5-6

Je continue.

Maintenant donc, je vous ferai savoir ce que je vais faire à ma vigne : j’arracherai sa haie pour qu’elle soit broutée, je ferai une brèche dans sa clôture pour que les passants la piétinent. J’en ferai une friche : nul ne la taillera, nul ne la sarclera. Les ronces, les épines y croîtront librement (Ésaïe 7.23-25 ; 9.17 ; 27.4 ; 32.13), et j’interdirai aux nuages de répandre leur pluie sur elle (Ésaïe 5.5-6).

Après le péché d’Adam et Ève, Dieu a maudit sa création et en particulier la terre (Genèse 3.17-18), et la preuve, ce sont les ronces, les épines et les mauvaises herbes qu’on rencontre partout, qui envahissent tout et qui empoisonnent la vie de tous ceux qui veulent cultiver le sol.

Quand par l’intermédiaire de Moïse, l’Éternel conclut l’alliance de la Loi avec Israël, l’une de ses clauses est la sécheresse en cas de désobéissance (Deutéronome 28.23-24 ; comparez 1Rois 17.1).

Cette prédiction d’Ésaïe semble indiquer que le jugement est imminent. Elle va s’accomplir de deux façons différentes : littéralement car le pays deviendra désertique, et figurativement car les passants et les animaux qui broutent sont les envahisseurs qui ne vont pas tarder.

Depuis la conquête de la Palestine par Josué environ 7 siècles plus tôt, l’Éternel protège son peuple dans l’héritage qu’il lui a donné. Mais cette bienveillance tire à sa fin. D’abord, les Syriens alliés aux Israélites des 10 tribus du nord, puis les Assyriens et enfin les Babyloniens vont tour à tour ravager le royaume de Juda.

Verset 7

Je continue.

Or, c’est la nation d’Israël qui est la vigne de l’Éternel, du Seigneur des armées célestes. Le plant qui faisait ses délices ce sont les habitants du pays de Juda. Il attendait d’eux la droiture, et ce sont des meurtres ; il attendait d’eux la justice, et ce sont des cris de détresse (Ésaïe 5.7 ; auteur).

Ésaïe termine ici son épigramme, la parabole de la vigne sous forme de chant et en donne l’interprétation. Comme dans d’autres textes (Néhémie 1.6 ; 13.3), Israël désigne ici le royaume de Juda. Comme l’Éternel a donné à Israël ce qu’il n’a accordé à aucun autre peuple, et qu’en retour, il a été payé en monnaie de singe, par de l’ingratitude, il va retirer à son peuple toutes les bénédictions dont il l’a gratifié et il va le livrer aux païens.

Pour bien établir la culpabilité des habitants de Juda, Ésaïe contraste ce que Dieu attendait de son peuple et ce qu’il a obtenu, en utilisant deux fois deux mots assonants. Ces mots sont « droiture et meurtre » d’une part, et « justice et cris de détresse » d’autre part. Ils ont des significations opposées mais des sons similaires.

Verset 8

Je continue le texte.

Malheur à vous qui joignez maison à maison et ajoutez un champ à l’autre au point d’occuper tout l’espace et d’être seuls dans le pays (Ésaïe 5.8).

Ici, commence un nouveau réquisitoire (Ésaïe 5.8-24) dans lequel Ésaïe dresse le tableau d’une société cruelle et prononce une série de six malédictions contre Juda. La formule « Malheur à vous » scande l’énumération des diverses injustices qui attirent la colère divine et qui fondent la raison du jugement à venir. Le premier vice cité est la cupidité d’un petit nombre de puissants propriétaires qui ont réussi à concentrer entre leurs mains une grande partie des terres au détriment de la masse du peuple (Michée 2.1-2), ce qui est contraire à la Loi qui garantit à chacun sa propriété (Lévitique 25).

Selon la législation de Moïse, à l’intérieur d’une cité fortifiée il est permis d’acquérir définitivement une maison. Mais dans les villes et villages qui n’ont pas de mur d’enceinte, l’achat et la possession d’une propriété est limité dans le temps, car tout bien immobilier ou agraire doit retourner à son propriétaire d’origine tous les 70 ans qui est l’année du Jubilé. En effet, comme c’est Dieu qui a donné la Palestine aux Hébreux, il leur est interdit de profiter de la détresse de leurs compatriotes en s’enrichissant sur leurs dos.

Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul écrit que la soif de posséder est une forme d’idolâtrie (Colossiens 3.5). Or d’immenses fortunes ont été faites en exploitant la faiblesse de son prochain. Dans nos démocraties, l’hyper-libéralisme et le capitalisme sauvage encouragent la cupidité qui, assez curieusement, dans les pays démocratiques, a été élevée au rang de vertu.

Que ce soit Wall Street à New York, La City de Londres, La Défense à Paris, ou n’importe quel quartier des affaires du monde, des adorateurs en costume trois-pièces s’inclinent bien bas devant Mammon, le dieu de l’argent (Matthieu 6.24). Mais ce dieu est méchant, cruel et impitoyable ; il force ceux qui lui rendent un culte à piller les richesses de la planète, à créer toujours davantage de pollution, d’oxyde de carbone qui contribue à l’effet de serre et donc au réchauffement de la planète, une conséquence qui commence à se faire sentir et qui présage une catastrophe écologique et humaine. Les profiteurs de la planète sont véritablement et on pourrait presque dire littéralement, en train de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis.

Verset 9

Je continue le texte.

Le Seigneur des armées célestes m’a parlé et m’a dit : Ces nombreuses maisons deviendront une ruine, ces maisons grandes et superbes seront inhabitées (Ésaïe 5.9).

Littéralement le texte dit : « À mes oreilles l’Éternel des armées », ce qui signifie : « Il me l’a lui-même clairement révélé, et tout ce que je vais dire est la Parole de Dieu ».

On connaît le proverbe qui dit : « Bien mal acquis ne profite jamais ». Les Israélites qui ont profité de la détresse de leurs compatriotes pour s’enrichir à leurs dépens, et pour se construire des palais, n’emporteront pas leurs actions ignobles au paradis. Les gros propriétaires ne vont pas continuer à profiter de leurs rapines car Dieu va y couper court, et tous ces nababs finiront massacrés ou en captivité.

Verset 10

Je continue.

Car dix arpents de vigne ne produiront qu’un tonnelet de vin, et dix mesures de semence n’en donneront qu’une de blé (Ésaïe 5.10).

Le mot hébreu traduit par « arpents » signifie littéralement « couples » et désigne l’étendue de terrain qu’une paire de bœufs peut labourer en un jour. Imaginez une vigne tellement grande qu’il faut 10 jours de travail pour labourer ses rangs et qui ne donne que 35 litres de vin. Quant au cultivateur qui récolte le 10e de la semence qu’il a plantée, il sera évidemment dans une grande détresse. C’est ce qui arriva aux Israélites conformément aux malédictions prévues par la loi de Moïse (Deutéronome 28).

Versets 11-12

Je continue.

Malheur à vous qui courez de bonne heure après les boissons enivrantes et qui vous attardez, le soir, excités par le vin ! Des lyres et des luths, des tambourins, des flûtes animent vos festins où le vin coule à flots. Mais vous n’avez pas un regard pour ce que l’Éternel a fait, et vous ne voyez pas l’œuvre qu’il accomplit (Ésaïe 5.11-12 ; Comparez Amos 4.1-3 ; 6.6-7).

Apparemment, les excès d’alcool sont monnaie courante au temps d’Ésaïe, car ce vice est mentionné dans deux malédictions sur les six (Ésaïe 5.22). Ces poivrots dépassent la mesure puisque pour boire davantage, non seulement ils se couchent tard mais ils se lèvent tôt ; faut le faire. Ces beuveries sont de vraies partouses et de toute évidence les participants n’ont pas le moindre respect pour Dieu ou ses avertissements. Le seul intérêt de ces têtes brûlées dans la vie est la recherche effrénée du plaisir. Le moins qu’on puisse dire est qu’au fil des siècles, ils ont fait beaucoup d’émules. Dans leur seconde épître, Paul à Timothée et Pierre (2Timothée 3.4 ; 2Pierre 2.13) reprochent à leur génération ces mêmes vices ; et que dire d’aujourd’hui ?

 

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

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