Chapitre 6

Introduction

Quand une guerre éclate, celui qui doit partir pour se battre se désintéresse de beaucoup de choses, en fait de presque tout. Les résultats du dernier match de foot n’ont plus aucune importance, et la mode, il s’en moque. Un beau costume tape-à-l’œil agréable à porter est la dernière de ses préoccupations et de toute façon on va lui refiler un uniforme. Mais ce qu’il voudrait bien qu’on lui donne est un gilet pare-balle, une armure, n’importe quoi, même si c’est lourd ou encombrant, pourvu que ça le protège contre le feu ennemi. Or, il se trouve que ce monde dans lequel nous vivons est un immense champ de bataille spirituel et moral. Partout où vivent des membres de l’Église universelle règne un climat de guerre. En effet, les croyants fidèles sont constamment surveillés et attaqués s’ils baissent leur garde en étant négligents dans leur marche avec le Seigneur, d’où la nécessité d’être toujours sur le qui-vive.

Verset 13

Je continue de lire dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens.

Nous n’avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les Puissances, contre les Autorités, contre les Pouvoirs de ce monde des ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté (Éphésiens 6.13).

« Les armes de Dieu » est une image empruntée à l’armure complète du soldat romain que l’apôtre a chaque jour sous les yeux puisqu’il est surveillé jour et nuit par des soldats de la garde prétorienne, auxquels il annonce d’ailleurs la grâce de Dieu (Philippiens 4:22).

Tous les croyants ont été mobilisés pour aller au combat ; il n’y a pas d’exception et nul n’est réformé. Par ailleurs, tandis que nous cheminons en direction de notre patrie céleste, certains jours sont franchement plus mauvais que les autres parce que notre foi et notre fidélité au Seigneur sont sérieusement mises à l’épreuve; la tentation de désobéir à la Parole de Dieu est terrible ce qui provoque une lutte intérieure profondément déstabilisante.

Selon les Écritures, les croyants sont des pèlerins de passage sur terre, mais avec une mission. Ils sont appelés à être des témoins de la grâce de Dieu en faisant connaître la personne et l’œuvre de Jésus-Christ autour d’eux. Pour ce faire, ils doivent avoir une attitude humble et soumise comme Paul l’a décrite précédemment, mais aussi adopter l’attitude mentale de l’athlète qui est extrêmement discipliné et qui donne le meilleur de lui-même afin d’obtenir la victoire. Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

Ne savez-vous pas que, sur un stade, tous les concurrents courent pour gagner et, cependant, un seul remporte le prix ? Courez comme lui, de manière à gagner (1Corinthiens 9.24).

Les croyants doivent avoir du zèle et un esprit d’initiative. Mais en cours de route, ils vont rencontrer des obstacles divers jetés sur leur route par les puissances des ténèbres, un ennemi invisible et un adversaire implacable qui fait tout en son pouvoir pour contrecarrer les plans de Dieu et surtout pour empêcher que les hommes entendent le message de la Bonne Nouvelle, le comprennent et acceptent Jésus comme leur Sauveur. Tous ceux qui annoncent fidèlement ce message sont dans le collimateur des mauvais esprits. C’est un vrai problème, car même avec le plus grand courage et la meilleure bonne volonté, les croyants ne peuvent pas vaincre ces puissances maléfiques. Alors que faire ? Pour commencer, il ne faut pas les provoquer. En effet, jamais il n’est demandé à un croyant de s’attaquer à Satan et à ses cohortes, mais seulement de leur résister et tenir ferme. Dans la première épître de Pierre et dans celle de Jacques, on lit :

Ne vous laissez pas distraire, soyez vigilants. Votre adversaire, le diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant, qui cherche quelqu’un à dévorer. Résistez-lui en demeurant fermes dans votre foi (1Pierre 5.8-9). Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous (Jacques 4.7).

Martin Luther fut obligé de comparaître devant l’assemblée politique de la ville de Worms, en Allemagne, parce qu’il prêchait que l’homme devient juste devant Dieu uniquement par la foi en Jésus-Christ, ce qui pour l’Église catholique, était une hérésie. Après avoir été condamné, il a dit : « Ma conscience est captive de la Parole de Dieu. Sur ce point, je demeure ferme, je ne peux pas faire autrement ».

Dieu veut que face à l’adversité, ses fidèles campent sur leurs positions avec une pleine assurance, mais sans attaquer de front les puissances des ténèbres. Je me suis laissé dire qu’en Thaïlande, les bâtiments officiels et les banques ont souvent une petite niche dans la façade avec à l’intérieur la statue d’une idole d’un divinité quelconque. Supposons qu’un missionnaire organise des réunions bibliques ou de prières quelque part dans cet immeuble. Il est probable qu’il rencontrera de l’opposition spirituelle, auquel cas les croyants devront être prêts à se battre et à se défendre dans la prière. Par contre, si ce même missionnaire n’a rien à faire dans ce bâtiment, il doit ignorer ces idoles, les laisser tranquilles et surtout ne pas faire le malin et jouer aux gros bras en priant contre elles, car cette attitude hautaine l’exposera à des coups sévères. D’ailleurs, on m’a raconté l’histoire de quelqu’un qui avait justement décidé d’expulser le démon caché derrière l’une de ces divinités, mais ça s’est terminé pour lui en hôpital psychiatrique.

Même Michaël, pourtant le plus puissant des anges, s’est bien gardé d’attaquer le diable, mais s’en est remis à Dieu. En effet, dans le livre de Jude, on lit :

L’archange Michaël, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement outrageant, mais dit : “ Que le Seigneur te réprime ! ” (Jude 9).

Satan est la personnification du mal sous toutes ses formes, mais nous lui devons le respect parce qu’avant qu’il se rebelle contre l’Éternel et organise un coup d’État (Ésaïe 14.13-14), il était la plus puissante et la plus magnifique des créatures de Dieu, son chef-d’œuvre en somme (Ézéchiel 28.13-14).

Le Seigneur seul peut vaincre le diable et il le fait selon des règles bien précises. Lorsque Jésus, en tant que notre champion, a expié nos péchés, il a triomphé du diable en lui ôtant le pouvoir légal et légitime qu’il possédait sur l’humanité depuis la rébellion d’Adam et Ève.

Verset 14

Je continue de lire dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens.

Tenez donc ferme : ayez autour de la taille la vérité pour ceinture, et revêtez-vous de la droiture en guise de cuirasse (Éphésiens 6.14).

À partir d’ici et jusqu’à la fin, à l’exception des salutations, Paul donne ses dernières consignes dans une seule longue phrase, la 8e de cette épître.

C’est la 4e fois que Paul utilise le mot traduit par « tenir ferme », mais ici il est à l’impératif, et il est suivi de 4 participes qui indiquent la raison ou le moyen de résister, de tenir ferme.

Après avoir identifié l’ennemi, l’apôtre va décrire l’arsenal militaire dont le croyant a besoin pour se défendre contre les puissances maléfiques. Il comporte 7 éléments qui ont tous un lien avec le Christ.

Le soldat romain est toujours habillé d’une tunique taillée dans un grand morceau de tissu. Elle a trois ouvertures qui permettent d’y passer la tête et les bras. Avant d’aller au combat, le bas du vêtement est relevé et coincé dans la ceinture de cuir qui serre sa taille et qui maintient en place son armure. Si cette ceinture vient à se défaire ou à se rompre, le soldat perd tout son attirail de guerre et ne peut donc plus combattre.

Pour un croyant, la ceinture représente la vérité de Dieu contenu dans les Écritures et dans la  Bonne Nouvelle. Jésus lui-même a dit :

Je suis le chemin, la vérité et la vie (Jean 14.6).

Ou bien ce qu’il a dit est vrai ou ça ne l’est pas, il faut choisir. Il est essentiel de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas afin de ne pas se laisser « emporter çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur » comme l’a dit précédemment l’apôtre (Éphésiens 4.14).

En 1986, la comète Halley a traversé notre ciel. Ça, c’est banal puisqu’elle fait son apparition tous les 76 ans ; ce qui l’est beaucoup moins est qu’au moment de son passage, les membres d’une secte étrange se sont suicidés, croyant que, mystérieusement, en mourant de la sorte, ils seraient transportés dans cette comète. La crédulité des incrédules est un puits sans fond.

Après la ceinture, le deuxième élément de l’armure du soldat romain est la cuirasse. Faite de métal moulé ou battu, ou en cuir et recouvert de lames de matériaux durs, elle habille le torse afin de dévier lames et projectiles et ainsi protéger tous les organes vitaux du soldat romain. La cuirasse, qui met le croyant à l’abri des coups mortels, c’est la justice parfaite de Christ, imputée au pécheur. Dans sa seconde épître aux Corinthiens, Paul écrit :

(Jésus) qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu (2Corinthiens 5.21).

Mais parce qu’il est toujours un pécheur, le croyant peut être blessé. Dans la pensée juive, le cœur représente le raisonnement et la volonté tandis que les intestins sont considérés comme le siège des émotions. Or c’est par ces deux entrées, l’intellect et les passions, que Satan fait souvent tomber les fidèles du Seigneur. Nous sommes en effet bien trop facilement influencés et manipulés dans nos pensées et dans nos sentiments. Pour se protéger du diable, le croyant doit se garder du péché qui avec ses longs tentacules nous enlace si facilement. Je dois donc traduire la position de justice inhérente que je possède dans les cieux en actes concrets. Dans ma vie de tous les jours, je dois manifester un caractère droit en alignant mon comportement sur l’étalon mesure de ce qui est juste et vrai devant Dieu, en rejetant tout ce qui a trait au mensonge, et en prenant mes décisions selon ce que je sais être la volonté de Dieu. Paul aux Colossiens et Pierre dans sa première épître écrivent respectivement :

De toute votre pensée, tendez vers les réalités d’en haut, et non vers celles qui appartiennent à la terre (Colossiens 3.2). Bien-aimés, je vous exhorte, comme des étrangers et des voyageurs, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme (1Pierre 2.11).

Aucun croyant ne peut tenir ferme contre les attaques du diable s’il n’a pas confessé et réglé toutes les fautes dont il est conscient. Une fois cette bonne chose faite, il ne faut toujours pas qu’il baisse sa garde, parce que sa vie ne sera jamais comme un long fleuve tranquille. Un autre écueil le guette : l’autosatisfaction due à la propre justice. Le croyant ne doit jamais tomber dans l’erreur de penser qu’un comportement intègre ou des bonnes actions, qu’ils soient réels ou imaginaires, peuvent lui faire gagner des points devant Dieu. Une telle attitude revient à ôter sa cuirasse et ainsi s’exposer aux traits enflammés du malin.

Il faut aussi savoir que les activités religieuses d’apparence pieuses ne le sont pas forcément. Bien qu’une doctrine saine et une vie droite soient essentielles, elles ne suffisent pas parce qu’une vie sans intimité avec le Seigneur n’est jamais que du légalisme qui peut facilement virer à l’hypocrisie façon pharisien. La dégradation spirituelle commence lentement. Comme le homard qui est engourdi par l’eau chaude ne se voit pas bouillir, le croyant ne s’aperçoit pas qu’il commence à oublier le Seigneur, à perdre la joie et le grand intérêt qu’il ressentait pour la Parole de Dieu, pour les réunions de prières, la communion avec d’autres croyants, l’adoration par le chant, et bien sûr il perd aussi le sentiment d’être un enfant de Dieu ; alors, sa vie chrétienne devient fade et même insipide; il n’y prend plus goût et finit par tout abandonner.

Verset 15

Je continue de lire dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens.

Ayez pour chaussures à vos pieds la préparation que donne la Bonne Nouvelle de la paix (Éphésiens 6.15).

De nos jours, il existe de nombreux types de chaussures pour toutes les activités possibles et imaginables. À n’importe quel sport et surface du sol correspond une chaussure et sans doute plus d’une, qui a été conçue exactement pour ça. Je sais par expérience que la course à pied exige des semelles flexibles et qui peuvent absorber les chocs répétitifs. Par ailleurs, je possède des sandales pour l’été et d’autres pour l’hiver, des mocassins quand il fait mauvais temps et des bottes pour la neige. J’ai même des chaussures pour les grandes occasions, des marrons pour les mariages et des noires pour les enterrements ; ça n’en finit plus.

Ce qu’un soldat porte aux pieds est capital parce que tous ses déplacements en dépendent. Quand j’étais à l’armée, on nous a donné des grosses chaussures montantes en cuir qu’on appelait des rangers. Elles protègent bien contre les cailloux et les épines, et comme la semelle a un relief très découpé et profond, quand on crapahute, ça accroche et limite les dérapages en terrain glissant. Malheureusement, les rangers ne gardent pas les pieds au chaud parce que le cuir ne permet pas à la transpiration de s’évaporer. Alors quand il fait très froid, on a les pieds de glace. J’en ai fait un peu l’expérience à Nancy pendant les classes, mais c’est surtout l’année suivante, quand on était en manœuvre dans le fin fond de l’Allemagne et qu’il faisait tous les jours du moins 20, que j’ai vraiment eu les pieds gelés.

Quand le soldat romain se bat en combat singulier, ce qui est très fréquent, il est indispensable qu’il ait une assise quasi parfaite afin de demeurer stable et assuré et ainsi éviter de se faire déséquilibrer par la violence des coups que lui porte son adversaire. Par analogie et au niveau spirituel, les chaussures des croyants représentent la paix que Dieu a conclue avec eux par l’intermédiaire de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ. Aux Romains, Paul écrit :

Puisque nous avons été déclarés justes en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ (Romains 5.1).

C’est en lui et par lui que le Créateur a fait la paix avec la race humaine. Cette paix avec Dieu est l’assise et la fondation (1Corinthiens 3.11) sur laquelle les croyants sont établis et à partir de laquelle, il leur est possible de tenir ferme contre le diable.

Verset 16

Je continue le texte.

En toute circonstance, saisissez-vous de la foi comme d’un bouclier avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du diable (Éphésiens 6.16).

Dans les guerres antiques, surtout lors des sièges, les archers utilisent des flèches incendiaires. Leurs extrémités sont enduites de poix et de résine qu’on enflamme juste avant de tirer. En se plantant, la flèche émet des résidus brûlants jusqu’à plusieurs mètres de l’impact ce qui met le feu à tout ce qui est inflammable y compris les habits. Pour s’en protéger, les soldats de l’infanterie romaine portent de très grands boucliers qui mesurent 1,5 m de haut et 80 cm de large. Ils sont souvent en bois recouvert d’une feuille de métal. Les soldat les tiennent l’un contre l’autre de façon à former un mur derrière lequel ils s’abritent contre les flèches.