Chapitre 1

Verset 4

Ceux qui deviennent écrivains ne rédigent pas un livre dans le but d’être censurés et rejetés. Au contraire, ils essaient au maximum de caresser leurs lecteurs dans le sens du poil afin d’être lus, appréciés et connaître le succès qui se monnaye en gros billets de banque ; ça tombe sous le sens. Y-a-t-il des exceptions avec des auteurs qui ne cherchent pas du tout à plaire ? On peut se le demander quand on considère les livres de la plupart des écrivains sacrés, dans l’Ancien Testament bien sûr, mais aussi dans le Nouveau. Que ce soit dans l’un ou dans l’autre, on trouve des menaces épouvantables, des imprécations particulièrement violentes, ou encore des exposés et préceptes, qui, on le sait d’avance, vont déclencher de vives controverses, comme certains passages des épîtres de l’apôtre Paul par exemple. Lui, il ne recherche jamais la popularité quand il prend sa plume. Par exemple, dans sa lettre encyclique adressée d’abord aux croyants d’Éphèse, il dit :

En Jésus-Christ, bien avant de poser les fondations du monde, Dieu nous avait choisis pour que nous soyons saints et sans reproche devant lui (Éphésiens 1.4).

Cette petite phrase est très facile à comprendre et c’est aussi ce qui la rend aussi brutale. Franchement, il y a de quoi avoir la tête qui tourne parce que Paul enseigne froidement que dans l’éternité, avant que l’univers ne soit, les dés étaient jetés car les élus choisis d’avance.

La première fois que j’ai lu ça, je n’en croyais pas mes yeux et j’ai trouvé ces paroles plutôt difficiles à passer, mais comme le choix souverain par Dieu des élus est totalement en dehors de l’espace-temps où moi j’ai le mouvement et l’être, donc dans un sens, ce choix de Dieu ne me concerne pas directement.

Jésus-Christ est la tête d’une nouvelle humanité, et par sa résurrection il en est le premier-né. C’est en lui et par son intermédiaire que Dieu a élu ses enfants du milieu d’un monde déchu. Du commencement à la fin, le salut est l’œuvre du Christ, et c’est ce qui fait que l’élection éternelle est un fondement ferme de l’espérance et de la consolation des croyants. Ceux qui ne veulent pas admettre cette vérité pourtant clairement révélée dans les Écritures (Romains 8:28-30 ; 1Pierre 1:12) font de l’élection un synonyme de la volonté de Dieu de sauver l’humanité, ou de la rédemption ou de la grâce en général. Mais c’est tordre le sens des mots, car il n’est pas possible de nier qu’élire, qui veut littéralement dire : « choisir du milieu de », suppose des personnes qui ne sont pas élues. Par ailleurs, tous les passages des Écritures qui parlent de la doctrine de l’élection, s’ils enseignent bien la prédestination des saints, ils n’enseignent ni la prédestination des perdus ni cette étrange idée d’une grâce irrésistible qui attire ceux qui sont appelés à être saints. Il est une autre erreur concernant l’élection souveraine par Dieu. Certains admettent bien la prédestination mais il cherchent sa raison d’être en l’homme et non en la volonté souveraine de Dieu ; ils prétendent que Dieu a élu ceux en qui il a vu qu’ils auraient la foi. Mais que dit l’apôtre Paul ? Il ne dit pas que Dieu nous a élus parce que nous avions une semence de sainteté en nous mais afin que nous « devenions saints et irrépréhensibles devant lui », c’est à dire en sa présence, à ses yeux, et selon son jugement. Tel est le but de l’élection. Dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Pierre, apôtre de Jésus-Christ, salue ceux que Dieu a choisis [..]. Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang (1 Pierre 1.1,2).

Dieu assure la perfection de son œuvre en nous mais y lie notre responsabilité. C’est ainsi qu’il met harmonieusement ensemble la liberté souveraine de sa grâce et l’indispensable obéissance de sa créature morale, c’est à dire vous et moi.

Dieu a choisi les futurs croyants dans le but de les rendre moralement parfaits, cependant, déjà dans le temps présent, la volonté de Dieu pour ceux qui sont ainsi choisis d’avance, est qu’ils mènent une vie qui soit en accord avec leur appel d’enfant de Dieu tous les jours de l’année et pas seulement le dimanche matin à l’église. Parce que les croyants sont les bénéficiaires de la grâce de Dieu, ils ne doivent plus vivre 7comme bon leur semble. Dans son épître aux Romains, Paul écrit :

Allons-nous persister dans le péché pour que la grâce abonde ? Loin de là ! Puisque nous sommes morts au péché, comment pourrions-nous vivre encore dans le péché ? (Romains 6.1-2).

Il est donc complètement inacceptable de se dire : « Comme Dieu m’a choisi, je suis sauvé quoi que je fasse, alors je peux faire les 400 coups et même y aller de bon cœur ». Celui qui tient un tel raisonnement prouve qu’il n’a rien compris et n’est sans doute pas sauvé, car le but même de l’élection est pour le croyant ici-bas de mener une vie sainte qui soit conforme à la volonté de Dieu. Celui qui est véritablement élu le manifeste par son style de vie.

Le croyant a été choisi pour qu’il devienne saint, c’est ce qu’on peut appeler l’aspect marqué positif de l’élection. Mais il a aussi été élu afin qu’il soit sans reproche, ce qui est l’aspect marqué négatif. Ce dernier aspect est illustré par une étrange histoire qui concerne la jeune nation d’Israël. Un certain Balaq, roi des Moabites, voit d’un très mauvais œil, arriver le peuple hébreu aux portes de son royaume. Alors ni une ni deux, il loue les services d’un puissant devin mi-sorcier, mi-prophète afin qu’il maudisse Israël, une sentence qu’il est tout à fait capable de prononcer et qui s’accomplit. Mais cette fois-ci, ça ne marche pas et le passage en question nous en donne la raison. Dans le livre des Nombres, on lit :

L’Éternel n’a pas constaté de péché chez Jacob, et il ne trouve pas de mal en Israël. Oui, l’Éternel son Dieu est avec lui [..] (Nombres 23.21).

Pourtant, si vous étiez descendu dans le camp des Hébreux peu de temps après cet incident, vous auriez été choqué. Un peu plus loin, dans le même passage, on lit :

Le peuple se livra à la débauche avec des filles de Moab qui les invitèrent aux sacrifices offerts à leurs dieux. Peu à peu, Israël s’adonna au culte de la divinité Baal de Peor, alors la colère de l’Éternel s’enflamma contre lui. Il dit à Moïse : — fais pendre tous les coupables [..], afin que l’ardeur de ma colère se détourne d’Israël (Nombres 25.1-4).

Quand l’Éternel trouve des fautes chez son peuple, il le purifie en punissant les fautifs.

L’apôtre Paul dit donc que Dieu a choisi les croyants afin qu’ils soient saints et sans reproches, ce qui suppose évidemment que leur vie doit changer. Dans le cas contraire, et comme je l’ai déjà dit, le plus grand doute plane sur l’authenticité de leur foi en Jésus-Christ. Dieu désire que ses enfants aient une conduite qui soit conforme à son caractère et à sa volonté ; il veut qu’ils deviennent irréprochables. Dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit :

Mes chers enfants, je vous écris ceci afin que vous ne péchiez pas. Si, toutefois, il arrivait à quelqu’un de commettre un péché, nous avons un Défenseur auprès du Père : Jésus-Christ le juste. Car il a apaisé la colère de Dieu contre nous en s’offrant pour nos péchés – et pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1Jean 2.1-2).

Soit dit en passant, ce passage de Jean prouve que Jésus n’est pas seulement mort pour les élus, mais bien pour tous les êtres humains, et donc, la porte du royaume des cieux est grande ouverte à quiconque veut bien entrer. Dieu offre le salut à tout un chacun parce que Jésus a versé son sang pour la rédemption du monde entier, et pour vous et pour moi en particulier. Il serait donc faux de dire : « Je ne peux pas croire parce que je ne fais pas partie des élus. » Non seulement une telle déclaration va à l’encontre des Écritures, mais celui qui parle ainsi est un orgueilleux car il prétend être en dehors de la possibilité de la grâce de Dieu.

Cela dit, je reconnais bien que nous faisons face à deux notions paradoxales : d’une part, le Dieu souverain qui choisit, et d’autre part, l’homme qui est libre d’accepter ou de rejeter le salut en Jésus-Christ. Je n’ai évidemment pas la prétention de pouvoir réconcilier ces concepts parce qu’au niveau humain, c’est impossible, par contre je sais que l’un et l’autre sont vrais, mais fonctionnent dans des sphères différentes ; l’une est sur terre et l’autre au ciel.

Jésus a comparé la vie à deux chemins différents, l’un large et l’autre étroit. Je cite le passage :

Entrez par la porte étroite ; en effet, large est la porte et facile la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie ! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent ! (Matthieu 7.13-14).

À l’entrée du sentier étroit qui est escarpé se trouve un écriteau sur lequel est écrit :

Moi Jésus, je suis la porte. Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi (Jean 10.9 ; 14.6).

Par contre, la route large est facile car elle descend, oui, mais elle se rétrécit de plus en plus et conduit à la perdition. Cependant, ceux qui l’empruntent et qui le souhaitent peuvent à tout moment quitter cette grande voie et prendre le petit chemin car Jésus a dit :

Je ne repousserai pas celui qui vient à moi (Jean 6.37).

Une fois sur le chemin étroit, on constate qu’au fur et à mesure qu’on avance, il s’élargit et on est de plus en plus à l’aise, ce qui correspond aussi aux paroles de Jésus lorsqu’il a dit :

Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante (Jean 10.10).

La route élargie qui mène à la vie est dans le prolongement du petit sentier qui monte et qu’on emprunte en passant par la porte étroite. Celui qui le veut peut placer sa foi et son espérance en Jésus. Cette invitation est sincère et fait partie du plan souverain de l’élection des élus. Le célèbre prédicateur américain Dwight Moody a dit : « Tous ceux qui le veulent bien sont les élus, et tous ceux qui ne le veulent pas ne le sont pas. » En d’autres mots, cela dépend de chacun d’entre nous, car, comme l’écrit Jean dans son évangile :

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que quiconque place sa confiance en lui échappe à la perdition et qu’il ait la vie éternelle (Jean 3.16).

À la place du pronom indéfini « quiconque », chacun d’entre nous peut, s’il le désire, y inscrire son propre nom. Le Seigneur nous invite en disant : « Que celui qui veut entrer, entre ». Le fait que certains soient élus ne change rien à la dynamique du salut parce qu’il ne nous est pas possible de les connaître d’avance. Comme je l’ai déjà fait remarquer, nul ne peut dire : « Je ne fais pas partie des élus ». Si j’ouvre mon cœur à Jésus, je fais partie des élus et j’ai un avenir glorieux dans les cieux. Si le problème est que votre vie est entachée de péchés, alors sachez que Dieu vous accepte tel que vous êtes dès maintenant. Ensuite seulement et devant lui, vous réglerez vos tares et votre situation particulière, mais là encore, c’est Lui qui répare et raccommode.

La souveraineté de Dieu qui choisit en fonction de lui-même apparaît fréquemment dans les Écritures. Les apôtres Paul et Pierre écrivent respectivement :

Nous devons sans cesse remercier Dieu à votre sujet, frères, vous que le Seigneur aime. En effet, Dieu vous a choisis pour que vous soyez les premiers à être sauvés par l’action de l’Esprit qui vous a consacrés et mis à part grâce à votre foi en la vérité. C’est à cela que Dieu vous a appelés par la Bonne Nouvelle que nous vous avons annoncée, Dieu vous a appelés, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés et mis à part par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang (2Thessaloniciens 2.13-14 ; 1Pierre 1.2).

L’élection et la consécration à Dieu vont main dans la main et toutes deux se réalisent en la personne de Jésus-Christ. Si Dieu vous sauve, ce ne sera pas parce que vous êtes quelqu’un de très bien, mais c’est plutôt le contraire. En effet, Jésus a dit :

Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs (Marc 2.17).

Dans son épître aux Romains, Paul s’élève contre ceux qui accusent Dieu d’injustice ; il écrit :

Dieu serait-il injuste ? Loin de là ! Car il a dit à Moïse : Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, J’aurai pitié de qui je veux avoir pitié. Cela ne dépend donc ni de la volonté de l’homme, ni de ses efforts, mais de Dieu qui fait grâce (Romains 9.14-16).

Quand l’Éternel a dit cette parole à Moïse, le pauvre homme se sent écrasé par son ordre de mission qui est de conduire le peuple hébreux. Alors, il invoque Dieu qui lui répond :

Tu as obtenu ma faveur, et je te connais par ton nom. Je fais grâce à qui je fais grâce, et j’ai compassion de qui j’ai compassion (Exode 33.17, 19).

Dieu étant Dieu, il a tous les droits, mais ceux-ci sont évidemment toujours conformes à son caractère. Or, Dieu est juste et saint et comme c’est lui qui décide, pour ce qui est du salut, je dois accepter ce qu’il me propose en Jésus-Christ. On constate aussi que vis à vis de Moïse, si Dieu a été favorable et miséricordieux, c’est uniquement sur la base de sa volonté souveraine.

La relation homme-Dieu comporte donc toujours deux aspects : d’une part, Dieu décide selon sa volonté, et d’autre part, l’homme doit répondre à l’appel de Dieu. Cette dynamique est très importante et illustrée par l’histoire d’un naufrage qui est racontée dans le livre des Actes. Paul est prisonnier et voyage sur un navire qui l’emmène à Rome pour y être jugé par l’empereur. Seulement le capitaine a fait l’erreur de partir à la mauvaise saison. Je résume le passage :

Quand il fut décidé que nous partirions en bateau pour l’Italie, on confia Paul et quelques autres prisonniers à la garde d’un officier du bataillon impérial. Nous sommes arrivés à un endroit appelé “ Beaux Ports ”. Beaucoup de temps s’était écoulé ainsi, et la navigation devenait dangereuse. Alors Paul leur a donné cet avertissement : — Mes amis, je considère que, si nous continuons notre voyage, non seulement la cargaison et le bateau subiront de grands dommages, mais nous-mêmes nous risquerons notre vie. Mais l’officier romain se fiait plus à l’opinion du pilote et du patron du bateau qu’aux paroles de Paul. Une légère brise du sud s’était levée et ils voyaient déjà leur projet réalisé. Ils ont donc levé l’ancre et longé la côte de Crète au plus près. Mais peu de temps après, un vent violent comme un typhon s’est mis à souffler des hauteurs de l’île. Le bateau était entraîné au large : il ne pouvait pas résister au vent et nous avons dû nous laisser emporter à la dérive. Le lendemain, comme la tempête n’arrêtait pas de secouer le bateau avec violence, on l’a délesté d’une partie de sa cargaison. Le troisième jour, les matelots ont jeté tous les agrès du bateau à la mer. Pendant plusieurs jours, on ne voyait plus ni le soleil ni les étoiles. La tempête continuait de faire rage et nous finissions par perdre tout espoir d’en sortir sains et saufs (Actes 27.1-20).

C’est alors que l’apôtre est intervenu de la part de Dieu. Je continue le texte :

Paul, debout au milieu d’eux, leur a dit : — Mes amis, vous auriez mieux fait de m’écouter et de ne pas quitter la Crète. Vous auriez évité tous ces dégâts et toutes ces pertes. Maintenant, je vous invite à reprendre courage, car aucun de vous n’y perdra la vie ; seul le bateau sera perdu. En effet, cette nuit, un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers, s’est présenté devant moi et m’a dit : “ Paul, ne crains rien ! Il faut que tu comparaisses devant l’empereur, et Dieu t’accorde la vie sauve pour tous tes compagnons de voyage ” (Actes 27.21-24).

Voilà ce que Dieu a décidé, mais à une condition qui nous est rapportée plus loin. En effet, un peu plus tard, Paul découvre que les marins sont sur le point de quitter le navire en catimini. Alors, il dit à l’officier romain :

Attention, si ces hommes ne restent pas à bord, vous ne pourrez pas être sauvés. Alors les soldats ont coupé les cordages retenant le canot et l’ont laissé tomber à la mer (Actes 27.31-32).

Dieu est prêt à accorder la vie sauve à tous les passagers, mais les matelots doivent faire leur part, c’est-à-dire, rester à bord pour diriger le bateau.

Pour ce qui est du salut, c’est pareil. Dieu connaît les élus puisqu’il les a choisis, mais nous l’ignorons totalement. Un jour, quelqu’un est venu voir le célèbre prédicateur anglais Spurgeon et lui a dit : « Si je croyais comme vous, je ne l’enseignerais pas de cette manière. Vous dites croire que Dieu choisit les élus et pourtant vous prêchez que n’importe qui peut être sauvé. »

Le prédicateur a répondu : « Ils peuvent tous être sauvés. Si Dieu avait fait une marque jaune sur le dos des élus, j’irais dans les rues pour demander aux gens de soulever leur chemise afin que je puisse voir qui sont ceux qui ont la marque jaune sur leur dos. Et alors, je prêcherais la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à ceux-là seulement. Mais Dieu n’a pas agi ainsi. Il m’a dit d’annoncer l’Évangile à toute créature et que le salut était offert à quiconque. » C’est en effet le fer de lance de l’ordre de mission que Dieu a confié aux prédicateurs, et il n’y en a pas d’autres. En vérité, le salut est offert à tous ceux qui le veulent et cette offre est réelle car les dés ne sont pas pipés. On peut aussi expliquer ce paradoxe de la façon suivante. De notre côté, au-dessus de la porte d’entrée au royaume de Dieu se trouve un écriteau sur lequel est écrit : « Tous ceux qui le veulent peuvent entrer et trouver la vie éternelle. » Si vous y entrez, en vous retournant, du côté « ciel » de la porte, vous trouverez aussi un panneau sur lequel est écrit : « Tu as été choisi en Jésus-Christ avant même le commencement du monde. » Je n’ai pas encore vu cette inscription, mais je sais que l’Éternel, en tant que Dieu et Créateur du ciel et de la terre, a le droit de choisir qui il veut.

J’ai des amis qui ont décidé de faire construire la maison de leur rêve. Ils ont d’abord fait dessiner des plans qui correspondent exactement à ce qu’ils veulent dans les moindres détails, des fondations à la toiture en passant par le plus petit recoin. Ensuite, ils ont choisi un entrepreneur qui a tout réalisé selon les règles de l’art et en suivant exactement les plans. Une fois finie, cette maison était bien conforme à ce que ces amis souhaitaient. Personne n’a contesté, car ils ont parfaitement le droit de faire construire une maison à leurs goûts et selon leurs plans et c’est ce qu’ils ont fait. Pareillement et de toute éternité, Dieu a décidé qu’il y aurait une Église, puis il a choisi ceux qui en feraient partie, ses membres. L’univers est à lui et il fait comme il lui plaît ; il en a parfaitement le droit. Et si ça ne me plaît pas, je n’ai qu’à me rappeler des paroles de l’apôtre Paul quand il a écrit aux Romains :

Mais, qui es-tu donc toi, homme, pour critiquer Dieu ? L’ouvrage demandera-t-il à l’ouvrier : “ Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? ” Oui, qu’as-tu à redire si Dieu a agi ainsi pour manifester la richesse de sa gloire en faveur de ceux qui sont les objets de sa grâce, ceux qu’il a préparés d’avance pour la gloire ? (Romains 9.20, 23).