Chapitre 6

Introduction

Parmi les histoires qui font les choux gras des journalistes, les malheurs imprévisibles qui frappent soudainement ceux qui célèbrent une occasion particulière sont en vedette à cause de leur effet-choc.

La gazette de Jérusalem rapporte : “ C’était un grand jour de fête. David et le peuple se réjouissaient alors qu’ils ramenaient l’arche sacrée dans la ville sainte sur un chariot tout neuf. La foule était en liesse. C’est alors que l’inconcevable arriva ! Sur le chemin instable, le coffre saint bascule ; quelqu’un du nom d’Ouzza, qui marchait à côté du chariot, l’empoigne pour l’empêcher de tomber et c’est le drame. Cet homme tombe, tué net, frappé de mort par la colère de l’Éternel.

On apprend plus tard que d’après la Loi de Moïse, Ouzza n’avait pas le droit de toucher aux objets saints. Il va sans dire que cet incident jeta un grand froid parmi le peuple ; tout le monde éprouva alors une grande crainte de Dieu à cause de cette démonstration de sa sainteté. David décida alors de laisser le coffre saint sur place chez un dénommé Obed-Édom. ”

Versets 11-15

Je continue le texte du chapitre 6 du second livre de Samuel.

Le coffre y resta trois mois et l’Éternel bénit Obed-Édom et toute sa famille. On fit savoir au roi David que l’Éternel avait béni la famille d’Obed-Édom et qu’il avait fait prospérer tous ses biens à cause du coffre de Dieu. Alors David fit transporter le coffre de Dieu depuis la maison d’Obed-Édom jusque dans la cité de David, au milieu des réjouissances. Quand ceux qui portaient le coffre de l’Éternel eurent avancé de six pas, ils s’arrêtèrent et l’on offrit en sacrifice un taureau et un veau gras. David dansait de toutes ses forces devant l’Éternel, vêtu seulement d’un vêtement de lin semblable à celui des prêtres. Ainsi David et tout le peuple d’Israël transportèrent le coffre de l’Éternel en poussant des cris de joie et en faisant résonner les cors (2Samuel 6.11-15).

Comme la famille d’Obed-Édom a été bénie grâce à la présence de l’arche chez elle, David en conclut que la colère de l’Éternel est tombée. Il décide donc à nouveau d’amener le coffre saint à Jérusalem, mais cette fois-ci, il fait les choses en règle. Il se conforme aux stipulations de la Loi de Moïse ; le coffre est porté non plus par un chariot, mais par les épaules de deux Lévites. Cette fois encore, c’est dans la joie et l’allégresse générale qu’a lieu le voyage de l’arche de l’alliance.

Il va sans dire que les danses en l’honneur de l’Éternel n’avaient absolument rien d’inconvenant, contrairement à ce qui se pratique dans les boîtes de nuit. Comme David était de la tribu de Juda, il n’avait en principe pas le droit de porter un éphod en lin qui était la prérogative des prêtres, une des branches familiales issues des descendants de Lévi. Cependant, comme il avait reçu l’onction de roi des mains de Samuel sur ordre de l’Éternel, il pouvait porter ce vêtement sacré.

Versets 16-19

Je continue.

Lorsque le coffre de l’Éternel arriva dans la cité de David, Mikal, la fille de Saül, regardait par la fenêtre. Elle vit le roi David sauter et danser devant l’Éternel ; alors elle conçut du mépris pour lui dans son cœur. On amena le coffre de l’Éternel et on le déposa au milieu de la tente que David avait fait dresser pour lui. David offrit des holocaustes et des sacrifices de communion devant l’Éternel. Quand David eut achevé d’offrir ces sacrifices, il bénit le peuple au nom de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes. Puis il fit distribuer des vivres à tout le peuple, c’est-à-dire à toute la foule des Israélites, hommes et femmes ; chacun reçut une miche de pain, une portion de viande rôtie et une masse de fruits secs. Après cela, chacun retourna chez soi (2Samuel 6.16-19).

David avait fait construire un autre tabernacle pour abriter dignement le coffre de l’alliance. Ce qui est vraiment important à noter dans ce passage, c’est que le roi aimait l’Éternel passionnément et de tout son cœur. Pour lui, l’essentiel de la vie consistait à lui rendre hommage et à l’adorer. David avait compris quelque chose de l’immensité infinie du Créateur du ciel et de la terre, reconnaissant humblement qu’il était digne de toutes ses louanges et de toute sa dévotion, que ce soit par la poésie, des chants ou par la danse.

Versets 20-23

Je continue jusqu’à la fin du chapitre.

David rentra chez lui pour bénir sa maisonnée. Alors Mikal, fille de Saül, sortit à sa rencontre et s’exclama : — Ah, vraiment, le roi d’Israël s’est couvert d’honneur aujourd’hui ! Il s’est exhibé à demi-nu aux servantes de ses serviteurs, comme aurait pu le faire un homme de rien ! David répondit à Mikal : — C’est devant l’Éternel que j’ai manifesté ma joie, lui qui m’a choisi de préférence à ton père et à toute sa famille, pour m’établir comme chef d’Israël, son peuple. Je m’abaisserais volontiers encore davantage pour m’humilier. Néanmoins, je serai honoré par les servantes dont tu as parlé. À la suite de cela, Mikal n’eut jamais d’enfant jusqu’à sa mort (2Samuel 6.20-23).

Il y a de l’eau dans le gaz. La fille de Saül et première épouse de David n’a pas compris que le roi exprimait sa passion pour l’Éternel et son adoration pour lui ; elle a été blessée dans son amour propre de première femme du royaume. Dans sa vision bassement matérielle des choses, le roi avait perdu sa dignité en ôtant ses habits d’apparat et en les remplaçant par un simple éphod sacerdotal ; et de plus, il s’était mélangé au bas peuple. Pour Mika, on ne pouvait pas descendre plus bas. Elle aimait la prestance, la première place, être en vue, les courbettes et tout ce qui fait partie de la vie de cour avec les courtisans et autres mignons qui se mettent à plat ventre devant son altesse la reine. Elle accuse donc son mari d’exhibitionnisme, une critique qui a vivement froissé David, mais aussi Dieu. À partir de ce moment, il va se séparer d’elle et le texte précise qu’elle n’aura jamais d’enfants, ce qui en Israël, il faut le rappeler, était considéré comme la pire des malédictions.

Quoi qu’il en soit, David vient d’accomplir deux actes capitaux qui vont renforcer son pouvoir royal. Il a choisi une nouvelle capitale pour son royaume et y a installé le coffre de l’alliance. Le choix de Jérusalem est particulièrement judicieux. Il s’agit d’une part d’une vieille cité royale qui grâce à la citadelle, sa forteresse naturelle, jouissait d’une situation exceptionnelle. D’autre part, sa position géographique à la frontière entre Juda et la coalition des tribus du nord constituait un atout certain pour l’unité du royaume. En installant le coffre sacré dans sa capitale, David manifeste son allégeance à l’Éternel et fait de Jérusalem le centre religieux du pays. Le texte met bien en valeur la fidélité de David envers Dieu et en retour, la bénédiction dont il est l’objet.

Chapitre 7

Introduction

Nous voici rendus au chapitre 7 du second livre de Samuel. Maintenant que David est bien installé à la tête du royaume d’Israël et que la paix règne sur tout son territoire, il lui vient l’idée de construire une structure permanente, un temple en dur dans lequel l’Éternel habiterait au milieu de son peuple. Il trouvait à juste titre que le tabernacle façonné avec des peaux de bêtes cousues ensemble n’était pas digne de Dieu, surtout à côté du palais grandiose qu’il s’était fait construire.

Mais l’intérêt essentiel de ce chapitre réside dans ce qu’il nous fait part de la Nouvelle Alliance que l’Éternel établit avec l’humanité au travers de David. C’est sans aucun doute le passage le plus important de l’Ancien Testament, car c’est sur cette fondation que reposera tout le reste des Écritures, en particulier les livres prophétiques et même le Nouveau Testament. En effet, l’Évangile commence avec ses mots :

Voici la généalogie de Jésus-Christ, de la descendance de David (Matthieu 1.1).

Cette phrase est importante parce que les promesses faites par l’Éternel à David et maintes fois réitérées par la suite ont commencé à s’accomplir dans l’histoire humaine. Lorsque l’ange Gabriel est venu annoncer la naissance de Jésus à Marie, il lui a dit :

N’aie pas peur, Marie, car Dieu t’a accordé sa faveur. Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus. Il sera grand. Il sera appelé “ Fils du Très-Haut ”, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre… et son règne n’aura pas de fin (Luc 1.30-33).

Encore une fois, le nom de David est mentionné. Lors du premier sermon de l’apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte, il a fait lui aussi référence au grand roi quand il dit :

Mes frères, permettez-moi de vous parler franchement : le patriarche David est bel et bien mort et enterré. Son tombeau existe encore près d’ici aujourd’hui. Mais il était prophète et il savait que Dieu lui avait promis, sous la foi du serment, de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. Ainsi il a entrevu par avance la résurrection du Christ. En effet, David, lui, n’est pas monté au ciel. Voici donc ce que tout le peuple d’Israël doit savoir avec une entière certitude : Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié (Actes 2.29-31, 34-36).

Là aussi, il s’agit d’une partie de la promesse de Dieu à David qui s’accomplit. Et pour finir, à la fin du livre de l’Apocalypse, le dernier du Nouveau Testament, Jésus se définit par rapport à David. Je le cite :

Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour rendre témoignage à ces vérités destinées aux Églises. Je suis le rejeton de la racine de David, son descendant. C’est moi, l’étoile brillante du matin (Apocalypse 22.16).

Ces passages sont quelques exemples des 59 références au roi David dans le Nouveau Testament. Dans l’Ancien, tous les prophètes mentionnent la venue du royaume de Dieu à venir. Voici par exemple ce qu’écrit Jérémie :

Voici venir le temps, l’Éternel le déclare, où je vais donner à David un germe juste : il régnera avec sagesse et il exercera le droit et la justice dans le pays. Voici quel est le nom dont on l’appellera : “ L’Éternel est notre justice ” (Jérémie 23.5-6).

Versets 1-3

Le fondement de ces prédictions repose sur la promesse que l’Éternel fait à David dans ce 7e chapitre du second livre de Samuel que je commence à lire.

Comme le roi s’était installé dans son palais, et que l’Éternel lui avait accordé une existence paisible en le délivrant de tous ses ennemis à l’entour, il dit au prophète Nathan : — Regarde ! J’habite dans un palais de cèdre, alors que le coffre de Dieu est installé au milieu d’une tente de toile. Nathan lui répondit : — Va et réalise les projets qui te tiennent à cœur, car l’Éternel est avec toi (2Samuel 7.1-3).

On peut imaginer David assis sur son trône, confortable et bien au chaud dans son palais construit en cèdre, le bois le plus rare et le plus noble de cette époque. Dehors, le ciel est illuminé d’éclairs et les orages se succèdent tandis qu’une pluie incessante tombe sur Jérusalem. Alors, le roi pense à l’arche de l’alliance sous une tente exposée à toutes les intempéries et battue par le vent, et il se sent culpabilisé par rapport à cet abri bien précaire pour le coffre saint de l’Éternel. Or, justement, le prophète Nathan vient d’entrer. Cet homme va jouer un rôle prépondérant à la cour pendant tout le règne de David.

Alors, le roi lui ouvre son cœur concernant son projet d’établir une structure en dur pour l’arche sacrée. À un niveau personnel, Nathan pense que c’est une très bonne idée de vouloir construire un temple à l’Éternel. Il ne se doute alors pas le moins du monde que la nuit suivante, il va recevoir la parole prophétique de Dieu qui sera différente de sa propre opinion. L’agencement des sections narratives qui vont suivre est thématique et donc ne suit pas forcément l’ordre des pages. Ainsi, les victoires militaires relatées dans le chapitre suivant ont probablement précédé les faits rapportés ici.

Versets 4-7

Je continue.

Cependant, la nuit suivante l’Éternel adressa la parole à Nathan en ces termes : — Va dire à mon serviteur David : “ Voici ce que déclare l’Éternel : Tu veux me bâtir un temple où je puisse habiter ? Je n’ai jamais résidé dans un temple depuis le jour où j’ai fait sortir les Israélites d’Égypte jusqu’à aujourd’hui. J’ai cheminé sous une tente, logeant dans le tabernacle. Pendant tout ce temps où j’ai accompagné les Israélites, ai-je jamais dit à un seul des chefs d’Israël que j’avais établis pour diriger mon peuple : Pourquoi ne me bâtissez-vous pas un temple en bois de cèdre ? ” (2Samuel 7.4-7).

Depuis leur sortie d’Égypte, l’Éternel s’est identifié à son peuple qui vivait en situation précaire sous des tentes. Il n’a jamais désiré un palais comme les rois terrestres. Ces paroles de Dieu ont un double sens, car elles annoncent la venue de Jésus qui a revêtu la fragilité d’un corps humain. Je cite un passage de l’Évangile :

La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous… plénitude de grâce et de vérité ! (Jean 1.14).

Le verbe traduit par habité veut dire planter sa tente. C’est en effet en toute humilité que Jésus est descendu de la gloire du ciel et a fait son séjour parmi nous, s’identifiant pleinement à vous et à moi. Un autre texte du Nouveau Testament décrit cet abaissement du Christ. Je le cite :

Lui qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.6-8).

La priorité de l’Éternel n’est pas de se faire construire une bâtisse, même majestueuse. C’est surtout dans les cœurs des hommes de bonne volonté qu’il veut régner ; d’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il a choisi David, qu’il appelle un homme selon son cœur.

Versets 8-9

Je continue le texte.

Voici maintenant ce que tu diras à mon serviteur David : Ainsi parle l’Éternel, le Seigneur des armées célestes : je suis allé te chercher dans les pâturages où tu gardais les moutons, pour faire de toi le chef de mon peuple Israël. Je t’ai soutenu dans toutes tes entreprises et je t’ai débarrassé de tous tes ennemis. Je te ferai un nom très glorieux comme celui des grands de la terre (2Samuel 7.8-9).

Dieu rappelle brièvement et gentiment à David comment il est passé de petit berger de rien du tout à grand roi d’Israël, et que c’est lui qui lui a donné la victoire sur tous ses ennemis ; qu’il s’agisse du roi Saül, du géant Goliath et des Philistins, des maraudeurs qui mettaient en péril les villages de l’extrême sud de Juda, sans compter tous les animaux sauvages, du lion à l’ours, qui s’attaquaient à son troupeau de moutons.

Ces choses étant bien précisées, l’Éternel commence à énoncer les termes de la Nouvelle Alliance qu’il est sur le point de révéler à David. Il va faire de ce roi un grand parmi les plus grands. Il semblerait même que selon les prophéties, au moment de la résurrection des morts, David deviendra le régent du Seigneur Jésus durant le millénium, ce règne de 1 000 ans du Christ sur terre.

Versets 10-11

Je continue.

J’attribuerai un territoire à mon peuple Israël où je l’implanterai pour qu’il puisse habiter chez lui et ne soit plus inquiété et opprimé comme auparavant par des hommes méchants, comme à l’époque où j’avais établi des juges-chefs pour mon peuple Israël. Je t’accorderai une existence paisible en te délivrant de tous tes ennemis. Enfin, l’Éternel t’annonce qu’il te constituera une dynastie (2Samuel 7.10-11).

D’après un texte parallèle, l’intention du roi de construire un temple était louable, mais refusée pour deux raisons : d’une part parce que David était un homme qui avait répandu beaucoup de sang, et d’autre part parce que sa vocation était d’assurer à Israël la sécurité et le repos que l’Éternel avait promis aux ancêtres de la nation d’Israël. Le terme hébreu qui signifie maison a aussi un sens beaucoup plus large et veut aussi bien dire temple que dynastie.

L’auteur joue sur ces sens nuancés. David veut construire un temple à l’Éternel, mais Dieu lui annonce que c’est lui qui lui bâtira une dynastie qui perdurera. Celle-ci sera interrompue à plusieurs reprises dans la suite des temps, mais reprendra chaque fois et c’est ainsi qu’il y a environ 2 000 ans, Jésus, le sauveur promis, est venu sur la scène humaine comme le précise l’apôtre saint Paul que je cite :

Cette Bonne Nouvelle, c’est ce que Dieu a promis il y a bien longtemps par ses prophètes dans les Saintes Écritures. Elle concerne son fils Jésus-Christ, notre Seigneur qui, dans son humanité, descend de David, et qui a été déclaré Fils de Dieu avec puissance (Romains 1.2-3).

Jésus est l’héritier direct du royaume de David. C’est à lui que revient de droit le trône de majesté sur lequel il va s’asseoir un jour dans une immense gloire lorsqu’il reviendra pour établir le millénium, son royaume sur terre. Cet événement a été prophétisé à maintes reprises dans l’Ancien Testament et est encore annoncé dans le Nouveau, en particulier dans le livre de l’Apocalypse. Tous ceux qui désirent le voir régner seront récompensés comme en témoigne l’apôtre Paul que je cite :

Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement (2Timothée 4.8).