Chapitre 5

Introduction

Presque tous les pays modernes se sont créés sur les cendres et les cadavres des victimes d’une ou plusieurs guerres civiles. La guerre de Sécession aux États-Unis fut particulièrement meurtrière. La France mérite malheureusement une palme d’or dans ce domaine, car aux conflits d’ordre politique et de lutte pour le pouvoir, les fameuses guerres de religion ont abreuvé de sang les pavés de nos villes comme les sillons de nos campagnes. La même chose est arrivée à la nation d’Israël où deux clans opposés ont mis le pays à feu et à sang pendant 7 longues années. Finalement, cette guerre fratricide prend officiellement fin et David est enfin sacré roi sur tout Israël.

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 5 du second livre de Samuel.

Des représentants de toutes les tribus d’Israël vinrent auprès de David à Hébron et lui dirent : — Nous voici ! Nous sommes de ta race et de ton sang. Autrefois déjà, du temps où Saül était notre roi, c’est toi qui dirigeais les expéditions militaires d’Israël. Or l’Éternel t’a promis que tu serais le berger d’Israël son peuple et que tu en deviendrais le chef (2Samuel 5.1-2).

Tout le monde savait que David deviendrait le prochain roi d’Israël ; c’était dans l’inconscient collectif, pourrait-on dire. Malgré ce fait, la guerre civile a duré 7 ans, comme je l’ai déjà dit. Le moins qu’on puisse dire est que les Hébreux sont durs d’entendement, têtus comme des ânes rouges. Ils avaient du mal à lâcher la dynastie de Saül parce que c’étaient eux-mêmes qui l’avaient choisi, tandis que c’est l’Éternel qui a désigné David.

Les représentants d’Israël évoquent trois raisons qui font qu’ils acceptent David comme leur roi :

  • Bien que le chef de la tribu de Juda, il était Israélite comme eux ;
  • il avait été leur chef militaire,
  • C’est l’Éternel qui l’avait choisi, ce qui aurait dû être la seule raison nécessaire et suffisante.

Versets 3-5

Je continue.

Ainsi tous les responsables d’Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Là, le roi David conclut une alliance avec eux devant l’Éternel, et ils lui conférèrent l’onction pour le faire roi d’Israël. David était âgé de trente ans à son avènement, et son règne dura quarante ans. Il régna sept ans et six mois sur Juda à Hébron, et il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda à Jérusalem (2Samuel 5.3-5).

L’alliance est conclue entre David, d’une part, et les responsables d’Israël, de l’autre, et cet événement a lieu devant l’Éternel qui est pris à témoin. David jure devant Dieu qu’il obéira en tout point à la Loi de Moïse. C’est la troisième onction sacrée que David reçoit, il est maintenant aux yeux des 12 tribus leur roi. C’est ainsi que les premiers chapitres du second livre de Samuel ont relaté l’ascension de David au trône, de Juda d’abord, puis de tout Israël.

Jusque-là, l’auteur s’est attaché à montrer qu’il n’est pas un personnage sanguinaire et insensible comme les souverains de son époque. Il ne désire pas la destruction de ses ennemis et éprouve un profond chagrin à la mort de Saül, Abner et Ich-Bocheth. Même si David fait preuve d’intelligence politique et magouille ici et là, son ascension au trône est quand même présentée comme l’œuvre de l’Éternel ; Abner, le vrai pouvoir derrière le trône des tribus du nord, puis tout le peuple reconnaît que la destinée de David est d’être le roi, le berger d’Israël.

Versets 6-7

Je continue le texte.

Le roi marcha avec ses hommes sur Jérusalem pour combattre les Yebousiens qui habitaient la région. Ceux-ci déclarèrent à David : — Tu n’entreras pas ici ! Même des aveugles et des boiteux te repousseraient. C’était une manière de dire : David n’entrera pas dans la ville. Mais David s’empara de la forteresse de Sion, qu’on appelle la cité de David (2Samuel 5.6-7).

Habitée depuis le 3e millénaire, Jérusalem était déjà une cité royale à l’époque d’Abraham. Au temps de la conquête, sous la direction de Josué, les tribus de Juda et Benjamin avaient attaqué la ville, mais la citadelle était restée aux mains des Yebousiens. Ceux-ci comptaient sur leur situation exceptionnelle pour parer à toute invasion, car ils habitaient une forteresse naturelle dominant de profondes vallées sur trois côtés. Ils estimaient donc leur place forte imprenable.

Au moment de cette conquête par David, Jérusalem était de taille modeste, tout juste 3 500 habitants. Le mont Sion est la colline sud de la ville sur laquelle est bâtie la citadelle ; c’est là que David y érigera son palais. Plus tard, alors que la ville se sera étendue, Sion désignera tout Jérusalem aussi appelé ville de David.

Versets 8-9

Je continue le texte.

Ce jour-là, David avait déclaré à ses hommes : Celui qui veut battre les Yebousiens n’a qu’à grimper par le canal souterrain pour les atteindre. Quant à ces boiteux et ces aveugles, je les déteste. C’est de là que vient le dicton : Les aveugles et les boiteux n’entreront pas dans ma maison. David s’installa dans la forteresse qu’il appela la cité de David. Il fit des constructions tout autour, depuis les terrasses aménagées pour les cultures jusque vers l’intérieur (2Samuel 5.8-9).

Au cliquetis des armes s’est jointe une bataille de mots ; des insultes ont fusé de part et d’autre. Comme c’est David qui a gagné la bataille, les Yebousiens, qui furent les premiers à se moquer du roi, ne seront pas autorisés à entrer dans son palais. D’après un autre livre de l’Ancien Testament, c’est Joab, le commandant en chef des armées de David qui réussit à pénétrer dans la forteresse en passant par le canal souterrain.

Versets 10-12

Je continue le texte.

David devenait de plus en plus puissant, et l’Éternel, le Dieu des armées célestes, était avec lui. Hiram, le roi de Tyr, envoya une délégation à David, en lui faisant livrer du bois de cèdre et en lui envoyant des charpentiers et des tailleurs de pierre qui lui construisirent un palais. David reconnut alors que l’Éternel le confirmait comme roi sur Israël et qu’il donnait de l’éclat à son règne à cause d’Israël, son peuple (2Samuel 5.10-12).

Les succès de David confirment aux yeux de tous qu’il n’est pas un petit conquérant local, mais un homme béni par l’Éternel et une puissance politique dont il faut tenir compte. Hiram, le roi de Tyr, était un souverain important à cette époque ; il fut le premier étranger à reconnaître la royauté de David. Les Phéniciens avaient intérêt à cultiver de bonnes relations avec les populations de l’intérieur du pays, car celles-ci leur fournissaient les produits agricoles et leur permettaient l’utilisation de leurs routes pour le commerce.

Les bonnes relations entre les deux royaumes dureront jusqu’à l’invasion babylonienne au 6e siècle avant notre ère. Les Tyriens étaient beaucoup plus habiles que les Israélites dans toutes les branches de l’artisanat ; leur contribution sera essentielle pour l’édification du temple par Salomon. Mais dans l’immédiat, ils vont fournir le nécessaire pour la construction du palais de David, le principal symbole de son autorité royale.

Versets 13-14

Je continue en compressant.

Après son départ d’Hébron et son installation à Jérusalem, David épousa encore d’autres femmes de premier et de second rang, dont il eut des fils et des filles nés à Jérusalem dont Nathan et Salomon (2Samuel 5.13-14).

Dans le Proche-Orient ancien, la constitution d’un harem important établissait la grandeur d’un souverain. David a suivi les coutumes de son temps, mais il allait contre la volonté de l’Éternel et il devra en assumer les conséquences tragiques. C’est de la lignée de Nathan qu’est issue Marie, la mère de Jésus, tandis que Joseph, son époux, descend de Salomon. Jésus-Christ est donc issu de David à la fois par sa mère et son père adoptif, ce qui lui confère physiquement et légalement le droit au trône.

Versets 17-18

Je continue.

Lorsque les Philistins apprirent que David avait été établi roi d’Israël par l’onction, ils se mirent tous en campagne à sa recherche. David en fut informé et se retira dans la forteresse. Les Philistins arrivèrent et se déployèrent dans la vallée des Rephaïm (2Samuel 5.17-18).

Tant que David était un petit roi dans Hébron, quelque part au centre de Juda, les Philistins le considéraient comme leur vassal. Mais maintenant qu’il est devenu roi d’Israël et successeur de Saül, ils ont peur de se voir déposséder de leurs conquêtes en territoire israélite. C’est pour éviter cela qu’ils prennent les devants en rassemblant leurs troupes à seulement 5 km au sud-ouest de Jérusalem ; la situation est critique pour David.

Versets 19-21

Je continue.

David consulta l’Éternel et lui demanda : — Dois-je attaquer les Philistins ? Me donneras-tu la victoire sur eux ? L’Éternel répondit à David : — Attaque-les ! Car je t’assure que je te donnerai la victoire sur les Philistins. David se rendit donc jusqu’à Baal-Peratsim et les battit là. Puis il déclara : — Comme les eaux rompent une digue, l’Éternel a fait une brèche devant moi dans les rangs de mes ennemis. C’est pourquoi on a donné à ce lieu le nom de Baal-Peratsim (le Maître des brèches). Les Philistins abandonnèrent leurs idoles sur place, et David et ses gens les emportèrent (2Samuel 5.19-21).

Selon son habitude, David consulte l’Éternel avant d’agir ; alors, il passe à l’attaque et contrairement à Saül, il est vainqueur et attribue la victoire à l’intervention de Dieu. Les soldats philistins portaient sur eux des petites représentations de leurs divinités pour qu’elles les protègent durant la bataille. David les a ramassés afin de les brûler conformément aux prescriptions de la Loi ; ce renseignement nous est donné par un texte parallèle.

Versets 22-25

Je finis ce chapitre.

Les Philistins revinrent à l’attaque et se déployèrent de nouveau dans la vallée des Rephaïm. David consulta l’Éternel qui lui répondit : — Ne les attaque pas de front ! Contourne-les par leurs arrières, puis reviens sur eux en face de la forêt des mûriers. Quand tu entendras un bruissement de pas dans les cimes des mûriers, alors hâte-toi, car je me serai mis en campagne devant toi pour battre l’armée des Philistins. David fit ce que l’Éternel lui avait ordonné, et il battit les Philistins en les poursuivant depuis Guéba jusqu’à l’entrée de Guézer (2Samuel 5.22-25).

L’entrée de Guézer se trouve en territoire philistin. Donc, David les a repoussés jusqu’à leur frontière première. Comme lors de la sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse, et de la conquête du pays de Canaan sous Josué, l’Éternel combat avec son peuple. Tel un général en chef, il définit la stratégie à adopter, et son passage balaie la cime des arbres.

Chapitre 6

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 6 où il est tout d’abord question de l’arche de l’alliance qui est mentionnée 15 fois dans les 17 premiers versets. David a résolu d’aller la chercher et de l’amener à Jérusalem. Il fait ce qui est bien, mais malheureusement, de la mauvaise façon. Je commence à lire.

David rassembla les trente mille meilleurs guerriers d’Israël, puis il se mit en route avec toute cette armée et partit de Baalé-Juda pour en ramener le coffre de Dieu sur lequel a été invoqué l’Éternel, le Seigneur des armées célestes qui siège entre les chérubins (2Samuel 6.1-2).

Baalé-Juda est un autre nom pour Qiryath-Yearim qui se trouve à 13 km au nord-ouest de Jérusalem en direction de Tel Aviv. Cela faisait maintenant 100 ans que l’arche de l’alliance était séparée du Tabernacle et des autres lieux de culte. Elle était dans la maison d’un certain Abinadab. Ce coffre était fabriqué en bois d’acacia et couvert de feuilles d’or à l’intérieur comme à l’extérieur. Il symbolisait la présence de l’Éternel au milieu de son peuple. Il est aussi fort probable que ce coffre préfigurait le Messie à venir ; l’acacia représentant son humanité parfaite et l’or, sa divinité.

Maintenant que Jérusalem était la capitale politique d’Israël, David voulait aussi que sa ville devienne le centre religieux de la nation, parce qu’en tant qu’homme, et malgré ses faiblesses et ses fautes, il avait une véritable passion pour Dieu. Cela est évident quand on considère les psaumes qu’il a écrits. J’en cite quelques extraits pour mémoire :

Je veux te glorifier, ô Éternel, de tout mon cœur, je veux raconter tes merveilles… et ma gloire, c’est de te chanter, de te célébrer en musique ! Que tout mon être loue l’Éternel ! Que tout ce que je suis loue le Dieu saint ! (Psaumes 9.2 ; 108.1 ; 103.1).

Verset 3

Je continue le texte.

On chargea le coffre de Dieu sur un chariot neuf et on l’emporta de la maison d’Abinadab située sur la colline. Ouzza et Ahyo, fils d’Abinadab, conduisaient le chariot neuf (2Samuel 6.3).

Le coffre saint était muni d’anneaux dans lesquels passaient des barres qui servaient à le transporter à dos d’épaules par deux Lévites, et pas n’importe lesquels, mais de la famille des Qehatites. Or ici, il est dit à deux reprises que le coffre est chargé sur un chariot neuf. C’est apparemment une excellente chose, mais en réalité, David enfreint la Loi de Moïse. Je lis un passage qui explique comment le transport de l’arche aurait dû se faire :

Moïse ne donna pas de chariots aux Qehatites, car ils étaient responsables des objets sacrés et devaient les porter sur les épaules (Nombres 7.9).

Versets 4-5

Je continue le texte.

On fit partir le chariot, sur lequel on avait posé le coffre, de la maison d’Abinadab située sur la colline. Ahyo marchait devant le coffre. David et toute la communauté d’Israël exprimaient leur joie devant l’Éternel en jouant sur toutes sortes d’instruments de bois de cyprès, sur des lyres, des luths, des tambourins, des sistres et des cymbales (2Samuel 6.4-5).

Tout au long du trajet, David et le peuple qui accompagnait l’arche étaient en liesse, car c’était un grand jour de fête ; ce coffre, symbole de l’Éternel, allait à nouveau se trouver au milieu de son peuple. David a écrit une douzaine de psaumes qui célèbrent cet événement. Voici par exemple à quoi ressemblaient ces chants :

Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue où éclate sa puissance ! Louez-le pour ses hauts faits, louez-le pour sa grandeur infinie ! Louez-le au son du cor, louez-le au son du luth et de la cithare ! Louez-le avec des danses et au son des tambourins ! Louez-le avec la lyre et avec la flûte ! Louez-le par les cymbales bien retentissantes ! Louez-le par les cymbales résonnant avec éclat ! Que tout ce qui vit loue donc l’Éternel ! Louez l’Éternel ! (Psaumes 150.1-6).

Malheureusement, cette merveilleuse journée va être ternie par un événement des plus fâcheux.

Versets 6-7

Je continue le texte.

Lorsqu’ils furent arrivés près de l’aire de Nakôn, les bœufs firent un écart et Ouzza tendit la main et saisit le coffre de Dieu. Alors l’Éternel se mit en colère contre Ouzza et Dieu le frappa sur place à cause de sa faute. Ouzza mourut là, à côté du coffre de Dieu (2Samuel 6.6-7).

Ouzza, pourtant animé de bonnes intentions, a commis un sacrilège en touchant le coffre de l’alliance ce que, selon la Loi, seuls certains Lévites étaient autorisés à faire. David et le reste du peuple apprenaient ainsi de la manière forte qu’en ce qui concerne Dieu, on ne faisait pas les choses n’importe comment, selon sa propre jugeote. En particulier, il fallait bien respecter les règles strictes données par la Loi de Moïse en ce qui concernait les objets sacrés, et surtout le coffre de l’alliance, le symbole par excellence de la présence de l’Éternel.

Versets 8-10

Je continue.

David fut bouleversé de ce que l’Éternel avait ouvert une brèche en frappant Ouzza et il appela ce lieu Perets-Ouzza (brèche d’Ouzza), nom qu’il porte encore aujourd’hui. Ce jour-là, David prit peur de l’Éternel et il se demanda : — Comment oserais-je faire venir le coffre de l’Éternel chez moi ? Il renonça donc à transporter le coffre de l’Éternel chez lui dans la cité de David, et il le fit déposer dans la maison d’Obed-Édom, un homme originaire de Gath (2Samuel 6.8-10).

David ne comprend pas que le geste d’Ouzza dicté par le souci de préserver le coffre qui allait tomber ait eu de telles conséquences. Il voulait ignorer que le geste de cet homme était en réalité un crime de lèse-majesté. En effet, seule une certaine classe de la tribu de Lévi était autorisée à porter les objets saints une fois emballés afin que nul ne puisse les regarder. Cette cuisante leçon fait prendre conscience au futur grand roi, ainsi qu’à tout le peuple que l’Éternel qui réside symboliquement dans l’arche de l’alliance est un Dieu saint.

Il n’empêche que la plupart des gens font très peu cas de lui ; en fait, beaucoup utilisent même son nom pour maudire ou jurer comme un charretier. Mais on ne se moque pas impunément et indéfiniment de Dieu ; un jour ou l’autre, vous et moi devrons rendre des comptes à notre créateur.

Alors, il vaut la peine que je me pose cette question : Où en suis-je vis-à-vis de lui ? Est-ce que je le considère comme le Tout-Puissant saint et redoutable, ou comme un personnage mythique qu’on peut tourner en dérision ? La réponse à cette question déterminera non seulement où je passerai l’éternité, mais aussi quel genre d’individu je suis dans cette vie. En effet, un texte des Écritures affirme :

La crainte respectueuse de l’Éternel est le commencement de la sagesse (Proverbes 9.10).