Chapitre 9

Introduction

Les chefs d’État se suivent, mais plus ça change et plus c’est la même chose. Ça devient gnangnan. C’est vrai dans nos démocraties et ça l’était également dans le royaume israélite des X tribus du Nord. Comme ce ne sont évidemment pas les urnes qui choisissent le nouvel homme fort, quand une nouvelle dynastie vient au pouvoir, le roi fait le ménage en noyant la dynastie précédente dans un bain de sang. Je ne parle pas des despotes africains du siècle dernier mais des souverains d’Israël-Nord, le peuple de Dieu. Un général nommé Jéhu a été choisi par l’Éternel pour prendre les rênes du royaume, puis dans une cérémonie privée, il a reçu l’onction de la part d’un prophète disciple d’Élisée.

Versets 11-13

Je continue à lire dans le chapitre 9 du second livre des Rois en compressant.

Lorsque Jéhu revint auprès des autres officiers du roi, ils lui demandèrent : — Raconte-nous donc ce qui s’est passé. — Eh bien, dit-il, voici comment il m’a parlé. “ Voici ce que déclare l’Éternel : Je te confère l’onction pour t’établir roi d’Israël. ” À ces mots, les officiers s’empressèrent d’étendre leurs manteaux devant lui sur les marches de l’escalier, puis ils sonnèrent du cor et se mirent à crier : — Vive le roi Jéhu ! (2Rois 9.11-13).

Les compagnons d’armes de Jéhu ont pressenti que le prophète est venu dans un but précis et ils veulent savoir ce qu’il en est. Ils sont si mécontents de la dynastie d’Achab et la popularité de Jéhu est si grande qu’ils se rallient à lui sur le champ et donnent le signal du coup d’état. À cette époque, la manière habituelle d’honorer une haute personnalité consiste à placer son manteau devant lui; on lui évite ainsi de toucher le sol poussiéreux avec ses pieds. On ne peut pas accuser Jéhu d’avoir fomenté une révolution, comme l’avaient fait Baésha et Zimri. Son ascension au pouvoir provient de l’onction du prophète, qui lui-même n’a fait qu’obéir à Élisée et à l’Éternel. Comme Dieu l’avait annoncé au roi Achab, il veut détruire sa dynastie.

Versets 15-16

Je continue plus loin.

Le roi d’Israël Yoram était retourné à Jizréel pour se faire soigner des blessures que lui avaient infligées les Syriens. Jéhu dit à ses compagnons : — Si vous êtes décidés à vous rallier à moi, il faut que personne ne s’échappe de la ville pour aller annoncer la chose à Jizréel. Puis Jéhu monta sur son char et partit pour Jizréel où Yoram était alité et recevait la visite d’Ahazia, le roi de Juda (2Rois 9.15-16).

Jéhu connu pour son impétuosité, prend immédiatement la situation en mains; il veut régler le compte de Yoram le plus tôt possible. Ce dernier se trouve à Jizréel en compagnie d’Ahazia roi de Juda; le premier se remet de ses blessures et l’autre, son neveu, lui rend visite. On est en famille.

Versets 17-21

Je continue.

La sentinelle, postée sur la tour de Jizréel, vit venir la troupe de Jéhu et fit dire au roi : — J’aperçois une troupe. Le chef de la troupe conduit son char à la manière de Jéhu : comme un fou. Alors Yoram ordonna : — Qu’on attelle mon char ! Yoram, roi d’Israël et Ahazia, roi de Juda, sortirent chacun sur son char pour aller au-devant de Jéhu, ils le rejoignirent dans le champ de Naboth de Jizréel (2Rois 9.17-21).

Le roi Yoram ne se doute pas que Jéhu mijote un coup d’État, mais comme il se fait du souci au sujet de la guerre contre les Syriens, il va au-devant de la troupe afin d’obtenir des informations aussi vite que possible. Cette rencontre dans le champ de Naboth, en apparence fortuite, prépare en fait l’accomplissement littéral de la prophétie d’Élie sur l’anéantissement total de la dynastie d’Omri-Achab (v. 26).

Versets 22-23

Je continue.

Dès que Yoram fut à portée de voix de Jéhu, il lui demanda : — Y a-t-il la paix sur le champ de bataille, Jéhu ? Jéhu répondit : — Comment peut-il être question de paix tant que durent les prostitutions de ta mère Jézabel et ses innombrables pratiques de sorcellerie ? Alors Yoram fit demi-tour et s’enfuit, en criant à Ahazia : — Attention, Ahazia ! c’est une trahison ! (2Rois 9.22-23).

Dans les Textes Sacrés, l’image de la prostitution est fréquente pour dénoncer l’infidélité d’Israël qui abandonne son Dieu pour adorer de fausses divinités. Jéhu reproche les cultes idolâtres de la mère du roi qui étaient formellement condamnés par la Loi de Moïse. Selon Jéhu, ces pratiques sont les causes des malheurs d’Israël. Yoram avait commencé à s’opposer à l’influence pernicieuse de sa mère, mais il n’avait pas persévéré. Son compte est bon.

Versets 24-26

Je continue en compressant.

Mais Jéhu saisit son arc et tira. La flèche frappa Yoram entre les deux épaules, lui transperça le cœur et ressortit par la poitrine. Yoram s’effondra mort dans son char. Jéhu dit à son écuyer : — Prends son cadavre et jette-le dans le champ de Naboth parce que l’Éternel a prononcé contre lui cette sentence : Puisque j’ai vu couler le sang de Naboth et celui de ses enfants, je te le ferai payer dans ce champ même ; l’Éternel le déclare ! (2Rois 9.24-26).

Jéhu a pris Yoram complètement par surprise et c’est ainsi que se termine la 4e dynastie des rois d’Israël-Nord. De toute évidence, Jéhu avait assisté à la rencontre d’Achab et du prophète Élie et la malédiction prononcée par ce dernier lui avait fait une profonde impression.

Versets 27-28

Je continue en compressant.

Quand Ahazia, roi de Juda, vit ce qui se passait, il s’enfuit, mais Jéhu se lança à sa poursuite et ordonna à ses hommes : — Lui aussi, frappez-le sur son char ! Il fut blessé et réussit à fuir jusqu’à Megiddo où il mourut (2Rois 9.27-28).

L’assassinat d’Ahazia roi de Juda dépasse un peu l’ordre divin car bien qu’il soit marié à une sœur de Yoram, il ne fait pas partie de la dynastie d’Achab. Selon un texte parallèle, Ahazia blessé a d’abord réussi à se réfugier dans la ville de Samarie. Une fois découvert, il fut emmené à Jizréel d’où il réussit à s’enfuir jusqu’à Megiddo où Jéhu le fit mourir (2 Chroniques 22.8,9). Jéhu a commencé à faire le vide dans la dynastie d’Achab ou d’Omri.

Verset 30

Je continue.

Jéhu était sur le point d’entrer à Jizréel. À cette nouvelle, Jézabel se farda les yeux, arrangea sa chevelure et se pencha à sa fenêtre pour regarder (2Rois 9.30).

Jézabel est une reine sanguinaire sans scrupules. Elle avait fait exécuter les prophètes de l’Éternel et encouragé le culte aux idoles Baal et Astarté. Sachant que sa dernière heure est venue, Jézabel qui n’a de foi qu’au diable, s’est maquillée et parée de ses plus beaux habits afin de mourir dignement, la tête haute, comme une reine. Sa présence à la fenêtre est un défi.

Verset 31

Je continue.

Lorsque Jéhu eut franchi la porte de la ville, elle lui cria : — Viens-tu pour la paix, nouveau Zimri, assassin de ton seigneur ? (2Rois 9.31

Jézabel est arrogante et sarcastique jusqu’à la fin. L’attitude si fière de cette reine, qui reste courageuse et menaçante devant la mort, donne une idée de l’énergie qui l’animait et permet de comprendre l’influence qu’elle a exercée sur les faibles rois Achab, Ahazia et Yoram.

Zimri avait tué Baésha, roi d’Israël 45 ans plus tôt avant d’assassiner toute la dynastie (1 Rois 16.9-15). Mais il ne régna que 7 jours avant de se suicider pour ne pas être assassiné. L’histoire d’Israël-Nord est tout aussi sordide que celle des autres peuples.

Versets 32-33

Je continue.

Jéhu leva les yeux vers la fenêtre et s’écria : — Qui de vous est pour moi ? Qui donc ? Alors deux ou trois chambellans se penchèrent vers lui aux fenêtres. Il leur ordonna : — Jetez-la en bas ! Ils la précipitèrent dans le vide, et son sang éclaboussa le mur et les chevaux. Jéhu passa sur elle avec son char, puis il entra dans le palais pour manger et pour boire (2Rois 9.32-33).

Plutôt sanglant comme passage ; ça fait penser à la révolution française. Les eunuques qui sont au service de la reine ne l’apprécient évidemment pas puisqu’ils ne lui sont pas loyaux. Ils ont sans aucun doute peur d’elle et saisissent cette occasion pour se débarrasser de cette femme abjecte. Elle inspirait une peur bleue à tous ceux qui la connaissaient et fait partie des personnages les plus ignobles de l’histoire de l’humanité. Malheureusement, beaucoup furent pires qu’elle : Staline par exemple, assassina des millions de gens, trente paraît-il. Même une fois mort, ses proches avaient peur de son cadavre.

Versets 34-37

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 9.

Ensuite, Jéhu ordonna à ses compagnons : — Occupez-vous de cette femme maudite et enterrez-la. Après tout, c’est une fille de roi. Ses hommes allèrent pour la mettre au tombeau, mais ils ne trouvèrent d’elle que son crâne, ses pieds et ses mains. Ils retournèrent l’annoncer à Jéhu qui s’écria : — C’est bien ce que l’Éternel avait annoncé par son serviteur Élie, lorsqu’il a déclaré : “ Les chiens dévoreront le corps de Jézabel dans le champ de Jizréel. Les restes du cadavre de Jézabel seront dispersés comme du fumier épandu sur le sol du champ de Jizréel, de sorte que personne ne pourra dire : C’est Jézabel ” (2Rois 9.34-37).

Cette histoire devient de plus en plus macabre. Le caractère déshonorant et insultant de la fin de Jézabel est l’accomplissement de la malédiction que l’Éternel a prononcée sur elle. L’oraison funèbre lugubre que prononce Jéhu est probablement la suite des paroles d’Élie qui ne sont que partiellement rapportées dans le premier livre des Rois (21:23).

Chapitre 10

Versets 1-3

Nous arrivons au chapitre 10 qui continue sur le même ton que le précédent. Jéhu continue à faire table rase ; il supprime tout ce qui respire et qui est connecté avec la dynastie d’Achab descendant d’Omri. Je commence à lire en compressant.

Soixante-dix princes descendant d’Achab vivaient à Samarie. Jéhu écrivit des lettres qu’il fit envoyer à Samarie, aux chefs militaires de Jizréel, aux responsables, aux chefs de la ville et aux précepteurs chargés d’élever les descendants d’Achab. Dans ces lettres, il disait : — Vous avez parmi vous les princes de la famille royale. Vous disposez d’autre part de chars, de chevaux et d’armes, vous habitez une ville fortifiée. Dès que cette lettre vous sera parvenue, choisissez parmi les descendants du roi celui qui vous paraît le plus qualifié et le plus juste, et installez-le sur le trône de son père ; puis combattez pour la maison de votre souverain (2Rois 10.1-3).

Ces princes sont les fils et petits-fils du roi Achab qui avait un harem bien garni. Ils sont éduqué par des tuteurs. Jéhu entreprend d’éliminer tous les mâles de la lignée royale afin de prévenir toute vendetta et de protéger sa propre dynastie. Il s’y prend très adroitement en mettant au défi les responsables de la ville de désigner un successeur au roi qui combattra contre lui. De cette manière, la guerre civile s’il y en a une, sera limitée à Samarie, la capitale du royaume, au lieu de s’étendre à l’ensemble du pays. Jéhu est très décidé et prêt à attaquer la ville avec toutes ses forces si les responsables résistent.

Versets 4-11

Je continue en compressant.

Quand les destinataires reçurent cette lettre, ils furent pris de panique. Ils envoyèrent ce message à Jéhu : — Nous sommes à ton service et nous ferons tout ce que tu nous ordonneras. Jéhu leur écrivit : — Si vous êtes de mon côté et si vous voulez m’obéir, prenez les têtes de tous les descendants de votre souverain, et venez me les amener demain à la même heure à Jizréel. Or, les soixante-dix princes descendant du roi étaient répartis chez les principaux personnages de la ville qui assuraient leur éducation. Quand les dirigeants reçurent la lettre, ils saisirent les soixante-dix princes et les tuèrent, puis ils entassèrent leurs têtes dans des corbeilles qu’ils firent porter à Jéhu, à Jizréel. Jéhu ordonna qu’on en fasse deux tas et qu’on les expose sur la place à l’entrée de la ville jusqu’au matin suivant. Le lendemain matin, il sortit et, se tenant devant tout le peuple, il dit : — Vous êtes innocents. C’est moi seul qui suis responsable d’avoir comploté contre mon maître le roi Yoram et de l’avoir tué ; mais tous ceux-ci, qui les a massacrés ? Reconnaissez donc qu’aucune des paroles que l’Éternel a prononcées contre la maison d’Achab ne restera sans effet : l’Éternel a accompli ce qu’il avait annoncé par l’intermédiaire de son serviteur Élie. Jéhu tua encore tous ceux qui restaient de la maison d’Achab à Jizréel, il fit mettre à mort tous ses grands, ses familiers et ses prêtres sans en laisser survivre aucun (2Rois 10.4-11).

Pour un bain de sang, c’est un bain de sang. Voilà une histoire macabre qui fait froid dans le dos car les petits garçons aussi ont été éliminés et même les bébés si c’étaient des mâles. Jéhu a aussi mis à mort les nobles et les prêtres de Baal attachés à la dynastie d’Achab. On peut s’indigner, mais en y réfléchissant, c’est bien peu de choses comparé à la Saint Barthélémy ou au règne de la Terreur sous la botte du Comité de Salut Public. C’est rien comparé aux boucheries des guerres mondiales et des innombrables meurtres commis par Hitler et Staline.

Jéhu reconnaît sa responsabilité dans l’assassinat du roi, mais il mouille également les officiels de Samarie en les accusant d’avoir tué les 70 princes. Il a simplement omis de dire au peuple que c’est lui qui leur en avait donné l’ordre. Les responsables de la ville ont obéi à Jéhu sans hésiter parce que la nouvelle de la mort des deux rois Yoram et Ahazia les avait terrorisés.

Jéhu est non seulement sanguinaire mais aussi une vraie peau de vache, un stratège ingénieux et odieux à la fois, et comme je l’ai dit, il a outrepassé l’ordre de l’Éternel en tuant Ahazia le roi de Juda, et il va tuer ses proches même s’ils sont de la lignée de David. Mais il faut le comprendre, c’était plus fort que lui. Une fois que Jéhu commence un massacre, il ne peut plus s’arrêter. Néanmoins, il reçoit le soutien du peuple en soulignant que par cette purge, il ne fait qu’obéir aux ordonnances de l’Éternel.

Versets 12-14

Je continue.

Puis Jéhu partit et rentra à Samarie. En chemin, il rencontra des proches parents d’Ahazia, l’ancien roi de Juda. Alors Jéhu ordonna : — Saisissez-les vivants ! On les saisit et on les égorgea pour les jeter dans la citerne. Ils étaient au nombre de quarante-deux et Jéhu n’en épargna aucun (2Rois 10.12-14).

La fête continue. Toute la parenté du roi de Juda défunt Ahazia est également liquidée. Jéhu fait vraiment le grand vide. C’est un Robespierre avant l’heure.

Versets 15-17

Je continue.

Jéhu partit de là et rencontra Yonadab, fils de Rékab, qui venait à sa rencontre. Il le salua et lui demanda : — Es-tu aussi loyal envers moi que je le suis envers toi Yonadab répondit : — Tout autant. Ils se serrèrent la main. Alors Jéhu le fit monter à côté de lui sur son char. Il lui dit : — Viens avec moi et tu verras avec quel zèle je combats pour l’Éternel. Il l’emmena ainsi dans son char. Rentré à Samarie, il mit à mort tous les survivants de la maison d’Achab jusqu’à leur entière extermination, conformément à ce que l’Éternel avait annoncé par Élie (2Rois 10.15-17).

C’est la troisième fois que la prophétie d’Élie concernant l’élimination totale de la dynastie d’Achab est mentionnée afin de bien souligner que ses prédictions s’accomplissent à la lettre. Ce Yonadab qui apparaît ici est un adorateur de l’Éternel et le chef des Rékabites, une secte qui préconise une vie sobre de nomade ainsi que l’abstinence de boissons alcoolisées afin de ne pas participer à la corruption générale du peuple israélite. Les Rékabites ne sont mentionnés qu’ici et par le prophète Jérémie (chapitre 35). Ce sont une branche du peuple Qénien, dont faisait partie le beau-père de Moïse. Les Qéniens s’étaient joints aux Hébreux durant leurs pérégrinations dans le désert. L’appui de Yonadab à Jéhu lui apporte le soutien des populations rurales qui protestaient contre la vie de luxe de la cour royale.

Versets 18-29

Je continue.

Puis Jéhu convoqua toute la population. Il leur dit : — Achab a un peu rendu un culte au dieu Baal ; moi, je vais l’adorer beaucoup plus. Maintenant, convoquez auprès de moi tous les prophètes de Baal, tous ses fidèles et tous ses prêtres ! Que personne ne manque, car je vais offrir un grand sacrifice à Baal. Quiconque manquera ne restera pas en vie. Jéhu agissait ainsi par ruse afin d’exterminer tous les adorateurs de Baal. Jéhu envoya des messagers dans tout Israël, et tous les fidèles de Baal accoururent. Pas un ne manqua. Ils se rendirent tous au temple de Baal, qui fut complètement rempli. Alors Jéhu s’adressa aux adorateurs de Baal en leur disant : — Assurez-vous bien que vous êtes entre vous et qu’il n’y a ici aucun adorateur de l’Éternel, mais seulement des adorateurs de Baal. Or Jéhu avait posté à l’extérieur de la maison quatre-vingts soldats. Lorsqu’on eut achevé de préparer les holocaustes, Jéhu sortit et dit aux soldats et à leurs chefs : — Entrez et massacrez-les ! Que personne ne sorte vivant ! Les soldats entrèrent donc, l’épée à la main et les massacrèrent, puis ils jetèrent leurs cadavres dehors. Après cela, ils revinrent à la ville où se trouvait le temple de Baal. Ils en sortirent les stèles sacrées et les jetèrent au feu. Ils renversèrent la stèle de Baal et démolirent le temple lui-même, qu’ils transformèrent en toilettes publiques qui existent encore aujourd’hui. C’est ainsi que Jéhu mit fin au culte de Baal dans le royaume d’Israël (2Rois 10.18-29).

Jéhu est rusé comme le diable et quand il fait le ménage, il ne reste pas une miette derrière lui. Ce temple avait été construit par le roi idolâtre Achab. Ces massacres rappellent notre propre Histoire de France ainsi que les guerres de religion et ce qui se passe constamment sur le continent africain. Décidément, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Versets 30-36

Je finis le chapitre 10.

L’Éternel fit à Jéhu cette promesse : — Parce que tu as bien accompli ce que je considère comme juste et que tu as traité la famille d’Achab tout à fait comme je le désirais, tes descendants te succéderont sur le trône d’Israël jusqu’à la quatrième génération. Pourtant Jéhu n’eut pas soin d’obéir de tout son cœur à la Loi de l’Éternel, le Dieu d’Israël. C’est vers cette même époque que l’Éternel commença à réduire le territoire du royaume d’Israël. Tout au long de la frontière, Hazaël, le roi de Syrie, mit les Israélites en déroute. Il occupa le pays à l’est du Jourdain. Jéhu rejoignit ses ancêtres décédés et son fils Yoahaz lui succéda sur le trône. Jéhu avait régné vingt-huit ans sur Israël à Samarie (2Rois 10.30-34).

Jéhu est un homme violent et un dirigeant faible. Son règne fut caractérisé par de nombreux abus tant sociaux qu’économiques ainsi que des défaites militaires importantes. Les Syriens prirent la moitié du territoire d’Israël-Nord, et selon l’obélisque noir de Salmanasar III, roi d’Assyrie, Jéhu fait partie des souverains qui lui payaient un tribut, et cela, dès son accession au pouvoir. Cependant, Dieu lui promet que sa dynastie régnera pendant 4 générations, ce qui est une longévité importante. Quatre rois lui succéderont de 841 à 753 av. J-C, soit pendant 89 ans. Jéhu doit cette récompense au fait qu’il a éradiqué le culte de l’idole Baal. Cette purge fut impitoyable. Beaucoup d’Israélites, dont tout le clan d’Achab, ainsi que Jézabel, cette femme phénicienne infâme, y trouvèrent la mort. Cependant, les Israélites savaient fort bien que la pratique de l’idolâtrie était punissable de mort selon la Loi de Moïse; ils n’ont donc pas été pris par surprise. Les prophètes Élie et Élisée les avaient mis en garde maintes et maintes fois, mais ils ont choisi en toute connaissance de cause de se rebeller contre leur Dieu qui était pourtant très patient envers eux. N’ayant pas respecté les clauses de l’alliance, les Israélites ont reçu ce qu’ils méritent. Tout au long des Textes Sacrés, on trouve ce principe : Dieu avertit et avertit encore, mais tôt ou tard, il juge les méchants de façon impitoyable et sans appel.