Chapitre 24

Introduction

Dans la vie, que ce soit pour quelqu’un ou une nation, il vient un temps où les choses vont mal. La question n’est pas de savoir « si je vais avoir des pépins », mais bien plutôt : « Quand vont-ils survenir ? » Ainsi vont les choses en ce bas monde. C’est ce qui est en train de se passer pour le royaume de Juda. Les Israélites ont déjà été envahis par les Babyloniens, et maintenant ce n’est plus qu’une question de temps avant que Jérusalem ne soit conquise et le peuple emmené en captivité. Le moment de régler les comptes est venu ; les Israélites vont devoir manger les fruits amers de leur révolte contre l’Éternel le Dieu de leurs ancêtres.

Verset 7

Je continue à lire dans le chapitre 24 du second livre des Rois en compressant.

À cette époque, le roi d’Égypte cessa ses expéditions militaires, car le roi de Babylone s’était emparé de tous les territoires qui, depuis le torrent bordant la frontière nord de l’Égypte jusqu’à l’Euphrate, avaient été sous domination égyptienne (2Rois 24.7).

La victoire éclatante des armées babyloniennes à Karkémich a mis fin une fois pour toutes à l’influence égyptienne en Palestine. Tout ce territoire que l’Éternel avait promis à Abraham est maintenant sous domination babylonienne.

Versets 8-12

Je continue.

Yehoyakîn était âgé de dix-huit ans à son avènement, et il régna trois mois à Jérusalem. Il fit ce que l’Éternel considère comme mal, tout comme son père. Pendant son règne, les officiers de Nabuchodonosor marchèrent avec leurs troupes contre Jérusalem et l’assiégèrent. Nabuchodonosor lui-même vint sur place pendant le siège. Alors Yehoyakîn, roi de Juda, se rendit au roi de Babylone, avec sa mère, ses ministres, ses officiers, et ses hauts fonctionnaires. Ils furent faits prisonniers la huitième année de son règne (2Rois 24.8-12).

Le roi de Juda a capitulé. Les annales babyloniennes situent la prise de Jérusalem le 16 mars 597 avant J-C. C’est ici la première fois qu’un auteur des Textes Sacrés fixe une date en fonction d’un souverain étranger.

Verset 13

Je continue.

Nabuchodonosor emporta tous les trésors du Temple de l’Éternel et les trésors du palais royal après avoir mis en pièces tous les ustensiles d’or que Salomon, avait fabriqués pour le Temple de l’Éternel. Ainsi s’accomplit ce que l’Éternel avait annoncé (2Rois 24.13).

C’est le prophète Ésaïe qui avait prédit cette catastrophe au roi Ézéchias. Nabuchodonosor est entré dans Jérusalem à trois reprises :

  • Une première fois en 605 sous le règne de Yehoyakim, le fils aîné de Josias ; il a alors emporté les vases sacrés pour les mettre dans le temple de son dieu Marduk. Ces mêmes vases furent utilisés par le roi Balthazar (Daniel 5.2) ce qui signa son arrêt de mort. Cette histoire est raconté dans le livre du prophète Daniel. Ces vases furent rapportés à Jérusalem par les colons juifs (Esdras 1.7,8).
  • une deuxième fois ici, en 597 sous le règne de Yehoyakîn, fils du roi précédent ; Nabuchodonosor vide alors le trésor du temple et celui du roi et détruit les meubles sacrés afin d’en arracher les plaques d’or.
  • et enfin 12 ans plus tard, en 587 sous le règne de Sédécias, le troisième fils de Josias à s’asseoir sur le trône de Juda.

Je passe très vite sur ces noms et ces dates, mais je les cite quand même pour rappeler que les événements qui concernent le peuple d’Israël ne sont pas des contes venus de nulle part, mais font bel et bien partie de l’Histoire de l’humanité.

Versets 14-16

Je continue.

Il déporta toute la population de Jérusalem, tous les dirigeants et tous les militaires, tous les artisans et les forgerons : en tout, dix mille personnes prirent le chemin de l’exil ; seule la population la plus pauvre resta dans le pays. Yehoyakîn fut déporté de Jérusalem à Babylone avec sa mère, ses femmes, ses hauts fonctionnaires et les puissants du pays. Il emmena aussi en exil dans son pays les sept mille militaires, mille artisans et forgerons et tous les guerriers entraînés au combat (2Rois 24.14-16).

En exilant les dirigeants, les militaires et les artisans, en particulier ceux qui savent fabriquer des armes, le roi de Babylone ôte à Juda toute possibilité de soulèvement. Après le départ de l’élite de la population, plus d’industrie, plus de commerce, plus de richesse.

Versets 17-19

Je continue.

Il établit comme roi à la place de Yehoyakîn l’oncle de celui-ci, Mattania, dont il changea le nom en Sédécias. Il avait vingt et un ans à son avènement. Il régna onze ans à Jérusalem. Il fit ce que l’Éternel considère comme mal (2Rois 24.17-19).

Ce nouveau roi est un fils de Josias mais il est tout aussi mauvais que les deux précédents. Moi je me demande ce qui a bien pu se passer pour qu’un roi fidèle comme Josias ait pu avoir une famille aussi pourrie ? Selon des textes parallèles, durant le règne de Sédécias, les pratiques idolâtres se sont multipliées à la vitesse grand V à Jérusalem. Faible et soumis à l’influence des notables, ce roi refuse de prêter attention aux avertissements de Dieu transmis par le prophète Jérémie.

Verset 20

Je finis le chapitre 24.

Tout cela arriva parce que l’Éternel était en colère contre Jérusalem et Juda au point de les chasser loin de lui. Or, Sédécias se révolta contre le roi de Babylone (2Rois 24.20).

Beaucoup de Juifs s’étaient enfui en Égypte et ne demandaient qu’à revenir pour se battre et se venger de Nabuchodonosor. En 589 av. J-C, l’ambitieux pharaon Hophra accède au trône d’Égypte et il veut prendre sa revanche sur Babylone. La faction pro-égyptienne de Jérusalem y voit une aubaine, l’occasion ou jamais pour Juda de regagner son indépendance. Alors, ce groupe de pression ainsi que les faux-prophètes qui ne promettent que des victoires, poussent Sédécias à rompre le serment d’allégeance prêté à Nabuchodonosor et à faire alliance avec le pharaon ; une très mauvaise idée.

Chapitre 25

Versets 1-3

Nous arrivons maintenant au dernier chapitre des livres des Rois qui continue l’histoire de la fin du royaume de Juda. Je commence à lire le texte tout en le compressant.

La neuvième année de son règne, le dixième jour du dixième mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint avec toute son armée attaquer Jérusalem ; il établit son camp devant la ville et construisit des terrassements tout autour. La ville resta assiégée jusqu’à la onzième année du règne de Sédécias. Le neuvième jour du quatrième mois, alors que la famine sévissait dans la ville et que la population du pays n’avait plus rien à manger, une brèche fut ouverte dans le rempart de la ville (2Rois 25.1-3).

C’est le 15 janvier de l’an 588 av. J-C que les Babyloniens arrivent aux portes de Jérusalem. La ville est bien fortifiée et occupe un site relativement facile à défendre. Nabuchodonosor n’en est venu à bout qu’après un siège d’un an et demi, soumettant entre-temps ses habitants à une terrible famine. Le siège fut brièvement levé quand les Égyptiens, qui étaient alliés à Juda, ont attaqué les Babyloniens, mais ils furent facilement repoussés et le siège reprit de plus belle. Finalement, le 16 juillet 586, les Babyloniens font une brèche dans la muraille. Ce jour de malheur fut commémoré plus tard par un jeûne national (Zacharie 8:19), dont l’idée est la même que mettre les drapeaux en berne.

Versets 4-7

Je continue le texte.

À la nuit tombée, le roi et tous les soldats de Juda passèrent par la porte qui se trouvait entre les deux remparts et qui donnait sur le jardin du roi et ils prirent le chemin de la vallée du Jourdain. Mais l’armée des Chaldéens se lança à la poursuite du roi et le rattrapa dans la plaine de Jéricho. Alors tous ses soldats se dispersèrent loin de lui. Les Chaldéens se saisirent du roi et l’amenèrent au roi de Babylone, à Ribla, et ils prononcèrent leur jugement contre lui. Ils égorgèrent les fils de Sédécias sous ses yeux, puis on lui creva les yeux et on le lia avec une double chaîne de bronze. Après cela, on le déporta à Babylone (2Rois 25.4-7).

Dur dur ! Les soldats, les notables, le roi et plusieurs de ses fils s’enfuient par l’angle sud-est de la ville en direction de la vallée du Jourdain. Ils se dirigent vers Jéricho en passant par le désert mais ils sont capturés dans la plaine avant d’arriver à la ville. Ironiquement, l’existence d’Israël en tant que nation se termine à l’endroit même qui vit la première grande victoire de la conquête du Pays promis. D’après un texte parallèle (Jérémie 39), tous les notables de Juda furent également exécutés. Il était courant à l’époque de crever les yeux du roi vaincu afin de le rendre incapable d’exercer à nouveau le pouvoir. C’est ainsi que se sont littéralement accomplies deux prophéties émises par Jérémie et Ézéchiel. Je les résume :

Sédécias, roi de Juda, avait fait enfermer Jérémie en lui reprochant : — Pourquoi prophétises-tu disant : “ Voici ce que déclare l’Éternel : Je vais livrer cette ville au roi de Babylone, qui s’en emparera. Et Sédécias, roi de Juda, n’échappera pas aux Chaldéens, mais il sera emmené à Babylone ” (Jérémie 32.3-5). Concernant le prince qui est à Jérusalem et toute la communauté israélite qui se trouve à l’intérieur de cette ville. Dis-leur : ils iront en exil. Le prince mettra son baluchon, en pleine nuit, sur son épaule et quittera la ville par un trou dans le mur. J’étendrai mon filet sur lui et il sera pris dans mon piège, je le ferai partir pour Babylone dans le pays des Chaldéens, qu’il ne verra pas de ses yeux, et c’est là qu’il mourra (Ézéchiel 12.10-13).

Sédécias aurait pu sauver sa vie et éviter la destruction de Jérusalem, s’il avait suivi les conseils du prophète Jérémie qui lui avait dit :

Voici ce que déclare l’Éternel, Dieu d’Israël : Si tu te rends immédiatement aux officiers du roi de Babylone, tu auras la vie sauve, toi et ta famille, et cette ville ne sera pas incendiée. Mais si tu ne te rends pas, cette ville sera livrée aux Chaldéens, qui y mettront le feu, et toi, tu ne leur échapperas pas. Écoute donc l’Éternel selon ce que je t’ai dit ; tu t’en trouveras bien et tu auras la vie sauve (Jérémie 38.17-20).

Mais Sédécias était un roi faible. Selon un texte parallèle, il se laissa influencer par les différents groupes de pression de son entourage, ce qui conduisit la nation à la catastrophe.

Versets 8-12

Je continue le texte.

Le septième jour du cinquième mois, le chef de la garde impériale fit son entrée à Jérusalem. Il mit le feu au Temple de l’Éternel, au palais royal, à toutes les maisons, et à tous les édifices importants de la ville. Les troupes chaldéennes démantelèrent les remparts qui entouraient la ville. Il déporta le reste de la population qui était demeuré dans la ville, ceux qui s’étaient déjà rendus au roi de Babylone ainsi que ce qui restait des habitants. Mais il laissa une partie des pauvres gens du pays pour cultiver les vignes et les champs (2Rois 25.8-12).

Deux jours après leur entrée dans la ville sainte, le neuvième jour du cinquième mois, les Babyloniens ont détruit le temple. En l’an 70 de notre ère, le général Titus le détruisit exactement le même jour. C’est ici la déportation finale des habitants de Jérusalem et de Juda. Jérémie mentionne un exil la septième année de Nabuchodonosor, la dix-huitième année et la vingt-troisième année (Jérémie 52:28-30). Suite à la rébellion de Juda contre l’Éternel, les Chaldéens ont rasé la ville de Jérusalem et en ont fait un monceau de ruines. Le Temple et le palais royal avaient été construits par Salomon presque 4 siècles plus tôt. Ils furent spoliés avant d’être entièrement détruits. Les fortifications ont également été écroulées afin que les habitants qui restent ne puissent plus se défendre contre les Babyloniens. Les paysans les plus pauvres ne sont pas exilés afin que le pays ne tombe pas en friche. En fait, et sans qu’ils y soient pour quoique ce soit, ils ont bien tiré leur épingle du jeu. En effet, avant l’invasion des Babyloniens, ils ne possédaient rien, mais après la chute de Jérusalem, le chef de la garde impériale leur a distribué des vignes et des champs (Jérémie 39.10).

Versets 13-21

Je continue.

Les Chaldéens mirent en pièces les colonnes de bronze du Temple de l’Éternel, les chariots et la grande cuve de bronze qui était dans le parvis, et ils emportèrent le bronze à Babylone. Ils prirent aussi les chaudrons, les pelles, les couteaux, les coupes et tous les autres objets de bronze employés pour le culte. Le chef de la garde s’empara de tous les objets d’or et d’argent massif : les brasiers et les coupes à aspersion. Le chef de la garde fit prisonnier le grand-prêtre Seraya, Sophonie, le prêtre en second, et les trois prêtres chargés de surveiller l’entrée du Temple. Il arrêta aussi dans la ville un haut responsable militaire, cinq conseillers du roi qui étaient restés dans la ville, le secrétaire du chef de l’armée chargé de recruter les soldat dans le pays et soixante Judéens qui se trouvaient dans la ville. Nebouzaradân, chef de la garde, emmena tous ces prisonniers au roi de Babylone, à Ribla. Celui-ci les fit exécuter à Ribla, dans le pays de Hamath. Ainsi la population de Juda fut déportée loin de sa patrie (2Rois 25.13-21).

L’exil hors du Pays promis constituait la pire des malédictions contenues dans la Loi de Moïse. Les Babyloniens ont exécuté tous ceux qui avaient organisé la révolte de Juda contre eux puis ils ont emmené tout ce qui avait la moindre valeur. Jérusalem a été détruite au moins 27 fois dans son histoire. Aujourd’hui, la ville est assise sur les ruines des ruines des villes précédentes. Même la Jérusalem des Évangiles, celle dans laquelle Jésus a marché, est enfouie sous des tonnes de décombres qui sont à dix mètres ou plus sous terre.

Verset 22

Je continue.

Nabuchodonosor, roi de Babylone, établit Guedalia comme gouverneur des gens qu’il avait laissés dans le pays de Juda (2Rois 25.22).

Guedalia n’est pas nommé roi, mais gouverneur. Il est le petit-fils de Shaphân le secrétaire d’État du roi Josias qui avait dirigé les réformes religieuses et l’abolition de l’idolâtrie. Guedalia et son père avaient protégé Jérémie afin qu’il ne soit pas exécuté par le roi et la foule à cause de ses prophéties (Jérémie 26.24; 39.14; 40.6). Le gouverneur partageait l’attitude de non-résistance à Babylone prônée par le prophète. Puisque Jérusalem est détruite, Guedalia installe son gouvernement à Mitspa, un lieu de rassemblement des 12 tribus d’Israël à l’époque des Juges. Situé à 13 km au nord de Jérusalem c’était l’une des rares villes encore debout.  À partir de ce moment-là, la dynastie de David n’occupe plus le trône de Juda.

Versets 23-25

Je continue.

Lorsque tous les chefs de l’armée et leurs hommes apprirent que le roi de Babylone avait nommé Guedalia comme gouverneur, ils allèrent le trouver à Mitspa. Guedalia leur déclara avec serment, à eux et à leurs hommes : — Vous n’avez rien à craindre de la part des fonctionnaires des Chaldéens. Installez-vous dans le pays, soumettez-vous au roi de Babylone et tout ira bien pour vous. Au septième mois de l’année, Ismaël, qui était de descendance royale, vint avec dix hommes et ils assassinèrent Guedalia. Ils tuèrent aussi les Judéens et les Chaldéens qui étaient avec lui à Mitspa (2Rois 25.23-25).

Malgré la chute de Jérusalem et la reddition du pouvoir royal, des bandes armées continuent à s’opposer aux Babyloniens, et bien sûr il y a toujours quelqu’un qui veut prendre le pouvoir; on se croirait en Afrique. Ismaël a tué Guedalia par jalousie. D’après l’historien Josèphe (Ant. X. 9.1s), Guedalia était aimable et généreux, mais faisait trop facilement confiance à n’importe qui. On l’avait averti du complot qui se tramait contre lui, mais il n’y a pas cru. Dommage !

Verset 26

Je continue.

Alors tous les habitants de Juda, quelle que fût leur condition sociale, de même que les chefs de l’armée, se mirent en route et se rendirent en Égypte, par peur de représailles des Chaldéens (2Rois 25.26).

Ces réfugiés emmènent de force avec eux le prophète Jérémie, désobéissant à l’Éternel qui leur avait sommé de rester dans Juda. Il y avait déjà un nombre considérable de Juifs dans le delta du Nil. D’après un texte parallèle, ils continuèrent leurs pratiques idolâtres en Égypte. Lorsque les Babyloniens envahirent le pays, beaucoup furent massacrés ou déportés. Les survivants établirent par la suite les colonies juives d’Éléphantine, d’Assouan, de la Haute-Égypte et du delta du Nil.

Versets 27-30

Je finis le chapitre 25 ainsi que le second livre des Rois.

La trente-septième année de la déportation de Yehoyakîn, le vingt-septième jour du douzième mois, Évil-Merodak, roi de Babylone, gracia Yehoyakîn, roi de Juda, l’année de son accession au trône de Babylone, en le faisant sortir de la prison. Il le traita avec bonté et lui accorda une situation supérieure à celle des autres rois exilés avec lui à Babylone. Il lui fit quitter ses vêtements de prisonnier et l’admit à prendre, jusqu’à la fin de sa vie, ses repas à sa table. Le roi pourvut chaque jour à son entretien, tant qu’il vécut (2Rois 25.27-30).

Nous sommes en mars de l’an 560 av. J-C. Cela fait maintenant 37 ans que les Israélites, dont leur roi, sont captifs à Babylone. En 562, le fils et successeur de Nabuchodonosor accède au trône. Il ne règne que deux ans mais ça suffit pour gracier Yehoyakîn l’ancien roi de Juda qui s’est peut-être repenti vis-à-vis de l’Éternel. Des tablettes babyloniennes mentionnent son nom, ainsi que cinq de ses fils parmi les rois exilés. Sa sortie de prison a eu lieu lors d’une amnistie générale marquant l’avènement au pouvoir d’Évil-Merodak. Cependant, c’est à l’ancien roi de Juda, un descendant de David, qu’est accordée une bienveillance toute particulière. Cette gentillesse montre que l’Éternel n’a pas oublié les promesses formelles et inconditionnelles qu’il a faites à David ; elles sont seulement mises en veilleuse pour l’instant.

Ces derniers chapitres du livre ont relaté la fin tragique du royaume de Juda qui connaît, moins d’un siècle et demi plus tard, le même sort que le royaume du Nord qui avait été détruit par l’envahisseur assyrien. L’auteur s’attache à montrer que pour Juda, comme pour le royaume d’Israël-Nord, les mêmes causes ont produit les mêmes effets, c’est-à-dire, la fin de l’autonomie politique, la destruction de la nation et la déportation loin du Pays promis.

La remarquable fidélité du roi Josias et la réforme religieuse de grande envergure qu’il entreprit n’ont pas suffi. En raison de leur idolâtrie persistante, et parce qu’ils ont rompu l’alliance avec leur Dieu, les Israélites ont subi son jugement. Ce qui rend cette tragédie particulièrement grave aux yeux de l’auteur est que Jérusalem, la ville choisie par l’Éternel, et son Temple sont détruits, et la dynastie de David, objet de promesses, est destituée.

Pourtant, en mentionnant le relèvement du roi Yehoyakîn et le traitement favorable dont il est l’objet à la cour du roi de Babylone, l’auteur clôt ce récit sur une note positive qui est un signe d’espérance pour la dynastie de David et pour le peuple que l’Éternel a choisi. C’est l’indice avant-coureur de la future restauration de la nation d’Israël, ainsi que du règne éternel d’un descendant de David. Jésus-Christ est en effet issu de sa lignée, à la fois par Marie sa mère, et par Joseph son père adoptif. Que ce soient les prophètes de l’Ancien Testament ou les auteurs du Nouveau, tous sont unanimes à promettre que Jésus régnera pendant 1 000 ans sur terre. C’est aussi l’espérance de tous ceux qui ont à cœur de voir la véritable justice régner en ce bas monde.