Chapitre 1

Introduction

Dans son ouvrage : « Mes pensées », Montesquieu écrit :

Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi ; il faut les faire suivre.

A priori, cette pensée semble sublime mais il faut toujours se méfier des affirmations catégoriques à l’emporte-pièces. J’aimerais bien pouvoir diviser tous les domaines de la vie en noir ou blanc et posséder un petit pense-bête qui a réponse à tout, mais le plus souvent, on baigne dans le gris, le flou artistique ; les solutions aux problèmes qui se posent à nous coulent rarement de source, et nos décisions sont le plus souvent neutres et grises, ni bien ni mal.

L’apôtre Paul est un conducteur d’hommes hors pair et pourtant il ne se conforme pas à la brillante affirmation de Montesquieu car il chasse les hommes devant lui, les hérétiques en particulier, et il fait en sorte que d’autres, ceux qui sont disciples de Jésus-Christ, le suivent. Paul apparaît comme un homme ordinaire qui ne paie pas de mine ; un auteur du second siècle le décrit plutôt petit (c’est ce que « Paul » veut dire), la tête dégarnie, les jambes arquées, les sourcils qui se touchent, le nez en crochet, mais en bonne forme physique et très affable. Cet auteur écrit aussi : « Tantôt il ressemblait à un homme, tantôt il avait le visage d’un ange ». Et certains de ses adversaires disent de lui :

Ses lettres sont sévères et fortes ; mais, présent en personne, il est faible, et sa parole est méprisable (2 Corinthiens 10.10).

Quelle que soit l’apparence physique de Paul, son envergure spirituelle est immense et insurpassable, car par lui que la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ s’est répandu dans le monde païen de l’Empire romain.

Verset 1

Je commence à lire le premier chapitre de la première épître de Paul à Timothée.

Paul, apôtre de Jésus-Christ, par ordre de notre Dieu Sauveur et de Jésus-Christ notre espérance (1 Timothée 1.1).

Paul est un homme en service commandé, ambassadeur du « Roi-Jésus. ». Dès le début de cette lettre et afin que tout le monde sache bien quelle est son autorité, Paul met en avant son apostolat. Ce n’est pas la première fois qu’il s’exprime ainsi. Aux Éphésiens, il dit :

Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu (Éphésiens 1.1).

Ici, il souligne qu’il est apôtre par ordre de Dieu, alors qu’aux Éphésiens il dit que c’est par la volonté de Dieu. Quelle est la différence entre l’ordre de Dieu et sa volonté ? Il n’y en a guère bien que les deux termes ne soient pas tout à fait les mêmes. Tous les commandements qu’on trouve dans les Écritures révèlent quelle est la volonté de Dieu à notre égard. Par exemple, dans sa première épître aux Thessaloniciens, Paul écrit :

Priez sans cesse. Remerciez Dieu en toute circonstance : telle est pour vous la volonté que Dieu a exprimée en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5.17-18).

Cependant, la volonté de Dieu qui transparaît des Écritures au travers d’exhortations, d’encouragements, et de mises en garde, n’est pas Toute sa volonté, tant s’en faut. Celle-ci est beaucoup plus vaste que la somme de tous les commandements que nous avons dans les Textes Sacrés.

Par ailleurs, nous savons aussi que ce n’est pas en obéissant à tout ce que Dieu demande que l’homme acquiert le statut de juste ; il est important de le rappeler parce qu’intuitivement beaucoup de gens pensent que s’ils essaient de suivre les 10 Commandements de Moïse ou les préceptes que Jésus a donnés dans le Sermon sur la Montagne, ils sont en règle avec Dieu. Ce n’est pas que tous ces préceptes, et il y en a des centaines, ne sont pas bons à suivre, au contraire, car un peu plus loin dans ce premier chapitre, Paul écrit :

Nous savons que la Loi est bonne, mais à condition d’être utilisée en accord avec son but (1 Timothée 1.8). ou : Pourvu qu’on en fasse un usage légitime (1 Timothée 1.8 ; LSG).

Dans son épître aux Romains (7.12), Paul dit que « la Loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon ». Mais parce que la Loi est parfaite, elle exige une obéissance absolue de la part des hommes en qui, comme le dit Paul aux Romains (7.18) : « le bien n’habite pas ». Mais alors quel est le but de la Loi de Moïse ?

Les commandements de Dieu révèlent, d’une part, la volonté de Dieu, et d’autre part, que l’homme est totalement incapable de leur obéir. Il s’ensuit que pour être sauvé, il faut un autre moyen que l’obéissance à une Loi parfaite. Considérer la Loi selon ces critères, c’est comprendre son but et en faire bon usage

Dieu a glorifié son nom en manifestant sa justice absolue tout en déclarant juste celui qui place sa confiance en Jésus. En effet, lors de son premier voyage missionnaire, l’apôtre Paul s’arrête dans la ville d’Antioche en Pisidie, se rend dans la synagogue et dit aux Juifs :

Sachez-le donc, mes frères, c’est grâce à Jésus-Christ que le pardon des péchés vous est annoncé ; c’est par lui que tout homme qui croit est acquitté de toutes les fautes dont vous ne pouviez pas être acquittés par la Loi de Moïse (Actes 13.38-39).

Tous ces Juifs qui tentaient d’obéir méticuleusement aux préceptes de la Loi de Moïse, ne pouvaient pas en retirer la moindre justice personnelle parce que la Loi ne peut que condamner ceux qui cherchent à lui obéir dans le but d’acquérir une propre justice. La loi n’a pas été donnée pour sauver mais pour révéler la sainteté de Dieu et le péché de l’homme. Le moyen de salut est par la croix du Christ. Jésus a dit à ses disciples :

Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14.6 ; LSG).

Jésus seul et non la Loi permet d’accéder à Dieu.

Dans plusieurs épîtres, Paul dit qu’il est apôtre selon la volonté de Dieu, et c’est exact, mais à Timothée il précise qu’il en a reçu l’ordre ; en d’autres mots, il n’a pas vraiment eu son mot à dire dans cette affaire.

Le verbe traduit par « ordre » est utilisé pour signifier un décret royal qu’il n’est pas possible de contester. Pourtant, au vu de son arrière-plan religieux, Paul a de bonnes raisons de ne pas devenir apôtre ; Il peut faire valoir le fait qu’il n’a jamais rencontré Jésus en chair et en os et donc qu’il n’a pas participé à son ministère sur terre comme les douze autres apôtres. Paul peut aussi dire qu’il n’est pas digne d’être apôtre parce qu’il a persécuté l’Église de Jésus-Christ avec la hargne d’un fou furieux (1 Corinthiens 15.9). Mais comme c’est Dieu qui décide et qu’il a ordonné à Paul d’être son apôtre, ce dernier n’a plus qu’à obéir.

Paul étant apôtre par la volonté de Dieu, ses écrits sont inspirés par le Saint-Esprit et tout son ministère a reçu l’imprimatur de Dieu. Sachant qu’il parle en son nom, que ce soit dans une synagogue, à Athènes au milieu des philosophes grecs, ou à Corinthe devant un groupe de païens corrompus, c’est en toute assurance que Paul peut proclamer la Bonne Nouvelle sans se laisser intimider par les contestataires. Il est en mission aux ordres de Dieu ; il n’est pas mandaté par les hommes mais par le Christ ressuscité lui-même qui lui a donné son autorité apostolique.

Le prophète Jérémie est d’un caractère très différent de l’apôtre Paul, mais comme lui il fut persécuté par son peuple. De tempérament réservé, s’il avait pu, il aurait volontiers mis en pratique l’adage : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Mais l’Éternel ne lui a pas demandé son avis et a fait de lui le prophète au cœur brisé. Quand Jérémie annonce le jugement de Jérusalem, il crache des flammes, mais en même temps, elles lui brûlent les entrailles. Cependant il a obéi parce que comme Paul, il a reçu un ordre de mission de Dieu.

Paul dit qu’il est apôtre de Jésus-Christ, « par ordre de notre Dieu Sauveur et de Jésus-Christ notre espérance ». Quelqu’un a fait une remarque brillante quand il a dit que le christianisme est une religion de pronoms personnels ; les croyants n’adorent pas une divinité neutre et lointaine mais un Dieu intime.

Appeler Jésus-Christ « notre espérance » peut sembler curieux parce qu’en général, les Écritures enseignent que l’espérance est en Dieu, et Jésus-Christ est le Sauveur. Cependant, dans les épîtres pastorales nous trouvons 4 fois l’expression : « Dieu notre sauveur » (1 Timothée 2.3 ; Tite 1.3 ; 2.10 ; 3.4). Étant donné que le Père et le Fils sont interchangeables et que Paul a reçu un ordre qui émane à la fois du Père et du Fils, c’est bien la preuve qu’ils sont un et égaux. Je suis peut-être tatillon, mais c’est important à signaler.

Paul dit qu’il est apôtre « par ordre de notre Dieu sauveur ». L’appellation « Dieu Sauveur » n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament. « Dieu Sauveur » est un enseignement de l’Ancien Testament (Psaumes 18.47 ; 25.5 ; 27.9 ; Michée 7.7 ; Habakuk 3.18) parce que c’est sa nature. Dans son évangile, Jean précise que Dieu est la source du salut, un salut prévu de toute éternité. Il écrit :

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils (Jean 3.16 ; Comparez 2 Thessaloniciens 2.13).

Le plan de salut préparé par le Père a été exécuté par Jésus-Christ le Fils. Aux Colossiens, Paul dit :

Christ en vous (est) l’espérance de la gloire (Colossiens 1.27 ; LSG).

L’espérance est en Dieu le Père et en Dieu le Fils. Les croyants ont confiance en l’avenir parce que dans le passé, Jésus est mort pour les sauver et dans le présent il est vivant afin de les garder pour le salut. Et un jour, il les prendra auprès de lui (Jean 14.1-3).

Verset 2

Après s’être présenté, Paul mentionne son correspondant.

(Paul) salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix (1 Timothée 1.2).

Timothée veut dire « celui qui honore Dieu ». C’est sa mère Eunice et sa grand-mère Loïs qui lui ont donné ce nom parce qu’elles ont foi en l’Éternel. Puis, elle enseignent les préceptes de la Loi à Timothée « depuis sa tendre jeunesse » (2 Timothée 3.15). Et dans la seconde épître à Timothée (1.5), on apprend que ces deux femmes ont placé leur confiance en Jésus-Christ. Cette famille habite à Lystre en Asie Mineure, dans la Turquie actuelle. C’est aussi dans cette ville que Paul fut lapidé. Peut-être est-ce à cette occasion que l’apôtre a eu cette expérience extraordinaire, dont il parle dans sa seconde épître aux Corinthiens (12.2-4), quand il dit être allé au ciel et avoir entendu des paroles indicibles. Comme cette lapidation a dû faire pas mal de bruit, il est possible qu’elle ait contribué à la conversion de Timothée à Jésus-Christ. En tout cas, après avoir accepté Jésus dans sa vie, Timothée devient le disciple de Paul. Dans le livre des Actes, on lit :

Les frères de Lystre et d’Iconium disaient beaucoup de bien de lui. Paul désira le prendre avec lui. Il l’emmena donc et le fit circoncire par égard pour les Juifs qui habitaient dans ces régions et qui savaient tous que son père était Grec (Actes 16.2-3).

Comme sa mère est juive et son père grec, Timothée a ses entrées dans les deux cultures. Quand Paul écrit cette lettre, cela fait 15 ans que Timothée est son disciple, un ami et son fidèle collaborateur en toute circonstance et surtout dans les coups durs. Soit Timothée l’accompagne, soit il est en mission pour l’apôtre. Timothée est toujours l’homme du moment, l’aide de camp disponible.

Quand une église est en difficulté et que Paul ne peut pas se rendre sur place lui-même, il envoie Timothée (1 Corinthiens 4.17 ; 1 Thessaloniciens 3.2). D’ailleurs quand il reçoit cette lettre, il se trouve à Éphèse pour combattre les hérétiques qui ont infiltré l’assemblée. Quand l’apôtre est en prison, il écrit aux Philippiens :

J’espère, en comptant sur le Seigneur Jésus, vous envoyer bientôt Timothée pour être moi-même encouragé par les nouvelles qu’il me donnera de vous. Il n’y a personne ici, en dehors de lui, pour partager mes sentiments et se soucier sincèrement de ce qui vous concerne. Car tous ne s’intéressent qu’à leurs propres affaires et non à la cause de Jésus-Christ. Mais vous savez que Timothée a fait ses preuves : comme un enfant aux côtés de son père, il s’est consacré avec moi au service de l’Évangile. C’est donc lui que j’espère pouvoir vous envoyer dès que je verrai quelle tournure prennent les événements pour moi (Philippiens 2.19-23).

En appelant Timothée « son véritable enfant dans la foi », Paul le donne en exemple. Seuls Timothée et Tite sont appelés ainsi. Il s’en suit qu’on peut déduire au moins quatre caractéristiques concernant Timothée.

Premièrement, sa foi en Jésus-Christ est authentique. Vers la fin de cette première lettre, l’apôtre l’appelle « homme de Dieu » et lui dit :

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle que Dieu t’a appelé à connaître et au sujet de laquelle tu as fait cette belle profession de foi en présence de nombreux témoins (1 Timothée 6.12).

Dans sa deuxième lettre, Paul écrit que la foi de Timothée est sincère (2 Timothée 1.5).

Deuxièmement, la vie de Timothée est marquée par l’obéissance à Dieu et à l’enseignement des Écritures. Jésus a dit à ceux qui veulent le suivre :

Si vous vous attachez à la Parole que je vous ai annoncée, vous êtes vraiment mes disciples. – Celui qui appartient à Dieu écoute les paroles de Dieu. – Si vous m’aimez, vous suivrez mes enseignements (Jean 8.31, 47 ; 14.15).

Aux Éphésiens, Paul écrit :

Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions (Éphésiens 2.10).

Ceux qui ont le sincère désir d’obéir à Dieu et qui s’efforcent de mettre en pratique les exhortations des Écritures, découvriront les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour eux.

Troisièmement, Timothée est un humble serviteur. Il fait tout ce que Paul lui demande, apparemment sans discuter ; il a même accepté de se faire circoncire alors qu’il n’est plus un enfant mais déjà un jeune homme, parce qu’il sait que cet acte rituel lui ouvrira des portes pour mieux servir l’apôtre et Dieu. Il ne refuse aucune des missions que lui confie Paul, même si elle ne lui convient pas ou qu’elle est dangereuse.

Quatrièmement, Timothée a le courage de ses convictions. Les poissons morts se laissent emporter par le courant ; seuls les vivants le remontent. Des convictions inébranlables sont le fruit de la maturité spirituelle et d’une solide connaissance des Écritures. Bien que timide de nature, Timothée est prêt à défendre la foi. Il accepte de rester à Éphèse sur la demande de l’apôtre afin de lutter contre les faux prophètes. Plus loin dans l’épître (1 Timothée 1.18), Paul l’exhorte en disant : « Combats le bon combat  comme je l’ai déjà dit précédemment ».

Quand l’apôtre commence sa lettre à Timothée en disant :

Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix (1 Timothée 1.2).

Cette salutation semble très similaire à celle des autres épîtres où Paul utilise toujours les deux mots « grâce et paix ». Mais ici ainsi que dans sa seconde lettre à Timothée, il ajoute « la grâce » ou « la miséricorde », selon les versions. C’est la faveur que Dieu nous fait en nous affranchissant des conséquences éternelles du péché.

Dans l’Ancien Testament, la miséricorde de Dieu est assimilée à sa grâce. Le système lévitique des sacrifices d’animaux transforme le trône du Dieu trois fois saint et siège d’une justice implacable en un lieu où l’Israélite sincère peut bénéficier de la miséricorde divine qui le préserve du jugement du Seigneur.

Quand je viens à Dieu, je ne veux pas qu’il exerce sa justice envers moi, sinon je suis immanquablement condamné. Ce dont j’ai besoin et que je désire est qu’il me fasse grâce. Dieu est miséricordieux envers tous les hommes même envers les pires mécréants qui le blasphèment. Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes, les bons et les méchants (Matthieu 5.45). Même les pécheurs notoires jouissent des biens de ce monde, car Dieu les dispense à tous les hommes, et dans sa miséricorde, il est prêt à recevoir tous ceux qui viennent à lui ; il écoute la prière du petit enfant ainsi que de l’homme désespéré.

Celui qui accepte humblement de reconnaître ses fautes est pardonné et reçoit la vie éternelle parce qu’il est mis au bénéfice de la grâce de Dieu. Cependant, cette grâce n’est pas automatique ; elle peut être comparée à de l’argent que je possède sur un compte qui dort à la banque ; il ne me sert à rien jusqu’à ce que je fasse un chèque. La grâce de Dieu est comme un compte céleste dont l’avoir est infini, seulement pour en bénéficier je dois utiliser le chéquier de la foi. Parce que Dieu est miséricordieux, n’importe qui peut tirer un chèque de la foi et il est gratuit ; en fait, je ne peux rien donner à Dieu en échange, car ma bonne volonté ou mes meilleures œuvres sont pour lui comme des torchons souillés, et je pèse mes mots.

Paul écrit donc à Timothée : « Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix ». La paix est la conséquence de la grâce divine ; c’est à la fois l’harmonie retrouvée entre Dieu et le pécheur repentant, et la tranquillité intérieure du cœur et de l’âme de celui qui se confie en lui.

À deux reprises dans les deux premiers versets de cette première épître à Timothée, Paul associe Dieu et Jésus-Christ qui ensemble, prennent la même initiative. Précédemment, il a dit que c’est sur l’ordre des deux personnes de la Trinité que lui, Paul a été fait apôtre. Ici, c’est Dieu et Jésus-Christ qui dispensent la grâce, la bonté et la paix. Ces liens entre les deux personnes de la Trinité montrent bien que pour Paul Jésus est Dieu et égal au Père.

Si Paul appelle Dieu le Père, c’est parce qu’il est le Père céleste de tous ceux qui font confiance à son Fils. En plaçant leur foi en lui, ils sont nés dans la famille de Dieu. Avant que Saul de Tarse ne devienne l’apôtre Paul, il œuvre corps et âme pour l’avancement du judaïsme, mais il ne peut pas appeler Dieu, son Père. Par contre, depuis sa conversion, il a obtenu ce privilège qui n’appartient qu’à ceux qui ont foi en Jésus-Christ.

Paul appelle Jésus « Seigneur » et à juste titre, car dans l’évangile selon Jean on lit que Jésus a dit à ses disciples :

Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis (Jean 13.13).

Jésus est le Seigneur de gloire, le chef et la tête de l’Église qui est son corps. Mais appeler Jésus « Seigneur » ne suffit pas, car lui-même a dit :

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 7.21).

Beaucoup de gens religieux se disent très occupés au service de Dieu ; ils font des tas de choses soi-disant pour lui ; ils sont comme des termites en plein travail qui n’arrêtent jamais de creuser des galeries. Mais quand ils comparaîtront devant Dieu, ils recevront le choc de leur existence. En effet, dans l’évangile selon Matthieu, on lit que Jésus a dit :

Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront : “ Seigneur ! Seigneur ! Nous avons prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom. ” Je leur déclarerai alors : “ Je ne vous ai jamais connus ! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal ! ” (Matthieu 7.22-23).

Placer sa confiance dans ses œuvres même bonnes et dans des rites religieux, ce n’est pas s’assurer le ciel, mais c’est signer sa condamnation éternelle.