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23 avril 2025

1 Thessaloniciens 1.1

Chapitre 1

Introduction

Si vous jetez un homard dans de l’eau bouillante, d’abord ce n’est pas sympa et ensuite, il va se débattre ; et à sa place je ferais pareil. La meilleure tactique est de placer le homard dans de l’eau froide puis de la chauffer tout doucement comme pour un bain. La bête va alors s’engourdir et tranquillement bouillir, et quand sa carapace bleue aura viré au rouge, elle sera à point. Les Romains ont vite compris que s’ils voulaient imposer leur culture par la force aux peuples conquis, ils seraient confrontés à une résistance farouche. Alors au lieu d’essayer de changer leur façon de vivre ou leur langue, ils laissent le temps travailler pour eux. Et c’est ainsi qu’au fil des années, la nouvelle colonie adopte graduellement et sans y prendre garde, les us et coutumes romains. C’est en tout cas ce qui s’est passé pour la ville de Thessalonique, aujourd’hui Salonique, et qui se trouve près de l’ancien site de Thermes, ainsi appelé à cause de ses sources chaudes d’origine volcanique, dans le golfe à l’extrémité nord de la mer Égée.

Thessalonique fut fondée (315 av. J-C) par un mari en l’honneur de sa femme Thessalonica. Ça fait très romantique sauf que cet homme qui s’appelle Cassandre est une brute épaisse qui extermine toute la famille d’Alexandre le Grand alors que son père avait été l’un de ses fidèles généraux. Thessalonique est un port qui s’ouvre sur la mer Égée ce qui contribue à sa prospérité. Elle devient la capitale de la Macédoine vers l’an 168 av. J-C, et sous l’Empire romain elle bénéficie du statut de « ville libre », c’est-à-dire dirigée par ses propres citoyens. Au premier siècle, elle a gagné le nom de « mère de toute la Macédoine » et compte environ 200 000 habitants. Le consul Cicéron aurait dit que Thessalonique est « la poitrine de l’empire », indiquant par là sa position centrale. Aujourd’hui, Salonique est le centre économique et commercial de la Grèce du Nord et compte 400 000 habitants.

L’église de Thessalonique fut fondée par Paul et Sylvain, aussi appelé Silas (Actes 16.40 ; 17.1-15), lors du second voyage missionnaire de l’apôtre. C’est une assemblée exemplaire puisque Paul lui-même leur écrit : « vous êtes devenus des modèles pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe » (1 Thessaloniciens 1.7), l’Achaïe étant la partie sud de la Grèce, avec Athènes pour capitale.

Lors de son premier voyage missionnaire, Paul est accompagné de Barnabas, mais juste avant leur second périple, ils ont un sérieux désaccord et se séparent. C’est pour cette raison que Paul choisit Sylvain pour l’accompagner pour son second voyage missionnaire. En cours de route, ils se font accompagnés par Timothée et Luc, l’auteur de l’évangile qui porte son nom. Ensemble, ils visitent les églises de la province romaine de la Galatie peuplée en grande partie de Gaulois. Puis, selon toute évidence, ils veulent répandre la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ dans l’Asie Mineure qui est aujourd’hui la Turquie, et surtout dans la partie ouest qui est la province d’Asie et très peuplée. C’est d’ailleurs ce que fait Paul lors de son troisième voyage missionnaire puisqu’il établit son quartier général dans la ville portuaire d’Éphèse.

Par contre, au cours de son second voyage, comme le Saint-Esprit empêche l’apôtre d’aller dans la province d’Asie, il se rend à Troas à l’extrême ouest de l’Asie Mineure en attendant que le Seigneur le dirige. C’est là que dans une vision il voit un homme qui le supplie disant : « Viens en Macédoine et secours-nous ! » (Actes 16.9). Paul obéit à cette requête urgente, traverse la Mer Égée et se rend dans la ville de Philippes. Le jour du sabbat, il va au bord d’une rivière où se réunissent des Juifs pour prier. C’est là qu’il annonce la Bonne Nouvelle de Jésus et que Lydie, une marchande d’étoffes, se convertie, ce qui marque le début de l’église de Philippes.

À la suite à ces événements, Paul et ses compagnons partent pour la ville de Thessalonique distante de 150 km, mais ils ne peuvent pas y rester bien longtemps. En effet, dès leur arrivée, Paul, selon son habitude et s’appuyant sur l’Ancien Testament, prêche dans la synagogue la Bonne Nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth, afin de prouver aux Juifs qu’il est le Messie promis. En très peu de temps, beaucoup de personnes se convertissent. Je lis le passage :

Quelques Juifs furent convaincus et se joignirent à Paul et Sylvain, ainsi qu’un grand nombre de païens convertis au judaïsme et plusieurs femmes de la haute société (Actes 17.4).

Mais Paul ne peut enseigner que pendant trois sabbats (Actes 17.2), car une majorité de Juifs, jaloux du succès de sa prédication, organisent une riposte et des persécutions (Actes 17.5-7 ; 1 Thessaloniciens 1.6 ; 2.2, 14), ce qui oblige Paul et ses compagnons à fuir dans la ville voisine de Bérée (Actes 17.10).

Cependant, malgré leur court séjour de quelques semaines à Thessalonique, l’équipe apostolique accomplit une tâche herculéenne puisqu’ils fondent et organisent une église. Quelques membres de cette assemblée sont Juifs mais la majorité d’entre eux est d’origine païenne (Actes 17.4 ; 1 Thessaloniciens 1.9-10) ; ce sont soit des prosélytes convertis au judaïsme, soit des idolâtres qui sortent tout droit d’un paganisme pur comme l’atteste l’apôtre qui écrit dans sa première épître aux Thessaloniciens :

Vous vous êtes tournés vers Dieu en vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thessaloniciens 1.9).

Cette conversion des païens est peut-être bien la goutte d’eau proverbiale qui a fait déborder le vase de la colère des Juifs et qui a exacerbé leur jalousie (comparez Romains 11.5). Persécuté, Paul doit donc quitter Thessalonique en toute hâte et se réfugier dans la ville voisine de Bérée. Mais ses ennemis, la haine au ventre, le poursuivent et le forcent à fuir une nouvelle fois, vers Athènes cette fois-ci tandis que Sylvain et Timothée restent à Bérée. Ces événements sont racontés dans le livre des Actes (Actes 17.10-16).

Arrivé à Athènes, Paul fait dire à ses compagnons de venir le rejoindre. À peine se retrouvent-ils ensemble que l’apôtre, inquiet au sujet des Thessaloniciens chrétiens, leur envoie Timothée, tandis que lui et Sylvain restent à Bérée (1 Thessaloniciens 3.1-3), mais pas pour très longtemps, car à son tour Sylvain part pour la Macédoine tandis que Paul se rend à Corinthe ; décidément, ces hommes voyagent beaucoup. C’est à Corinthe que Paul se lie d’amitié avec un couple, Aquilas et Priscille, et travaille avec eux pour gagner son pain (Actes 18.1-5) en fabriquant des toiles de tente.

Tandis qu’il est à Corinthe, Paul est rejoint par Timothée et Sylvain, le premier revenant de Thessalonique (1 Thessaloniciens 3.6) et le second, très certainement de la ville de Philippes. En effet, c’est le retour de ses deux compagnons qui permet à l’apôtre Paul de consacrer tout son temps à l’annonce de la Parole de Dieu parce qu’ils apportent suffisamment de dons d’argent avec eux pour libérer Paul de l’obligation de travailler. Or, comme nous savons que l’église de Philippes a participé au soutien financier de l’apôtre (2 Corinthiens 11.8-9 ; Philippiens 4.15-16), il est quasi certain que c’est de la ville de Philippes que Sylvain est revenu.

Nous sommes toujours à Corinthe, et c’est de cette ville, vers l’an 50-51, que la première épître aux Thessaloniciens est rédigée suite aux nouvelles que Timothée rapporte de la jeune église, et alors que l’équipe apostolique est au complet (Actes 18.5 ; 1 Thessaloniciens 1.1). Dans chaque phrase de cette lettre, Paul apparaît comme un vrai et fidèle pasteur, heureux de son troupeau mais soucieux de son bien-être, confiant et inquiet à la fois, remerciant Dieu d’être leur berger, et en même temps priant continuellement Dieu pour eux. Paul prend soin des croyants comme un père de ses enfants, jusqu’à la limite de ses forces.

L’apôtre a plusieurs raisons d’écrire cette lettre et certaines apparaissent clairement au travers du texte. Il veut tout d’abord encourager les Thessaloniciens dans leur foi (1 Thessaloniciens 1.2-10), puis répondre à des accusations dont il fait l’objet de la part des Juifs (1 Thessaloniciens 2.1-12), et troisièmement, il veut aussi réconforter les croyants persécutés. En effet, l’église de Thessalonique connaît une forte opposition, et le départ de Paul n’a pas calmé les tensions entre les Juifs et les nouveaux chrétiens qui endurent des persécutions comparables à celles que les églises de la Judée subissent de la part des Juifs de Palestine (1 Thessaloniciens 2.13-14).

En quatrième lieu, Paul veut aussi exprimer la joie que suscite en lui la foi des Thessaloniciens (1 Thessaloniciens 2.17–3.13) et cinquièmement, il veut leur rappeler l’importance de la pureté morale (1 Thessaloniciens 4.1-8). À ce sujet, il faut savoir que l’environnement païen et son appétit pour l’inconduite sexuelle jouent un rôle important dans les difficultés de l’église de Thessalonique. Ce travers est un des rares péchés touchant à la conduite morale, que l’apôtre dénonce explicitement et longuement dans ses deux épîtres aux Thessaloniciens. À trois reprises, il insiste sur la nécessité de mener une vie sainte animée par l’Esprit Saint (1 Thessaloniciens 4.3, 7, 8). Soit dit en passant et à ce sujet, que dans sa première épître, Jean dit que l’espérance de l’Enlèvement de l’Église, un événement qui peut survenir à n’importe quel instant, devrait avoir un effet purificateur dans la vie du croyant. Je lis ce passage :

Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est. Tous ceux qui fondent sur le Christ une telle espérance se rendent eux-mêmes purs, tout comme le Christ est pur (1 Jean 3.2-3).

Le second péché que l’apôtre condamne et qui est une sixième raison de cette épître, est l’oisiveté de certains membres de l’église et les dérèglements qu’elle occasionne (1 Thessaloniciens 4.9-12). En effet, ces croyants ne travaillant plus, ils ont le temps de se mêler des affaires des autres, et mènent ainsi une vie déréglée. Cela dit, il se peut aussi que ce désordre soit dû, du moins en partie, à une incompréhension des événements à caractère prophétique (1 Thessaloniciens 4.13-5.11). Ces chrétiens oisifs font une fixation sur la fin des temps qu’ils croient déjà vivre. S’étant laissé ébranler dans leur bon sens, ils interprètent leur réalité quotidienne et en particulier les persécutions de la part des Juifs, comme des malheurs messianiques qui prouvent que la seconde venue du Seigneur va avoir lieu d’une minute à l’autre. Dans ces conditions, pourquoi travailler ? Cette nécessité ne s’impose plus ce qui conduit ces croyants à une vie désœuvrée et déréglée. Paul cherche évidemment à corriger ce travers dans la première épître aux Thessaloniciens, mais surtout dans la seconde, car il semble bien qu’entre les deux, l’effervescence eschatologique se soit amplifiée (1 Thessaloniciens 2.3-11).

Huitièmement, l’apôtre écrit aussi pour apaiser les tensions qui règnent entre certains membres de l’église (1 Thessaloniciens 5.12-15). Finalement, Paul veut exhorter les chrétiens à s’attacher aux fondements de la vie chrétienne (1 Thessaloniciens 5.16-22) qu’il leur a enseignés. Au vu de cette longue liste, il est quelque peu surprenant de lire que cette assemblée est un modèle pour tous les croyants de la Macédoine.

L’apôtre n’a probablement passé que quelques mois voire quelques semaines à Thessalonique et pourtant il leur a enseigné l’essentiel de toutes les doctrines chrétiennes y compris, d’une part, l’Enlèvement de l’Église quand Jésus descendra du ciel pour chercher ceux qui lui appartiennent, et d’autre part, la seconde venue du Christ dans toute sa gloire quand il reviendra établir son royaume. De toute évidence, l’apôtre ne considère pas ces sujets trop ardus pour ces nouveaux convertis. Paul leur a évidemment enseigné que l’Enlèvement de l’Église est imminent. Or depuis son départ, certains croyants sont morts, ce qui fait que les membres de l’assemblée se demandent si leurs défunts feront partie de l’immense cortège des bienheureux qui seront enlevés dans les airs quand Jésus viendra prendre les siens. Paul les rassure en leur disant que les morts comme les vivants s’envoleront vers les cieux.

Ce phénomène miraculeux ne concerne évidemment que ceux qui ont une foi personnelle en Jésus-Christ, et cet événement est entièrement différent et ne doit pas être confondu avec la seconde venue du Christ quand il descendra du ciel avec fracas pour juger le monde, détruire tous ses adversaires (Apocalypse 19.11-16) et établir son royaume de mille ans sur terre. Tout cela est décrit dans le livre de l’Apocalypse.

Le message de réconfort que l’apôtre Paul adresse aux croyants contraste fortement avec les croyances qui sont en vogue dans l’empire et encore aujourd’hui dans le monde. Dans la ville de Thessalonique, on a découvert une inscription païenne qui dit : « Après la mort pas de retour à la vie ; après la tombe pas de retrouvailles. »

Verset 1

Je commence maintenant de lire la première épître de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens.

Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées (1 Thessaloniciens 1.1).

Les détails biographiques de Paul, qui est connu sous le nom de Saul de Tarse, figurent dans le livre des Actes des apôtres. Contrairement à ce qu’il fait dans d’autres lettres, Paul ne se donne ici aucun titre, sans doute parce que les Thessaloniciens ne contestent pas son apostolat, sa fonction d’envoyé de Dieu et de prophète.

Timothée et Sylvain sont tous deux bien connus des premiers membres de l’église de Thessalonique et ont rejoint l’apôtre à Corinthe à leur retour de la Macédoine. En les associant à la salutation, Paul exprime qu’il forme avec eux une équipe soudée ce qui montre aussi qu’il est humble et ne fait pas cavalier seul ; il sait collaborer et s’entourer de personnes fiables, fidèles et capables. C’est grâce à Paul que Timothée et Sylvain furent propulsés dans le ministère. Une lecture du Nouveau Testament à la va-vite donne la fausse impression que l’apôtre est un franc-tireur ; il a certes une très forte personnalité mais il n’œuvre jamais seul.

Les Églises officielles ont la fâcheuse tendance d’établir une distinction bien nette entre les membres du clergé et les paroissiens ce qui se remarque surtout aux habits sacerdotaux. Les prêtres et toute la hiérarchie ecclésiastique se distinguent par la couleur de leurs vêtements. C’est vrai chez les Catholiques, mais aussi chez les presbytériens, les épiscopaliens et bien d’autres encore. Quelle que soit l’étoffe de leurs croyances, les prédicateurs qui ne portent pas des habits comme tout le monde me dérangent.

Cela dit, il faut quand même dire que ce clivage s’est assoupli ; quand j’étais enfant, le prêtre de notre village portait pour seul vêtement une soutane et les sœurs étaient toujours vêtues de noir, comme Zorro, alors qu’aujourd’hui, ils s’habillent le plus souvent comme vous et moi ou presque puisque les prêtres ont toujours un col blanc raide qui n’a pas l’air très confortable, et les sœurs portent souvent un voile. L’autre différence entre les membres du clergé et le bas du panier est que les premiers sont autorisés à pratiquer des rites qui sont interdits au second. Or je vois mal l’apôtre Paul, d’une part, porter autre chose que l’habit romain ordinaire, et d’autre part, accomplir une cérémonie parce que lui seul en a le droit.

Selon le Nouveau Testament, il n’y a pas de différence hiérarchique entre le pasteur et la brebis sinon que celui qui assume un rôle pastoral devra répondre devant Dieu de la manière dont il aura assumé ses responsabilités vis-à-vis des brebis. Dans les Églises protestantes ou évangéliques, on trouve parfois des individus qui profitent de leur position d’autorité pour se comporter en dictateurs, s’exalter eux-mêmes et utiliser la Parole de Dieu pour assommer ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils affectionnent un thème particulier des Écritures sur lequel ils reviennent sans cesse.

Quand j’ai accepté de réaliser un commentaire audio de l’ensemble des Textes sacrés, je me suis par là même engagé à une discipline de fer, car je dois étudier toute la Parole de Dieu verset par verset, aussi bien mes passages préférés que les autres ; il ne m’est donc pas possible de revenir constamment sur mes sujets favoris. Pour ce qui est d’une vie disciplinée, personne n’arrive à la cheville de l’apôtre Paul, et pourtant il ne se considère jamais supérieur à ses collaborateurs.

Sylvain est citoyen romain et membre de l’église de Jérusalem. Paul le choisit pour l’accompagner lors de son second voyage missionnaire (Actes 15-18), et plus tard il devient secrétaire de l’apôtre Pierre, c’est-à-dire qu’il écrit ses lettres sous sa dictée (1 Pierre 5.12).

Timothée est le plus important des collaborateurs de l’apôtre Paul (Philippiens 2.17-23) ; il l’accompagne lors des deuxième et troisième voyages missionnaires et reste auprès de lui pendant sa première captivité à Rome (Philippiens 1.1 ; Colossiens 1.1 ; Philémon 1). Plus tard, Timothée exerce une fonction pastorale dans l’église d’Éphèse (1 Timothée 1.3) et il est lui-même emprisonné (Hébreux 13.23). Paul lui a écrit deux lettres ; dans la première, il lui donne des instructions relatives à la vie pratique de l’Église (comparez 1 Timothée 3.15) et dans la seconde, l’apôtre qui se sait à la veille de son exécution, lui transmet son ministère et l’appelle à être fort et à prêcher fidèlement la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ (2 Timothée 2.1 ; 4.1-8).

Dans la salutation des deux épîtres aux Thessaloniciens, Paul dit qu’elle est « dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ ». Il ne s’exprime pas de cette manière dans ses autres lettres, mais ici, il cherche à bien différentier cette jeune église d’une assemblée juive, bien que les premiers convertis aient été Juifs ou prosélytes puisqu’ils fréquentaient la synagogue de la ville. En d’autres mots, l’apôtre dit que ces chrétiens se réunissent au nom de Dieu, mais aussi au nom de Jésus qui est le Seigneur. Paul met donc l’accent sur l’égalité entre Dieu et le Christ, ce qu’il fait également dans les introductions de ses autres épîtres. C’est important car dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit :

Tout homme qui nie que Jésus est le Fils de Dieu ne connaît pas non plus le Père. Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu connaît aussi le Père (1 Jean 2.23).

Tous ceux qui ont personnellement mis leur foi en Jésus-Christ le Fils sont également unis au Père ; spirituellement, ils forment une même entité avec Dieu. A la veille de la crucifixion, dans la longue prière que Jésus a faite à son Père pour ses disciples, il a dit :

Je te demande qu’ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, moi en eux et toi en moi. Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes ! (Jean 17.21-23).

Concernant la salutation de Paul aux Thessaloniciens, comme dans toutes les autres épîtres sans exception, Paul demande la grâce et la paix de Dieu pour ses lecteurs. À ce sujet, le prophète Ésaïe répète deux fois le refrain menaçant : « Mais, a dit l’Éternel, il n’y a pas de paix pour les méchants ! » (Ésaïe 48.22 ; 57.21) ; et une troisième fois, il est bien plus brutal (Ésaïe 66.24). En d’autres mots, je ne peux connaître la paix du cœur, de l’âme et de l’esprit que si j’accepte d’abord la grâce que Dieu m’a faite en Jésus-Christ : la grâce en premier, la paix ensuite ; un ordre divin incontournable.

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

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