Introduction

A un moment donné de leur histoire, toutes les nations ont été dirigées par un roi, un pharaon, un empereur ou un autre despote qui était le représentant de la dynastie régnante. En France, on a coupé court à cette pratique à l’aide de la guillotine. Israël est un cas particulier parce qu’au tout début de son histoire c’est une théocratie, c’est-à-dire que l’Éternel Dieu lui-même en est le chef. Pourtant et assez rapidement, l’état spirituel et bien sûr moral de ce peuple a dégénéré et les Hébreux ont voulu être comme les autres nations et avoir à leur tête une royauté humaine. C’est ce qui est raconté dans deux livres qui ont pour titre 1 et 2 Samuel mais aussi dans les deux livres intitulées : « Les Rois ». À l’origine, ces deux ouvrages formaient ensemble le 2e tome d’une série de trois livres historiques de l’Ancien Testament appelées respectivement : Samuel, les Rois et les Chroniques.

Quand la version grecque de l’Ancien Testament a été rédigée au 3 ème siècle à Alexandrie, les traducteurs ont divisé chacun des 3 ouvrages que j’ai cités en deux parties pour aider le lecteur à s’y retrouver plus facilement. Dans la Septante donc, les deux livres de Samuel s’appellent : 1 et 2 Règnes, et les deux livres des Rois : 3 et 4 Règnes. Il sont ainsi nommés parce qu’ils rapportent les règnes des rois d’Israël et de Juda après David, et jusqu’à la destruction des deux royaumes israélites. La coupure entre les 2 volumes des Rois est très arbitraire et pas très réussie puisqu’elle scinde en deux le règne d’un roi et le cycle d’un prophète.

Les histoires rapportées dans les deux livres des Rois sont la continuation du récit de Samuel. Le premier relate la fin du règne de David et raconte comment son fils Salomon est venu au pouvoir. Le deuxième livre des Rois raconte l’histoire de la nation d’Israël scindée en deux royaumes : d’une part, celui du Nord appelé communément « les 10 tribus » bien qu’il n’y en ait que neuf plus la majorité des Lévites, et d’autre part le royaume de Juda situé au sud et qui inclut la tribu de Siméon qui lui est confondue, et celle de Benjamin.

L’auteur ou plutôt l’éditeur, raconte les règnes des rois d’Israël et de Juda en alternance. L’histoire des deux prophètes Élie et Élisée, qui ont exercé leur ministère dans le royaume du Nord, est également racontée en parallèle à celle des rois. La dernière partie du second livre relate les règnes des rois du royaume de Juda jusqu’à sa destruction, et se termine sur la notification du retour en grâce d’un de ses derniers rois, qui est alors en exil à Babylone.

Les livres des Rois couvrent la période qui va de 972 à 562 av. J-C. Ils ont été rédigés pendant l’exil babylonien et peut-être en même temps que les deux livres de Samuel comme un ensemble racontant l’histoire de la monarchie israélite, de son début avec le premier roi Saül jusqu’à la fin du royaume de Juda. L’auteur a utilisé des écrits antérieurs à l’exil et même inséré dans son œuvre des documents entiers, comme les récits concernant les deux prophètes Élie et Élisée, par exemple. C’est ce qui explique pourquoi on trouve certaines notes indiquant que tel ou tel état de fait a perduré « jusqu’à ce jour », alors que ce n’est plus vrai au moment de l’exil. Certains prophètes jouèrent un rôle important à la cour des rois et ont eux aussi constitué au fil des siècles une collection racontant l’histoire de la monarchie israélite qui s’appelle « archives royales ». L’éditeur final y a certainement puisé sa source première. On sait par exemple que les chapitres 18 à 20 du second livre des Rois ont été empruntés aux écrits du prophète Ésaïe. En effet, l’ouvrage mentionne plusieurs sources écrites par différentes personnes. Mise à part la portion attribuée à Ésaïe (37:9-39:8), d’autres passages sont parallèles au prophète Jérémie ou au récit des livres des Chroniques. Ailleurs dans les livres des Rois, les différences de style sont si importantes (histoires d’Élie et d’Élisée) qu’elles suggèrent une source non mentionnée. Cependant, malgré l’utilisation de documents préexistants, l’auteur ne s’est pas contenté d’un simple travail d’édition car il a élaboré une œuvre cohérente dans sa forme, ses thèmes, et sa théologie, qui répond aux interrogations de ses contemporains. En effet, lorsque ces livres sont rédigés, les deux royaumes d’Israël ont été rayés de la carte. Or, les habitants de Juda croyaient que jamais l’Éternel ne laisserait l’ennemi détruire Jérusalem et son Temple. Mais c’est bien ce qui est arrivé et il n’y a plus de royaume malgré la promesse inconditionnelle faite par Dieu à David concernant sa dynastie. Bien que l’Éternel ait choisi Jérusalem pour y résider, la ville sainte est en ruines. La question que se posent les Israélites exilés est donc : « Dieu a-t-il failli à ses promesses » ? L’auteur les rappelle à trois reprises, ces promesses, et chaque fois il écrit que leur accomplissement dépend de la fidélité des descendants de David à l’Éternel. C’est vrai à court terme, cependant à long terme, la promesse de Dieu tient toujours et un jour il y aura un royaume terrestre sur lequel régnera un descendant du roi David; il s’agit bien sûr de Jésus-Christ.

Comme pour les livres de Samuel, les livres des Rois ne sont pas écrit selon une chronologie rigoureuse. Les écrivains sacrés nous fournissent beaucoup de dates isolées, mais quand on veut connaître la durée d’une longue période, il faut combiner une série de dates et les erreurs s’accumulent. Déjà pour commencer, il faut savoir qu’en hébreu, les chiffres sont exprimés par des lettres ayant une valeur numérique et qu’ils peuvent donc très facilement être altérés par les copistes. Puis les Israélites ne dataient pas les événements à partir d’une époque fixe comme nous ; ils se bornaient à indiquer à quelle année du règne de tel roi tel événement avait eu lieu. Cette façon de fixer une date donne lieu à une foule d’erreurs parce qu’on peut calculer de différentes manières le commencement d’un règne; et puis les co-régences père et fils, les régences pendant la minorité du souverain, et les inter-règnes créent de nouveaux problèmes. En additionnant les nombres indiquant la durée de plusieurs règnes successifs, on accumule les erreurs et le résultat n’est pas fiable.

L’histoire des rois des deux monarchies illustre la mise à exécution des sanctions prévues par la Loi en cas de désobéissance ; l’exil en particulier est la conséquence directe de l’infidélité persistante d’Israël à l’alliance que l’Éternel a conclue avec la nation d’Israël. D’ailleurs l’exil avait déjà été envisagé et prédit par Moïse (Deutéronome 28.45-52) ce qui est surprenant.

Quand l’auteur porte un jugement sur les des rois de Juda, il utilise toujours David comme référence et modèle ; ceux qui imitent sa conduite sont approuvés et les autres condamnés. L’auteur s’intéresse avant tout à la situation morale et religieuse des rois et du peuple pour expliquer le cours des événements, laissant la plupart du temps de côté les facteurs sociaux, économiques et politiques qui intéressent les historiens modernes. Par exemple, le long règne du roi Jéroboam II sur les X tribus, ne fait l’objet que d’une courte notice et est utilisé comme contre-exemple moral et religieux pour expliquer la destruction du royaume du Nord. Je lis ce passage :

Dès lors, les Israélites n’avaient cessé de se livrer à tous les péchés que Jéroboam lui-même avait commis ; ils ne les abandonnèrent pas jusqu’au jour où l’Éternel les bannit loin de lui comme il l’avait annoncé par tous ses serviteurs, les prophètes. Israël a été déporté loin de son pays, en Assyrie où il est resté jusqu’à ce jour (2Rois 17.22-23).

Par contre, les réformes religieuses entreprises dans le royaume de Juda par les rois Ézéchias et Josias retiennent longuement l’attention de l’auteur. Par ailleurs, il s’étend sur les fautes graves de certains monarques et sur l’influence désastreuse qu’ils eurent en promulguant l’idolâtrie. Concernant le long règne du roi idolâtre Manassé en Juda, l’auteur écrit :

Voici ce que déclare l’Éternel, le Dieu d’Israël : “ Je vais amener sur Jérusalem et sur Juda un malheur tel que tous ceux qui en entendront parler seront abasourdis. Je viderai la ville de ses habitants [..]. J’abandonnerai ce qui reste du peuple qui m’appartient et je le livrerai au pouvoir de ses ennemis [..]. ” — Je chasserai aussi Juda loin de moi, comme j’ai chassé Israël, et je rejetterai cette ville, Jérusalem, que j’avais choisie, ainsi que le Temple où j’avais promis d’établir ma présence (2Rois 21.11-14 ; 23.27).

Le message essentiel des livres des Rois est la faillite complète du peuple de Dieu vis-à-vis de l’Éternel et c’est ce qui a entraîné la ruine des deux royaumes israélites, tant celui des X tribus du Nord que celui de Juda, ce qui inclut Simeon et Benjamin au sud. D’une manière plus générale, l’auteur, l’éditeur, enseigne l’incapacité de l’homme à se gouverner lui-même d’une façon qui soit droite aux yeux de Dieu. Il dresse un bilan de chacun des règnes israélites en fonction de la conduite que le roi aurait dû avoir par rapport à certaines lois de Moïse et à David pour les rois du sud. En somme, et à quelques exceptions près, les livres des Rois racontent une longue histoire de l’infidélité d’Israël à l’égard de l’Éternel, et qui va en s’empirant au fil du temps.

La disparition des deux royaumes israélites et l’exil de leur population est la conséquence et l’aboutissement logique de leurs péchés accumulés ce qui fait que le peuple de Dieu en porte l’entière responsabilité. Cependant, tout espoir n’est pas perdu. L’auteur s’attache à rappeler comment Dieu s’est montré fidèle par le passé, entrevoyant ainsi la restauration future du royaume de David afin d’accomplir la promesse que l’Éternel lui avait faite. La fin des deux livres des Rois mentionne le retour en grâce de Yehoyakîn, l’héritier du trône de David, survenu une quinzaine d’années après que Juda ait été emmené en captivité par Nabuchodonosor. Son successeur tire de sa prison le descendant de David, Yehoyakîn, et lui donne une place privilégiée à sa cour; c’est le présage du retour d’exil. Dans le même ordre d’idée, l’auteur rappelle souvent que l’Éternel a choisi Jérusalem parce qu’il s’attend à sa reconstruction future. Ce sont les Perses qui après avoir vaincu Babylone, autoriseront les Israélites à retourner en Palestine et à reconstruire le temple et Jérusalem. Cependant et comme je l’ai déjà souvent dit, la promesse d’une dynastie éternelle à David trouve son accomplissement en Jésus-Christ, l’héritier du trône. La faillite d’Israël dans l’obéissance à la Loi qui est le thème principal du livre, montre la nécessité pour Dieu de conclure une alliance avec l’humanité qui repose sur la grâce sans la Loi.

Le règne de Salomon occupe la moitié du premier livre des Rois; le peuple est alors réuni sous son sceptre et c’est la période la plus brillante de l’histoire d’Israël. Ce règne accomplit les promesses que l’Éternel avait faites à Abraham, Moïse et plus particulièrement à David (2 Samuel 7:8-17). Pendant les premières années du règne de Salomon, le roi et tout Israël furent fidèles à l’Éternel et bénis par lui. Cette paix et la prospérité font de cette période la meilleure image que l’on possède du règne messianique à venir.

Chapitre 1

Versets 1-4

Je commence maintenant à lire le premier chapitre du premier livre des Rois.

Le roi David était très âgé, on avait beau l’envelopper de couvertures, il n’arrivait plus à se réchauffer. Ses familiers lui proposèrent de lui rechercher une jeune fille vierge qui soit à son service et le soigne : — Elle dormira dans tes bras, lui dirent-ils, ainsi mon seigneur le roi se réchauffera. On chercha dans tout le territoire d’Israël une belle jeune fille et l’on trouva Abichag, la Sunamite, que l’on fit venir auprès du roi. Cette jeune fille était vraiment très belle. Elle prit soin du roi et se mit à son service. Mais le roi n’eut pas de relations conjugales avec elle (1Rois 1.1-4).

David est devenu roi à trente ans et a régné quarante ans. Vieillard et partiellement infirme, il est presque constamment alité ; alors on va chercher à Sunem (aujourd’hui Salem) à 80 km au nord de Jérusalem et proche de Nazareth, une belle jeune fille dynamique et souriante qui sera au service du roi jour et nuit pour l’égayer et lui réchauffer à la fois le cœur et le corps. C’était en fait la pratique médicale de l’époque et cela jusqu’au Moyen-Âge. La suite du texte montre que cette femme est considérée comme une concubine de David.

Versets 5-6

Je continue.

À cette époque, Adoniya, fils de David et de Haggith, exprimait son ambition en prétendant : — C’est moi qui régnerai. Il se procura un char, des chevaux et cinquante hommes qui couraient devant son char. Jamais, sa vie durant, son père ne l’avait réprimandé ou ne lui avait dit : — Pourquoi fais-tu cela ? En outre, Adoniya était un très beau jeune homme et il était né après Absalom (1Rois 1.5-6).

Ce quatrième fils de David rappelle Absalom par son physique et comportement (2 Samuel 15.1). Il a environ 35 ans ; ses demi-frères Absalom et Amnôn ont été tués ; quant à Kileab, le troisième fils, on en parle pas ce qui laisse supposer qu’il est mort lui aussi. Adoniya est un gosse pourri qui n’a jamais été discipliné par un père désengagé de l’éducation de ses enfants et qui lui passe tous ses caprices. Comme fils du roi, il fait comme bon lui semble, quand il veut. Ce blanc-bec présomptueux décide donc de s’imposer comme le successeur au trône sans consulter le roi. C’est la deuxième fois qu’un fils de David cherche à usurper le pouvoir.

Versets 7-8

Je continue en compressant.

Il entra en pourparlers avec le général Joab, fils de Tserouya, et avec le prêtre Abiatar, et ceux-ci se rallièrent à son parti. Par contre, ni le prêtre Tsadoq, ni Benayahou, fils de Yehoyada, ni le prophète Nathan, ni Chimeï, ni Réï, ni les soldats de la garde personnelle de David ne prirent son parti (1Rois 1.7-8).

Ça sent le complot à plein nez ; les hauts fonctionnaires du roi sont divisés. Jusque là, Abiatar a été fidèle à David et son ami, mais il exerce à Gabaon où se trouve le tabernacle et doit partager sa charge de grand-prêtre avec Tsadok qui exerce à Jérusalem. Ce dernier est mieux vu par David. Jaloux, Abiatar se joint au complot. Joab est un soldat courageux et un excellent stratège; il a toujours été loyal envers David mais leurs relations se sont passablement détériorées car le roi ne lui a pas pardonné ses crimes. Arriviste et déterminé, il pense qu’avec Adoniya il aura une occasion en or de consolider sa place de commandant de l’armée. Benayahou est le chef des mercenaires Kérétiens et Pélétiens et dirige la garde personnelle du roi; il sera nommé à la tête de l’armée par le roi Salomon.

Versets 9-14

Je continue en compressant.

Un jour, Adoniya offrit des sacrifices de moutons, de bœufs et de veaux engraissés près de la Pierre-qui-glisse, à côté de Eyn-Roguel. Il y invita tous ses frères, fils du roi, et tous les hommes importants de Juda qui étaient au service du roi. Mais il n’invita pas le prophète Nathan, ni Benayahou, ni les gardes personnels du roi, ni son demi-frère Salomon. Alors Nathan alla trouver Bath-Chéba, la mère de Salomon, et lui dit : — As-tu entendu qu’Adoniya fils de Haggith est en train de se faire proclamer roi sans que notre seigneur David le sache ? Eh bien ! Écoute : laisse-moi te donner un conseil qui pourra te sauver la vie ainsi qu’à ton fils Salomon. Va immédiatement trouver le roi David et demande-lui : “ Ô roi, mon seigneur, ne m’as-tu pas promis avec serment que mon fils Salomon régnerait après toi et que c’est lui qui siégerait sur ton trône ? Alors pourquoi donc Adoniya est-il devenu roi ? ” Puis Nathan ajouta : Pendant que tu parleras ainsi avec le roi, j’entrerai à mon tour et je compléterai ce que tu auras dit (1Rois 1.9-14).

Les tractations pour le pouvoir vont bon train; ça magouille de partout. La conspiration a été habilement préparée et est sur le point d’éclater. Nathan, un prophète influant à la cour de David connaît la volonté de Dieu concernant Salomon, alors il prend les choses en main car il faut agir vite et sortir le vieux roi sénile de sa torpeur. À cette époque, il était courant qu’un nouveau monarque élimine tous les prétendants légitimes au trône et leur famille pour assurer ses arrières. Adoniya ne manquera pas de respecter la coutume et ce sera la grande purge ; Salomon, sa mère, Nathan et beaucoup d’autres passeront de vie à trépas.

Versets 15-27

Je continue en compressant.

Bath-Chéba se rendit dans la chambre du roi. Elle s’inclina jusqu’à terre et s’agenouilla devant le roi. — Mon seigneur, tu as promis à ta servante par un serment au nom de l’Éternel, ton Dieu, que ton fils Salomon régnerait après toi et qu’il siégerait sur ton trône. Voici maintenant qu’Adoniya s’est fait roi à l’insu de mon seigneur le roi. Pourtant, c’est vers le roi mon seigneur que tout Israël regarde pour que tu déclares à ton peuple qui succédera à mon seigneur le roi sur le trône. Sinon, lorsque le roi mon seigneur aura rejoint ses ancêtres décédés, moi et mon fils Salomon nous serons traités comme des criminels.Pendant qu’elle parlait encore avec le roi, le prophète Nathan arriva. Il entra en présence du roi et se prosterna devant lui, le visage contre terre. Puis il dit : — Ô roi mon seigneur, est-ce toi qui as décidé qu’Adoniya régnerait après toi et qu’il siégerait sur ton trône ? Il a invité tous les fils du roi, les chefs de l’armée et le prêtre Abiatar. Ils sont en train de manger et de boire avec lui en criant : “ Vive le roi Adoniya ! ” Mais il ne m’a pas invité, moi qui suis ton serviteur, pas plus que le prêtre Tsadoq, ni Benayahou, fils de Yehoyada, ni ton serviteur Salomon. Est-il possible qu’une telle chose se fasse par ordre de mon seigneur le roi sans que tu aies fait connaître à ton serviteur quel est celui qui succédera à mon seigneur le roi sur le trône ? (1Rois 1.15-27).

Bath-Chéba comprend l’urgence de la situation et suit les conseils de Nathan qui arrive pour enfoncer le clou. Il souligne que lui, Tsadok et Bénayahou, des serviteurs auxquels le roi a toujours témoigné la plus grande confiance ont été mis sur la touche. Il fait ainsi sentir au vieux roi son inertie coupable et réveille chez lui le sentiment de sa responsabilité. Par cette courageuse initiative, Nathan prévient une nouvelle guerre civile et rend possible le règne de Salomon. David qui semble-t-il ne quitte plus son lit se trouve maintenant placé au pied du mur. Il doit réagir.

Versets 28-37

Je continue en compressant.

Le roi déclara à Bath-Chéba par serment : — Aussi vrai que l’Éternel qui m’a délivré de toutes les détresses est vivant, je te promets de réaliser aujourd’hui même la promesse que je t’ai faite avec serment au nom de l’Éternel, du Dieu d’Israël, lorsque je t’ai dit que ton fils Salomon régnerait après moi et qu’il siégerait sur mon trône à ma place. Puis le roi David ordonna : — Rassemblez tous mes serviteurs. Faites monter mon fils Salomon sur ma propre mule et conduisez-le à la source de Guihôn ! Là, le prêtre Tsadoq et le prophète Nathan lui conféreront l’onction pour l’établir roi sur Israël. Vous sonnerez du cor et vous crierez : “ Vive le roi Salomon ! ” Il viendra siéger sur mon trône et régnera à ma place, car c’est lui que j’ai choisi pour être le conducteur d’Israël et de Juda (1Rois 1.28-37).

David retrouve sa lucidité et tient la promesse qu’il a faite à Bath-Chéba. Il n’exprime pas seulement ses intentions, mais réalise effectivement l’investiture et le couronnement de Salomon. Il convoque le chef des prêtres, le commandant de sa garde personnelle et le prophète Nathan. En faisant monter Salomon sur sa propre mule, David déclare publiquement qu’il est son successeur désigné. L’onction, la sonnerie du cor, la proclamation « Vive le roi Salomon ! » font partie du rituel d’intronisation.

L’expression « Aussi vrai que l’Éternel est vivant ! » est très fréquente dans l’Ancien Testament; elle apparaît d’ailleurs 14 fois dans les livres des Rois. C’est la formule habituelle du serment israélite qui invoque le nom sacré de Dieu et le prend pour témoin des paroles prononcées. David y intègre son expérience personnelle : « l’Éternel m’a délivré de toutes les détresses », et il en a eu ! Ces paroles expriment la caractéristique principale de la vie du roi et une pensée qui revient dans la plupart des psaumes qu’il a composés. Quel témoignage de la part ce vieillard à la fin de sa vie ! Moi aussi, j’aimerais bien pouvoir dire la même chose lorsque je serais parvenu au crépuscule de ma vie.