Livre du prophète Osée

Introduction

 

Quand j’étais encore à l’école primaire, on appelait ceux du secondaire : « les grands », parce qu’ils pouvaient faire des choses que nous, les petits, ne pouvions pas. Mais cette façon de voir toute relative n’a guère de substance car elle dépend de la perspective qu’on adopte. Il en est de même dans bien d’autres domaines et aussi pour certains textes bibliques.

En effet, Osée est le premier de douze livres prophétiques qu’on appelle « petits » par rapport aux « grands » qui sont Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel. Cette différence d’appellation est due à la dimension du livre et non pas à son contenu. Cependant, même cette différentiation n’est pas rigoureuse étant donné que la prophétie d’Osée est plus longue que celle de Daniel et que ce dernier ne fait pas partie des prophètes mais de ce que les Juifs nomment « les écrits » de l’Ancien Testament (hagiographes) ce qui est un peu étrange.

Nous ne possédons pas de renseignements sur la façon dont le recueil des « petits prophètes » s’est formé, mais les rabbins ont toujours considéré ces douze livres comme un seul et unique ouvrage. Assez curieusement, ils ont divisé les prophètes en quatre, qui sont : Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et les douze petits. L’historien juif Josèphe adopte la même position que les rabbins.

Chaque prophète construit ses écrits sur ceux de ses prédécesseurs, ce qui laisse supposer que les livres prophétiques sont rassemblés en un seul recueil à mesure que leur édition est terminée. Beaucoup d’auteurs de livres de l’Ancien Testament sont issus des écoles de prophètes qui existent déjà du temps des prophètes Élie et Élisée. D’après la tradition et le second livre des Maccabées (2.13), qui est un texte apocryphe, c’est Néhémie qui a réalisé l’édition finale de la collection des livres prophétiques.

Dans les versions françaises, l’ordre des petits prophètes est le même que dans le texte hébreu, mais il est légèrement différent dans l’ancienne traduction grecque (la Septante : Osée, Amos, Michée, Joël). L’ordre en français est à peu près chronologique. Il y a premièrement les sept petits prophètes (Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum) qui ont précédé l’époque où les Babyloniens montent en puissance et interviennent dans les affaires des nations palestiniennes dont les deux royaumes israélites. Ensuite viennent les deux prophètes qui exercèrent pendant l’apogée de la puissance chaldéenne (Habakuk, Sophonie), et enfin les trois derniers qui correspondent à l’époque de la puissance perse (Aggée, Zacharie et Malachie).

Osée est placé en tête du recueil des petits prophètes à cause de l’importance de son livre, mais chronologiquement, il devrait être en quatrième position (Abdias, Joël, Amos, Osée, Michée, Jonas, Nahum, Sophonie, Habakuk, Aggée, Zacharie, Malachie).

Les petits prophètes ne sont pas des amateurs ni même des professionnels de seconde division. Chacun d’eux a un message percutant à un moment de crise en Israël ou en Juda. Tous les prophètes, petits et grands, s’opposent aux alliances politiques de leur pays avec les nations païennes. Et ils sont fortement nationalistes bien que la plupart d’entre eux annoncent aussi qu’un jour, Dieu établira une Nouvelle Alliance et le salut s’étendra alors aux non-Juifs.

A leur sortie d’Égypte, les Hébreux forment un seul peuple, mais à l’époque d’Osée, ils constituent depuis déjà longtemps deux royaumes. Celui du Nord s’appelle « Israël » ou « royaume des X tribus » ou encore « pays de Samarie » du nom de sa capitale. Le royaume du Sud est Juda allié à Benjamin.

Osée débute son ministère sous le règne de Jéroboam II (793-753) qui est le quatrième des cinq rois de la dynastie d’un certain Jéhu (abréviation de « c’est l’Éternel »), lui-même étant le dixième roi du royaume d’Israël Nord (842-815). C’est pendant une période d’apostasie religieuse et sur l’ordre de l’Éternel que Jéhu est sacré roi. Il tue Yoram, roi impie d’Israël (852-841), Ahazia, sixième roi de Juda qui régna moins d’un an, ainsi que la famille de l’infâme roi Achab et les prêtres de Baal (2Rois 9-10). Mais Jéhu désobéit à Dieu en ne mettant pas fin au culte des veaux d’or que Jéroboam I (931-910) a établi dès le début de la création du royaume des X tribus du Nord (1Rois 12). Curieusement, ces veaux, pourtant inspirés des pratiques idolâtres de l’Égypte, sont censés représenter l’Éternel. Le but de ces sanctuaires illicites est de concurrencer (1Rois 12.28-29) le culte agréé par Dieu à Jérusalem afin de maintenir le schisme avec le royaume du Sud, et d’empêcher ainsi les Israélites du Nord de retourner en Juda. En effet, Jéroboam I craint que si le peuple se rend à date fixe à Jérusalem pour y adorer l’Éternel, il risque de réintégrer la dynastie de David. Pour cette raison, il crée 22 nouveaux sanctuaires, les deux principaux étant situés aux 2 confins de son royaume : à Béthel au sud, et à Dan (anciennement Laïs), la ville la plus au nord du territoire d’Israël. À l’encontre du commandement qui interdit d’adorer Dieu en se servant de simulacres, Jéroboam I érige un veau d’or en chacune de ces 2 localités (1Rois 12.26-30 ; 2Chroniques 13.8). Et pour encourager le peuple à adorer ces veaux, Jéroboam emploie la formule : « Voici ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte ! » (Exode 32.4), formule que Aaron, premier grand-prêtre et frère de Moïse, ainsi que le peuple hébreu, ont utilisé en s’adressant au veau d’or fabriqué dans le désert.

Jéroboam I veut que son peuple adore l’Éternel sous la caricature du veau. Il crée également des sanctuaires sur les hauteurs et constitue un sacerdoce d’Israélites n’appartenant pas à la tribu de Lévi parce que les prêtres légitimes de la lignée d’Aaron refusent de servir le culte idolâtre et schismatique du roi Jéroboam I (1Rois 12.31 ; 2Chroniques 11.13-15 ; 13.9). En outre, ce roi décrète que la fête des récoltes (ou fête des Tabernacles), célébrée en Juda le 15e jour du 7e mois, se ferait le 15e jour du huitième mois dans le royaume du Nord (1Rois 12.32, 33). Dans sa majorité, le peuple suit le roi dans cette idolâtrie qui est l’une des principales causes de la fin du royaume des X tribus (2Rois 17.16). Uni, le peuple hébreu est puissant, mais le faux culte et sa scission en 2 monarchies, l’ont considérablement appauvri. En délaissant la haute spiritualité du culte de l’Éternel, le royaume du Nord tombe dans la déchéance religieuse et morale.

Après Jéroboam I, aucun monarque du royaume du Nord n’a le courage de supprimer les sanctuaires idolâtres, car tous craignent que si le peuple retourne à Jérusalem, il risque de se rattacher à nouveau à la dynastie de David.

Parce que Jéhu extermine totalement la dynastie d’Achab, l’Éternel lui promet qu’après lui quatre générations occuperont le trône (2Rois 10.30). Cependant, comme Jéhu n’a pas supprimé le culte des veaux d’or, Dieu le punit et Israël Nord est envahi par les Syriens (2Rois 10.32, 33) qui occupent le pays de Galaad, la région à l’est du fleuve Jourdain. Joahaz (814-798), fils de Jéhu, est encore plus humilié que son père parce que les Syriens arrivent jusqu’au centre de son pays. Il crie alors à l’Éternel qui lui promet un libérateur (2Rois 13.1-7). C’est son fils Joas (801-786) car il parvient à refouler les Syriens au-delà du Jourdain et même à vaincre le royaume de Juda contre qui il est en guerre (2Rois 13.25 ; 14.8-14).

Après Joas, c’est son fils Jéroboam II qui monte sur le trône du royaume des X tribus, et c’est le plus illustre des rois d’Israël Nord puisqu’il réussit à rétablir les frontières d’Israël telles qu’elles étaient sous Salomon (2Rois 14.25). Les Syriens sont mis en déroute ; ils perdent tout le territoire de Galaad qu’ils avaient conquis à l’est du Jourdain et sont envahis à leur tour. Sous Jéroboam II, la frontière du pays de Samarie va de Damas au nord jusqu’à la mer Morte au sud. Le prophète Jonas a prédit ces victoires militaires (2Rois 14.23-28 ; comparez Deutéronome. 3.17) qui sont suivies d’une grande prospérité économique mais avec malheureusement beaucoup d’excès de toute sorte. Le culte de Baal est introduit dans le royaume du Nord, d’abord discrètement puis de façon outrageuse. Sous un extérieur de faste, les dirigeants de la nation se corrompent toujours davantage (2Rois 14.23-29). Quant aux Israélites, ils s’imaginent que ce sont les idoles qui leur ont acquis la prospérité, ce qui fait qu’ils utilisent les productions du pays pour leur rendre un culte toujours plus corrompu. Le prophète Amos, qui exerce son ministère sous le règne de Jéroboam II mais avant Osée, tire un sombre portrait de l’état moral et religieux d’Israël à cette époque (Amos 2.6-5.27 ; 8.4-6, etc.) et annonce la venue du jugement divin (Osée 7.1-9 ; 8.7-10). Mais malgré l’infidélité de son peuple, l’Éternel patiente parce qu’il a promis qu’un quatrième rejeton descendant de Jéhu occupera encore le trône. C’est ainsi que Zacharie succède à son père Jéroboam II, mais son règne ne dure que six mois (2Rois 15.8), et avec lui disparaît la dynastie de Jéhu qui s’est distinguée par l’énergie et la réussite militaire de ses rois.

Zacharie est assassiné par un certain Challoum (2Rois 15.10) qui devient le seizième roi d’Israël Nord, mais il n’a qu’un mois pour chauffer le trône. En effet, après avoir appris que Zacharie est assassiné, Ménahem, l’un des gouverneurs militaires, se rend à Samarie, la capitale du royaume, fait la peau de Challoum, et tant qu’à faire, prend sa place (752-742). C’est un très mauvais roi qui commet des atrocités (2Rois 15.16), pratique le culte des veaux d’or et devient tributaire de l’Assyrie. Il est succédé par son fils Péqahya (2Rois 15.17-23) qui règne deux ans avant d’être assassiné par Péqah, l’un des chefs de son armée qui prend sa place. On récapitule : Ménahem assassine Challoum qui a assassiné Zacharie fils de Jéroboam II. À cette nouvelle, Péqah établit au-delà du Jourdain un gouvernement parallèle à celui de Samarie, ce qui déstabilise Ménahem. Afin d’asseoir son autorité sur l’ensemble des X tribus du Nord, Ménahem fait appel à l’Assyrie et devient leur vassal. Pour compenser l’aide des Assyriens, Ménahem doit leur verser un énorme tribut qui saigne à blanc le peuple. À un certain moment de son règne, Pékah qui est établi sur Galaad, jure fidélité à Ménahem qui lui donne un haut poste militaire parce qu’il a le soutien des Israélites installés de l’autre côté du Jourdain. Après la mort de Ménahem, son fils Péqahya lui succède, mais cela ne convient pas à Péqah qui l’assassine et prend sa place pour devenir roi sur tout le royaume d’Israël Nord (2Rois 15.25). Le texte du livre des Rois dit que « il régna vingt ans » (749-730 ; 2Rois 15.27), ce qui inclut le temps de sa domination sur Galaad, situé de l’autre côté du Jourdain. Pékah s’allie alors avec la Syrie (en 735) afin de résister aux Assyriens. Ensemble, ils se mettent en campagne contre le royaume de Juda afin de l’obliger à entrer dans leur coalition. Mais Ahaz, roi de Juda, appelle à l’aide les Assyriens qui sont heureux d’intervenir (2Rois 16). Pékah doit alors rentrer chez lui où il meurt assassiné par un certain Osée qui n’est pas le prophète du même nom, mais qui est à la solde des Assyriens et qui devient roi (730-722) à la place de Pékah. C’est l’anarchie politique et morale totale et rappelle la bande dessinée dans laquelle le grand vizir Iznogood veut devenir calife à la place du calife. En effet, en un peu plus de vingt ans, quatre des six derniers rois du royaume des X tribus du Nord ont été assassinés.

À l’époque du roi Ménahem, deux partis se forment et se confrontent. L’un est pro-assyrien, mais l’autre redoute cet immense empire et cherche un appui auprès de l’Égypte. Le roi Osée qui est d’abord tributaire des Assyriens (2Rois 17.3) cherche à secouer ce joug en concluant une alliance avec l’Égypte. Croyant en leur soutien, il refuse de payer le tribut annuel aux Assyriens (2Rois 17.4). Alors, le roi Salmanasar V (728-722) envahit le territoire d’Israël, emprisonne le roi Osée, et assiège Samarie. La capitale du royaume est dans une grande détresse mais résiste 3 ans, à la fin desquels Salmanasar meurt. Sargon II lui succède et s’attribue la gloire de prendre Samarie (en 722 av. J-C), puis il déporte les notables et une partie du peuple.

Cet arrière-plan long et compliqué permet de comprendre le ministère du prophète Osée qui s’étend de la fin du règne de Jéroboam II (793-753) au début du règne en solo d’Ézéchias sur Juda (en 715, après une période de régence commune avec son père Achaz), soit environ quarante ans. Osée commence à prophétiser à la fin d’une période de conquêtes militaires et de prospérité pour les deux royaumes israélites du Nord et du Sud (2Rois 14.25-28 ; 2Chroniques 26.2, 6-15). En effet, pendant la première moitié du 8e siècle av. J-C, l’influence assyrienne à l’ouest ayant considérablement diminuée, ce déclin permet aux royaumes de Jéroboam II et d’Ozias (aussi appelé Azaria ; 2Rois 14, 15) sur Juda de prospérer. Ozias monte sur le trône à l’âge de 16 ans (2Rois 14.21) et redonne force et indépendance au royaume de Juda : il réorganise l’armée, restaure les remparts de Jérusalem, il est victorieux sur les Arabes et les Philistins, détruit plusieurs villes de ces derniers (Gath, Yabné, Asdod), assujettit les Ammonites et d’autres peuples (2Chroniques 26.6-8). Ozias développe l’agriculture, bâtit des tours dans le désert et creuse des puits. Il adore l’Éternel, mais laisse subsister les hauts lieux où son peuple offre des sacrifices aux idoles. Malheureusement, ses succès l’enorgueillissent et il tente d’usurper les fonctions sacerdotales. Jugé par l’Éternel, il est atteint d’une lèpre dont il ne guérit pas et meurt (vers 734 av. J-C ; 2Rois 15.1-7 ; 2Chroniques 26.1) après un règne de 52 ans. Ésaïe, Osée et Amos ont prophétisé pendant le règne d’Ozias.

La prospérité du royaume des X tribus du Nord connaît une chute rapide annoncée par le prophète Osée. Neuf ans avant la fin du règne de Jéroboam II (793-753), Tiglath-Piléser III (Poul ; 745-727) monte sur le trône assyrien, remet à l’ordre du jour l’expansion de son empire vers l’ouest et réussit à faire de l’Assyrie une puissance redoutable. La politique d’Israël Nord, puis de Juda, oscille alors entre la soumission à l’Assyrie (2Rois 15.19-38) et la recherche de l’appui égyptien (Osée 7.11 ; 12.2), ce qui crée des tensions entre les différents partis sur les questions de politique étrangère, et suscite des complots contre les rois en place. La montée en puissance et en influence de l’Assyrie affaiblit l’Égypte qui essaie de se maintenir en favorisant des soulèvements dans les pays qui sont progressivement assujettis à l’empire assyrien. Sous le roi Ménahem (752-742) et comme je l’ai déjà dit, le royaume des X tribus du Nord devient tributaire des Assyriens avant d’être carrément envahi par ces derniers une dizaine d’années plus tard, et même le royaume de Juda devient vassal des Assyriens (2Rois 16.5-10).

Revenons au prophète Osée. Son nom est un dérivé de Josué qui a donné Jésus et qui signifie « salut, délivrance ». Tout ce que nous connaissons de ce prophète provient de son livre, ce qui est fort peu de chose. Il est probablement de l’une des X tribus du Nord dont il mentionne certaines villes ici et là (Guilgal, Béthel, Galaad, Sichem) et où il exerce tout son ministère prophétique. Son style est vif, énergique et concis. Il est laconique et sentencieux, au point où ce qu’il dit est parfois obscur. Cependant, même si les détails sont souvent difficiles à saisir, dans son ensemble le message du livre d’Osée est très clair. Il se peut même que dans sa providence, Dieu ait voulu ce manque de clarté afin d’établir un contraste avec les certitudes révélées, que seule la foi permet de découvrir.

Osée mentionne Juda 14 fois, mais c’est essentiellement pour établir un parallèle avec le royaume d’Israël Nord (Osée 1.7 ; 4.15 ; 5.5 ; 10.11-14 ; 12.1, 3). Cependant, sur les 14 citations, dix sont défavorables. Par contre, Osée ne parle jamais de Jérusalem.

Osée a succédé au prophète Amos dont il reprend certains oracles (comparez Osée 4.15 et Amos 4.4 ; Osée 8.14 et Amos 1.4, 10, 12 ; 2.5), poursuivant ainsi le ministère de son prédécesseur. Osée est contemporain d’Ésaïe et de Michée qui prophétisent dans le royaume de Juda, et plus tard, Jérémie s’inspirera des prophéties d’Osée.

Le titre complet du livre d’Osée est également le premier verset qui est :

L’Éternel adressa la parole à Osée, fils de Beeri, sous les règnes d’Ozias, de Yotam, d’Ahaz et d’Ézéchias, rois de Juda, et sous le règne de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël.

Les événements des règnes de ces rois sont décrits dans le second livre des Rois et le second livre des Chroniques (ch. 26-32). Cela dit, on est surpris par l’introduction de cette prophétie car si Osée mentionne les noms de tous les souverains israélites qui sont ses contemporains, il commence par citer les quatre rois de Juda avant Jéroboam roi d’Israël Nord, qu’il appelle pourtant « notre roi » dans sa prophétie (Osée 7.5, LSG – dans le texte hébreu).

Osée a été témoin de la fin de la monarchie des X tribus du Nord et pourtant il passe sous silence tous les rois qui succèdent à Jéroboam II. Il les omet volontairement parce que pour lui, les rois de Juda successeurs de David sont les seuls souverains légitimes. Il mentionne quand même Jéroboam II parce que c’est un roi très important dans l’histoire du royaume des X tribus du Nord. En fait, il cite les rois de Juda pour une autre raison ; en effet, quand Osée finit ses prophéties, le royaume du Nord a disparu tandis que Juda existe toujours. Les avertissements qu’il a donnés à Israël Nord peuvent donc encore être utiles au peuple de Juda.

Quand l’Éternel ordonne à Osée de prophétiser en Israël Nord, le peuple est alors doublement coupable : au niveau religieux par l’idolâtrie rampante et au niveau politique par le schisme. D’une part, les Israélites offrent un culte aux veaux d’or et à Baal, et d’autre part, les X tribus se sont séparées des rois de Juda, les seuls légitimes parce que de la lignée de David.

Le contenu du livre d’Osée adresse ces deux fautes qui aux yeux du prophète sont à la racine de tous les autres péchés, et la cause première de la ruine du royaume d’Israël Nord (Osée 8.4-6). Parce que Dieu ne sévit pas tout de suite, on croit pouvoir échapper à ses jugements, mais c’est oublier que le temps travaille toujours pour lui.