Chapitre 27

Introduction

Je me souviens avoir entendu les anciens dire que La croix est l’échelle des cieux. En d’autres mots : c’est par des souffrances librement offertes qu’on gagne le ciel. Dans la conscience populaire, cette Maxime s’adresse à tous, mais selon le Nouveau Testament, elle ne concerne que Jésus. Quand sur la croix il s’est écrié : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?, il expiait tous nos péchés devant le Dieu trois fois saint qui s’était détourné de lui.

Versets 50-54

Je continue à lire dans le chapitre 27 de Matthieu.

À ce moment, Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l’esprit. Et voici qu’au même instant, le rideau du Temple se déchira en deux, de haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent. Des tombes s’ouvrirent et les corps de beaucoup d’hommes fidèles à Dieu qui étaient morts ressuscitèrent. Ils quittèrent leurs tombeaux et, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte où beaucoup de personnes les virent. En voyant le tremblement de terre et tout ce qui se passait, l’officier romain et les soldats qui gardaient Jésus furent saisis d’épouvante et dirent : — Cet homme était vraiment le Fils de Dieu (Matthieu 27.50-54).

La phrase : Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l’esprit, indique un acte volontaire. Il a lui-même choisi le moment de sa mort et à cet instant, une série de phénomènes surnaturels ont eu lieu. Un tremblement de terre sélectif ouvre les tombes de certains croyants qui rentrent en ville. Ça, c’est impressionnant. Contrairement aux zombies, ils étaient vraiment ressuscités et un avant-goût de ce qui attend ceux qui on placé leur confiance en Jésus.

Mais l’événement le plus significatif est le rideau du temple qui se déchire de lui-même, non pas de bas en haut, mais de haut en bas pour bien signifier que Dieu lui-même ôtait cette barrière. Ce voile séparait le peuple du lieu Très Saint qui était la demeure de l’Éternel dans le temple. Le Grand-Prêtre seul y avait accès une fois par an et avec le sang d’un animal sacrifié. Le voile déchiré marquait la fin de l’alliance de la Loi avec ses immolations interminables d’animaux, et ouvrait tout grand le ciel. Désormais, suite au sacrifice parfait de Jésus sur la croix, toute personne qui le veut peut librement s’approcher de Dieu par l’intermédiaire du Christ et recevoir le pardon de ses fautes. L’apôtre Paul écrit :

Il y a un seul Dieu, et de même aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ qui a offert sa vie en rançon pour tous (1Timothée 2.5-6).

Versets 55-56

Je continue le texte.

Il y avait aussi là plusieurs femmes qui regardaient de loin ; c’étaient celles qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, pour être à son service. Parmi elles, Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques et de Joseph et la mère des fils de Zébédée (Matthieu 27.55-56).

Ces femmes faisaient partie des disciples. Elles sont au premier rang alors que les hommes ont tous décampé à l’exception de Jean.

Versets 57-61

Je continue.

Le soir venu, arriva un homme riche appelé Joseph, originaire de la ville d’Arimathée. Lui aussi était un disciple de Jésus. Il alla demander à Pilate le corps de Jésus. Alors Pilate donna l’ordre de le lui remettre. Joseph prit donc le corps, l’enroula dans un drap de lin pur et le déposa dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait tailler pour lui-même dans le roc. Puis il roula un grand bloc de pierre devant l’entrée du tombeau et s’en alla. Il y avait là Marie de Magdala et l’autre Marie, assises en face de la tombe (Matthieu 27.57-61).

En général, les crucifiés n’étaient pas ensevelis, mais pourrissaient sur place. Afin d’éviter cette infamie au corps du Christ et afin de l’enterrer dignement, Joseph le demande à Pilate qui y consent par respect pour Celui qu’il savait innocent. L’Évangile de Jean ajoute :

Nicodème vint également. Il apporta environ trente kilogrammes d’un mélange de myrrhe et d’aloès (Jean 19.39).

Ces deux hommes couraient le risque de se faire rabrouer par les Romains et expulser de la cour suprême juive dont ils faisaient partie. Ils se montrèrent courageux et accomplirent une prophétie que je cite.

On a mis sa tombe parmi les méchants, son sépulcre avec le riche (Ésaïe 53.9).

Versets 62-66

Je finis ce chapitre.

Le lendemain, le jour qui suivait la préparation du sabbat, les chefs des prêtres et des pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate pour lui dire : — Excellence, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, pendant qu’il était encore en vie : « Après trois jours, je ressusciterai ». Fais donc surveiller étroitement la tombe jusqu’à ce troisième jour : il faut à tout prix éviter que ses disciples ne viennent dérober le corps pour dire ensuite au peuple qu’il est ressuscité d’entre les morts. Cette dernière supercherie serait encore pire que la première. Pilate leur déclara : — D’accord ! Prenez un corps de garde et assurez la protection de ce tombeau à votre guise. Ils se rendirent donc au tombeau et le firent surveiller après avoir apposé les scellés sur la pierre en présence de la garde (Matthieu 27.62-66).

Curieusement, les religieux n’ont pas oublié la déclaration de Jésus comme quoi il ressusciterait alors que ses propres disciples semblent l’ignorer. Pour s’assurer que nul ne violerait le sépulcre, on a tendu une corde contre l’énorme roc qui le fermait et scellé ses extrémités à la cire. Il fallait briser ces cachets pour rouler la pierre, et celui qui s’y amuserait serait condamné à mort. Les précautions des chefs religieux et la présence d’une garde romaine rendent impossible le vol du corps par les disciples. Suite à la résurrection, toute cette clique de chacals va inventer une histoire abracadabrante pour expliquer l’inexplicable. Ces soldats qui veillent une tombe sont une preuve de l’authenticité du récit des évangélistes. Cette fois encore, les actes d’hommes méchants concourent au dessein bienveillant de Dieu.

Chapitre 28

Introduction

Nous arrivons maintenant au dernier et glorieux chapitre de l’Évangile selon Matthieu où il est question de la résurrection et de la grande mission confiée aux disciples. Par sa mort expiatoire, Jésus nous délivre de nos fautes. Par son triomphe sur la mort, il nous rend justes devant Dieu selon la déclaration de l’apôtre Paul que je cite.

Il a été livré pour nos fautes et Dieu l’a ressuscité pour que nous soyons déclarés justes (Romains 4.25).

Toutes les religions ont un tombeau où leur fondateur est enterré. Il en est différemment du Fils de Dieu que la mort ne pouvait retenir. Il a triomphé d’elle pour nous.

Verset 2

Je commence à lire ce chapitre.

Après le sabbat, comme le jour commençait à poindre le dimanche matin, Marie de Magdala et l’autre Marie se mirent en chemin pour aller voir la tombe (Matthieu 28.1).

Jésus est mort et a été enseveli le vendredi soir juste avant que ne commence le sabbat qui se terminait le lendemain au coucher du soleil. Ces deux femmes avaient veillé le Christ après sa mort. Elles sont venues avec d’autres dès que possible après le repos obligatoire afin de procéder à l’embaumement de la dépouille de Jésus. Les seules disciples à se déranger pour leur Maître, ce sont celles qui se sont déjà mises en route avant le lever du soleil. C’est aussi à ces femmes que reviendra l’honneur d’entendre en premier la grande nouvelle de la résurrection et de voir de leurs yeux leur Seigneur en vie.

Versets 2-3

Je continue.

Tout à coup, voici qu’il y eut un violent tremblement de terre : un ange du Seigneur descendit du ciel, s’approcha de la tombe, roula la pierre de côté et s’assit sur elle. Il avait l’apparence de l’éclair, et ses vêtements étaient aussi blancs que la neige (Matthieu 28.2-3).

Les 4 Évangiles relatent cet événement. Ce fut un spectacle son et lumière éblouissant. L’apparence de l’ange est décrit ce qui est rare dans les Textes Sacrés. Il ne roule pas la pierre pour que Jésus sorte, car il est déjà ressuscité, mais pour qu’on puisse entrer.

Versets 4-6

Je continue.

Les gardes furent saisis d’épouvante : ils se mirent à trembler et devinrent comme morts. Mais l’ange, s’adressant aux femmes, leur dit : — Vous autres, n’ayez pas peur ; je sais que vous cherchez Jésus, celui qui a été crucifié. Il n’est plus ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit (Matthieu 28.4-6).

On peut facilement imaginer l’air de mépris des soldats quand ils ont vu arriver ces pauvres femmes, mais leur sourire narquois fut de courte durée ; un ange, ça impressionne toujours. Il rassure ces braves disciples qui sont aussi épouvantées. Il faut dire qu’elles avaient les nerfs à fleur de peau, car les émotions de ces derniers jours avaient été particulièrement fortes et elles craignaient les Romains qui auraient pu abuser d’elles.

Verset 7

Je continue.

Venez voir l’endroit où il était couché. Puis allez vite annoncer à ses disciples qu’il est ressuscité d’entre les morts. Et voici : il vous précède en Galilée. Là vous le verrez. Voilà ce que j’avais à vous dire (Matthieu 28.7).

Il est ressuscité. Telle est la glorieuse nouvelle répétée deux fois. C’est à une femme qui avait été annoncé qu’un enfant nommé Jésus naîtrait d’elle et sauverait son peuple de ses péchés. Ce sont des femmes qui s’attardèrent à la croix et qui allèrent au sépulcre. Elles furent aussi les premières à voir le tombeau vide à entendre que Jésus était ressuscité et à être envoyées pour répandre l’heureuse nouvelle. À partir d’ici, ce seront les disciples qui devront communiquer aux hommes le message du Christ crucifié et ressuscité.

Versets 8-9

Je continue.

Elles quittèrent le tombeau en hâte, tout effrayées, mais en même temps remplies d’une grande joie, et coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que, tout à coup, Jésus vint à leur rencontre et leur dit : — Salut à vous. Elles s’approchèrent de lui, lui embrassèrent les pieds et l’adorèrent (Matthieu 28.8-9).

C’est la première adoration du Christ ressuscité qui nous est rapportée. Après avoir annoncé la nouvelle aux disciples cachés à Jérusalem, les femmes font à nouveau route vers le sépulcre lorsque Jésus leur apparaît.

Verset 10

Je continue.

Alors Jésus leur dit : — N’ayez aucune crainte ! Allez dire à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront (Matthieu 28.10).

Malgré leur attitude lâche, Jésus traite les disciples comme faisant toujours partie des siens. C’est aussi la première fois qu’il les appelle frères à un tel degré d’intimité.

Versets 11-15

Je continue.

Pendant qu’elles étaient en chemin, quelques soldats de la garde retournèrent en ville pour faire aux chefs des prêtres leur rapport sur tous ces événements. Ceux-ci convoquèrent les responsables du peuple et, après avoir délibéré avec eux, versèrent aux soldats une forte somme d’argent avec cette consigne : — Vous raconterez que ses disciples sont venus pendant la nuit et qu’ils ont volé son cadavre pendant que vous dormiez. Si jamais l’affaire venait aux oreilles du gouverneur, nous saurons lui parler et faire le nécessaire pour que vous n’ayez pas d’ennuis. Les soldats prirent l’argent et se conformèrent à ces consignes. Cette version des faits s’est propagée parmi les Juifs où elle a cours jusqu’à aujourd’hui (Matthieu 28.11-15).

Il pouvait arriver qu’une tombe soit pillée, mais pas en présence de gardes même endormis. L’incohérence de cette histoire saute aux yeux. La probabilité que les soldats se soient tous endormis en même temps est nulle, surtout au vu du fait que dormir pendant un tour de garde ou laisser s’échapper quelqu’un, même mort, était passible de mort. S’ils s’étaient réellement assoupis, ils n’auraient rien eu à raconter sur ce qui s’était passé pendant leur sommeil.

Quant aux disciples incrédules et peureux, ils ne s’attendaient pas du tout à la résurrection et n’auraient donc jamais essayé de transporter le corps de Jésus. Et même s’ils avaient osé et si les soldats romains dormaient, ils n’auraient pas pu déplacer l’énorme pierre sans être découverts. C’était une nuit de pleine lune et tous les environs de Jérusalem étaient remplis de gens qui attendaient la Pâque. Il est intéressant de constater que les autorités juives eurent connaissance de la résurrection avant les apôtres et par les témoins qu’ils avaient eux-mêmes placés.

Ne pouvant ni accepter ni expliquer ni réfuter l’évidence du tombeau vide, les religieux se sont enfermés encore davantage dans l’incrédulité et le mensonge et ont obligé les gardes à répandre l’histoire absurde que des disciples poltrons auraient risqué leur vie pour récupérer un cadavre. La décision ne fut cependant pas prise à la légère ; les membres de la cour suprême juive se sont réunis secrètement et se sont impliqués corps et âme dans cet énorme mensonge.

Au début de l’Église, la seule explication que les opposants au christianisme pouvaient avancer contre la résurrection était cette histoire fabriquée par les religieux. Au second siècle, Justin le martyr, un des Pères de l’Église, écrit que cette croyance était répandue chez les Juifs. En réalité, ce mensonge confirme que le tombeau était vide. Depuis bientôt 2 000 ans, ce n’est pas la mauvaise foi qui a manqué à divers individus de la même trempe que les chefs religieux juifs. Ils ont proposé d’autres hypothèses pour expliquer le tombeau vide, toutes aussi invraisemblables et farfelues les unes que les autres. Il serait trop long de les passer en revue, mais aucune ne résiste à la moindre analyse.

Alors, pourquoi a-t-on avancé toutes ces idées pour interpréter le tombeau vide en lieu de la résurrection ? Parce que Dieu gêne, on pose comme prémisse qu’il n’existe pas et tout le reste suit. Il ne put donc y avoir de Messie, de Fils de Dieu ressuscité. Donc, il faut trouver autre chose, n’importe quoi, pour expliquer l’inexplicable. C’est cette logique foireuse qui a créé les différentes versions du tombeau vide.

Versets 16-17

Je continue le texte.

Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que Jésus leur avait indiquée. Dès qu’ils l’aperçurent, ils l’adorèrent. Quelques-uns cependant eurent des doutes (Matthieu 28.16-17).

Jésus en tant que Seigneur et Fils de Dieu doit recevoir les mêmes honneurs et adorations que le Père. Matthieu est très honnête de dire que tous les disciples n’ont pas été immédiatement convaincus qu’il s’agissait bien du Christ ressuscité qui était là devant eux. Cette hésitation prouve que le fait de voir ne suffit pas pour convaincre et que la foi a besoin de temps pour s’affirmer. Nous savons que par la suite ils seront tous persécutés pour avoir crû en la résurrection et l’avoir propagée aux 4 coins de l’empire romain.

 

La brièveté et la sobriété du récit de Matthieu en ce dimanche de Pâque est un gage de son authenticité. On n’y lit aucune trace du merveilleux que la littérature de l’époque, pieuse, mais profane, nous invite à y trouver. Les deux comptes-rendus de la résurrection que nous rapporte Matthieu proviennent des gardes et des femmes. Elles sont les premières disciples, témoins de la résurrection. Ce sont elles, qui ayant vu et cru sont allées annoncer avec joie la grande nouvelle aux apôtres terrés dans un coin.

 

Ensuite, Jésus est apparu à beaucoup de personnes. D’après les 4 Évangiles, l’ordre de ses manifestations est le suivant : le jour de la résurrection, il se révèle à Marie de Magdala près de Jérusalem, puis aux femmes qui sont retournées au sépulcre une 2e fois, puis à l’apôtre Pierre, puis au couple de disciples allant à Emmaüs, et enfin aux 11 restés à Jérusalem, sauf Thomas qui était absent. Le dimanche suivant, il se manifeste une seconde fois aux apôtres à Jérusalem, Thomas étant présent, puis à 7 des disciples qui étaient en train de pêcher sur les bords de la mer de Tibériade, puis une 3e fois aux 11 sur une colline en Galilée, puis à environ cinq cents personnes ensemble en Galilée, puis à Jacques le demi-frère de Jésus, puis une 4e fois aux 11 non loin de Jérusalem juste avant son ascension.

Nous pouvons aussi y ajouter les apparitions à Étienne juste avant qu’il ne subisse le martyre, à plusieurs reprises à celui qui deviendra l’apôtre Paul et finalement à Jean, après qu’il fut exilé sur l’île de Patmos, où il reçut la révélation de l’Apocalypse. On peut supposer qu’il y en a eu d’autres, mais le Nouveau Testament ne nous les indique pas.

Versets 18-20

Je finis maintenant le dernier chapitre de Matthieu.

Alors Jésus s’approcha d’eux et leur parla ainsi : J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre : allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici : je suis moi-même avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28.18-20).

L’adjectif tout apparaît 4 fois dans ces dernières phrases de Jésus. Ce mot englobe à la fois son enseignement, l’autorité divine que reçoivent les disciples, l’universalité de leur mission et la garantie de la présence du Maître à leur côté. Jésus confie aux disciples un ministère qui prolonge le sien. Il demande à une poignée de volontaires sans influence, illettrés pour la plupart, d’entreprendre la conquête morale et spirituelle d’un monde qui venait juste de le crucifier.

Mais le pouvoir du Christ s’étend à tout l’univers, à toutes choses et à toutes créatures. Les disciples avaient un Sauveur puissant, présent, et qui les soutiendrait jusqu’à la fin du monde et le grand jour du jugement dernier.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.