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22 févr. 2024

Esdras 10.1-44

Chapitre 10

Introduction

Toutes les nations dites civilisées de la planète adoptent une conduite très similaire lorsqu’elles sont touchées par une tragédie de grande amplitude qui provoque de nombreux morts. Selon les circonstances et l’ampleur du désastre qui frappe le pays, on met les drapeaux en berne, on respecte une minute de silence le surlendemain à midi et avant le début des rencontres sportives, et quelquefois des manifestations sont organisées contre les fauteurs de trouble s’il s’agit d’un attentat terroriste.

Dans l’histoire d’Israël, les catastrophes nationales sont marquées par le jeûne et une prière d’humiliation et de contrition. C’est ce qui arrive quand le prêtre Esdras, de retour au pays, découvre avec stupéfaction la décadence spirituelle qui règne parmi les colons juifs. En effet, et depuis la seconde génération, ils se sont mélangés aux peuplades d’alentour, et se sont adonnés à certains de leurs vices. Pour Esdras, l’heure est très grave, car le peuple, ses chefs en tête, commet les mêmes péchés que ses ancêtres, ce qui lui a valu l’exil.

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 10, le dernier du livre d’Esdras en compressant tout au long.

Pendant qu’Esdras, prosterné devant le Temple de Dieu, faisait cette prière et cette confession en pleurant, une foule très nombreuse d’hommes, de femmes et d’enfants israélites s’était rassemblée autour de lui, et tous pleuraient abondamment. Alors Chekania prit la parole et dit à Esdras : — Nous avons été infidèles envers notre Dieu en épousant des femmes étrangères prises parmi les peuples du pays. Mais malgré cela, il reste encore une espérance pour Israël dans cette affaire (Esdras 10.1-2).

Tout cela se passe dans le parvis du peuple afin que les femmes et les enfants puissent aussi venir écouter Esdras. Cela fait maintenant 80 ans que les premiers colons sont arrivés. La première génération et une partie de la seconde ont disparu, mortes et enterrées, mais un certain nombre de mariages entre Juifs et païens ont lieu régulièrement depuis des années bien qu’ils soient proscrits par la Loi. En effet, concernant toutes les nations qui occupaient la Terre promise, l’Éternel avait dit :

Tu ne t’uniras pas avec elles par des mariages, tu ne donneras pas tes filles à leurs fils et tu ne prendras pas leurs filles pour tes fils (Deutéronome 7.3).

Et pourtant, jusqu’à ce jour, cette pratique est courante et plutôt bien acceptée par défaut, par indifférence. Au nom d’une certaine tolérance, personne n’y trouve à redire. Mais le statu quo a été sérieusement ébranlé par l’humiliation et la prière-prédication de repentance d’Esdras. Le peuple en masse, du moins les plus zélés d’entre eux et ses chefs, se sont rassemblés pour l’écouter et ils se sentent terriblement culpabilisés. C’est un dénommé Chekania, par ailleurs inconnu, qui fait office de porte-parole et qui est le premier à reconnaître ses torts. Il faut dire que plusieurs membres de son clan ont épousé des femmes étrangères.

Versets 3-4

Je continue.

Engageons-nous maintenant par une alliance avec notre Dieu à renvoyer toutes ces femmes avec leurs enfants, conformément au conseil de mon seigneur Esdras et de ceux qui respectent les commandements de notre Dieu. Que la Loi soit observée ! Lève-toi, car c’est à toi de régler cette affaire. Mais nous sommes avec toi. Prends courage et agis ! (Esdras 10.3-4).

Aux grands maux, les grands remèdes ! Les femmes étrangères doivent retourner vivre avec leur peuple d’origine et comme la garde des enfants revient généralement à la mère, elles les emmèneront avec elles. Dur dur ! Cette décision va faire mal aux tripes à tous les coupables. Cependant, selon la Loi, les étrangères et les enfants de plus de 12 ans qui sont devenus des prosélytes en se convertissant au judaïsme peuvent rester dans la communauté juive. Mais pour les autres, est-ce que les pères vont avoir un droit de visite ou est-ce une rupture totale ? Le texte ne le dit pas. Zorobabel et le grand-prêtre Josué ont disparu de la scène depuis longtemps et aucune autre personnalité dominante n’a rempli leurs sandales. Alors, en tant que prêtre, fonctionnaire de l’empereur et homme influent dont l’autorité est reconnue par tous, Esdras est chargé de mettre de l’ordre parmi ces rapatriés juifs.

Versets 5-6

Je continue.

Alors Esdras se releva et fit prêter serment aux chefs des prêtres, des lévites et de tout Israël d’agir comme il venait d’être dit. Ils en firent tous le serment. Puis Esdras quitta la cour du Temple et se rendit dans la chambre de Yohanân (petit-fils du grand-prêtre), où il passa la nuit ; mais il refusa toute nourriture et toute boisson car il menait deuil à cause de la faute grave des anciens exilés (Esdras 10.5-6).

Jusque là, Esdras est agenouillé dans l’attitude du suppliant; il ne se lève qu’une fois le serment prêté, mais il va encore jeûner jusqu’à ce que les femmes étrangères soient chassées.

La transgression de la Loi est un acte d’une extrême gravité car elle rend caduque l’alliance que l’Éternel a conclue avec son peuple. Cependant avec Dieu, il est toujours possible de se repentir, de reconnaître ses fautes et de repartir à zéro. C’est ce que ces colons ont fait en changeant d’attitude et en prêtant serment.

Dans l’ordre spirituel des choses, la foi vient en premier et ensuite les actes concrets aussi sûrement que le jour succède à la nuit. C’est ce que l’apôtre Paul confirme dans l’une de ses épîtres. Je cite le passage :

On raconte comment vous vous êtes tournés vers Dieu en vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1Thessaloniciens 1.9).

Ces nouveaux chrétiens ont d’abord répondu à Dieu par la foi, et ensuite, dans la foulée pourrait-on dire, ils ont abandonné leurs idoles.

La repentance des Israélites est sincère et leur décision d’obéir à la Loi très solennelle puisque le serment inclue probablement des imprécations contre soi-même au cas où celui qui a prêté serment ne tienne pas sa promesse.

Versets 7-8

Je continue le texte.

On fit ensuite publier dans Juda et à Jérusalem un ordre enjoignant à tous les anciens déportés de se réunir à Jérusalem. Les chefs et les responsables du peuple avaient décidé que ceux qui ne se présenteraient pas dans un délai de trois jours verraient tous leurs biens voués à l’Éternel et seraient eux-mêmes exclus de la communauté des anciens déportés (Esdras 10.7-8).

Esdras n’est pas d’humeur à plaisanter parce que l’heure est grave pour cette communauté de colons. Une réunion extraordinaire est organisée et la présence de tous les hommes est exigée. On apprend ici que le territoire occupé par les colons juifs est très exigu puisque à partir de Jérusalem, il faut tout au plus un jour et demi de marche pour en atteindre les limites. Une fois convoqués, les colons ont un jour et demi pour se rendre à Jérusalem.

On apprend ici que le territoire occupé par les colons juifs est très exigu puisque à partir de Jérusalem, il faut tout au plus un jour et demi de marche pour en atteindre les limites. Une fois convoqués, les colons ont un jour et demi pour se rendre à Jérusalem.

Aucune excuse n’est admise et celui qui refuse de venir sera sévèrement sanctionné : il perd tous ses biens qui seront versés au trésor du Temple ; il est également déchu de ses droits de citoyen du nouvel Israël qui fonctionne sous le régime de la théocratie ; une fois ainsi excommunié, il est banni. L’application stricte de la Loi de Moïse établit un clivage bien net entre les croyants sérieux et les autres. Ce tri est nécessaire, car comme le dit l’apôtre Paul :

Un peu de levain fait lever toute la pâte (Galates 5.9).

Quand j’étais enfant, de temps en temps j’étais sollicité pour aider à la cuisine ; je devais alors suivre strictement les ordres de maman. Je me souviens encore du jour où, alors que je devais préparer un poulet pour la cuisson, elle m’a dit : « Prends bien soin de ne pas percer la vésicule biliaire, sinon toute la viande sera gâchée ! » J’avais alors été surpris d’apprendre que ce tout petit organe peut faire tant de dégâts, mais c’est bien vrai. Cette logique s’applique aussi à nos fréquentations. Si je m’entoure de gens aigris, ils vont littéralement m’empoisonner l’existence. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Veillez à ce que personne ne passe à côté de la grâce de Dieu, qu’aucune racine d’amertume ne pousse et ne cause du trouble en empoisonnant plusieurs d’entre vous (Hébreux 12.15).

Versets 9-11

Je continue le texte.

Alors tous les hommes de Juda et de Benjamin se rassemblèrent à Jérusalem dans les trois jours. C’était le vingtième jour du neuvième mois. Tout le peuple se tenait dans la cour du Temple en tremblant, à cause de cette affaire, et aussi parce qu’il pleuvait à verse. Esdras le prêtre se leva et leur dit : — Vous avez commis une faute grave en épousant des femmes étrangères, et vous avez rendu Israël encore plus coupable. Reconnaissez donc maintenant votre péché devant l’Éternel, le Dieu de vos pères, et conformez-vous à sa volonté ! Séparez-vous de la population du pays et de vos femmes d’origine étrangère ! (Esdras 10.9-11).

Les membres des tribus de Juda et de Benjamin sont évidemment les plus nombreux puisqu’ils constituaient le royaume du sud détruit par Nabuchodonosor. Comme le 9e mois correspond à novembre-décembre, ces événements ont lieu pendant la saison des grosses pluies d’automne. Mais cela n’a pas empêché tous les hommes valides de faire le voyage, car la menace d’Esdras de bannir ceux qui seront absents est sérieuse. Les hommes se retrouvent donc tous en cœur dans la cour du Temple qui est immense et peut accommoder plusieurs milliers de personnes.

Esdras ne fait pas dans la dentelle et son message est très direct. Il expose tout de suite la raison et l’objectif de cette convocation en apparence intempestive; il prononce une sentence de condamnation sur tous et exige une confession de la part de ceux qui ont épousé une étrangère ainsi qu’une séparation immédiate. Dans la pratique, il prononce un divorce. Cette mesure ne concerne évidemment pas les épouses qui se sont converties au Judaïsme, car selon la Loi, et comme je l’ai dit, les prosélytes font partie intégrante de la communauté israélite.

Versets 12-15

Je continue.

Toute l’assemblée répondit à haute voix : — Tu as raison. Notre devoir est d’agir comme tu l’as dit ! Mais nous sommes nombreux et c’est la saison des pluies ; nous ne pouvons pas rester ici en plein air. D’ailleurs, cette affaire ne peut pas se régler en un jour ni même en deux, car il y en a beaucoup parmi nous qui ont commis une faute dans ce domaine. Il vaudrait mieux que nos chefs restent ici pour représenter l’assemblée. Tous ceux qui, dans nos villes, ont épousé des femmes étrangères se présenteront à tour de rôle aux dates qu’on leur fixera, avec des responsables et des juges de leurs villes respectives, jusqu’à ce que l’ardente colère de notre Dieu provoquée par cette affaire se soit détournée de nous. Seuls Jonathan, Yahzia, soutenus par Mechoullam et par le lévite Chabthaï, s’opposèrent à cette mesure (Esdras 10.12-15).

Il semble que tous les hommes aient voté à main levée. La pilule est amère mais les Israélites dans leur ensemble acceptent de l’avaler à l’exception de 4 responsables. Tous ceux qui ont épousé une étrangère doivent prendre rendez-vous avec les juges de leur ville respective afin de régler cette affaire au plus vite. C’est une bonne idée parce que les commissaires du peuple, ceux qui ont une responsabilité de chef, connaissent tous les Israélites de leur district et sauront faire la distinction entre ceux qui honorent l’Éternel et ceux qui sont idolâtres.

Versets 16-17

Je continue.

Mais la majorité des anciens déportés s’y conformèrent. Esdras, le prêtre, choisit, en les désignant nommément, des chefs des groupes familiaux. Ceux-ci commencèrent à siéger le premier jour du dixième mois pour examiner les cas. Ils achevèrent de régler la situation de tous les hommes qui avaient épousé des femmes étrangères le premier jour du premier mois (Esdras 10.16-17).

Onze jours plus tard, le travail des commissaires du peuple commence et il dure trois mois. Chaque cas est jugé individuellement. Le peuple se conforme ainsi aux directives d’un article de la Loi de Moïse concernant la pureté religieuse. Je résume un passage :

Lorsque l’Éternel ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour en prendre possession, et qu’il aura chassé devant toi de nombreuses nations plus nombreuses et plus puissantes que toi, lorsqu’il te les aura livrées et que tu les auras vaincues, tu ne concluras pas d’alliance avec elles et tu n’auras pour elles aucune pitié. Tu ne t’uniras pas avec elles par des mariages, tu ne donneras pas tes filles à leurs fils et tu ne prendras pas leurs filles pour tes fils ; car ils détourneraient de moi tes enfants, qui iraient rendre un culte à d’autres dieux : ma colère s’enflammerait alors contre vous et je ne tarderais pas à vous exterminer. Voici, au contraire, comment vous agirez à leur égard : vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous abattrez leurs pieux sacrés et vous brûlerez leurs idoles sculptées. Tu es, en effet, un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu, il t’a choisi parmi tous les peuples qui se trouvent sur la surface de la terre pour que tu sois son peuple précieux (Deutéronome 7.1-5).

La Loi est particulièrement claire concernant l’interdiction d’épouser des femmes étrangères. Mais malgré cette prohibition, plus de 110 hommes de la seule ville de Jérusalem se retrouvent dans le box des accusés pour avoir contracté un tel mariage.

L’auteur dresse maintenant la liste précise de toutes ces personnes comme pour leur faire honte. Cependant, il faut bien noter que seuls des noms appartenant à des familles établies à Jérusalem sont mentionnés. Cette liste n’est donc pas exhaustive puisqu’elle ne tient pas compte de ceux qui habitent le reste de la Judée et qui ont également épousé des étrangères.

Versets 18-19

Je continue le texte.

Voici quels étaient les prêtres qui avaient épousé des femmes étrangères : Parmi les descendants de Josué, et ceux des hommes de sa parenté : Maaséya, Éliézer, Yarib et Guedalia. Ils s’engagèrent par une poignée de main à renvoyer leurs femmes et à offrir un bélier en sacrifice pour expier leur faute (Esdras 10.18-19).

La poignée de main est comme une signature en bas de page avec son sang ; c’est un engagement très sérieux. Le texte cite d’abord 17 prêtres dont je vous épargne la liste complète. La culpabilité de ces hommes est accrue du fait qu’ils sont censés connaître la Loi mieux que le commun des Israélites auxquels ils doivent l’enseigner. Le comble est que parmi eux figurent les 4 fils de Josué, le grand-prêtre qui était revenu au pays avec la première charrette conduite par Zorobabel alors que Cyrus était empereur de Perse. En fait, aucune des familles des prêtres qui a fait partie du premier convoi n’est restée pure; elles se sont toutes mélangées avec les gens du pays. Quoi qu’il en soit, tous ces prêtres coupables doivent offrir un bélier en sacrifice de culpabilité, reconnaissant par là leur faute devant Dieu et le peuple.

Après les prêtres, le texte cite 10 Lévites. Chargés de toutes les tâches pratiques qui sont en rapport avec le culte à rendre à l’Éternel, eux aussi auraient dû savoir mieux que quiconque qu’ils enfreignaient la Loi. On compte aussi un chantre et trois portiers dans la liste noire.

Assez curieusement, pour ce qui est des desservants du Temple, c’est à dire ceux dont les ancêtres avaient été capturés et mis en esclavage par les Israélites, aucun n’est mentionné comme s’étant marié avec une étrangère. Il est vrai que ceux qui avaient choisi de revenir en Israël étaient des prosélytes juifs qui avaient donc abandonné l’idolâtrie et épousé le judaïsme. Mais c’est quand même curieux parce qu’étant apparentés aux populations qui habitent la Palestine, il aurait été logique de les voir sauter sur cette occasion pour renouer avec leur peuple d’origine. Leur absence des listes de coupables prouve que les païens convertis au Judaïsme sont plus fidèles à l’Éternel que les Israélites de souche. Cette conduite quelque peu hypocrite du peuple juif a été dénoncée avec force par l’apôtre Paul. Je cite un passage en le compressant :

Eh bien, toi qui te donnes le nom de Juif, tu te reposes sur la Loi, tu te vantes d’appartenir à Dieu, tu connais sa volonté, tu juges de ce qui est le meilleur parce que tu es instruit par la Loi. Tu es certain d’être le guide des aveugles, la lumière de ceux qui errent dans les ténèbres, l’éducateur des insensés, l’enseignant des enfants, tout cela sous prétexte que tu as dans la Loi l’expression parfaite de la connaissance et de la vérité. Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même. Tu es fier de posséder la Loi, mais tu déshonores Dieu en y désobéissant ! Et ainsi, comme le dit l’Écriture, à cause de vous, Juifs, le nom de Dieu est outragé parmi les païens. Ce qui fait le Juif c’est ce qui est intérieur, et la vraie circoncision est celle que l’Esprit opère dans le cœur et non celle que l’on pratique en obéissant à la lettre de la Loi (Romains 2.17-25).

Après avoir mentionné les prêtres et les Lévites, l’auteur dresse la liste des simples Israélites qui ont violé la Loi. Ils sont au nombre de 86 et appartiennent à 10 des familles qui étaient revenues avec le convoi de Zorobabel.

Verset 44

Je continue plus loin et finis le chapitre 10 et livre d’Esdras.

Tous ces hommes avaient épousé des femmes étrangères, et on renvoya même celles que des enfants avaient attachées à leurs maris (Esdras 10.44).

Tous ces hommes, c’est-à-dire 17 prêtres, 10 Lévites et 83 laïques de la ville de Jérusalem, ont donc décidé de remédier à la faute qu’ils ont commise. On peut être sûr que ces séparations ne se sont pas faites en douceur, mais ont dû donner lieu à des scènes douloureuses et pathétiques à vous briser le cœur. Cependant, et c’est dur ce que je vais dire, la souffrance occasionnée par ces foyers brisés est peu de chose dans la balance existentielle, si on tient compte du fait que la bénédiction universelle qui devait venir par Jésus-Christ ne pouvait être transmise que par une communauté purifiée. Voilà pourquoi il était nécessaire de traiter sévèrement de pareilles offenses, sans permettre au sentiment de mettre en péril l’avenir de l’humanité.

On peut bien sûr s’interroger sur la sagesse de ces séparations forcées et se demander s’il n’y aurait pas eu une meilleure façon d’obéir à la Loi sans en venir à ces extrêmes.

La question est encore plus pressante quand on songe qu’une génération plus tard, les Israélites commettront exactement la même faute en épousant des étrangères. C’est bien la preuve que l’obéissance à la lettre de la Loi ne saurait remplacer la circoncision de cœur opéré par le Saint-Esprit comme le dit si bien l’apôtre Paul.

Avant d’aborder le livre de Néhémie, il serait bon de faire un résumé de celui d’Esdras. Voici comme s’est peut-être déroulé. La septième année du règne d’Artaxerxès Longuemain, Esdras arrive à Jérusalem à la tête de la seconde caravane d’exilés ; il purifie la colonie qui s’y trouvait depuis 78 ans, en renvoyant les femmes païennes. A cette restauration religieuse du peuple de Dieu, correspond peut-être un réveil spirituel national : d’un commun accord, on se remet au travail et on commence à reconstruire les murailles de Jérusalem, ce qui suscite une réaction violente des autochtones (Esdras 4.12). A la suite de l’accusation qu’ils portent contre les Juifs auprès de l’empereur (Esdras 4:7-23), les travaux sont suspendus jusqu’à nouvel ordre (v. 21), les murs à peine commencés sont abattus et les portes sont brûlées (Esdras 4.23). Puis, en la vingtième année du règne d’Artaxerxès, Néhémie apprend ce qui se passe à Jérusalem, et intervient. Alors, grâce à lui, la muraille est enfin reconstruite.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

Émission du jour | Nombres 31.1 – 35.8

Victoire sur Madian - Partage du Pays

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