#01 Introduction (Éphésiens 1.1-2)

En l’an 62, l’empereur Néron règne suprême. Quelque part dans Rome, se trouve une maison devant laquelle deux soldats montent la garde devant la résidence surveillée de l’apôtre Paul. Pourtant, on lui rend visite librement et un dénommé Tychique sort portant au moins deux des parchemins les plus sublimes de la foi chrétienne ; l’un pour l’église de Colosse et l’autre pour l’église d’Éphèse. Ces lettres écrites par Paul sont appelées « épîtres de la captivité » (Actes 28.16-30). Elles circulèrent d’église en église puis furent inclues dans le Nouveau Testament.

Au premier siècle et à son apogée, le port d’Éphèse sur la mer Égée, compte au moins 250.000 habitants. C’est la principale ville de l’ouest de l’Asie Mineure, la Turquie actuelle, ainsi qu’un centre commercial, culturel et religieux de première importance. La ville est surtout célèbre pour le temple de Diane ou Artémis, qui est gigantesque et l’une des 7 merveilles du monde antique. Il attire alors beaucoup de pèlerins et les orfèvres de la ville en profitent pour faire un fric monstre en fabriquant une bimbeloterie de dévotion. Lors de son second voyage missionnaire, Paul veut se rendre à Éphèse mais Dieu l’en empêche sans qu’on en connaisse la raison (Actes 16.6). Ce n’est qu’à son retour de ce périple que Paul peut enfin s’y rendre et qu’il fonde l’église d’Éphèse. Il y retourne lors de son 3ème voyage missionnaire, y œuvre pendant deux ans (55-57) et il est probablement à l’origine de la création de six autres églises à l’ouest de l’Asie Mineure, qui devient alors la région de l’empire où l’évangile est le plus répandu (Actes 19.10). Persécuté par les Juifs puis par les païens, Paul doit quitter Éphèse précipitamment.

L’enseignement de l’épître aux Éphésiens surprend par sa profondeur, ce qui veut dire que les croyants du premier siècle avaient un niveau spirituel d’une magnitude qui fait aujourd’hui défaut. Dans cette épître, Paul enseigne que l’Église est le chef-d’œuvre de Dieu et le corps spirituel du Christ qui est composé de pierres vivantes habitées par le Saint-Esprit. Un jour, tous les croyants quitteront soudainement ce monde et seront présentés au Christ comme son épouse. Je commence avec l’introduction qui est la plus brève de tous les écrits de Paul.

Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles en Jésus-Christ, qui sont à Éphèse. Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix (Éphésiens 1.1-2).

Cette lettre étant destinée à faire le tour des églises de la province d’Asie, elle n’aborde aucun problème particulier mais se présente sous la forme d’un exposé de la foi chrétienne et une méditation théologique grandiose adressés à tous les croyants de toutes les époques. Comme les autres épîtres, elle comporte une partie doctrinale et une autre de vie pratique. L’inscription « à Éphèse » est absente de certains manuscrits, ce qui permettait au secrétaire qui recopiait la lettre d’y écrire le nom d’une église particulière. Puis à son tour, le secrétaire de cette autre église écrivait le nom de l’église suivante et ainsi de suite. Quand le Nouveau Testament a été constitué, c’est le manuscrit adressé à Éphèse qui était disponible, d’où le nom de cette épître.

Dès les premières lignes, Paul mentionne trois fois Jésus-Christ parce qu’il est le fils éternel de Dieu, la seconde personne de la trinité et l’auteur de notre salut (Matthieu 16.16).

Paul se déclare apôtre parce qu’il parle avec l’autorité de Dieu (2 Corinthiens 13.10), ce qui veut dire que ses écrits ont sa signature et son cachet. Tous les apôtres ont reçu leur vocation directement de Jésus (Galates 1.1-12); ils l’ont vu après sa résurrection et ils sont inspirés par le Saint Esprit quand ils écrivent en son nom (Jean 14.26 ; 16.13). Le mandat apostolique ne s’obtient pas par ambition personnelle ou sur une décision humaine mais sur un appel de Dieu (Galates 1.15-16; 1Timothée 1.12-13). D’ailleurs, dans ses écrits, Paul fait souvent référence à la volonté et l’autorité de Dieu comme étant les fondements de son ministère et de ses épîtres.

Il écrit « aux saints », un mot qui veut dire : « séparé, mis à part pour Dieu ». « Saint » est une position vis à vis de Dieu qui n’a rien à voir avec la religiosité ou la piété. Cependant, un « saint » est supposé vivre conformément aux enseignements du Nouveau Testament. Il a le choix entre deux façons de vivre, soit selon les valeurs illusoires de ce monde, soit de profiter des bénédictions que Dieu lui donne. Les « saints » sont « en » Jésus-Christ, c’est-à-dire spirituellement unis à lui par la foi (1Corinthiens 6.17).

Paul commence sa lettre en demandant à Dieu d’accorder « la grâce et la paix » à ses lecteurs. Le mot « grâce » était la salutation des Grecs et « paix », celle des Juifs. Dans le Nouveau Testament, « grâce » exprime la faveur non méritée de Dieu, sa bonté et sa miséricorde. Paul place toujours la grâce en premier parce qu’elle est la source de la paix, qu’il place en second.

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