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01 janv. 2026

Osée 13.1 – 14.10

Chapitre 13

Verset 1

Le monde a connu quantité d’empires qui au sommet de leur gloire semblaient invulnérables. Et pourtant, il ne reste d’eux que leur histoire dans les pages jaunies de vieux livres ou sur des sites internet, quelques images et des objets d’art. Je commence de lire le chapitre treize du livre d’Osée.

Dès qu’Éphraïm parlait, c’était la terreur ; il s’est élevé en Israël, (mais) il s’est rendu coupable en adorant Baal. C’est pourquoi il est mort (Osée 13.1).

Ici, commence la dernière menace contre Israël Nord et elle est particulièrement énergique et cinglante.

Comme dans tout le livre « Éphraïm » désigne le royaume israélite des X tribus du Nord. Conformément à la bénédiction de Jacob (Genèse 48.10-20), la tribu d’Éphraïm devient très puissante et produit des chefs tels que Josué (Nombres 13.8, 16) puis Jéroboam Ier (1Rois 11.26 ; 12.20) le fondateur du royaume d’Israël Nord. Devenue indépendante de Juda, cette nation devient idolâtre comme son premier roi. C’est Jéroboam I qui instaure le faux culte des veaux d’or, ce qui d’un point de vue moral et spirituel détruit le royaume ; vis-à-vis de Dieu « il est mort » (comparez Genèse 2.17) car comme l’écrit l’apôtre Paul aux romains : « le salaire du péché c’est la mort » (Romains 6.23 ; LSG).

Verset 2

Je continue.

Et maintenant, voilà ces gens qui pèchent davantage, faisant de leur argent des idoles fondues, des statues ciselées avec habileté : ouvrages d’artisans que tout cela ! Et pourtant, ils leur parlent et les sacrificateurs d’hommes font des baisers aux veaux ! (Osée 13.2 ; Autre).

Les idoles sont le fruit de l’esprit créatif et du travail d’un artisan et pourtant les adorateurs se bousculent pour porter la main à la bouche devant elles en signe d’adoration (comparez 1Rois 19.18 ; Job 31.27).

« Les sacrificateurs d’hommes » sont les adorateurs de Baal. Comme en hébreu, le mot pour « homme » est Adam, Osée ne parle pas ici de sacrifices d’enfants. À cette époque, ce crime horrible est commis pour honorer l’idole Molok, aussi bien en Israël Nord que dans le royaume de Juda (comparez 2Rois 16.3 ; 17.27 ; 23.10 ; Ézéchiel 20.26 ; Michée 6.7).

« Les sacrificateurs d’hommes font des baisers aux veaux », peut désigner les prêtres, qui dans les environs de Sichem, assassinent les voyageurs (Osée 6.9) qui vont à Béthel pour adorer les faux dieux dont le célèbre veau d’or. Cependant, en hébreu cette phrase peut aussi vouloir dire : « ceux qui parmi les hommes sacrifient, font des baisers aux veaux ! » Dans ce cas, Osée souligne l’absurdité de cette conduite.

Aujourd’hui, certaines personnes religieuses croient que de baiser certaines images, statues ou un lieu sacré est un acte d’adoration envers Dieu. Mais Jésus a enseigné que Dieu doit être adoré « en esprit et en vérité » (Jean 4.23-24 ; LSG), c’est-à-dire par sa façon de se comporter en affaires, dans sa famille, en société, dans la rue et partout ailleurs. Il faut aussi savoir qu’une attitude pieuse à l’église n’a aucun mérite envers Dieu, car ce qui compte pour lui c’est comment je vis tous les jours.

Verset 3

Je continue le texte.

C’est pourquoi ils seront semblables aux nuées matinales, à la rosée de l’aube qui bientôt se dissipe, à un fétu de paille emporté loin de l’aire en tourbillon, et à de la fumée sortant d’une ouverture (Osée 13.3).

Ces quatre éléments qui disparaissent aussi sûrement que neige au soleil, évoquent la facilité et la rapidité avec laquelle les Israélites du Nord vont perdre leur identité nationale et leur autonomie politique avant d’être déportés en Assyrie.

Verset 4

Je continue.

Pourtant moi, l’Éternel, je suis ton Dieu depuis l’Égypte et, en dehors de moi, tu ne connais pas d’autre Dieu, et il n’y a pas de Sauveur (Osée 13.4).

L’Éternel déclare ici qu’il est le Dieu d’Israël (comparez Exode 20.2-3 ; Deutéronome 5.6) et qu’en dehors de lui, il n’existe ni Dieu ni Sauveur (comparez Ésaïe 45.21), mais aussi et indirectement, qu’il n’a jamais cessé d’être fidèle aux Israélites, alors qu’eux se sont livrés à l’idolâtrie la plus grotesque.

La pensée moderne a épousé le syncrétisme religieux sans trop réfléchir. Les gens croient que si divinité il y a, tous se valent et qu’il suffit d’être gentil envers son prochain et d’être fidèle à soi-même pour accéder au royaume des cieux s’il y en a un bien sûr. Mais dans son évangile, Jean rapporte que Jésus a dit :

Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14.6).

Et dans le livre des Actes, on lit que l’apôtre Pierre a déclaré :

C’est en lui (Jésus) seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés (Actes 4.12).

Verset 5

Je continue le texte.

Je t’ai connu dans le désert, dans une terre aride (Osée 13.5).

Cette connaissance intime entre l’Éternel et le peuple hébreu a commencé au pied du mont Sinaï quand la Loi fut donnée et s’est poursuivie pendant les 40 années de pérégrination dans le désert, période pendant laquelle Dieu a prouvé sa fidélité en pourvoyant à tous les besoins de son peuple.

Verset 6

Je continue.

Lorsqu’ils sont arrivés dans de gras pâturages, ils se sont rassasiés ; quand ils furent repus, l’orgueil les a saisis et ils m’ont oublié (Osée 13.6).

La satisfaction des appétits naturels des Israélites les a conduit à l’orgueil. Le prophète Osée a déjà dit que la prospérité est l’une des raisons de l’infidélité du peuple. Je rappelle ce passage :

Plus Israël a eu de fruit, plus il a édifié d’autels. Plus sa terre était belle, plus il embellissait les stèles pour ses divinités (Osée 10.1b ; comparez Deutéronome 8.10-19).

Verset 7

Je continue le texte.

Mais je serai pour eux semblable à un lion et, comme un léopard sur leur chemin, je serai aux aguets (Osée 13.7).

Comme l’Éternel s’est allié aux Assyriens, il leur sert de guetteur.

Osée fait un jeu de mots quand il dit : « Je serai aux aguets », car le verbe hébreu est homonyme de « Assyrie », les deux se prononçant « Aschur ».

Verset 8

Je continue.

Et comme une ourse privée de ses petits, je les attaquerai et leur déchirerai l’enveloppe du cœur. Je les dévorerai là, comme une lionne ; ils seront mis en pièces par les bêtes sauvages (Osée 13.8).

Dur dur ! Le Berger d’Israël devient son prédateur.

La scène décrite est brutale, mais c’est ce que sera l’invasion assyrienne. Curieusement, les trois bêtes sauvages citées par Osée apparaissent également dans la vision du prophète Daniel (Daniel 7) pour représenter un empire. Le lion est Babylone, le léopard la Grèce, et l’ours la Perse.

Verset 9

Je continue le texte.

Ce qui t’a perdu, ô Israël, c’est d’être contre moi, contre celui qui est ton secours (Osée 13.9 ; Ost).

Depuis que le royaume des X tribus a rejeté l’Éternel, il s’est privé de son seul soutien.

Pareillement, quand je me sens perdu ou qu’une tuile me tombe sur la tête, je dois considérer ma part de responsabilité dans ce qui m’arrive parce que je suis souvent mon pire ennemi. Cela dit, il y a des malheurs qui fondent sur nous sans aucune raison, sinon que nous sommes une race maudite depuis son origine. Mais c’est aussi pour cette raison que Jésus est venu pour nous racheter de cette malédiction.

Versets 10-11

Je continue.

Où est-il à présent, votre roi, où est-il ? Qu’il vienne vous sauver dans toutes vos cités ! Où sont-ils à présent, vos magistrats auxquels vous demandiez : “Donnez-nous donc un roi et des ministres” ? Oui, (j’ai dit) je te donnerai un roi dans ma colère, je te le reprendrai dans mon indignation (Osée 13.10-11).

Ce passage rappelle la réaction de l’Éternel quand les responsables des tribus d’Israël ont voulu un roi. À cette occasion, Dieu a dit au juge Samuel :

Écoute ce peuple et accepte toutes leurs demandes. En effet, ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi : ils ne veulent plus que je règne sur eux (1Samuel 8.7 ; comparez 1Samuel 12.12).

Plus tard, les X tribus se sont révoltées contre Dieu et ont voulu leur propre roi (1Rois 12.16). Mais à quoi bon ? Les changements de dynasties se sont souvent fait au flingue dans un bain de sang. Il y a eu 21 rois, tous furent idolâtres et le dernier, Osée, a fini exilé en Assyrie (comparez Osée 10.3, 7, 15 ; 2Rois 17.1-6).

Verset 12

Je continue.

Le crime d’Éphraïm est bien enregistré, et son péché est bien noté (Osée 13.12).

Toutes les fautes d’Israël Nord sont documentées et consignées jusqu’au jour du règlement de comptes et ce document témoignera contre lui.

Je ne me sens pas trop concerné par les péchés d’Israël, mais par les miens certes oui, parce que tout ce que j’ai fait ou pensé est soigneusement catalogué dans un livre. Or on sait que des livres seront ouverts (Apocalypse 20.12) et serviront à juger tous ceux qui n’ont pas accepté Jésus comme Sauveur. Pour les croyants par contre, leurs fautes ont été placées sur Jésus quand il a été crucifié, et sa mort les a expiées.

Verset 13

Je continue le texte.

Les douleurs de l’enfantement surviennent pour lui, mais c’est un enfant stupide ; il est à terme et ne quitte pas le sein maternel ! (Osée 13.13 ; JER).

Israël Nord est comparé à un bébé qui refuse de naître, c’est-à-dire de se repentir en revenant à l’Éternel. Ce refus est stupide parce qu’il conduit à la mort.

« Les douleurs de l’enfantement » sont les invasions assyriennes qui eurent lieu à partir de la royauté de Ménahem, ainsi que les lourds tributs qu’ils ont dû verser à l’Assyrie (Osée 7.9 ; 2Rois 15.19). D’ailleurs, c’est le refus de payer ce tribut qui met le feu aux poudres et déclenche l’attaque en règle et systématique du royaume des X tribus du Nord par les Assyriens.

Verset 14a

Nous arrivons à un passage difficile.

Devrais-je donc les affranchir du pouvoir du sépulcre ? Et, de la mort, devrais-je les sauver ? (Osée 13.14a).

Ces deux questions que l’Éternel se pose sous-entendent un « Non ! » franc et massif pour réponse. Dieu ne va pas épargner les Israélites du Nord.

Verset 14b

Je continue le même verset :

Ô mort, où sont tes pestes ? Sépulcre, où est ton pouvoir destructeur ? Je ne peux plus les avoir en pitié (Osée 13.14b).

C’est comme si Dieu disait : « Quoi ? Les Israélites voudraient que ni la mort ni le sépulcre n’ait de puissance sur eux ? Non ! Je ne peux plus les avoir en pitié ».

Ces deux interpellations de la mort sont reprises par l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens dans son discours sur la résurrection des croyants (1Corinthiens 15.55). Ce que Dieu n’a pas pu faire pour les Israélites à cause de leur révolte contre lui, il le fera pour ceux qui placent leur foi en Jésus-Christ.

Verset 15

Je finis de lire le chapitre treize.

Il (Éphraïm) a beau prospérer parmi ses frères, le vent d’orient viendra, un vent de l’Éternel montera du désert et il desséchera la source d’Éphraïm, et sa fontaine tarira. L’ennemi pillera le trésor où sont amassés tous les objets précieux (Osée 13.15 ; Autre).

« Éphraïm » qui signifie « fécond, fertile », fait assonance avec « prospérer ». C’est comme si Osée disait : « Prospère a beau prospérer… le vent d’orient viendra », c’est-à-dire les Assyriens qui submergèrent Israël Nord (en 734) sous le règne de Pékah et qui revinrent neuf ans plus tard pour finir le travail et prendre Samarie, qui est la capitale du royaume depuis que le roi Omri avait acheté la montagne sur laquelle elle était bâtie (comparez 1Rois 16.24).

Chapitre 14

Verset 1

Nous arrivons au chapitre quatorze, le dernier du livre d’Osée. Le premier verset devrait plutôt faire partie du précédent chapitre, car il étale brièvement et brutalement la situation et les reproches et châtiments que Osée a exposés tout au long de sa prophétie. Je commence à le lire.

Samarie paiera pour ses crimes parce qu’elle s’est révoltée contre son Dieu (Osée 7.13 ; 8.1), ses habitants mourront sous les coups de l’épée, ses bébés seront écrasés, et l’on fendra le ventre de ses femmes enceintes (Osée 14.1).

Ce langage particulièrement violent correspond à ce qui est écrit dans les malédictions du traité d’alliance, c’est-à-dire la Loi de Moïse (comparez Lévitique 26.25 ; Deutéronome 28.15ss).

Verset 2

Je continue.

Reviens donc, Israël, à l’Éternel, ton Dieu, car ce sont tes péchés qui ont causé ta chute (Osée 14.2).

À partir d’ici, le prophète donne libre cours aux promesses de restauration du peuple, promesses qui depuis longtemps bouillonnent dans son cœur. Cependant, il parle posément et n’est jamais exubérant. Son discours est celui d’un homme qui est confiant car il sait qu’un jour tout finira pour le mieux pour Israël.

Verset 3

Je continue.

Apportez vos paroles et revenez à l’Éternel, et dites-lui : Pardonne toute faute, accepte qu’en retour, nous t’offrions en sacrifice en guise de taureaux, l’hommage de nos lèvres (Osée 14.3).

Osée exhorte le peuple à la repentance, à reconnaître ses péchés. Littéralement, il dit : « Nous t’offrirons en retour nos lèvres à la place des taureaux. Habituellement, c’est un animal en sacrifice qu’on apporte à l’autel mais ici, l’offrande se compose de paroles de repentance, d’humiliation et de reconnaissance. Dieu dicte d’avance ce que les Israélites doivent dire d’un cœur sincère.

Verset 4

Je continue.

Ce n’est pas l’Assyrie, qui pourra nous sauver, nous ne monterons pas sur des chevaux de guerre et nous ne dirons plus à l’œuvre de nos mains : “Toi, tu es notre Dieu”, car c’est toi, Éternel, qui prends pitié de l’orphelin (Osée 14.4).

Dans les Écritures, « l’orphelin » (et la veuve) symbolise celui qui est faible et sans défense. Ici, l’orphelin représente Israël mis en déroute par les armées assyriennes.

Osée prophétise l’action de grâces que dans l’avenir, le nouvel Israël pardonné et purifié rendra à Dieu. Le peuple élu renoncera définitivement à tous ses anciens démons qui lui servaient d’appui comme l’Assyrie, moyennant finances, et sa propre force militaire représentée par « les chevaux de guerre ». Ceux-ci sont importés d’Égypte, un autre pays sur lequel Israël s’appuie (comparez Osée 7.11 ; Psaumes 33.16, 17 ; Ésaïe 31.1-3). Mais la seconde et plus grande faute d’Israël est de vénérer les idoles, de leur offrir un culte, surtout à Baal le dieu de l’orage et de la fertilité.

Au 21e siècle, l’adoration des objets et des statues a encore de très beaux jours devant elle car ce genre de dévotion est en expansion. Durant la crise qui a commencé en 2008, pour vendre leur maison, certains enterrent dans leur jardin une statuette représentant saint Joseph. Par contre, ce qui se vend toujours bien quelle que soit la crise, ce sont les symboles religieux, les amulettes, et les fétiches comme la patte de lapin ou le Saint Christophe. Très pratique, cet objet fait double usage car il sert à la fois porte-clés et de porte-bonheur en vous protégeant quand vous roulez en voiture. Pour davantage de sécurité, vous pouvez aussi clouer un fer à cheval sur la porte de la grange ou de votre portail. Et puis il y a les reliques de ceux qu’on appelle « saints » ; bref, la liste est longue.

Verset 5

Je continue le texte.

Moi, je les guérirai de leur apostasie, je leur témoignerai librement mon amour parce que ma colère se détournera d’eux (Osée 14.5).

Osée a décrit l’infidélité d’Israël Nord dans les trois premiers chapitres du livre sous les traits d’une femme qui a la fâcheuse tendance à l’adultère. Osée l’épouse sur l’ordre de l’Éternel tout en sachant ce qui l’attend. Par cette union, il se comporte comme le Seigneur envers son peuple infidèle. Mais le jour vient où l’Éternel pardonnera à Israël et le guérira de ses mauvais penchants et surtout de l’idolâtrie qui est une maladie de l’âme. Osée ne dit pas pourquoi l’Éternel dit : « ma colère se détournera d’eux », mais le Nouveau Testament l’explique.

Verset 6

Je continue.

Oui, je serai pour Israël semblable à la rosée, il fleurira comme le lis, et s’enracinera comme les cèdres du Liban (Osée 14.6).

Par opposition au vent d’orient qui dessèche tout sur son passage (Osée 13.15), « la rosée » a une action bienfaisante sur les plantes. Elle est rafraîchissante et sert à illustrer la bénédiction qui vient de l’Éternel, la véritable source de la fertilité et de la prospérité.

« Le lis » qui symbolise la pureté remplacera les mœurs corrompues d’Israël. « Le cèdre » est un arbre connu et prisé pour ses racines profondes qui lui permettent de résister aux sécheresses et aux vents violents. Par ailleurs, il possède une végétation luxuriante et dégage une odeur odoriférante. Il représente la puissance, la splendeur et la prospérité.

Versets 7-8

Je continue.

Ses rameaux s’étendront au loin et il aura la majesté de l’olivier, et son parfum sera semblable à celui du Liban. Ceux qui viendront habiter à son ombre, cultiveront à nouveau le blé et fleuriront comme la vigne, et ils auront la renommée des grands vins du Liban (Osée 14.7-8).

La gloire du nouvel Israël rayonnera dans le monde entier où il sera une source de bénédictions pour tous ses membres et toutes les nations. Cette scène correspond à l’ère du Millénium quand Jésus-Christ régnera sur toute la terre à partir de Jérusalem.

Dans le chapitre 14, « le Liban » est mentionné trois fois parce qu’il sert de point de comparaison aux bénédictions que Dieu réserve à son peuple. En effet, les splendeurs de cette chaîne de montagnes (qui culmine à 3083 mètres), qui au nord délimite la Terre promise, symbolisent la magnificence du royaume de Dieu en Israël. On se rend compte ici que le prophète vit bien dans le royaume du nord et aime sa patrie.

Verset 9a

Je continue le texte.

Éphraïm dira : Qu’ai-je encore à faire avec les idoles ? Moi, je l’exaucerai, je veillerai sur lui (Osée 14.9a).

Les deux verbes, « je l’exaucerai et je veillerai », font respectivement assonances avec les noms des déesses Anat et Achéra, des compagnes de l’idole Baal. Les jeux de mots sont légions dans ce livre.

Osée a dénoncé l’idolâtrie d’Israël Nord de mille et une façons. Son cas est tellement désespéré qu’il a même dit :

Le peuple d’Éphraïm s’est lié aux idoles. Qu’il aille son chemin ! (Osée 4.17 ; comparez Osée 8.4-6 ; 13.2).

Maintenant par contre, c’est-à-dire à la fin des temps, le nouvel Israël dira :

Qu’ai-je encore à faire des idoles, Dieu me suffit amplement.

Verset 9b

Je continue le texte.

Je suis comme un cyprès qui reste toujours vert, tu (Éphraïm) porteras du fruit et c’est moi qui l’aurai produit (Osée 14.9b ; Autre).

En hébreu, « fruit » fait assonance avec « Éphraïm » qui veut dire « fertile ». Dans cette scène, l’Éternel se présente à la fois comme un arbre vivace qui ne perd jamais sa verdure, et comme le véritable Dieu de la fécondité par opposition à Baal.

Verset 10

Je finis de lire le chapitre 14 et le livre d’Osée.

Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez intelligent pour les connaître ? Les voies que l’Éternel prescrit sont droites, les justes les suivront, tandis que les rebelles trébucheront sur elles (Osée 14.10 ; comparez Ésaïe 8.13-15 ; 66.24).

Le prophète lance ici un défi et la réponse que chacun donne à sa question dépend des dispositions de son cœur. Les quelques Israélites du Nord qui sont justes comprennent et tirent profit de cette prophétie en persévérant dans la piété et peut-être aussi en allant se réfugier en Juda. Par ailleurs, comme les Empires assyrien, babylonien et perse se confondent plus ou moins, il est certain que des descendants pieux des Israélites du Nord exilés ont fait partie de la colonie juive conduite par Zorobabel qui retourna en Israël.

Pour les rebelles par contre, cette prophétie augmente leur culpabilité et rend leur jugement plus sévère. Quant à vous, si vous avez suivi ce livre jusqu’au bout, vous faites certainement partie des justes.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 30 2023

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