Chapitre 30

Introduction

Dans les pays dits catholiques, les plus grandes fêtes religieuses de l’année sont Noël et Pâques. Mais à cause de notre culture païenne, elles sont surtout devenues une manne pour les distributeurs de cadeaux et de victuailles, et donc un hymne à la grosse bouffe. Reléguer ces deux fêtes au petit papa Noël et aux cloches en chocolat est pathétique au regard de leur véritable sens. Pâques est un événement très riche qui a deux significations. Pour les chrétiens, c’est la résurrection du Christ et pour les Juifs, la libération de leurs ancêtres du joug égyptien et le début d’une identité nationale sous le régime d’une théocratie ; l’Éternel devient alors à la fois le Dieu et le souverain du peuple hébreu. La célébration de la Pâque était l’une des trois fêtes obligatoires pour les hommes juifs et aussi la plus importante du calendrier israélite. Cependant, elle avait été passablement négligée jusqu’à l’arrivée sur scène du bon roi Ézéchias qui veut remettre cette commémoration à l’ordre du jour.

Verset 5

Je continue à lire dans le chapitre 30 du second livre des Chroniques en compressant.

Comme beaucoup d’Israélites ne célébraient plus la Pâque selon ce qui est écrit, ils décidèrent de faire une annonce dans tout Israël depuis Beer-Chéba jusqu’à Dan pour inviter tout le monde à se rendre à Jérusalem afin de célébrer la Pâque en l’honneur de l’Éternel, le Dieu d’Israël (2Chroniques 30.5).

Ézéchias prend l’initiative d’inviter tous les Israélites, non seulement ses propres sujets, mais aussi ceux du royaume des X tribus qui ont échappé aux Assyriens. Le roi de Juda envoie donc des messagers sur l’ensemble du territoire des deux royaumes, Beer-Chéba étant situé tout au sud et Dan à l’extrémité nord. Cependant, les émissaires n’iront pas plus loin que Zabulon parce que le reste du territoire au nord de cette tribu ne compte plus d’Israélites ce qui veut dire qu’ils ont été massacrés ou déportés en Assyrie. Cela dit, il est très difficile de dater l’année de cette Pâque et les commentateurs sont partagés.

Versets 6-20

Je continue.

Les coureurs s’en allèrent dans tout Israël et Juda. Le roi leur avait ordonné de proclamer : — Israélites, revenez à l’Éternel, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, et il reviendra à vous, car l’Éternel est plein de compassion et de grâce, et si vous revenez à lui, il ne vous rejettera pas. Les coureurs passèrent ainsi de ville en ville. Mais on se moquait d’eux et on les tournait en dérision. Cependant, quelques membres des tribus d’Aser, de Manassé et de Zabulon s’humilièrent et se rendirent à Jérusalem. Un peuple nombreux afflua donc à Jérusalem pour célébrer la fête des pains sans levain au second mois. Ils formèrent une immense assemblée. Ils se mirent à détruire les autels qui se trouvaient dans la ville et ils firent disparaître tous les encensoirs en les jetant dans le ravin du Cédron. Puis on immola les agneaux pour la Pâque le quatorzième jour du second mois. Beaucoup de gens n’avaient pas accompli les rites de purification ; mais ils mangèrent quand même l’agneau de la Pâque, contrairement à ce qui est écrit. C’est pourquoi Ézéchias pria pour eux en ces termes : — Éternel, toi qui es bon, veuille pardonner à tous ceux qui se sont efforcés de tout leur cœur de se tourner vers Dieu, l’Éternel, le Dieu de leurs ancêtres, même s’ils ne se sont pas purifiés comme cela est requis pour un acte cultuel. L’Éternel écouta la prière d’Ézéchias et il laissa le peuple indemne (2Chroniques 30.6-20).

La Pâque se célébrait au printemps, le 14e jour du mois de Nisan puis était suivie par la fête des pains sans levain qui durait une semaine. Selon la Loi de Moïse, l’observation de la Pâque devait se faire selon des règles de pureté rituelle relativement strictes et qui duraient 7 jours. Or, les pèlerins ne sont pas arrivés à temps à Jérusalem pour se conformer aux ordonnances et de toute façon, les Israélites venus des tribus du Nord, Aser, Manassé et Zabulon, ignorent complètement ces enseignements parce que leur royaume a sombré dans l’apostasie religieuse totale. Alors, le roi, en tant que régent de l’Éternel, intercède pour eux afin que Dieu leur pardonne les entorses aux règles rituelles concernant la célébration de la Pâque.

Selon la loi de Moïse, ceux qui s’approchent du sanctuaire en état d’impureté rituelle sont frappés de châtiment, mais ici, suite à la prière d’Ézéchias, Dieu ferme les yeux et passe l’éponge. Ce passage montre bien que même sous l’Ancienne Alliance qui était remplie de rites à n’en plus finir, les dispositions intérieures, c’est-à-dire l’attitude humble de cœur, sont plus importantes que la stricte observation des prescriptions contraignantes de la Loi.

Versets 21-26

Je finis de lire le chapitre 30.

Ainsi les Israélites qui se trouvaient présents à Jérusalem célébrèrent la fête des pains sans levain pendant sept jours et dans une grande joie. Chaque jour, les lévites et les prêtres chantèrent les louanges de l’Éternel en faisant retentir leurs instruments avec force en son honneur. Pendant les sept jours de la fête, ils mangèrent la viande des sacrifices, offrirent des sacrifices de communion, et célébrèrent l’Éternel, le Dieu de leurs ancêtres. Toute l’assemblée décida de prolonger la fête de sept jours, et ces sept jours supplémentaires furent célébrés dans la joie, car Ézéchias, roi de Juda, avait donné pour le ravitaillement de l’assemblée mille taureaux et sept mille moutons, et les ministres avaient offert mille taureaux et dix mille moutons. Toute l’assemblée, Judéens, prêtres et lévites, tous ceux qui étaient venus d’Israël, ainsi que les immigrés venus d’Israël ou habitant dans le royaume de Juda, tous étaient dans la joie. Une grande joie régnait dans toute la ville de Jérusalem. Depuis l’époque de Salomon, fils de David, roi d’Israël, rien de semblable ne s’était produit dans la ville (2Chroniques 30.21-26).

Le chroniqueur met en parallèle deux fêtes : celle-ci tout à fait retentissante de la Pâque et des pains sans levain d’une part, et d’autre part celle de la dédicace du Temple, toutes deux ayant duré deux semaines. Il établit également une comparaison entre les rois Ézéchias et Salomon.

Chapitre 31

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 31 qui continue le récit du règne d’Ézéchias. Je commence à le lire en compressant.

Lorsque toute la fête fut terminée, tous les Israélites qui se trouvaient là partirent pour les villes de Juda et brisèrent les stèles des idoles, abattirent les pieux sacrés d’Achéra et démolirent les hauts-lieux et les autels dans tout Juda et Benjamin, ainsi que dans les territoires d’Éphraïm et de Manassé, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Puis tous les Israélites retournèrent dans leurs villes, chacun dans sa propriété (2Chroniques 31.1).

L’auteur relève le fait qu’un retour à l’Éternel implique l’abandon de toute forme d’idolâtrie. C’est seulement à cette condition que les Israélites venus des tribus du Nord peuvent réintégrer le peuple de Dieu, c’est-à-dire faire partie des élus. Dans les religions polythéistes comme l’Hindouisme, tous les dieux sont assimilés selon le principe : plus il y en a, et mieux c’est. Mais ce syncrétisme est tout à fait inacceptable aux yeux du Créateur du ciel et de la terre. Il faut choisir entre l’adoration du Dieu unique et l’idolâtrie.

Dès le début de son règne, Ézéchias a mis sa confiance en l’Éternel, mais cela ne veut pas dire que sur une certaine échelle imaginaire, sa foi atteint de hauts sommets, car ce n’est pas la force de sa croyance qui compte, mais bien plutôt l’objet de sa foi, le Dieu unique et vrai.

Les fanatiques religieux qui rêvent du martyre et qui, revêtus d’une ceinture de bombes, se font sauter au milieu d’une foule dans le but de tuer le plus de monde possible croient intensément à leur cause, mais il n’empêche qu’elle est fausse. Leur foi est mal placée et ils meurent pour un mensonge.

Du temps où j’étais à l’école et que je devais passer un examen, on me disait parfois : « je vais serrer les poings pour toi ». Ces paroles et ce geste superstitieux avaient pour but de m’aider magiquement à réussir l’examen. Plus la personne serre fort ses poings et plus grandes sont mes chances de réussites. C’était gentil et bien intentionné, mais ça me fait aussi penser à ce jeu de foire où il faut frapper une base métallique de toutes ses forces avec une masse. À l’intérieur de l’appareil se trouve un objet qui est projeté en hauteur. La puissance du coup est visualisée sur une jauge et si elle est suffisante, l’objet est propulsé jusqu’à faire sonner une cloche. Pour ce qui est de la foi par contre, le plus important n’est pas sa force mais son objet. On peut avoir beaucoup de foi mais mal placée. Un grand prédicateur anglais avait coutume de dire : « Ce n’est pas votre foi en Jésus-Christ qui vous sauve, bien qu’elle en soit le moyen, mais la personne du Christ, le sang qu’il a versé et ses mérites ». Une fois Jésus a demandé à ses disciples :

Qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre lui répondit : — Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui dit alors : — Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas de toi-même que tu as trouvé cela. C’est mon Père céleste qui te l’a révélé (Matthieu 16.15-17).

Cette foi de l’apôtre Pierre qui croyait que Jésus est le Messie était une conviction intérieure qui ne venait pas de lui mais du Saint-Esprit. Cette foi était bien placée mais plutôt faible puisque peu de temps après, Pierre a renié son maître.

Versets 2-19

Je continue le texte.

Ézéchias rétablit l’organisation des prêtres et des lévites d’après leurs classes. Dans ces classes, il assigna à chacun sa fonction propre ; les prêtres et les lévites devaient s’occuper des holocaustes et des sacrifices de communion, du service, du chant des cantiques de louange et de remerciement aux portes de la demeure de l’Éternel. Le roi réserva une part de ses biens pour les holocaustes du matin et du soir et pour ceux des sabbats, des nouvelles lunes et des autres fêtes, selon ce qui est écrit dans la Loi de l’Éternel. D’autre part, il ordonna à la population de Jérusalem de donner la part des prêtres et des lévites, afin qu’ils puissent se consacrer aux tâches que leur prescrit la Loi de l’Éternel. Dès que cet ordre eut été publié, les Israélites apportèrent en grandes quantités les premières récoltes de blé, de vin nouveau, d’huile, de miel et de tous les produits agricoles. Ils apportèrent aussi la dîme de tout en abondance. Les Israélites et les Judéens qui habitaient dans les villes de Juda apportèrent eux aussi la dîme du gros bétail, des moutons et des chèvres, ainsi que celle des offrandes saintes qui étaient consacrées à l’Eternel leur Dieu. On fit des tas considérables des divers produits. Cette accumulation, commencée en mai-juin, ne prit fin qu’en septembre-octobre. Ezéchias et les ministres vinrent voir tout ce qui avait été apporté, et ils bénirent l’Eternel et son peuple d’Israël. Ezéchias s’enquit au sujet de ces dons auprès des prêtres et des lévites. Alors le grand-prêtre Azariahou, un descendant de Tsadoq, lui répondit : – Depuis que le peuple a commencé d’apporter sa contribution au Temple de l’Eternel, nous avons eu de quoi manger à satiété, et il en reste énormément, car l’Eternel a béni le peuple. Ce qui est entassé ici, c’est le surplus. Quant aux prêtres descendants d’Aaron, qui demeuraient à la campagne dans les alentours des villes sacerdotales, certains d’entre eux furent désignés nommément dans chaque localité pour assurer la distribution des vivres à tous (2Chroniques 31.2-19).

Ces dons ont eu lieu entre les troisième et septième mois de l’année juive, c’est-à-dire entre la Pentecôte et la fête des Tabernacles qui célèbrent la première et la dernière récolte. L’auteur veut souligner la générosité du roi et du peuple envers les officiants du culte, dans le but express d’exhorter les Israélites revenus d’exil à les imiter afin que leurs chefs aient les moyens de reconstruire le temple et la ville de Jérusalem qui avaient été entièrement détruits par les Babyloniens.

Versets 20-21

Je finis le chapitre 31.

C’est ainsi qu’Ézéchias agit dans tout le pays de Juda. Il fit ce qui est bien, juste et fidèle devant l’Éternel son Dieu. Pour tout ce qu’il entreprit, qu’il s’agisse du service du Temple de Dieu ou de l’obéissance à la Loi et aux commandements, il chercha à plaire à son Dieu de tout son cœur, et tout lui réussit (2Chroniques 31.20-21).

Une fois encore, le chroniqueur pose le principe de la rétribution divine : la fidélité d’Ézéchias lui vaut la bénédiction de l’Éternel dans tout ce qu’il entreprend.

Chapitre 32

Verset 1-4

Nous voici arrivés au chapitre 32 qui raconte les difficultés auxquelles le royaume de Juda dut faire face. Je commence à lire en compressant.

Après ces événements qui démontrèrent la fidélité d’Ézéchias envers Dieu, Sennachérib, roi d’Assyrie, vint envahir le territoire de Juda. Il assiégea les villes fortifiées et ordonna d’en forcer les remparts. Ezéchias, voyant que Sennachérib était venu avec l’intention d’attaquer Jérusalem, tint conseil avec ses ministres et ses officiers pour faire obturer les sources d’eau situées en dehors de la ville. Tous l’aidèrent et beaucoup de gens se rassemblèrent. Ils bouchèrent toutes les sources, y compris celle dont l’eau s’écoulait par un canal souterrain. (2Chroniques 32.1-4).

Deux textes parallèles donnent beaucoup de détails sur cette attaque. Nous sommes en 701 av. J-C, la 14e année du règne d’Ézéchias. Le roi a eu la bonne idée de fortifier les villes de Juda, cependant, sa confiance est en Dieu et non pas en des murs de pierres. Le chroniqueur précise bien que l’invasion assyrienne n’est pas un châtiment contre le roi, mais une épreuve pour laquelle sa fidélité lui vaudra la délivrance. L’une des caractéristiques du Chroniqueur est qu’il raconte en détail les défaites des mauvais rois, mais se borne à faire allusion aux difficultés rencontrées par les bons souverains.

Versets 5-17

Je continue.

Ensuite, Ezéchias se mit courageusement à reconstruire toute la muraille de la ville là où elle avait des brèches et il suréleva les tours. Il la doubla d’une seconde muraille à l’extérieur, renforça les terrasses aménagées pour les cultures dans la cité de David. Il fit aussi fabriquer une grande quantité d’armes et de boucliers. Ensuite, Ézéchias établit des chefs militaires sur l’armée, puis il leur dit : — Soyez forts et prenez courage ! Soyez sans crainte, ne vous laissez pas effrayer par le roi d’Assyrie et les troupes nombreuses qui l’accompagnent ; car nous avons avec nous quelqu’un de plus puissant que lui. Nous avons avec nous l’Éternel notre Dieu. Il viendra à notre secours et il combattra pour nous. Alors toute la population fit confiance aux paroles d’Ézéchias. Après cela, Sennachérib, roi d’Assyrie, envoya une délégation à Jérusalem pour dire : — En quoi placez-vous votre confiance ? Ne voyez-vous pas qu’Ézéchias vous trompe quand il dit : “ L’Éternel, notre Dieu, nous délivrera du roi d’Assyrie ? ” Car aucun dieu d’aucune nation ni d’aucun royaume n’a pu délivrer son peuple de moi-même, ou de mes ancêtres. Et vos dieux ne vous délivreront pas davantage de mon emprise ! Sennachérib avait aussi écrit des lettres outrageantes contre l’Éternel, le Dieu d’Israël. Ils parlèrent du Dieu de Jérusalem comme s’il s’agissait d’un dieu des nations païennes, simple ouvrage fabriqué par des hommes.(2Chroniques 32.6-19).

Comme il relate les faits selon la perspective divine, le chroniqueur présente le roi de Juda sous son meilleur jour sans rapporter la tentative honteuse d’Ézéchias d’amadouer le roi d’Assyrie en lui donnant tout l’argent du Temple de l’Éternel (2 Rois 18.14-16). L’auteur n’a pas non plus rapporté toutes les fautes pourtant graves commises par les autres bons rois, et en particulier David et Salomon. Ces lacunes volontaires me font penser à un passage d’un psaume que j’aime beaucoup et que j’ai déjà cité parce qu’il est très encourageant :

L’Éternel ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions. L’Éternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent (Psaumes 103.10, 12-13).

Le texte continue en rapportant en détail la manière dont les émissaires assyriens cherchèrent à haranguer et effrayer le peuple de Juda.

Versets 20-23

Je continue.

Le roi Ézéchias et le prophète Ésaïe, se mirent à prier à ce sujet, et ils crièrent vers le ciel pour implorer du secours. Alors l’Éternel envoya un ange qui extermina dans le camp du roi d’Assyrie tous les vaillants guerriers, y compris les généraux et les officiers, si bien que le roi retourna dans son pays tout confus. Un jour, il pénétra dans le temple de son dieu, et ses propres fils l’y assassinèrent d’un coup d’épée. C’est ainsi que l’Éternel délivra Ézéchias et les habitants de Jérusalem. Il leur accorda la paix sur toutes leurs frontières. À la suite de ces événements, Ézéchias acquit un grand prestige aux yeux de toutes les nations païennes (2Chroniques 32.20-23).

Le Chroniqueur est très bref tandis que les textes du second livre des Rois (19.14-37) et d’Ésaïe (chapitres 36, 37) donnent beaucoup de détails sur cet incident qui est en fait un miracle fantastique. L’auteur veut seulement donner un nouvel exemple de délivrance accordée en réponse à la prière. Il montre aussi que la paix du royaume et la gloire de son roi sont les conséquences d’une attitude droite vis à vis de l’Éternel. L’auteur établit aussi un parallèle entre Ézéchias et le roi Salomon.

Verset 24

Je continue le texte.

À cette époque Ézéchias tomba très gravement malade. Il pria l’Éternel qui lui donna un signe prodigieux (2Chroniques 32.24).

Le chroniqueur condense un maximum ce qui s’est passé, se contentant de dire que la guérison expérimentée par le roi est la conséquence de sa bonne conduite en accord avec la théologie de la rétribution. Les textes parallèles donnent les détails de cette maladie, de la supplication du roi, et la façon dont il fut guéri. Je lis un extrait de ce que le prophète Ésaïe a écrit :

Voici le poème écrit par Ézéchias à l’occasion de sa maladie dont il avait été guéri. Je me disais : Ma vie m’est arrachée, emportée loin de moi comme une tente de berger. Je poussais des cris comme une hirondelle ou une grue, je gémissais, mes yeux se sont lassés à regarder en haut ; Éternel, je suis dans l’angoisse : viens, secours-moi ! Je marcherai donc humblement tout le temps de ma vie, à cause de mon affliction. Seigneur, c’est grâce à ta parole qu’on jouit de la vie, c’est grâce à elle que je respire encore (Ésaïe 38.9-16).

Versets 25-33

Je finis le chapitre 32.

Mais Ézéchias ne se conduisit pas ensuite d’une manière qui marque sa reconnaissance pour cela ; au contraire, il devint orgueilleux et attira la colère de l’Éternel sur lui, sur Juda et sur Jérusalem. Alors Ézéchias s’humilia de son orgueil et les habitants de Jérusalem firent de même. Ézéchias fut grandement comblé de richesses et de gloire. Ainsi, Ézéchias réussit dans toutes ses entreprises. Cependant, lors de la visite des ambassadeurs babyloniens envoyés pour s’informer sur le prodige qui avait eu lieu dans le pays, Dieu l’abandonna à lui-même pour le mettre à l’épreuve et savoir ce qui était réellement au fond de son cœur. Ézéchias rejoignit ses ancêtres décédés, et on l’enterra dans la partie supérieure des tombeaux des descendants de David. Tout Juda et les habitants de Jérusalem lui rendirent les derniers honneurs. Son fils Manassé lui succéda sur le trône (2Chroniques 32.25-33).

Il aurait mieux valu qu’Ézéchias meure tout de suite, car sa conduite laissa grandement à désirer après son rétablissement de sa maladie. En effet, son coeur s’est élevé et il est devenu arrogant tout comme son prédécesseur Ozias qui s’était permis d’usurper la fonction de prêtre (2 Chroniques 26.16). Enflé d’orgueil, Ézéchias a montré toutes ses richesses aux ambassadeurs de Babylone qui ont tiré la langue d’envie. Ils étaient venus s’informer sur le prodige du signe du cadran solaire du roi Ahaz qui avait reculé de dix degrés. Cette anecdote est relatée dans le second livre des Rois (20.8-11)

Puis Ézéchias a donné naissance à Manassé qui devint le pire de tous les rois de Juda. Cela dit, dans l’ensemble, Ézéchias fut un bon roi et ses funérailles fantasmagoriques manifestent quand même sa dignité et l’approbation de Dieu sur son règne, ce qui confirme bien l’extrait de psaume que j’ai lu et qui dit : « L’Éternel ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes ».