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Émission 397 - 1Rois 1:28 - 2:10

Diffusé le 8 juillet 2008 - ::

Chapitre 1

Versets 28-37

Chaque fois qu'une nation est en voie de changer de dirigeant, que ce soit de président ou de roi, une période d'incertitude politique et économique s'installe. Il y a du flottement dans l'air tandis que tout le monde retient son souffle, attendant que le prochain homme fort soit désigné, que ce soit par le biais des urnes, des armes ou d'une succession héréditaire. En Israël, la dynastie de David est bien en place, mais il a plusieurs fils ambitieux, ce qui complique l'échiquier.

En conséquence, la course à la succession au trône reste ouverte ; à l'extérieur des murs d'enceinte de Jérusalem, des processions concurrentes proclament deux rois différents, Adoniya et Salomon, comme prochains souverains. Évidemment, il y en a un de trop.

Versets 38-40

Je continue à lire dans le texte du chapitre premier du premier livre des Rois.

Alors le prêtre Tsadoq descendit à la source de Guihôn avec le prophète Nathan, avec Benayahou, fils de Yehoyada, et avec les Kérétiens et les Pélétiens commandant de la garde royale, accompagnant Salomon qu'ils avaient fait monter sur la mule du roi David. Le prêtre Tsadoq prit la fiole d'huile dans la tente du coffre de l'alliance et conféra l'onction à Salomon. On sonna du cor et tout le peuple s'écria : — Vive le roi Salomon ! Une foule immense remonta derrière lui, les gens jouaient de la flûte et exultaient de joie, au point que la terre tremblait au bruit de leurs acclamations (1Rois 1.38-40).

Saül et David avaient tous deux été oints rois par le prophète Samuel, parce que pour chacun d'eux, il s'agissait d'une initiative divine nouvelle. Mais dans le cas de Salomon, il succède à son père, un parent. En conséquence, il est sacré roi par le grand-prêtre dans le cadre des institutions déjà établies et non par le prophète Nathan.

Versets 41-48

Je continue en compressant.

Adoniya et ses convives entendirent tout ce bruit au moment où ils achevaient leur festin. Et lorsque Joab entendit le son du cor, il demanda : — Que signifie ce vacarme dans la ville ? Il n'avait pas fini de parler que Jonathan, fils du prêtre Abiatar, survint. Adoniya lui dit : — Viens, car tu es un homme de valeur et tu viens certainement apporter de bonnes nouvelles. Jonathan répondit à Adoniya : — Au contraire, notre seigneur le roi David a établi Salomon comme roi. Tout le monde est remonté en poussant des cris de joie et l'excitation s'est répandue dans toute la ville ; c'est là le bruit que vous avez entendu. Salomon s'est même assis sur le trône royal, et les ministres du roi sont venus féliciter notre seigneur le roi David en disant : « Que ton Dieu rende le nom de Salomon encore plus célèbre que le tien, et son règne encore plus glorieux ! » Alors le roi s'est prosterné sur sa couche et il a déclaré : « Béni soit l'Éternel, le Dieu d'Israël qui m'a donné l'un de mes fils comme successeur sur mon trône et m'a permis de le voir aujourd'hui de mes yeux ! » (1Rois 1.41-48).

La distance entre les deux clans était inférieure à 1 km, c'est pour cela que les partisans d'Adoniya entendent la fête liée à l'intronisation de Salomon ; de plus, celle-ci leur est racontée en détail par le fils du prêtre Abiatar. Rien ne va plus, les jeux sont faits !

Versets 49-53

Je continue jusqu'à la fin du chapitre en compressant.

À ces mots, tous les invités d'Adoniya furent pris de panique, ils se levèrent et partirent chacun de son côté. Adoniya lui-même eut tellement peur de Salomon qu'il alla saisir les cornes de l'autel à la tente du coffre de l'alliance. On vint dire à Salomon : — Voici que, par peur du roi Salomon, Adoniya est allé saisir les cornes de l'autel en disant : « Que le roi Salomon me promette aujourd'hui sous serment qu'il ne me fera pas mettre à mort par l'épée. » Salomon répondit : — S'il se conduit en homme loyal, pas un seul de ses cheveux ne tombera à terre ; mais s'il agit de manière coupable, il mourra. Puis le roi Salomon envoya des gens pour le faire descendre de l'autel. Adoniya vint se prosterner devant le roi Salomon qui lui dit : — Tu peux rentrer chez toi ! (1Rois 1.49-53).

Pour Adoniya et sa bande, le sauve-qui-peut retentit ; c'est chacun pour soi. Ce coup d'État manqué met la vie de l'usurpateur en danger. Alors, il cherche une protection dans un sanctuaire. Cette pratique était répandue dans tout le Proche-Orient ancien. En Europe, c'étaient les monastères qui servaient de refuge, ce qu'on peut voir dans les films de cape et d'épée. Adoniya s'en tire bien parce que tout ce que Salomon demande est qu'il se montre loyal envers lui.

Chapitre 2

Versets 1-2

Puis un certain temps passe et la suite nous est racontée dans le chapitre 2 que je commence à lire.

David approchait de sa fin. Il fit ses dernières recommandations à son fils Salomon en ces termes : — Voici que je vais bientôt prendre le chemin que suit tout homme. Montre-toi courageux et conduis-toi en homme ! (1Rois 2.1-2).

David sent venir sa fin ; il va prendre le chemin que suit tout homme, une façon pittoresque de décrire la mort. C'est en effet la conclusion inéluctable de toute vie et un sujet de conversation qu'on évite parce que c'est un mystère. Cependant, aussi bien l'Ancien que le Nouveau Testament précisent la raison pour laquelle nous mourrons tous même si l'explication n'est pas très agréable à entendre.

Nos premiers parents, Adam et Ève, ont désobéi à Dieu. C'est ce qui s'appelle le péché ; et cette faute originelle m'a été transmise. Elle est dans nos gènes pour ainsi dire et c'est ce qui engendre les maladies, les catastrophes, la vieillesse et la mort. Mais même si le roi David sait qu'il doit mourir, il a aussi une pleine confiance en la miséricorde divine. Il a écrit un psaume dans lequel il dit :

Si je devais traverser la vallée où règnent les ténèbres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es auprès de moi (Psaumes 23.4).

David demeure serein parce qu'il sait que l'Éternel est à ses côtés pour l'assister dans la traversée de cette vallée qui va le conduire de l'autre côté, dans l'au-delà. Mais avant de quitter cette terre, David fait part de ses dernières volontés à son fils Salomon. Il commence par lui dire : conduis-toi en homme ! Cette exhortation n'est pas superflue, parce que son fils avait été choyé, élevé dans du coton. Il n'était pas un homme de guerre du tout, tant s'en faut.

Ceux qui ont lancé le slogan «  faites l'amour et pas la guerre !  » ont dû prendre Salomon comme modèle, car au fil des années ce monarque s'est surpassé en se constituant un harem impressionnant de 1 000 femmes. Cela dit, cette recommandation de se conduire en homme signifie avant tout pratiquer ce qui est juste et droit devant Dieu et s'opposer à ce qui est mal.

Verset 3

Je continue le texte.

Suis fidèlement les ordres de l'Éternel ton Dieu, en marchant dans les chemins qu'il a prescrits et en obéissant à ses lois, ses commandements, ses articles de droit et ses ordonnances, tels qu'ils sont consignés dans la Loi de Moïse. Alors tu auras du succès dans tout ce que tu entreprendras et partout où tu iras (1Rois 2.3).

David exhorte son fils à demeurer fidèle à l'Éternel en obéissant à ses lois, ses commandements, ses articles de droit et ses ordonnances, ces 4 termes caractérisant les obligations de l'alliance. Ces recommandations ressemblent beaucoup à celles que donnèrent en leur temps Moïse, Josué et Samuel. Une question se pose quand même : Après avoir commis un adultère et un meurtre, David avait-il la stature morale nécessaire pour donner de tels conseils à son fils ?

La réponse est oui, parce que d'une part le roi s'est amèrement repenti et a été durement châtié pour ses actes vils ; et d'autre part, sa royauté n'a plus été entachée du moindre scandale ; au contraire, David a mené une vie irréprochable.

Verset 4

Je continue le texte.

Et ainsi l'Éternel accomplira la promesse qu'il m'a faite en me disant : « Si tes descendants veillent sur leur conduite pour vivre fidèlement selon ma volonté de tout leur cœur et de tout leur être, il y aura toujours l'un d'entre eux sur le trône d'Israël. » (1Rois 2.4).

L'Éternel a promis à David une dynastie qui perdurerait éternellement. Cette promesse était cependant liée à une menace de sanction contre les monarques qui se montreraient infidèles. La royauté sur Israël dépend donc de l'obéissance des rois issus de David. Les jugements divins sont tombés puisque le successeur de Salomon et ses descendants ne régneront pas sur tout Israël, la plus grande partie du royaume de David leur étant retirée. Mais en même temps, l'Éternel se montre malgré tout fidèle à sa promesse en conservant, à cause de David, la tribu de Juda, sur laquelle ses descendants règnent.

Il est vrai que par la suite, l'exil et la perte de l'indépendance politique des Israélites sanctionneront les fautes accumulées par ce peuple et ses rois. Mais la promesse demeure ; elle devient alors le gage qu’à l'avenir, au-delà de l'exil, le royaume de David sera restauré. Revenons au présent. Qu'est-ce que Salomon reçoit en héritage de son père ?

  • David, grâce à l'Éternel, a transféré la direction de la nation de la maison de Saül et de la tribu de Benjamin, à celle de Juda, et a établi sa propre dynastie. Cet état de fait est particulièrement important quand on commence à lire le Nouveau Testament. En effet, le premier Évangile, celui de Matthieu, débute avec ces paroles :

Voici la généalogie de Jésus-Christ, de la descendance de David et d'Abraham (Matthieu 1.1).

Puis, dans celui de Luc, nous lisons :

L'ange dit à Marie : N'aie pas peur, car Dieu t'a accordé sa faveur. Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus. Il sera grand. Il sera appelé « Fils du Très-Haut », et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera éternellement sur le peuple issu de Jacob, et son règne n'aura pas de fin (Luc 1.31-32).

Seul un descendant de David peut s'asseoir sur son trône.

  • Salomon reçoit Jérusalem comme capitale du royaume. David a établi cette ville comme centre religieux et politique d'Israël. Lors de la guerre des 6 jours en juin 1967, après que les Juifs aient capturé Jérusalem-Est, alors sous contrôle jordanien, ils ont déclaré que toute la ville leur appartenait de droit parce que c'était un héritage de leur ancêtre David. Salomon y construira le temple.
  • David a mis fin aux formes extérieures et visibles de l'idolâtrie dans tout le pays d'Israël et a fermement établi le culte de l'Éternel. Ce fut la contribution essentielle de son règne.
  • David a unifié les 12 tribus en une nation. Il donne à son fils tous les territoires qu'il a conquis, plus les revenus réguliers sous forme d'impôts imposés aux nations ou villes-états qu'il a soumises. Israël est alors la première puissance militaire de la région. David a étendu les frontières d'Israël de l'Égypte au sud, jusqu'au fleuve Euphrate au nord et à l'est. Il a consolidé son pouvoir, ce qui va permettre à Salomon de vivre en paix, et j'ajouterais de constituer son harem, car on peut facilement imaginer que près d'un millier de femmes, ça occupe. Cependant, Salomon n'emportera pas cet accomplissement au paradis, comme on dit ; certaines de ses épouses deviendront un piège religieux, car elles orienteront Salomon et avec lui les Israélites vers l'idolâtrie, ce qui provoquera le jugement de l'Éternel contre la nation et sa division en deux monarchies. David aussi a épousé des femmes étrangères, mais c'était pour des raisons purement politiques, discutables certes, mais qui n'ont pas entraîné de corruption idolâtre. David s'était constitué un harem relativement petit, mais suffisant pour lui causer les problèmes familiaux les plus graves ; en l'occurrence, le viol-inceste d'une de ses filles, le meurtre fratricide de l'un de ses fils et deux coups d'État, dont l'un a tout d'abord réussi, mais a finalement coûté la vie à l'instigateur, son fils aîné Absalom. Les harems étaient la coutume de l'époque. Cela ne veut pas dire que Dieu les approuvait, mais il les tolérait ; cependant, les maîtres de harem devaient aussi en assumer les conséquences négatives. Tous les personnages bibliques qui ont eu plus d'une femme à la fois ont eu des ennuis domestiques ; ça n'a jamais raté.
  • David a aussi laissé en héritage à son fils Salomon beaucoup de musique et de poésie. Il est resté dans la mémoire de son peuple comme le chantre doux d'Israël. On lui doit au moins 73 psaumes.
  • David a eu l'idée et a conçu les plans du futur temple à la gloire de l'Éternel et qui devait exalter la vie religieuse de la nation.

Versets 5-9

Je continue maintenant le texte en compressant.

Par ailleurs, tu sais tout ce que m'a fait Joab fils de Tserouya et ce qu'il a fait à deux chefs des armées d'Israël, à Abner fils de Ner et à Amasa fils de Yéter. Il les a assassinés en pleine paix comme s'il s'agissait d'un fait de guerre, il a pris sur lui la pleine responsabilité de ce meurtre. Tu agiras envers lui avec sagesse et tu ne le laisseras pas mourir tranquillement de vieillesse. Mais n'oublie pas de traiter avec bonté les fils de Barzillaï le Galaadite. Compte-les parmi ceux qui mangent à la table royale, car ils m'ont secouru avec bonté lorsque je fuyais devant ton frère Absalom. Tu as aussi dans ton entourage Chimeï fils de Guéra, un Benjaminite du village de Bahourim. Il a prononcé contre moi de terribles malédictions. Mais lorsqu'il est venu à ma rencontre vers le Jourdain à mon retour, je lui ai juré au nom de l'Éternel que je ne le ferais pas mourir par l'épée. Maintenant, ne le considère pas comme innocent ; tu es un homme avisé et tu sauras comment tu dois le traiter : tu veilleras à ce qu'il soit mis à mort malgré son grand âge (1Rois 2.5-9).

Dans ses dernières volontés, David manifeste le souci que justice soit faite. Joab fut un excellent chef d'armée et il resta loyal à David tant qu'il conservait sa place. Mais dernièrement, il s'était joint à un coup d'État qui a avorté. Auparavant, il s'était déjà rendu coupable de meurtres à deux reprises, trois, si on y ajoute la froide mise à mort d'Absalom, le fils aîné de David, pourtant rendu hors d'état de nuire sur le champ de bataille. Il fallait donc faire justice.

Quant à Chimeï, c'était une vraie teigne. Il avait commis une faute digne de la peine capitale selon la loi divine. Il sera cependant seulement placé en résidence surveillée. Il ne sera exécuté qu'après avoir manqué à sa parole donnée au roi Salomon. Par ailleurs, un bienfait n'est jamais perdu. David demande à son fils de rendre la pareille aux fils de Barzillaï. Cette famille lui était venue en aide alors qu'il fuyait devant Absalom.

Verset 10

Je continue.

David rejoignit ses ancêtres décédés et il fut enterré dans la cité de David. Il avait régné quarante ans sur Israël : sept ans à Hébron et trente-trois ans à Jérusalem (1Rois 2.10).

C'est par ces deux courtes phrases que s'achève la vie du plus grand personnage de l'Ancien Testament. La mort de David est empreinte de beaucoup de tristesse. Il a certes commis de terribles fautes, mais était au fond de son âme un homme selon le cœur de l'Éternel. Qui aime bien châtie bien, dit-on. L'Éternel l'avait choisi et l'a jugé sévèrement pour ses fautes. David est remarquable sous bien des aspects : guerrier redoutable et courageux, poète et musicien, génie militaire, administrateur adroit, fin diplomate et surtout, comme je l'ai dit, un homme de Dieu. Il connut des succès sans précédent, mais aussi des échecs personnels suivis de douleurs familiales plus amères que le fiel. Il fut immensément aimé et haï durant toute sa vie. Lorsque le fils adultérin qu'il avait conçu avec Bath-Chéba mourut, il avait dit ces paroles lourdes de sens :

Maintenant qu'il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je peux le faire revenir à la vie ? C'est moi qui irai le rejoindre, mais lui ne reviendra pas vers moi (2Samuel 12.23).

Maintenant donc, David est allé rejoindre son premier fils. En effet, les Écritures ne considèrent jamais la mort comme une fin absolue, mais seulement le passage dans l'état éternel. Le texte précise qu'il est allé rejoindre ses ancêtres dans le repos en attendant la résurrection des bienheureux. Ce sont les croyants que Dieu a déclarés justes, non pas parce qu'ils le sont puisque nul ne l'est, mais parce que par la foi, ils ont accès à la miséricorde divine et au pardon de leurs fautes. Aujourd'hui est encore un jour de grâce, ce qui fait que ce privilège est pour toute personne qui place sa confiance en Jésus-Christ.