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Diffusé le 12 juin 2008 - ::
Tôt ou tard, chacun de nous va devoir affronter une circonstance difficile à gérer. C'est la vie. Et je suppose aussi que tout le monde a fait l'expérience de faire le mauvais choix, une fausse manœuvre, et de se retrouver alors dans une situation épouvantable. C'est ce qui est arrivé à David qui a eu la très mauvaise idée d'aller se réfugier chez les Philistins. On lui demande en effet de combattre aux côtés des ennemis ancestraux d'Israël contre son propre peuple dont il a été sacré roi par Samuel sur l'ordre de l'Éternel. Quelle impasse !
Mais si David est dans de si vilains draps, c'est bien de sa faute. En effet, il n'a pas cru que l'Éternel continuerait à le préserver du roi Saül ; il a donc décidé de prendre les choses en main afin d'assurer sa propre protection. Une première faute est sur le point d'en entraîner une deuxième encore plus grave. À mon avis, il doit se sentir très très mal dans ses sandales.
Je commence à lire le chapitre 29 du 1er livre de Samuel.
Les Philistins concentrèrent toutes leurs troupes à Apheq, tandis qu'Israël était campé près de la source de Jizréel. Les cinq princes des Philistins défilèrent en tête de leurs unités, des « centaines » et des « milliers », et David et ses hommes formaient l'arrière-garde autour d'Akich (1Samuel 29.1-2).
La veille de la bataille, les Philistins ont rendez-vous à l'endroit même où ils avaient déjà vaincu les Israélites 90 ans plus tôt. C'est aussi à cette occasion qu'ils avaient capturé l'arche de l'alliance.
Je continue.
Les princes des Philistins demandèrent : — Que font ici ces Hébreux ? Akich leur répondit : — Ne reconnaissez-vous pas David qui avait été au service de Saül, roi d'Israël, mais qui, depuis un an ou deux, est chez moi ? Depuis qu'il s'est rallié à nous, je n'ai jamais rien eu à lui reprocher. Mais les princes des Philistins se fâchèrent contre Akich et lui dirent : — Renvoie cet homme dans la ville que tu lui as assignée. Il ne faut pas qu'il participe avec nous au combat, sinon il pourrait se retourner contre nous avec ses hommes en pleine bataille. N'est-ce pas au prix de la tête de nos gens qu'il pourrait regagner la faveur de son souverain ? N'oublions pas que c'est pour David que les femmes chantaient en dansant : « Saül a frappé ses milliers, et David ses dizaines de milliers » (1Samuel 29.3-5).
David est vraiment coincé jusqu'à ce que les autres princes des Philistins le remarquent et font un esclandre, refusant de le voir dans leurs rangs. Ils savent qu'il est un combattant aguerri et donc particulièrement dangereux si à la dernière minute il venait à retourner sa veste et changer de camp.
Je continue en compressant.
Finalement, Akich appela David et lui dit : — Aussi vrai que l'Éternel est vivant, tu es un homme juste et j'aurais aimé que tu prennes part avec moi à cette expédition militaire, mais tu n'es pas bien vu des autres princes philistins. Maintenant donc, repars en paix chez toi, pour ne pas les indisposer. David lui dit : — Mais qu'ai-je donc fait pour que je ne puisse pas aller combattre les ennemis de mon seigneur le roi ? Akich répondit à David : — Les princes des Philistins m'ont dit : « Il ne participera pas à la bataille avec nous » ! Le lendemain, David et ses hommes se levèrent de bonne heure pour se mettre en route et regagner la Philistie (1Samuel 29.6-11).
Akich jure au nom de l'Éternel pour convaincre qu'il est sincère et renvoie tous les Hébreux dans leurs foyers. David simule la déception et proteste selon les modalités de l'époque. En fait, il doit remercier le ciel, c'est-à-dire l'Éternel pour les princes philistins qui lui ont enlevé une belle épine du pied en le jetant comme un malpropre. Il vient de sortir d'un terrible étau.
Nous voici rendus au chapitre 30 que je commence à lire.
Lorsque David arriva le surlendemain avec ses hommes à Tsiqlag, il la trouva ravagée et incendiée ; les Amalécites avaient fait une incursion dans le Néguev et contre Tsiqlag. Ils s'étaient emparés des femmes et de ceux qui se trouvaient dans la ville, quelle que soit leur condition sociale, sans toutefois tuer personne. Ils les avaient emmenés et avaient continué leur chemin. Quand David et ses compagnons arrivèrent à la ville, ils découvrirent donc qu'elle avait été incendiée et que leurs femmes, leurs fils et leurs filles avaient été emmenés captifs. David et ses compagnons se mirent à crier et à pleurer jusqu'à en être épuisés. Les deux femmes de David, Ahinoam de Jizréel et Abigaïl, veuve de Nabal de Karmel, étaient parmi les prisonnières (1Samuel 30.1-5).
Les Amalécites ont profité de la campagne des Philistins dans le nord du pays pour ravager le sud de la Palestine dont la tribu de Juda et la ville de Tsiqlag. Toutes les personnes capturées allaient être vendues comme esclaves, certainement en Égypte. David et ses hommes ont tout perdu : leur famille, leurs troupeaux et leurs provisions ont été emmenés et tout le reste est parti en fumée.
Je continue.
David était dans une situation très angoissante parce que ses compagnons étaient pleins d'amertume en pensant chacun à ses fils et à ses filles, et ils parlaient de le tuer à coups de pierre. Mais David puisa de nouvelles forces en se confiant en l'Éternel son Dieu. Il demanda au prêtre Abiatar, fils d'Ahimélek, d'apporter l'éphod servant à consulter l'Éternel. Abiatar le lui présenta. David interrogea l'Éternel en lui demandant : — Dois-je poursuivre cette bande ? Parviendrai-je à les rattraper ? Et l'Éternel lui répondit : — Poursuis-les, car tu vas les rattraper et tout récupérer (1Samuel 30.6-8).
Comme David était le chef, c'est lui qui fut blâmé pour ce malheur. Dans leur détresse, ses hommes avaient besoin d'un bouc émissaire. Et puis il faut aussi dire qu'il avait commis erreur sur erreur ; la première étant d'être allé chez les Philistins. Heureusement que dans cette situation catastrophique, il manifeste à nouveau sa foi en l'Éternel. David n'était pas un surhomme ; en fait, il a commis des fautes très graves au cours de sa vie. Cependant, quand tout s'écroulait autour de lui, il savait se tourner vers Dieu qu'il implorait de tout son cœur à chaudes larmes.
Quel exemple ! C'est quand il était dans le creux de la vague qu'il a composé ses plus beaux psaumes. Il les mettait en musique et les chantait comme une prière de supplications ou de louanges. Il a écrit par exemple : L'Éternel est bon : que les rachetés de l'Éternel le disent ! David demande au prêtre d'apporter l'éphod. C'était le vêtement sacerdotal que portait le grand-prêtre lorsqu'il célébrait le culte. Il comportait une poche dans laquelle se trouvaient les deux pierres sacrées : l'ourim et le toummim. Ce sont elles qui servaient à consulter l'Éternel. L'éphod était un habit très important à plus d'un titre. Sur les épaules se trouvaient deux pierres précieuses sur lesquelles étaient gravés les noms des 12 tribus d'Israël, 6 de chaque côté.
Lorsque le grand-prêtre entrait dans le sanctuaire et se rendait à l'autel d'or pour y offrir le parfum, symbole de la prière, il représentait les 12 tribus qu'il portait sur ses épaules pour ainsi dire, devant l'Éternel. Le grand-prêtre jouait ainsi le rôle du berger qui porte sa brebis sur ses épaules. On retrouve d'ailleurs cette image dans l'Évangile où Jésus se présente comme le bon berger. Je cite quelques-unes de ses paroles :
Qu'en pensez-vous ? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt dix-neuf autres dans la montagne, pour aller à la recherche de celle qui s'est égarée ? Et s'il réussit à la retrouver, vraiment, je vous l'assure : cette brebis lui causera plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne s'étaient pas égarées. Les brebis entendent la voix du berger ; il appelle par leur nom celles qui lui appartiennent et les mène dehors. Lorsqu'il a fait sortir toutes celles qui lui appartiennent, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. Moi, je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent (Matthieu 18.12 ; Jean 10.3, 4, 11, 14).
Ces passages me font l'effet d'un baume sur le cœur. Ces paroles de réconfort sont le meilleur médicament qui soit pour celui qui a l'âme en peine.
Pour en revenir à l'attaque orchestrée par les Amalécites, Dieu aurait pu arranger les circonstances pour qu'elle n'ait pas lieu. Mais il a choisi de laisser les choses se faire, exerçant ainsi un jugement contre les Israélites. En effet, l'Éternel avait ordonné à Saül d'éliminer ces peuplades, mais le roi et ses hommes de troupe n'avaient pas voulu ; ce malheur qui a frappé David est la conséquence directe de leur désobéissance.
Certes, ce n'est pas juste et la vie non plus parce que nous sommes tous solidaires les uns des autres. Nul ne peut agir en bien ou en mal sans exercer une influence sur son entourage. C'est comme quand on jette une pierre dans une marre : elle produit une vague circulaire qui gagne toute la surface de l'eau et ballote sur son passage tous les insectes qui flottent. Plus ceux-ci sont près du point d'impact, plus grand est l'effet vibratoire qu'ils subissent. La ville de Tsiqlag était mal placée, car trop proche des Amalécites, voilà tout ! Mais David ne s'est pas laissé démonter et il consulte l'Éternel qui l'assure de la victoire.
Je continue en compressant.
David se mit en route avec ses six cents hommes, ils parvinrent au torrent de Besor et certains s'arrêtèrent là. David continua la poursuite avec quatre cents hommes. Les hommes rencontrèrent dans la campagne un Égyptien, ils l'amenèrent à David, lui donnèrent du pain, qu'il mangea, et de l'eau, quelques figues sèches et deux gâteaux de raisins secs. Quand il les eut mangés, il retrouva ses esprits, car il n'avait ni mangé ni bu pendant trois jours et trois nuits. David l'interrogea : — Qui est ton maître ? D'où viens-tu ? — Je suis un jeune Égyptien, répondit-il, esclave d'un Amalécite ; mon maître m'a abandonné parce que je suis tombé malade il y a trois jours. Nous venions de faire une razzia dans le sud du pays ; nous avons aussi incendié Tsiqlag. David lui demanda : — Veux-tu me guider jusqu'à cette bande ? Il guida donc David jusqu'aux Amalécites qu'ils trouvèrent éparpillés sur toute la contrée en train de manger, de boire et de danser à cause de l'énorme butin qu'ils avaient rapporté du pays des Philistins et de celui de Juda. David les attaqua à l'aube et les battit jusqu'au lendemain soir. David récupéra tout ce que les Amalécites avaient pris. Il délivra ainsi ses deux femmes. Personne ne manqua à l'appel, ni petit ni grand, ni fils ni fille ; ils trouvèrent également tout le butin qui leur avait été enlevé. David ramena tout. Il s'empara aussi de tout le gros et le menu bétail (1Samuel 30.9-20).
Voilà donc une magnifique victoire qui figurera sur le blason du futur roi d'Israël.
Je finis ce chapitre en compressant.
David revint vers les deux cents hommes qui avaient été trop fatigués pour le suivre et qui étaient restés au torrent de Besor. David dit : — Mes amis, l'Éternel nous a gardés et il nous a donné la victoire sur la bande des pillards qui nous avaient attaqués. La part de celui qui a gardé le camp sera la même que celle du soldat qui a participé au combat. Ils partageront équitablement. De fait, à partir de ce jour, cette manière d'agir fut érigée comme loi et règle en Israël. David rentra à Tsiqlag et il envoya des parts du butin aux responsables de Juda qui étaient ses amis. Il y joignit le message suivant : — Voici un présent pour vous provenant du butin pris aux ennemis de l'Éternel. Il fit cet envoi aux responsables de tous les endroits où David et ses hommes avaient passé (1Samuel 30.21-31).
David était un homme juste et sage. Il ne profitait pas des situations sur le dos des faibles. Je me répète en disant qu'il avait l'âme noble. Il établit ici un principe qui est resté dans les coutumes guerrières d'Israël : les combattants et ceux qui restent en arrière partagent équitablement le butin. De cette manière, il évite les ressentiments graves et ne doit que faire qu'à la grogne de ceux qui en veulent toujours plus. Il savait aussi faire des dons appropriés qui renforçaient ses liens d'amitié avec les responsables de Juda, ce qui s'avérera fort utile plus tard. Décidément, tout ce que fait David lui réussit, parce que l'Éternel est avec lui.
Me voici arrivé au dernier chapitre du premier livre de Samuel qui raconte la déroute des Israélites devant les Philistins. C'est Dieu qui a fait en sorte que David ne soit pas engagé dans cette guerre. Je commence à lire.
Les Philistins attaquaient Israël. Les soldats israélites s'enfuirent devant eux et beaucoup d'entre eux furent tués sur le mont Guilboa. Les Philistins s'acharnèrent sur Saül et sur ses fils et ils tuèrent Jonathan, Abinadab et Malkichoua, fils de Saül. Dès lors, tout le combat se concentra sur Saül. Les archers le découvrirent et il en fut très terrifié (1Samuel 31.1-3).
Comme prévue et annoncée par Samuel, la bataille se passe très mal pour les Israélites. Il est tragique que Jonathan aussi soit tué, car il était bien sympathique et l'ami de David. Il est mort à cause de son père qui par sa rébellion contre l'Éternel a attiré le châtiment sur toute sa famille. Samuel avait prédit que la dynastie de Saül s'arrêterait avec lui.
Je continue.
Alors, il ordonna à celui qui portait ses armes : — Dégaine ton épée et tue-moi, pour que ces incirconcis ne viennent pas me transpercer et me faire subir leurs outrages. Mais celui-ci refusa, car il tremblait de peur. Alors Saül prit lui-même l'épée et se jeta dessus. Quand l'écuyer vit que Saül était mort, il se jeta lui aussi sur son arme et mourut aux côtés de son maître. Ainsi périrent ensemble, le même jour, Saül, ses trois fils, l'homme qui portait ses armes, et tous ses hommes (1Samuel 31.4-6).
À cette époque, c'était l'usage de tourner en dérision et de torturer les prisonniers de marque ; c'est ce qui était arrivé à Samson à qui les Philistins avaient crevé les yeux après l'avoir paradé dans les rues. Voilà pourquoi Saül, qui a été atteint d'une flèche, se suicide façon Samouraï.
Je continue plus loin en compressant.
Le lendemain, les Philistins vinrent sur le champ de bataille pour détrousser les cadavres. Ils découvrirent Saül et ses trois fils qui étaient tombés. Ils coupèrent la tête du roi et le dépouillèrent de ses armes. Ils firent annoncer la nouvelle de leur triomphe à travers tout le pays des Philistins. Ils disposèrent les armes de Saül dans le temple de leurs déesses, les Astartés, et suspendirent son cadavre sur le rempart de Beth-Chân (1Samuel 31.8-10).
Ce rempart se trouve sur le côté ouest de la vallée du Jourdain à 75 km au nord de Jérusalem. Ceci montre que l'étendue considérable des conquêtes des Philistins. Ils dédicacent les armes de Saül à leurs déesses en signe de reconnaissance pour la victoire que ces divinités sont censées avoir accordée. Un autre texte précise aussi qu'ils ont suspendu son crâne dans le temple de leur dieu Dagôn.
Je finis le chapitre et le premier livre de Samuel.
Lorsque les habitants de Yabéch en Galaad apprirent ce que les Philistins avaient fait à Saül, les hommes les plus vaillants se mirent en route et marchèrent toute la nuit, ils enlevèrent le cadavre de Saül et celui de ses fils du rempart de Beth-Chân et ils revinrent à Yabéch. Là, ils les brûlèrent. Ensuite, ils rassemblèrent les ossements et les enterrèrent sous le tamaris de Yabéch, puis ils jeûnèrent pendant sept jours (1Samuel 31.11-13).
Saül faisait partie de la tribu de Benjamin qui fut détruite dans une guerre civile à l'exception de 600 hommes. C'est à Yabéch que 400 d'entre eux avaient trouvé une femme. Les deux tiers de cette tribu devaient donc son existence à cette ville. Ce n'est pas tout. Lorsque les Ammonites avaient fait le siège de Yabéch, tout au début du règne de Saül, ce dernier leur avait immédiatement porté secours et infligé une grande défaite à leurs ennemis.
Voilà pourquoi les habitants de Yabéch étaient très liés à Saül. Ils ont montré leur reconnaissance en accomplissant ce long parcours dangereux afin d'extirper les dépouilles du roi et de ses fils des mains des Philistins. Ensuite, ils ont témoigné leur respect pour les morts en brûlant partiellement leurs corps. En agissant ainsi, ils ont fait disparaître toute trace de mutilation, avant de les enterrer selon la coutume israélite. C'est ainsi que se termine le règne du premier roi d'Israël. Un passage d'un autre livre des Textes Sacrés résume les raisons pour lesquelles Dieu a puni ainsi le premier roi d'Israël. Je le lis :
Saül mourut à cause de la désobéissance dont il s'était rendu coupable envers l'Éternel. Il n'avait pas respecté la parole de l'Éternel et, de plus, il avait interrogé et consulté quelqu'un qui évoque les morts (1Chroniques 10.13).
Certes, je suis tout à fait libre de faire comme bon me semble ; cependant, je serai éventuellement appelé à rendre des comptes et assumer les conséquences de mes choix de vie.