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Émission 378 - 1SAMUEL 26:17 - 28:15

By Chemins de VIE
Créé 11/06/2008 - 05:00

Chapitre 26

Versets 17-25

Imaginez un homme de guerre entouré de hors-la-loi, qui bat la campagne depuis des années ; toujours en fuite, toujours à se cacher. Bien sûr, c'est du petit lait pour Robin des bois ou Lancelot, des personnages qui ont existé, mais dont l'industrie cinématographique s'est emparée pour faire des super héros sur mesure. Dans la réalité, une telle vie a de quoi décourager le plus brave. C'est ce qui est arrivé au futur roi David ; l'usure du temps, la lassitude des combats, le stress d'être constamment sur le qui-vive, l'impossibilité de faire confiance aux habitants ont eu raison de la fermeté de sa foi.

Chapitre 27

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 27 du 1er livre de Samuel en compressant tout au long.

David réfléchit et se dit : — Un jour ou l'autre, Saül finira bien par me tuer. Ce que j'ai de mieux à faire, c'est de m'enfuir pour de bon et de me réfugier au pays des Philistins, pour qu'il renonce à me traquer dans tout le territoire d'Israël ; ainsi j'échapperai à son emprise (1Samuel 27.1).

Quelque peu découragé par des années de vagabondage et d'exil forcé, David décide pour la seconde fois de se réfugier dans le pays des Philistins. Tactiquement, c'était certes une bonne idée, mais spirituellement, cette fuite correspond à un certain abandon de la foi en l'Éternel. Il semble que tous les grands hommes de Dieu qui figurent dans les pages des Textes Sacrés sont passés par des périodes de doute et de découragement.

Ce fut le cas d'Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, et Josué ; de tous les prophètes de l'Ancien Testament et des apôtres sans exception. Même, le plus spirituel d'entre nous conserve son humanité qui lui colle à la peau et le tire vers le bas. Le grand apôtre Paul reconnaît lui-même cette situation dans un de ses écrits que je cite...

Nous savons que, tant que nous séjournons dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur, car nous marchons guidés par la foi, et non par la vue (2Corinthiens 5.6-7).

Versets 2-7

Je continue le texte.

Là-dessus, David se mit en route avec ses deux femmes Ahinoam de Jizréel et Abigaïl, femme de Nabal de Karmel, ainsi qu'avec ses six cents hommes et leurs familles ; ils se rendirent chez Akich, fils de Maok, roi de Gath, et s'établirent là. On informa Saül que David s'était enfui à Gath et il cessa de le poursuivre. David dit à Akich : — Si tu acceptes de me faire une faveur, autorise-moi à m'installer dans un village quelconque de la campagne. Il n'y a pas de raison pour que ton serviteur réside dans la ville royale avec toi. Alors Akich lui attribua ce même jour Tsiqlag. C'est pourquoi Tsiqlag a appartenu jusqu'à ce jour aux rois de Juda. David demeura un an et quatre mois en Philistie (1Samuel 27.2-7).

Contrairement à son premier séjour, David est maintenant accompagné d'un nombre impressionnant de personnes, peut-être 3 000, voire même plus. Josué avait attribué la ville de Tsiqlag à la tribu de Siméon, mais elle fut reconquise par les Philistins. Située à 50 km au sud-ouest de Jérusalem, elle servira de quartier général à David durant toute cette période d'exil. Il ne retournera dans la tribu de Juda qu'après la mort de Saül.

Versets 8-12

Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre tout en compressant.

Pendant ce temps, David faisait avec ses hommes des razzias, tour à tour, chez les Guechouriens, les Guizriens et les Amalécites, des peuplades qui habitaient depuis très longtemps dans le pays qui s'étend en direction de Chour jusqu'à la frontière de l'Égypte. David ravageait cette contrée et ne laissait en vie ni homme ni femme ; il ramenait brebis, chèvres et bœufs, ânes, chameaux et vêtements et, à son retour, se rendait chez Akich. Quand Akich lui demandait : — Où avez-vous fait votre razzia cette fois-ci ? David répondait : — Dans le sud de Juda. Ou : Dans la partie sud du territoire des Yerahmeélites ou des Qéniens. Il ne laissait pas de survivant pour ne pas avoir à les amener à Gath, afin qu'ils ne rapportent pas les agissements de David. David suivit cette ligne de conduite pendant tout le temps qu'il séjourna en territoire philistin. Akich comptait de plus en plus sur David, car il se disait : — Il s'est sûrement attiré la haine d'Israël, son peuple, et il restera pour toujours à mon service (1Samuel 27.8-12).

Tous ces ennemis d'Israël habitaient ce qui est aujourd'hui la bande de Gaza. C'étaient des bandes de pillards qui organisaient des raids contre les villages le plus au sud de la tribu de Juda. Selon l'ordre de l'Éternel, ces peuplades auraient dû être exterminées soit lors des conquêtes de Josué soit par la tribu de Juda et de Siméon à cause de leurs pratiques religieuses et morales abominables. Mais il y avait eu désobéissance de la part des Israélites. Maintenant, par ces expéditions militaires, David prépare son futur règne en affaiblissant ces peuplades installées à proximité de la frontière d'Israël et qui représentent une menace potentielle. Par ailleurs, mentir ne semble aucunement déranger David le moins du monde.

Chapitre 28

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 28 qui continue l'histoire de David. Je commence à le lire en compressant tout au long.

À cette époque-là, les Philistins rassemblèrent toutes leurs troupes en une seule armée pour faire la guerre à Israël. Le roi Akich dit à David : — Tu dois savoir que toi et tes hommes, vous partirez en guerre avec moi. David lui répondit : — Eh bien, tu verras ce que ton serviteur va faire. — Bien, reprit Akich, je te nomme mon garde de corps à titre définitif (1Samuel 28.1-2).

Rebelote ! C'est à nouveau la guerre entre Israël et les Philistins, ce qui place David entre le marteau et l'enclume. Dans le Proche-Orient ancien, le droit d'asile impliquait l'assistance militaire. David est donc obligé soit de combattre son peuple, soit de se montrer déloyal envers Akich qui a désormais une totale confiance en lui, puisqu'il le nomme son garde du corps. L'histoire se poursuit dans le chapitre suivant. Le projecteur qui était jusque-là sur David se braque maintenant sur Saül.

Verset 3

Je continue.

Entre temps, Samuel était mort et tout Israël avait pris le deuil à cause de lui. On l'avait enterré à Rama, dans sa ville. D'autre part, Saül avait fait disparaître du pays tous ceux qui évoquaient les morts et ceux qui pratiquaient la divination (1Samuel 28.3).

Ce rappel de la mort de Samuel est destiné à indiquer que Saül ne pouvait plus se tourner vers lui pour chercher conseil. Durant la première partie de son règne, le roi s'était montré obéissant aux stipulations de la Loi en purgeant du pays tous ceux qui trafiquaient avec le monde des ténèbres.

Versets 4-6

Je continue.

Les Philistins regroupèrent leurs troupes et établirent leur camp à Sunem ; Saül mobilisa tout Israël et dressa son camp à Guilboa. Lorsque Saül vit le camp des Philistins, il eut grand peur et son cœur fut saisi d'angoisse. Il voulut consulter l'Éternel, mais l'Éternel ne lui répondit ni par des rêves, ni par l'ourim, ni par les prophètes (1Samuel 28.4-6).

Les armées massent leurs troupes en Galilée, de part et d'autre d'une vallée qui est aujourd'hui magnifique et très fertile. La bataille va avoir lieu à quelque 80 km au nord de Jérusalem. À cause de l'importance de ses ennemis, Saül cherche de l'aide auprès de l'Éternel. Les rêves étaient un mode fréquent de révélation dans l'Ancien Testament ; l'ourim et le toummim avaient été emportés chez David par le fils du grand-prêtre que Saül avait fait assassiner.

Apparemment, le roi en avait fait fabriquer d'autres, mais ils restaient silencieux. Le seul vrai prophète cité par le livre s'appelle Gad et il est auprès de David ; aucun autre n'est mentionné, donc aucun secours possible de ce côté. Les crimes de Saül et sa rébellion contre l'Éternel font que le ciel reste d'airain, sans réponse.

Verset 7

Je continue.

Alors il ordonna à ses fonctionnaires : — Recherchez-moi une femme capable d'interroger les morts, afin que je puisse aller chez elle pour la consulter. Ses serviteurs lui dirent : — Il reste encore à Eyn-Dor une femme qui interroge les morts (1Samuel 28.7).

La ville d'Eyn-Dor se trouve à une douzaine de kilomètres du camp d'Israël, mais pour s'y rendre il faut passer à côté du camp des Philistins, donc la démarche que va faire Saül est dangereuse. C'est dans cette bourgade qu'habite une nécromancienne qui avait survécu à la purge du roi. C'est en désespoir de cause que Saül va voir ce médium dans le but d'interroger les morts, en l'occurrence Samuel, par son intermédiaire. Comme l'Éternel ne lui répondait pas, Saül cherche conseil auprès du Prince des ténèbres. En agissant ainsi, le roi transgressait un article de la Loi de Moïse qui est très sévère à l'encontre des pratiques occultes. Je lis le passage :

Lorsque vous serez entrés dans le pays que l'Éternel votre Dieu vous donne, n'allez pas imiter les pratiques abominables des peuples qui y habitent actuellement. Qu'on ne trouve chez vous personne qui immole son fils ou sa fille par le feu, personne qui pratique la divination, qui recherche les présages, consulte les augures ou s'adonne à la magie, personne qui jette des sorts, consulte les spirites et les devins ou interroge les morts. Car le Seigneur a en abomination ceux qui se livrent à de telles pratiques, et c'est parce que les peuples qui habitent le pays où vous allez entrer s'y adonnent que l'Éternel votre Dieu va les déposséder en votre faveur. Quant à vous, soyez irréprochables envers l'Éternel votre Dieu. Car ces nations que vous allez déposséder écoutent les faiseurs de présages et les devins ; mais pour vous, l'Éternel votre Dieu n'a rien voulu de pareil (Deutéronome 18.9-14).

Ce texte nous donne la liste de l'Ancien Testament la plus complète des pratiques occultes de cette époque. En 1947, le périodique The Guardian publiait un article sur l'occultisme qui disait ceci :

Malgré beaucoup de contrefaçons, de faux, de supercheries, de lectures de pensées, de devinettes au petit bonheur la chance, qui confrontent les chercheurs en parapsychologie, il reste malgré tout un noyau de vrai qui ne peut être expliqué sinon en acceptant l'hypothèse que les personnalités humaines continuent à exister au-delà de la mort et que certaines personnes ont le pouvoir et le don de les contacter.

Les habitants de Canaan s'adonnaient à toutes les pratiques qui sont énumérées dans le texte de la Loi. L'Éternel interdit à son peuple d'y recourir, car il ne faut surtout pas qu'il se prostitue en participant aux activités du royaume des ténèbres. Tout ce qui est du domaine occulte et qui n'est pas de la supercherie fait intervenir des démons, des esprits méchants et séducteurs au service de Satan.

Pour être d'actualité, on peut rajouter à la liste occulte cananéenne certains astrologues, cartomanciens, diseuses de bonne aventure et guérisseurs, qui eux aussi risquent fort de vous connecter avec un ange déchu, ce dont vous pâtirez tôt ou tard, soyez-en sûrs. L'homme par nature veut explorer l'inconnu que ce soit les profondeurs des océans ou l'espace sidéral ; et ça, c'est très bien. Il voudrait également comprendre tous les mystères de son monde et connaître l'avenir qui est pour lui une porte close.

C'est beaucoup plus dangereux, car alors surgissent les devins, nécromanciens, et autres spirites qui effectivement lèvent un bout du voile sur l'au-delà, mais il est bien petit et très mensonger. Car n'imaginez surtout pas que les démons vont vous dire toute la vérité et rien que la vérité en ce qui concerne votre avenir, l'au-delà, ou quoi que ce soit d'autre. Jésus dit de Satan qu'il est menteur depuis le commencement des temps. Nous voyons donc Saül sur le point de commettre un acte abominable aux yeux de l'Éternel.

Versets 8-12

Je continue le texte.

Saül se déguisa en endossant d'autres vêtements, puis il se mit en route avec deux hommes. Ils arrivèrent de nuit chez la femme, et Saül lui dit : — Je désire que tu me prédises l'avenir en faisant apparaître l'esprit d'un mort, celui que je te désignerai. La femme lui répondit : — Tu sais bien que Saül a fait disparaître du pays ceux qui évoquent les morts et ceux qui pratiquent la divination. Pourquoi donc me tends-tu un piège ? Est-ce que tu veux ma mort ? Saül prêta serment par l'Éternel : — Aussi vrai que l'Éternel est vivant, dit-il, il ne t'arrivera aucun mal pour cette affaire. Alors la femme lui demanda : — Qui dois-je faire revenir pour toi ? — Fais-moi revenir Samuel, dit-il. Quand la femme vit Samuel, elle poussa un grand cri, puis, s'adressant à Saül, elle dit : — Pourquoi m'as-tu trompée ? Tu es Saül ! (1Samuel 28.8-12).

Il est difficile de déterminer avec exactitude la nature du phénomène qui se produit durant cette séance occulte. On sait d'après d'autres textes, qu'il n'est pas possible aux morts d'établir un lien quelconque avec les vivants. Par exemple, dans la parabole du mendiant Lazare et du mauvais riche (Luc 16.19-31), ni l'un ni l'autre ne peut contacter des gens sur terre. Et puis l'Écriture précise que seul Jésus-Christ a accès au royaume des morts. Je cite le passage :

Moi, je suis le premier et le dernier, le vivant. J'ai été mort, et voici : je suis vivant pour l'éternité ! Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1.17-18).

Cela dit, la réaction de panique de la femme indique qu'il se passe quelque chose d'inhabituel. La nécromancienne est dépassée par les événements ; ce n'est plus elle, semble-t-il, qui agit sur l'au-delà. De manière tout à fait exceptionnelle, celui qui apparaît pour Samuel prend une forme reconnaissable. De plus, elle s'aperçoit, on ne sait pas comment, que son client n'est autre que le roi Saül lui-même. Cela implique que cette femme ne s'attendait pas à une manifestation du vrai Samuel, mais à une contrefaçon démoniaque.

Versets 13-14

Je continue.

N'aie pas peur, lui dit le roi. Dis-moi plutôt ce que tu as vu. — Je vois un être surnaturel qui monte des profondeurs de la terre, lui répondit-elle. — Quel est son aspect ? lui demanda Saül. C'est un vieillard qui revient, drapé dans un manteau. Alors Saül comprit que c'était Samuel et il s'inclina, la face contre terre, et se prosterna (1Samuel 28.13-14).

Le mot hébreu utilisé pour décrire Samuel est rendu par être surnaturel. Il désigne un être mystérieux, distinct à la fois de Dieu et des hommes. C'est la seule fois qu'il est appliqué à quelqu'un de décédé. Après sa mort, Samuel est allé dans la partie des enfers qui s'appelle le sein d'Abraham où il se repose en attendant que le Christ meure pour ses fautes et qu'il puisse alors être admis en la présence de l'Éternel. Lors de cet incident, Samuel est donc un esprit désincarné, et il apparaît à la nécromancienne sous l'aspect physique qu'il avait au jour de sa mort.

Versets 15-25

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Pourquoi troubles-tu mon repos ? lui demanda Samuel. Pourquoi m'as-tu fait revenir ? — Je suis dans une grande détresse, lui dit Saül. Les Philistins m'ont déclaré la guerre et Dieu s'est détourné de moi, il ne me répond plus ni par les prophètes ni par des rêves. Alors je t'ai fait appeler pour que tu m'indiques ce que je dois faire. — Et pourquoi donc me consultes-tu, reprit Samuel, si l'Éternel s'est détourné de toi et s'il t'est devenu hostile ? Oui, l'Éternel exécute ce qu'il t'a déclaré par mon intermédiaire, il t'a arraché la royauté et l'a donnée à l'un de tes proches, à David, parce que tu n'as pas obéi à ses ordres et que tu n'as pas exécuté le jugement qu'il avait décidé dans sa colère contre les Amalécites. Voilà pourquoi l'Éternel agit ainsi envers toi aujourd'hui. Bien plus : avec toi, l'Éternel livrera aussi Israël au pouvoir des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi. Oui, c'est bien toute l'armée d'Israël que le Seigneur livre au pouvoir des Philistins. À ces mots, Saül s'affala de tout son long sur le sol, épouvanté par les paroles de Samuel. De plus, comme il n'avait rien mangé depuis la veille, il était sans forces. La femme s'approcha de lui : — Laisse-moi te servir un morceau de pain. Mange, afin que tu aies des forces pour reprendre ta route. Elle servit ce repas à Saül et à ses hauts fonctionnaires ; ils mangèrent, puis ils se mirent en route et repartirent pendant qu'il faisait encore nuit (1Samuel 28.15-25).

Il est intéressant de noter que cette séance de spiritisme ne fait pas avancer les choses pour le roi Saül. Il n'apprend rien de nouveau sinon que tous les malheurs que Samuel lui avait prédits sont sur le point de s'abattre sur lui. Il n'obtient aucun soutien, pas de réconfort, ni aucun conseil. Au contraire, toutes les nouvelles sont catastrophiques.

Saül a eu plusieurs fois l'occasion de se repentir, mais il s'est entêté et maintenant il est trop tard. Le sort est désormais jeté et c'est l'heure de faire les comptes avec l'Éternel. Saül va devoir récolter ce qu'il a semé et payer pour son obstination, sa rébellion et son injustice ; et la note est particulièrement salée. L'apôtre saint Paul avait peut-être le roi Saül à l'esprit, lorsqu'il a écrit et je le cite :

Mais, à ceux qui, par ambition personnelle, repoussent la vérité et cèdent à l'injustice, Dieu réserve sa colère et sa fureur. Oui, la souffrance et l'angoisse attendent tout homme qui pratique le mal (Romains 2.8-9).


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