Chapitre 25
Versets 10-13
Au fil de la vie, on rencontre des gens qui sont vraiment stupides. Je ne parle pas d'un manque d'instruction, car ils peuvent même être fortunés et avoir une bonne situation sociale ou professionnelle, mais ils n'ont aucune jugeote. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ; une fausse manœuvre de trop, et leur monde s'écroule, voire leur vie se termine.
Tel fut le cas d'un dénommé Nabal qui en guise de remerciement pour services rendus, insulte David de manière particulièrement arrogante. En conséquence, ce dernier a vu rouge ; les armes à la main et à la tête de ses guerriers, il a pris le sentier de la vengeance.
Versets 14-20
Je continue à lire dans le chapitre 25 du 1er livre de Samuel.
L'un des serviteurs de Nabal alla informer Abigaïl sa femme, de ce qui s'était passé. Il lui dit : — Voici que David a envoyé des messagers depuis le désert pour saluer notre maître, mais celui-ci les a mal reçus. Pourtant ces gens ont été très bons pour nous, ils ne nous ont jamais fait aucun mal et rien n'a disparu pendant tout le temps que nous étions auprès d'eux dans la campagne. Ils nous ont protégés comme un rempart, nuit et jour, pendant tout le temps que nous avons passé avec eux auprès des moutons. Maintenant, réfléchis bien et vois ce que tu peux faire. Car si tu ne fais rien, certainement il arrivera malheur à notre maître et à toute sa famille. Quant à lui, il a si mauvais caractère qu'on ne peut rien lui dire. Abigaïl prit en toute hâte deux cents pains, deux outres de vin et cinq moutons déjà préparés, 60 kg de blé grillé, cent paquets de raisins secs et deux cents gâteaux de figues sèches. Elle chargea le tout sur des ânes et elle ordonna à ses serviteurs : « Passez devant, je vous suis. » Son mari Nabal ne savait rien de tout cela. Installée sur son âne, elle descendait, cachée par la montagne. En même temps, David et ses hommes descendaient le versant opposé dans sa direction, et elle se trouva bientôt face à eux (1Samuel 25.14-20).
Effectivement, cette Abigaïl est une femme intelligente. Elle a compris que l'heure est grave et qu'il lui faut faire très vite pour éviter le massacre de toute la maisonnée de Nabal, ainsi que la destruction de tous ses biens. Elle pense qu'elle a peut-être une chance d'apaiser la colère d'une bande armée affamée. C'est pour cela qu'en un temps record elle rassemble une énorme quantité de nourriture et précédée par des serviteurs, elle part au-devant des assaillants. J'avais raison de dire que ça ferait un bon film.
Versets 21-25
Je continue.
David venait justement de se dire : — C'est donc en vain que j'ai protégé tous les biens de cet homme dans la steppe pour qu'il ne perde rien de ce qu'il possède ! Il me rend le mal pour le bien ! Que Dieu fortifie tous mes ennemis et même qu'il les bénisse si d'ici demain matin au lever du jour, je laisse subsister un seul homme dans sa famille ! Quand Abigaïl aperçut David, elle se hâta de descendre de son âne et, s'inclinant la face contre terre, se prosterna devant lui. Puis elle se jeta à ses pieds et lui dit : — Mon seigneur, fais comme si tout cela était ma faute ! Permets à ta servante de t'adresser quelques mots d'explication, et daigne écouter ses paroles. Que mon seigneur ne fasse donc pas attention à ce bon à rien de Nabal, car vraiment, il porte bien son nom : il s'appelle Nabal (l'insensé), et c'est bien vrai qu'il est insensé ! Moi, ta servante, je n'ai pas vu les serviteurs que mon seigneur a envoyés (1Samuel 25.21-25).
David surgit de derrière la colline à brides abattues et il est hors de lui, il respire la vengeance. Quand tout à coup surgissent devant lui des ânes chargés de nourriture et sur la dernière monture une belle femme qui descend précipitamment de son âne, court à lui et se jette à ses pieds. David est stupéfait. Il ne s'attendait pas à un tel événement de la part d'une si belle femme. Alors, sa colère tombe, surtout qu'elle lui demande de se venger sur elle ; il ne peut évidemment pas faire une chose pareille.
Versets 26-28
Je continue la prière d'Abigaïl.
Mais maintenant, mon seigneur, aussi vrai que l'Éternel est vivant et que tu l'es toi-même, c'est l'Éternel qui t'a empêché de t'engager dans la voie du meurtre et de te venger toi-même. Que les ennemis de mon seigneur et ceux qui lui veulent du mal deviennent comme Nabal ! À présent, veuille accepter ces présents que moi, ta servante, j'apporte à mon seigneur, et les distribuer aux jeunes gens qui suivent mon seigneur. Veuille aussi pardonner la faute de ta servante. Certainement, l'Éternel ne manquera pas d'accorder à mon seigneur une dynastie stable, car mon seigneur livre les guerres de l'Éternel et, si l'on considère toute la durée de ta vie, on ne te trouve coupable d'aucun mal (1Samuel 25.26-28).
Voici une nouvelle parole prophétique concernant le destin qui attend David. Cette affirmation montre que le peuple dans son ensemble avait connaissance de la haute destinée qui était promise au futur roi. De plus, son intégrité était également connue de tous. David ne combattait pas pour défendre sa propre renommée, ni ses intérêts, il n'était pas un bandit de grand chemin, mais il voulait avant tout honorer l'Éternel.
Versets 29-31
Je continue.
Si quelqu'un s'avise de te poursuivre pour t'ôter la vie, l'Éternel ton Dieu gardera la vie de mon seigneur pour que tu restes au nombre des vivants. Mais il jettera la vie de tes ennemis au loin comme avec une fronde. Lorsque l'Éternel aura accompli pour mon seigneur tous les bienfaits qu'il t'a promis, et qu'il t'aura institué comme chef d'Israël, alors mon seigneur n'aura ni remords ni trouble de conscience pour avoir tué quelqu'un inutilement et s'être vengé lui-même. L'Éternel fera du bien à mon seigneur et tu te souviendras de ta servante (1Samuel 25.29-31).
Elle est remarquable cette femme ! Sans pour autant être prophétesse, mais inspirer par l'Esprit de Dieu, Abigaïl proclame avec certitude que Saül ne parviendra jamais à prendre la vie de David ; c'est tout à fait impossible parce qu'il est sous la protection du Tout-Puissant. Par cette parole prophétique, l'Éternel encourage David à garder confiance et à écouter ce que cette femme cherche à lui dire. Il a été sacré roi par Samuel, et un jour il le deviendra réellement. En conséquence, elle supplie : Pardonne le mal que mon mari t'a fait. Il ne vaut pas la peine que tu t'occupes de lui, et tu regretteras tes mains tachées de sang. Je m'imagine David sur sa monture regardant cette femme prosternée lui annoncer avec assurance qu'il sera le roi d'Israël. Ses hommes tout autour de lui attendent ses ordres.
Versets 32-35
Je continue.
David répondit à Abigaïl : — Béni soit l'Éternel, le Dieu d'Israël, de t'avoir envoyée aujourd'hui sur ma route. Bénie sois-tu pour ton bon sens. Bénie sois-tu de m'avoir préservé d'en venir au meurtre et de me venger moi-même. Vraiment, l'Éternel, le Dieu d'Israël, m'a empêché de vous faire du mal. Car je te le jure, aussi vrai qu'il est vivant, si tu n'étais pas venue me trouver si rapidement, il ne serait pas resté un seul homme à Nabal d'ici demain matin. David accepta les présents qu'elle lui avait apportés et lui dit : — Rentre chez toi en paix. Je t'ai entendue et j'agirai comme tu me l'as demandé (1Samuel 25.32-35).
Assoiffé de sang et de vengeance, David avait fermé son cœur aux conséquences qu'aurait engendrées son acte meurtrier. Cette femme dans sa sagesse et poussée par l'Esprit de Dieu a empêché un massacre.
Versets 36-38
Je continue.
Lorsque Abigaïl arriva à la maison, elle y trouva Nabal en train de festoyer comme un roi. Il était tout joyeux et complètement ivre. Aussi ne le mit-elle au courant de rien avant le lendemain matin. Alors, au matin, quand son ivresse fut dissipée, elle lui raconta ce qui s'était passé. Il en eut une attaque et resta paralysé. Environ dix jours plus tard, l'Éternel le frappa de nouveau, et il mourut (1Samuel 25.36-38).
À la nouvelle qu'il avait été à deux doigts de se faire massacrer par David, et qu'il devait son salut à l'intervention de sa femme, Nabal littéralement meurt de terreur sous forme d'une attaque. C'était humainement parlant la conséquence d'une forte émotion, mais aussi un châtiment divin à cause de sa méchanceté apparemment légendaire.
Versets 39-44
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Quand David apprit que Nabal était mort, il s'écria : — Béni soit l'Éternel qui a pris ma cause en main. Il a lui-même lavé l'affront que Nabal m'avait fait, et l'a puni pour sa méchanceté, tout en me préservant de commettre le mal. Puis David envoya des messagers vers Abigaïl pour lui proposer de devenir sa femme. En arrivant chez elle à Karmel, ils lui parlèrent ainsi : — David nous a envoyés vers toi parce qu'il désire que tu deviennes sa femme. Aussitôt, elle se prosterna le visage contre terre et dit : — Je suis prête à être une esclave pour laver les pieds des serviteurs de mon seigneur. Puis elle se mit promptement en route à dos d'âne et suivit les messagers de David, accompagnée par cinq de ses servantes. C'est ainsi qu'elle devint la femme de David (1Samuel 25.39-42).
David reconnaît l'intervention divine dans la mort de Nabal puis, sans perdre de temps, passe aux choses sérieuses. Apparemment, il avait eu un coup de foudre pour Abigaïl alors qu'elle plaidait sa cause devant lui. Il avait été sous les charmes de cette femme, séduit par sa sagesse, sa prévenance, sa diligence et sa beauté. David avait déjà deux épouses dont l'une, avec lui. Maintenant, ça fait trois ; et c'est beaucoup. Cette pratique de la polygamie sera une source de dissensions au sein de la future famille royale.
Chapitre 26
Versets 1-2
Nous voici arrivés au chapitre 26 où David épargne à nouveau la vie de Saül. Ce dernier sait très bien que David est le choix de Dieu, mais il cherche néanmoins à le tuer. Quant à David, il reconnaît que Saül est pour le moment le roi légitime sacré par Samuel sur l'ordre de l'Éternel ; en conséquence, il le respecte comme tel. Je commence à lire.
Les gens de Ziph se rendirent encore auprès de Saül à Guibea pour lui dire : — Sais-tu que David est caché dans les collines de Hakila, à la lisière du désert ? Saül partit et se rendit au désert de Ziph avec trois mille hommes d'élite d'Israël pour y traquer David (1Samuel 26.1-2).
Ziph était une ville pas très loin de Hébron et située à une quarantaine de kilomètres au sud de Jérusalem. C'est la seconde fois que David est vendu par les mêmes gens. On peut se demander pourquoi il est revenu dans cette région, sauf que c'était là que se trouvaient les propriétés fort prospères de sa nouvelle épouse Abigaïl, une source de nourriture pour toute sa troupe. Comme il fallait s'y attendre, dès qu'il a vent des déplacements de David, Saül part à nouveau en campagne pour essayer de le tuer. Ça devient lassant.
Versets 4-7
Je continue plus loin.
David envoya des éclaireurs en reconnaissance et apprit que Saül était effectivement arrivé. Il se mit en route et parvint à l'endroit où Saül campait. Il repéra l'endroit précis où dormaient Saül et Abner, fils de Ner, son général. Saül était couché au milieu du camp et ses hommes campaient autour de lui. David appela Ahimélek le Hittite et Abichaï, fils de Tserouya et frère de Joab, et leur demanda : — Qui de vous viendrait avec moi jusqu'à Saül dans le camp ? Abichaï répondit : — Je suis prêt à y aller avec toi. David et Abichaï se glissèrent donc de nuit au milieu de la troupe. Ils trouvèrent Saül dormant au centre du camp, sa lance fichée en terre à son chevet. Abner et les soldats dormaient autour de lui (1Samuel 26.4-7).
David semble surpris de voir arriver Saül parce qu'il croyait qu'il s'était amendé, ayant renoncé à le poursuivre. Décidément, il cherche le bâton pour se faire battre, n'ayant pas encore compris que l'Éternel protégerait David quoiqu'il fasse. Cette erreur de stratégie aurait pu lui coûter à nouveau la vie. David était entouré d'hommes qui lui étaient dévoués corps et âme, prêts à mourir pour lui. La scène est à nouveau dramatique. Saül se croit en sécurité au milieu de ses soldats, sa lance à portée de la main. Visiblement, il ne s'en séparait jamais, car elle est mentionnée à plusieurs reprises dans le texte.
Versets 8-12
Je continue.
Alors Abichaï dit à David : — Cette nuit, Dieu livre ton ennemi en ton pouvoir. Permets-moi de le clouer au sol d'un seul coup de lance, je n'aurai pas à y revenir à deux fois. — Non, lui dit David, ne le tue pas. Car qui resterait impuni après avoir porté la main sur celui à qui l'Éternel a conféré l'onction ? Aussi vrai que l'Éternel est vivant, ajouta-t-il, c'est l'Éternel qui le frappera, soit en le faisant mourir de mort naturelle, soit en le faisant périr à la guerre. Que l'Éternel me garde de porter la main sur celui qui a reçu l'onction de la part de l'Éternel ! Prenons seulement la lance qui est à son chevet et la cruche d'eau, et allons-nous-en. David enleva la lance et la cruche d'eau qui étaient au chevet de Saül, et ils partirent. Personne ne les vit, personne ne s'aperçut de rien, personne ne se réveilla, tous dormaient, car l'Éternel avait fait tomber sur eux un profond sommeil (1Samuel 26.8-12).
Une scène semblable à la précédente se répète. Saül tombe entre les mains de David qui aurait pu en finir avec lui une fois pour toutes comme le lui suggère son neveu Abichaï, le fils de sa sœur aînée. Il faut reconnaître qu'en ce moment, le futur grand roi d'Israël a une foi solide en l'Éternel. Il s'attend à lui pour régler le conflit sanglant qui l'oppose à Saül. Et effectivement, Dieu intervient en faveur de son protégé. Un texte du Nouveau Testament affirme que je n'ai pas le droit de me faire justice, mais que toute vengeance appartient à l'Éternel. Je le lis :
Nous connaissons bien celui qui a déclaré : C'est à moi qu'il appartient de faire justice ; c'est moi qui rendrai à chacun son dû, et encore : Le Seigneur jugera son peuple (Hébreux 10.30).
Versets 13-16
Je continue le texte.
David franchit la vallée et grimpa au sommet de la montagne au loin, à une bonne distance du camp de Saül. Puis il se mit à crier en direction de l'armée d'Abner, fils de Ner : — Eh, Abner ! répondras-tu ? Abner dit : — Qui es-tu, toi qui oses interpeller le roi ? David reprit : — Tu es un homme, toi, un vrai ! Tu n'as pas ton pareil en Israël, n'est-ce pas ? Alors pourquoi n'as-tu pas veillé sur le roi ton maître ? Quelqu'un du peuple est venu pour tuer le roi, ton maître. Ce n'est pas bien, ce que tu as fait là ! Aussi vrai que l'Éternel est vivant, vous méritez tous la mort pour n'avoir pas veillé sur votre maître, sur celui qui a reçu l'onction de la part de l'Éternel ! Regarde maintenant où sont la lance du roi et la cruche d'eau qui étaient à son chevet ! (1Samuel 26.13-16).
La scène est à nouveau similaire à la précédente. David nargue l'armée de Saül et fait des reproches pleins de sarcasmes à Abner, le capitaine qui a failli à son devoir. En brandissant la lance et la cruche de Saül, David montre qu'il a épargné Saül pour la seconde fois. Il n'a pas exploité, par deux fois, une conjoncture pourtant favorable pour se venger de son ennemi, mais laisse le soin à l'Éternel lui-même d'exercer sa justice. Comme je l'ai déjà dit, cet homme avait une âme noble, malgré des travers certains qui font surface tout au long de sa vie.
Versets 17-25
Je continue jusqu'à la fin du chapitre tout en compressant.
Saül reconnut la voix de David et dit : — Est-ce bien toi que j'entends, mon fils David ? David répondit : — C'est bien ma voix, mon seigneur le roi ! Alors Saül s'écria : — J'ai commis une faute, reviens, mon fils David, je ne te ferai plus de mal, puisque cette nuit tu as épargné ma vie. J'ai agi comme un insensé et j'ai commis une grave erreur. David répondit : — Voici ta lance, ô roi ! Envoie l'un de tes jeunes gens pour venir la prendre. Que chacun de nous soit traité selon sa justice et sa fidélité par l'Éternel, car il t'avait livré aujourd'hui en mon pouvoir, mais je n'ai pas voulu porter la main sur celui qui a reçu l'onction de sa part. Comme ta vie a été pour moi d'un grand prix aujourd'hui, ainsi ma vie sera d'un grand prix pour l'Éternel, et il me délivrera de toute détresse. Alors Saül reprit : — Sois béni, mon fils David ! Certainement tu accompliras beaucoup de choses et tu réussiras tout ce que tu entreprendras. Puis David reprit son chemin, tandis que Saül retourna chez lui (1Samuel 26.17-25).
Cette nouvelle parole prophétique de Saül indique encore une fois le destin grandiose qui attend David. C'est ici la dernière conversation relatée par ce livre entre ces deux hommes très contrastés ; l'un est de caractère noble et l'autre inique. Jusque-là, David a eu une attitude droite et pacifique envers Saül qui lui en veut sans raison, sinon qu'il est jaloux de ce que l'Éternel l'a choisi pour lui succéder.
En voulant tuer David, Saül n'a pas l'air de se rendre compte qu'il s'attaque en fait à Dieu ; un comportement irrationnel et suicidaire ? La jalousie a littéralement fait perdre la raison au roi Saül. C'est ce que dit le livre des Proverbes de l'Ancien Testament. Je lis :
La fureur est cruelle et la colère impétueuse, mais qui résistera devant la jalousie ? Elle est comme une maladie qui ronge les os (Proverbes 27.4 ; 14.30).