Chapitre 19
Versets 11-13
Personne ne m'a encore attaqué que ce soit en justice ou avec une arme, et je n'ai jamais dû fuir pour ma vie. Ouf ! Une telle situation m'empêcherait de dormir même si je ne suis pas coupable de quoi que ce soit. Cependant, vous et moi savons fort bien que l'injustice fait partie des affaires humaines courantes depuis le début de l'humanité. Qui n'a jamais été traité de manière injuste ? Personne ? Ainsi va la vie. Le futur grand roi David a dû prendre la fuite devant Saül, son maître et le souverain d'Israël, qui veut lui faire la peau par pure jalousie.
Versets 14-18
Je continue à lire dans le chapitre 19 en compressant tout au long.
Mikal la femme de David l'aida à descendre par la fenêtre. Ainsi il prit la fuite et s'échappa. Lorsque les hommes envoyés par Saül arrivèrent, elle leur dit : — Il est malade. Saül les renvoya avec l'ordre de lui amener David dans son lit, pour qu'il puisse le mettre à mort. Les hommes retournèrent et ils découvrirent qu'il n'y avait dans le lit qu'une idole et un coussin en peau de chèvre à l'endroit de la tête. Alors Saül demanda à Mikal : — Pourquoi m'as-tu ainsi trompé et as-tu aidé mon ennemi à s'échapper ? Mikal lui répondit : — C'est lui qui m'a dit : « Laisse-moi fuir, sinon je te tuerai. » Pendant ce temps, David, qui fuyait, alla se réfugier chez le prophète Samuel et lui raconta tout ce que Saül avait fait. Alors ils allèrent ensemble s'installer dans la communauté des prophètes (1Samuel 19.14-18).
Non seulement Mikal est idolâtre, mais elle est menteuse. Plus tard, elle éprouvera du mépris envers son mari quand elle le verra danser en l'honneur de l'Éternel. Tel père, telle fille ! Cette femme ne fera qu'ajouter au chagrin de David, qui à partir de maintenant sera constamment en fuite, et cela jusqu'à la mort du roi déchu. En effet, Saül va tout faire pour éliminer David. Il va d'abord envoyer des hommes à plusieurs reprises pour se saisir de lui lorsqu'il est réfugié dans la communauté des prophètes, mais les soldats entreront en transe extatique et seront dans un tel état d'exaltation qu'ils ne pourront pas exécuter l'ordre du roi.
Versets 22-24
Je continue plus loin et jusqu'à la fin du chapitre, tout en compressant.
Alors Saül se rendit lui-même à la communauté des prophètes près de Rama. Pendant qu'il se rendait là-bas, l'Esprit de Dieu le saisit à son tour, et il continua son chemin dans un état d'exaltation jusqu'à son arrivée à la communauté des prophètes près de Rama. Là, il ôta comme les autres ses vêtements et resta dans un état d'exaltation devant Samuel ; puis il s'effondra et resta prostré, nu, à terre, tout ce jour-là et toute la nuit suivante, revêtu de ses seuls habits de dessous (1Samuel 19.22-24).
Saül fait penser à un psychotique, quelqu'un issu d'une famille à transactions schizophréniques, qu'on rencontrerait dans un hôpital psychiatrique. Il est dans un état de transe qui dans son cas est un châtiment à son encontre à cause de sa méchanceté. Il se couvre de ridicule et c'est une punition bien méritée pour ce roi maléfique.
Dans la suite du récit, Saül va se comporter de manière très irrationnelle à l'égard de David et de l'Éternel. Dans son cas, sa folie furieuse est un jugement contre lui. Il a choisi de résister à Dieu et il devra en assumer les conséquences. Ce même principe est vrai pour moi et pour chacun d'entre nous. Comme le dit l'apôtre Paul dans le Nouveau Testament :
Ne vous y trompez pas : Dieu ne se laisse pas traiter avec mépris. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).
Chapitre 20
Versets 1-3
Dans le chapitre suivant, David va se rendre compte avec douleur que la haine de Saül à son égard ne cessera pas avant que l'un d'eux ne meure. En conséquence, il va devoir fuir et fuir encore. Je commence à lire le chapitre 20.
David s'enfuit de la communauté des prophètes à Rama et il alla trouver Jonathan pour lui demander : — Qu'ai-je donc fait à ton père ? En quoi suis-je coupable à son égard ? Quel tort lui ai-je fait pour qu'il veuille me faire mourir ? Jonathan lui répondit : — Dieu te garde de cette pensée ! Il n'est pas question que tu meures. Mon père n'entreprend rien sans m'en parler, qu'il s'agisse d'une affaire importante ou d'une petite chose. Pourquoi me cacherait-il ce projet-là ? Certainement, il n'en est rien. Mais David insista : — Je te jure pourtant qu'il en est bien ainsi. Seulement ton père sait très bien que je jouis de ta faveur. Il a dû se dire : « Il ne faut pas que Jonathan l'apprenne, il en serait trop affligé ! » Mais je ne suis qu'à deux doigts de la mort (1Samuel 20.1-3).
Les deux amis sont devant un problème insoluble, car il est tout à fait exact que David est à deux doigts de la mort, car Saül animé de folie meurtrière est à ses trousses. Mais à y réfléchir, il en est de même pour chacun de nous. Qui sait quand son heure sonnera ? C'est pourquoi la meilleure chose que je puisse faire est de me préparer pour ce dernier voyage d'où personne ne revient. J'ai déjà dit dans une précédente étude que je possède une horloge sur laquelle il est écrit :
Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu ! (Amos 4.12).
C'est une bien sombre pensée, mais il ne sert à rien de jouer à l'autruche en essayant de me cacher de cette réalité qui peut, il est vrai, donner froid dans le dos. Que je le veuille ou non, je me dirige inéluctablement vers cette rencontre, au fil de chaque seconde qui passe, des minutes, des jours et des années qui s'écoulent inlassablement. Si j'étais vraiment un être rationnel, je prendrais au moins autant de soin à préparer l'éternité vers laquelle je sais que je me dirige, qu'à m'occuper des choses de cette vie bien brève.
Lorsque je me trouve engagé dans une conversation sur un sujet d'ordre spirituel, j'essaie toujours de poser la question suivante : Si la nuit prochaine vous vous retrouviez devant le portail d'or qui s'ouvre sur le paradis et que l'être de lumière qui en garde l'accès vous demandait : Donnez-moi une bonne raison pour vous laisser entrer ! Que lui répondriez-vous ? — Ne dites surtout pas que vous avez vécu une vie vertueuse, même si elle fut effectivement la plus exemplaire qui soit, car une telle réponse vous interdirait l'entrée du paradis à tout jamais. Jésus a dit :
C'est moi qui suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé, celui qui croit en moi vivra (Jean 10.9 ; 11.25).
Versets 4-5
Je continue le texte.
Alors Jonathan demanda à David : — Que voudrais-tu que je fasse pour toi ? Je ferai ce que tu désires. David lui répondit : — Écoute : demain c'est la fête de la nouvelle lune, je devrais dîner à la table royale. Permets-moi de m'absenter ! Je me cacherai dans la campagne jusqu'à après-demain soir (1Samuel 20.4-5).
La nouvelle lune marquait le début de chaque nouveau mois et donnait lieu à une fête en l'honneur de l'Éternel. C'était un jour de repos et on offrait des sacrifices qui étaient mangés en un repas fraternel. Cette célébration revêtait une ampleur particulière pour le 7e mois de l'année. David profite de cette occasion pour exposer son idée qui lui permettra de savoir avec certitude s'il doit fuir pour de bon.
Versets 6-15
Je continue.
Si ton père s'enquiert à mon sujet, tu lui diras : « David m'a instamment demandé la permission d'aller à Bethléhem, sa ville natale, pour y participer au sacrifice annuel avec toute sa famille. » S'il répond : « C'est bien ! », alors moi, ton serviteur, je n'ai rien à craindre. Mais s'il se met en colère, tu sauras qu'il a résolu ma perte. Je te promets que demain ou après-demain, à cette heure-ci, j'essaierai de savoir quelles sont les dispositions de mon père à ton égard. Si elles te sont favorables, je te le ferai savoir. Mais si mon père veut te nuire, dans ce cas, je te ferai partir et tu iras en paix. Puisse alors l'Éternel être avec toi comme il a été avec mon père ! Plus tard, si je suis encore en vie, agis envers moi avec la bienveillance à laquelle tu t'es engagé devant l'Éternel. Et si je viens à mourir, tu ne cesseras jamais d'agir avec bienveillance envers les membres de ma famille — même lorsque l'Éternel aura fait disparaître tous tes ennemis sans exception de la surface de la terre (1Samuel 20.6-15).
Jonathan sait très bien que c'est David et non lui qui sera le prochain roi. À cette époque, lors d'un changement de dynastie, le nouveau monarque qui venait au pouvoir faisait table rase. Il éliminait souvent et systématiquement tous les membres de la dynastie précédente afin qu'aucun d'eux ne puisse faire valoir une prétention au trône. David n'agira pas ainsi. Il honorera sa promesse et l'amitié qui le liait à Jonathan en se montrant bienveillant à l'égard des descendants de Saül.
Versets 18-34
Je continue plus loin en compressant.
Jonathan reprit : — Demain, c'est la fête de la nouvelle lune, on remarquera ton absence à table, car ta place restera vide. Après-demain, tu descendras vite jusqu'à l'endroit où tu t'étais caché le jour où tout cela a commencé ; tu te tiendras près de la pierre d'Ézel. Je viendrai et je tirerai trois flèches dans cette direction, sur une cible que j'aurai choisie, puis j'enverrai mon jeune serviteur les chercher. Si je lui crie : « Regarde, les flèches sont derrière toi, reviens les ramasser ! » alors tu peux revenir, car tout va bien pour toi. Mais si je crie au jeune homme : « Va plus loin, les flèches sont plus loin que toi ! » alors pars, car l'Éternel te fait partir. Le soir de la célébration de la nouvelle lune, le roi se mit à table pour le repas. Saül demanda à son fils Jonathan : — Pourquoi le fils d'Isaï n'est-il pas venu au repas ni hier, ni aujourd'hui ? Jonathan répondit à Saül : — David m'a demandé avec insistance la permission d'aller jusqu'à Bethléhem. Alors Saül se mit en colère et lui cria : — Fils de chienne, fils de rebelle ! Crois-tu que je ne sais pas que tu as pris parti pour le fils d'Isaï, à ta honte et à celle de ta mère ? Aussi longtemps que le fils d'Isaï sera en vie, tu ne pourras pas t'imposer ni établir ta royauté. C'est pourquoi, fais-le chercher et ordonne qu'on me l'amène sans retard, car il mérite la mort. Jonathan répliqua à Saül son père : — Pourquoi devrait-il mourir ? Qu'a-t-il fait ? Alors Saül brandit sa lance contre lui pour le frapper. Jonathan se leva de table dans une grande colère et ne mangea rien ce jour-là, car il était trop affligé à cause de la manière injurieuse dont son père avait traité David (1Samuel 20.18-34).
Les dés sont jetés. Le lendemain, Jonathan alla dans le champ où David était caché pour y tirer une flèche très loin ; c'était le signal que son ami devait s'enfuir.
Versets 41-42
Je continue plus loin et finis le chapitre.
David sortit de sa cachette du côté du sud et se prosterna trois fois devant Jonathan, le visage contre terre, puis ils s'embrassèrent longuement en pleurant, David encore plus que Jonathan. Alors Jonathan lui dit : — Va en paix, puisque nous nous sommes engagés l'un envers l'autre par serment au nom de l'Éternel (1Samuel 20.41-42).
Les deux amis ne se reverront que très furtivement. Maintenant, commence la vie errante de David qui a tout juste 20 ans. Il va devenir malgré lui non pas un Robin des bois, mais un Robin des déserts. La menace que fait peser sur lui Saül l'oblige à disparaître dans la nature. Encore cette fois, le texte montre bien le contraste saisissant entre ces deux personnages. Saül est sournois, incapable de tenir parole, coléreux, inique et persécuteur violent. David, au contraire, apparaît innocent et victime de la perversité du premier.
Malgré la situation dramatique dans laquelle se trouve David, Jonathan et Saül ont conscience que son accession au trône est inéluctable. Jonathan apparaît ici comme un instrument de l'Éternel en vue de la survie du futur roi. Son intégrité et sa loyauté sont particulièrement signalées par le texte, tout comme d'ailleurs l'amitié des deux hommes.
Chapitre 21
Versets 1-3
Nous voici arrivés au chapitre 21. Je commence à lire.
David se rendit à Nob, auprès du prêtre Ahimélek. Celui-ci accourut tout tremblant au-devant de lui et lui demanda : — Comment se fait-il que tu sois seul ? Pourquoi n'y a-t-il personne avec toi ? — Le roi m'a chargé d'une mission, lui répondit David, et il m'a dit : « Que personne ne sache rien de l'affaire pour laquelle je t'envoie et de l'ordre que je t'ai donné. » C'est pourquoi j'ai donné rendez-vous à mes hommes à un certain endroit (1Samuel 21.2-3).
Après la capture du coffre sacré par les Philistins qui a probablement eu lieu en 1104 av. J-C, le Tabernacle, le temple portatif des Israélites, avait été installé dans la ville de Nob, pas très loin au nord de Jérusalem. C'est là que le grand-prêtre en compagnie de 85 autres prêtres y accomplissait leur service. D'après le chapitre suivant, David était venu les voir afin de consulter l'Éternel par l'ourim et le toummim, deux petits objets au moyen desquels Dieu répondait par oui ou par non aux questions que le grand-prêtre lui posait. Cela n'empêche pourtant pas David de mentir froidement, ce qui n'est d'ailleurs ni la première ni la dernière fois.
Versets 4-7
Je continue en compressant.
Maintenant, qu'as-tu à manger sous la main ? Peux-tu me donner cinq pains ou quelque chose d'autre ? Le prêtre lui répondit : — Je n'ai pas de pain ordinaire sous la main, mais seulement des pains consacrés. Tu peux les prendre pour tes hommes s'ils sont rituellement purs. C'étaient des pains qui avaient été exposés devant l'Éternel et qui venaient d'être retirés de la table de l'Éternel pour être remplacés par du pain frais (1Samuel 21.4-7).
Nous sommes un jour de sabbat. Dans l'Évangile, Jésus fait référence à cet épisode de la vie de David pour exposer sa conception du jour du repos, disant que la loi cérémonielle reste subordonnée à des considérations d'ordre humanitaire. Je cite la fin du passage en question :
Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. C'est pourquoi le Fils de l'homme est aussi maître du sabbat (Marc 2.27-28).
Verset 8
Je continue le texte.
Or, ce même jour, un haut fonctionnaire de Saül se trouvait là pour accomplir un devoir religieux devant l'Éternel. Il s'appelait Doëg l'Édomite. C'était le chef des bergers de Saül (1Samuel 21.8).
Parmi les participants se trouve un Judas. Il s'appelle Doëg et il est Édomite, un peuple ennemi héréditaire d'Israël. Il va trahir le grand-prêtre et David, qui parle longuement de sa perfidie dans un des psaumes (Psaumes 52) qu'il a écrits.
Versets 9-10
Je continue.
David demanda ensuite à Ahimélek : — N'aurais-tu pas une lance ou une épée sous la main ? La mission du roi était si urgente que je n'ai pas même eu le temps d'emporter mon épée ou d'autres armes. Le prêtre répondit : — Il y a l'épée de Goliath, le Philistin que tu as vaincu dans la vallée du Chêne. La voilà, enveloppée dans un drap derrière l'éphod. Si tu veux, tu peux la prendre, car c'est la seule arme que nous ayons ici. — Oui, donne-la moi, dit David, elle est sans pareille (1Samuel 21.9-10).
David continue à mentir et se montre très impatient. Il va lui falloir apprendre que Dieu n'œuvre pas avec précipitation, mais qu'il prend tout son temps. Moïse s'était dit prêt à délivrer le peuple hébreu de l'esclavage 40 ans avant que l'Éternel ne décide d'agir et de l'appeler à son service. Dieu a attendu des milliers d'années après la faute d'Adam et Ève avant d'envoyer son fils comme sauveur. David va passer 10 ans dans des cavernes et sur les chemins poussiéreux de la Palestine comme proscrit avant de devenir le roi d'Israël. Si je vous demandais quel est le contraire de la patience , je sais ce que vous me répondrez, mais selon les Écritures, la réponse est l'arrogance. Je lis le passage :
Mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain (Ecclésiaste 7.8).
En fait selon le Nouveau Testament, la patience était la caractéristique principale du caractère des apôtres. Là aussi, je lis le passage :
Les signes distinctifs de l'apôtre ont été vus à l'œuvre au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles (2Corinthiens 12.12).